LIVRE VII
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ladite* ville de Péronne, environ le dixiesme | jour d'aimst .Partant le camp des ennemys d'an petit village, on plustost censé, appelée la Catelle, somma en passant le chastean d'Apiincoort, qui se rendit incontinent, car il avoit esté abandonné pour non tenable. Au lendemain ils passèrent la rivière de Somme, au dessus dndit chastean, et vindrent, gastans et broslans toot le pays, jusques auprès de Péronne. Le mesmes jour 7 estoit entré le sire de Sercu, avec mille hommes de pied qu'il avoit en charge particulière, de Ih légion de Picardie, dont il estoit capitaine général ; et nonobstant que, à venir de Ham, d(mt il estoit party environ minuict, et dépesché par monseigneur le due de Yendosmois, il luy eust convenu passer à travers les villages et censés, qui encores fun^oient du feu que Tennemy en passant 7 avoit bouté, si avoit-il eu si bonnes guides, et tant bien s'^toit tenu sur ses gardes qu'il 7 estoit sans aucune perte passé. Le lendemain 7 entra mondit seigneur le mareschal, avec cent hommes d'armes ; et lu7 servit aussi l'obscurité des fumées du pa7s que les ennem7s avoient bruslé, à ce qu'il ne fast découvert par eux sur le chemin. Sur le soir, le comte de Nansau, après s'estre long-temps pourmené à l'entour de la ville pour la recognoistre, s'en vint loger assez prè» de rabba7e du mont Sainct-Quentin, autant fasehé en son courage d'avoir faill7 à surprendre la ville avant que gens 7 fussent entrés, comme au contraire furent contens messeigneurs les ducs de Vendosme etdeGu78e, quand ils sceurent que lesdits seigneurs mareschal et de Sercu estoient entrés dedans à sauveté ; car ik avoient bien bonne espérance que les nouvelles bandes qu'ils faisoient lever en toute la Picardie et la Champagne, et la levée aes lansquenets qu'ils attendoient, soubs la charge du capitaine Micolas de Rusticis, dit le Bossu, seroi^t arrivés et prests assez à temps pour venir lever ledit siège de Péronne. Tel estoit Testât de nos affitires en Belgique.
Du pa7S des ligues, outre les huict mille Saisses de la levée &ite par messire Louis d' Angnerant, seigneur de Bois-Rigault, lesquels m plas grande partie estoient arrivés au camp, et en partie 7 arrivoient de jour en jour par des chemins un peu longs et destoumés, mais plus asseurés que le droict diemin, pour le destourbier et empescbement des passages, messie
Estienne d'A7gue, seigneur dé Beauvois,. et Guillaume, seigneur d'Yzcma7, l'un gentilhomme de la chambre, et l'autre valet de chambre ordinaire du ro7, en avoient faict une autre presque de pareil nombre, auxquels, à raison qu'ils arrivoient par divers chemins au lieu qui leur estoit assigné, selon qu'ils se desroboient à la file de leur pa7s, outre le sceu ou soubs dissimulation des supérieurs et magistrats de leurs cantons, on bailloit guides et commissaires pour les conduire par estappes, qui, à ceste fin, avoient esté ordonnées, par le plus court chemin, droict a Valence, où ils estoient recueillis par commandement du ro7, qui à tous les capitaines feit faire présent de chaisnes d'or pesantes cliacune cent escus, et les adressoit au sire de Montmorenc7, son lieutenant général; lequel, ainsi qu'ik arrivoient, leur feiisoit délivrer les quartiers au camp, pour se loger chacun avecques sa nation, faisant retirer en sondit camp et au dedans du fort tous ceux qui sans son ordonnance avoient dressé leurs tentes, ou faict leurs loges au dehors. En quo7 faisant, et usant parm7 ses soldats d'une sévé* rite de discipline militaire attrempée d'équité selon les occasions, il obtint en bien peu de temps que, nonobstant que son armée consistast de nations non seulement diverses quant aux pa7s, mais aussi en opinions et sectes contraires, Tordre et police forent tels entre eux, que son camp à ceux qui 7 arrivoient monstroit plus feice et apparence d'une cité policée, que d'un camp ainsi freschement et de si diverses nations assemblé.
