Livre Vil
^ftis
' âù chastean, que les gens dadil sîetir comte n>n ttiâôsent et deffissent les plus paresseux à la quetfe ; ïes autres retirés et enferhies dedaii^, il envoya un trbtepetle lèè s6èirtiet. Le capitaine, et Àluctms d'entre euk qtii n'avoient du tout mis tettr hoimeur en éuWy. fartent d'advls de tenir là filace ; le plàs grand nétnbre ^stoit d\)piàfon cônlriiirc, et tfen trouva de si fiiiUys de Courage, qulb se jettèrent par les créneaux es fossés, aymans mieux vivre un peu davantage avecques honte et ^reproche perpétuels, que dé soy faazardet à la sàtiver ou perdre €fn Acquérant honneur. Les autres, et non toutesf6ys sans en recevoir btesme, rendirent la place 1 la Volonté de fenneifny. La punition dont on a depuis usé V^ontre les moins délinqtteurs a esté telle que tétfs ceux qtri s'y sont ïrouvés ^xtraîcts de noMe race ont esté privés et dégradés, léux et Ictars descendahs, de toûé tiltres et privilèges de nbWêsse, et iaicts sntjecls aux sub^dés et importions, comme non notées et roturiers.
A VMénce fcrïnt en uïi teesmfés jàuîT Rapportées Wh ¥6y 1^ iWAiVénes et de là prh^ des ^ei-
^ûeurà de MEontejekn H de Boisy et de la honteuse reddition dfe Guyse, lesquelles *ftn^eht à la cdûVprfaJfeè et înterprêléels dïverisement, éelon Its é^ëteHs Jugem^is et considérations dés hommeér. Lés uns ^estimoient tesdites pertes légères ài^irts dfes -^ndes peit» pastées^, 'deèqtt^eHes tèutesFèiys on è'estdtt relevé; aucune, encôréà tjù'ffls n'estïmaàsent point là perte grande, ilelafssofiént point à peser et estimé-'ïe jugémettt et conséquence de ces pi^émrèï'es arr^ sur le gros Jeu ; et d'autr'es en ^Vdit (jui éstîfeoferit ttm icWlément'éëite (Conséquence de préStWiée, ttat^ deBe à qtiôy V^^perttir'la poti- Voiît tJf er, en sëéûân*t et ^lAlîaiit lè^ 'ch<ïàes (ainsS '^^ ïéSt) trdj) pM "à sàta avantage qn'éBès n*est6fëhl. ïië rôy, ^artà toôdsWér c'ôAtetittiiée 'de Veh étonner, ifiais d^/attant let
" conti'ëifeàànt fouties les choses qrfe dessus en ^èon esp^,*ét peitsànt âtix remèdes et rdcouvrement'de Tuttè et'àe l'antre perte, vindrént k la 'cottr nouvelle^ d*tm atitre trop plus grand
"doiriùiage "et cakttiîté. Ce fut de la ^rtwrt de nionsè%n)eur te dauphin François, son fils aisné, lequel, tiourry et eslevé pàrluy en singulière expectation de tout le monde qùTÏ parviendrait un jotrr à estre grafnd et trè^ eicellent pVînce, estoit demouré tirade an lied de Totmion,
venant tar 'eâne iVecpfe îè % soU ^^ a "Valence; et là tnourut ïivaht la fila du qua- Irièsme jour, hott saiïs ^uspeçon et vfliôtoente opîïïion qu'il eûèt esté empoisonné. Saris gfànde et tobult perplexe dilfictdté né "fat la déliWttitton de choisir le tiioyeii, TeiAttéiô, Téxorde et commencement de harangué, pioàr ftfre entendre au père\ine Si dure , d'urne et triste ncfuveBe : a estoît forcé toutesfo j^s de la lày f&ïrt ehtendre, et n'estoit chose que longuement on eust peti dis(iimuler \ mais tt estoh extresmenitenlVn'alai^ de trouver homihè qui en votriûlst enlVep^ndre ht Charge, tteà semMoit-fl i tôuà àvéii- mesticr dé grand iet sin^liet ^ttifice e!ù son b^isoA, pont- ceWjr qui VôudhAt appàiser le dteèplàWr et regM 'q^e p/âtèmelle affection fay ehgendrt- Toit de ée^e nouvelle^, triais ÏÏe se trt)'tfv«6ftMctfn dortsolateur 'assert à ^poi, tèlviStmk *b avoient mestier eiix-ttiesnieis ; ieBèmént fis e*tôierit attligés et consternés, ttfliVet*seHémerit et "pfattîctïlièi^mcfiA, quil n'y fen àVcyft àùCto que tous d'teie attecfton eft d'rifee vMi ^è ¥leî8irasiâent ceste taort, àhiîi qàè M V*ë6^ éfté de leurs ^ropïes ^Htkris. tîeste attfMft* et Wftfetife de grands et 'de petite !riy Wdient âk ctomwàtément concSlîé le Heu où H «Stoît ^é, h Énticcessidn à là cou^orine, là Vî^tierir, la'îfènAlance et la représentation qu'il aVoft dWiJjfnWè; itiaisil avdit et peu de temps ^ga%M ise p^nct, que ses Yei^uè "Àvèieiit laisté 1 Ih riâl^rice^, à fklterite de là courdriri^, à là "ddki^dèhiâon du pare, ïà moiridi*e part i* la TaVëtt- ^ làfiteédon qu'on luy portoit ; car ïl 'n'^Voît encques èèmSs utie seufe chote à sdh escient *^ WfiBèrt et appartienne a personnage qtrt soit potfr parvÉWir à estre ïè "plus grand et le 'plus excellent pfrînee dû teonde. La condifion 'ddricqne^ fet là miflàVaiiture s'offrôit d'ânnondér an pèï*e la "mdn 'd*tin ^Is dé si gAnde espérance, et le moyen de %fiort si très indigné, qtie, départant du roy, ritû aulx'e père se troùVétoft qtri ti*cn totobitet en extrémité de percussion et consternation de 'cneur et d'èntendemerit.
Eft céste fluctuation éi 'pet^lexité d'ÔeeUlôn *à choix àe për^onùage quieÉlt1reprfnstdèpoi*ter cëste douloureuse parole, ifie ^ 'trcrtiVoH autt-e quelconque à propos, que mon^î^éttr ^JeWi, cardinal de Lorraine, potfrei^re de plus Itftg temps fetfiilîer'et privé du roy : teaièi, 'de l'heure qu'il eut mis le pied à la chaftnibre, ^rôpc^ fet l^iàroles loy îEB^ffiirent, et tnïCfdes âe seeul ttibt
asseorer 8& contenance, qae le roy de prime fece ne cogneust à son visage qu'il avoit eu quelque fiascheuse et malheureuse nouvelle; et, comme si le cueur luy eust présagé et dit ccste infortune, luy demanda incontinent quelles nouvelles de son fils. Monseigneur le cardinal se trouva la langue attachée aux lèvres; et, quoy qu'il Teust naturellement faconde et diserte, il luy mascha plus qu'il ne prononça, et dit seulement, en béguayant, que certainement il luy estoit empiré, mais qu'il falloit avoir en Dieu espérance de la guarison. «• fentens bien, dit le roy alors, vous ne m'osez de première entrée dire qu'il est mort, mais seulement qu'il mourra bientost. •• A ces mots respondit monseigneur le cardinal, en le confessant par signe plus que de bouche. Et lors n'eussiez veu sin<m larmes, ny entendu sinon sanglots et soupirs des assistans. Le roy, jetiant un hault souspir, qui fot ouï des autres chambres, se tira sur une fenestre, seul et sans mot dire, avecques le cueur pressé de dueil, et réprimant ce dueil outre la commune naturelle puissance, jusques à ce que, sur le conflict d'entre constance et nature, il fut contraint de jetter un autre souspir; et lors, tendant la teste nue, les yeux, les mains et la pensée au ciel : - Mon Dieu, dit-il, je n'ignore point qu'il ne soit raisonnable que je preigne en patience et en gré tout ce qui procède de toy ; mais dont me peult venir, ny dont dois-je espérer et attendre, sinon de toy, ceste constance et force de cueur ? Desjà tu m'as affligé par diminution de seigneurie et de la réputation de mes forces , tu m'as adjousté maintenant ceste perte de mon fils; que reste plus à présent, sinon que tu me défiasses du tout? et quand ton plaisir seroit d'ainsi le feire, enseigne-moy au moins et me fais cognoistre U volonté, afin que je n'y résiste, et me confirme en ceste patience, toy qui seul es puissant de ce faire, aydant et renforçant la naturelle et humaine infirmité. »»
Telle fut son oraison en substance, finie par semblables propos religieux et chrestiens ; mais les souspirs et larmes de ceux qui me les récitoient, accompagnés d'une admiration et merveille d'une si grande constance en cueur de père, les empeschèrent de me compter le surplus, et moy, en semblable cas, de maintenant ne m'arrester plus longuement sur ce propos. Seulement j'y adjousteray ce mot avant que Tin-
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terrompre, que l'empereur mesroes, auquelpoor le los et bruit multipliant avec les ans dodit seign^ir dauphin le père estoit phis redoat^ ble, (encores qu'aucuns de ses principaoi serviteurs soient encoulpés de ceste mort) ne se peut abstenir toutesfoys, quand il en oait U nouvelle, qu'il ne parlast bonoraUemeDtdeh personne, meurs et conditions dudit seigneor dauphin, duquel nous devons eqpérer et croire qu estant en ses jeunes ans emply de telles vertus, qu'en un autre jà homme parbict eost esté appelle perfection ce qu'en cestuy-cy estoit commencement de plus grande valeur, et qu'estant à l'attente d'un si florissant royaume, eslevé de telle nourriture que Texpectatico deloy surmontoit desjà la grandeur d'un royaume) qu'il soit appelle de Dieu à un autre plasgnnd et plus heureux royauhne que n'est ceby auquel il est, et sera regretté à tousjours mais. Et croys davantage qu'il n'y a po'mtesté appeUé par la voye qu'il y est allé, sans que Dieu ayt préparé, par l'oracle de sa divine justice, m exemplaire vengeance contre ceux qui ont esté aucteurs de ce faict si énorme et si exéenUei que tout esprit et sçavoir defEaillent à troaver non convenable à son énormité.
A tant je retoumeray au roy, lequel, ancoiBmencement qu'il eut nouvelle de la guerre de Picardie, à Theure qu'il estoit assez empesée contre un si puissant et non attendu eonemy en Provence, s'estant trouvé perplexe (encores qu'il le dissimulast) comment il pourroit en on mesmes temps, etsansayde d'autruy,satisEaiit à la guerre en tant de lieux , alors toutesfoysqo il eut ce grief et grand surcroist de despUisir,et tel que tout autre que luy pouvoit y soccooiber, ce fut le poinct auquel tous ceux qoi auparavant et n'a guères estoient en peine de trouver langage assez exquis et efficax à le réconforter trouvèrent en son visage, en sa contenance, en ses paroles, de quoy eux-mesnMs se réconforter; car oncques, puisqu'^ ses grandes difficultés il se fust résohide mettre datoot son espérance, et de n'attendre ayde ou secoois d'ailleurs que de Dieu, jamais ne monstra sigo^ ou apparence d'estre troublé ; mais, au iff^ qu'autres se fussent déconfortés, il applic(p son esprit à remédier et donner ordre à ^ affaires, et dès le soir mesmes il asseaiUa soo conseil pour y entendre. A l'issue de son coih seil, il dépescha lettres et messagers à tons ses
Keatenants généraux, aux gouverneurs des provinces et villes, et à tous autres qui avoient maniement desalfitires gisants en présente considération.
Le lendemain, il flt appeler monseigneur Henry, son second fils , n'a guères duc d'Orléans, depuis dauphin de Viennois et duc de Bretaigne , lequel, avec peu de gens, il tira en sa chambre à part, et luy usa seulement de ceste courte harangue. « Mon fils, dit-il , vous avez perdu vostre frère, et moy mon fils aisné, en la mort duquel je trouve que la mesmes occasion me reconforte qui m'accroist et augmente le regret et desplaîsir; c'est la mémoire et satisfaction que j'ay de l'amour, et affection , et faveur qu'il avoit desjà acquise en ce royaume envers les grands et les petits. Mettez peine , mon fils , de Timiter et ensuivre , en sorte que vous le surpassiez, et de vous faire tel et si vertueux que ceux qui aujourd'huy languissent du regret qu'ils ont en luy recouvrent en vous de quoy appaiser et oublier ledit regret qu'ils ont de luy. Je vueil qu'à ceste fin vous adressiez vostre intention et y employez vostre cueur , esprit et entendement ; Dieu ne vous &uldra de vous y estre en ayde et secours.» Telle fut la remonstrance du père au fils , laquelle fut incontinent recueillie, ou, pour mieux dire interrompue de pleurs et souspirs, qui du plus parfond des cueurs des assistans forent alors exprimés par la douce mémoire de l'un , Tagréable présence de l'autre, et considération de la vertu et constance de leur commun seigneur et père. Lesquelles choses, certes, m'admonestent aussi et contraignent de remettre le surplus de ceste matière à une autre fois, pour ne donner trop d'afQiction à un coup , et à moy en Fescrivant, et au lecteur en le lisant, par la trop longue ramentevance du faict, duquel je désire et ne puis me départir, afin d'estancher les larmes que me continue la souvenance du trespassé , duquel Dieu vueille avoir rame au nombre des bienheureux , et aux vivans donner longue et heureuse vie, à sa gloire et contentement, honneur, exaltation et proutQt de leur royaume et de leurs subjects. Età tant je reviens au conseil tenu le soir précédent.
Le roy, à l'issue du conseil, se mist à faire les dépesches cy-dessus mentionnées , c'est à Bcavoir : en Picardie , devers les ducs de Yen-
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