L'empereur, au commencement qu'il entreprint la guerre en France, faisoitbien son compte que le ro7 ne recouvreroit point n7 de lansquenets n7 de Suisses : de Turin, il n'eust jamais pensé qu'il eust eu mo7en de tenir : de la Belgique,il la comptoitdesjà pour chose sienne. Mais, peu après qu'il lut rentré en Provence, et qu'il entendit certainement qu'il arrivoit tousjours au ro7 quelques bandes de lansquenets ; que de Suisses il en recouvroit plus qu'il ne vouloit; qu'en Italie il avoit faict son amas, et ses gens estoient desjà prests à marcher ; qu'en la Bel* glque la guerre 7 seroit plus longue et diCQcile qu'il ne Tavoit espéré ; et davantage, que smr la mer Océane ses subjects ordinairement 7 re» cevoient perte, et sur la Méditerranée, nos galères se pourmenoient en liberté» alors eut-il
m MÉMOIRES DE DU BELLAY,
teertîilnfe cogndfesirtfce ifa^l n*âttfoit, sans ayde d'a\]itruy, telle issae qu'il là désîrbit de son en-
tWprin^. Il se délibéra d^essayer tôt» moyens po^tfoles poar attltier te Samtt-Père et la ligac d'ftalle à conïAianicatioti de frais et ^aiciéti de Cette gueïte. Et i ceste fin avoit-B dépeschd te aei^^ftettr A^<^âfgift Colonne, av^^es pouvoir, Inatruel^M^ et lettre audit Sainet - Père et k tèuft les ptfnees^t]p^entats d'ItaKè, pro/testaiit envtt* eux (rt'on qu'ainâi fust^mafs "parcse qu'ît servit i ison Intention) que, entreprenant la g^Serrt ctoWtre te V6y^urtite de Fmnce, Jamais il ne l'avôft faict pour aa pàrtfctrtiè^re et propre iqptierdie', bi&is m CM^tetnptaVion du bien ptSiOt et Au repo» eô^MM de tai&kt ritalfe, pour dfvertir i'to«atiable'<:«p1dîtédu toy, de la cùMnt^atioÀdelktre géWrtpeetoîceWe; qu'eu^-^esmès scavo^ent bicfiâi, et À les en iqypeltoit à tesmoîgnage, qù'fl tt'aviô<t laissé aucune voye întérttêe ^tÈt obtenftr du roy que teuils dBfléretids lussent pUn^o^^ vuidés ptfr idrdre et fonhe^e dro^ et |Q8ttce> <m par «ippotncteflâreift équiYalsIe, qde &on pm* armeb et voye de ftict, ^ Jaques i «>e&tre ^eiondescencta éc écftiÈm M d^c d' Angéu^ ieswe, troisième 411s '4Mit seignëMr >roy, festal n dodhé de Mflan/éferi tomesfoyè tuy i^pàt^e^ fwlt, non sc^ulettieiït ^eotttfH^ à emperetlfr, mais en mn propre tiom, prewrîèremewi, cfomme ehose «ornquise'ptcr '«rmes^porledroict delà guerrei, et secondement, comme cédée i )uy perle transport du vrsy seigneur, Framïfsqtie Sforce, q^ estoit >droict tndfifoîmMe ; «t que^ quand ores il ne tiefidrottqu*i vtrtder «es mains dudit estât et duché de Milan, q«1l ne se trou^ vnft mbym de tp9à\ 'en la «ta^estSemé, tuy ^s< toit, ée son oo^, pi^ à y entendre, et d'en disposer entièrement, par te consentement et «avis commun de touè lesdits princes et poten^ 4ats dltaUe : tant Ven faudroit qu'il eo^^oÉ bien ptirtK«Her en -plus grande reconmmnda* kfon que ie ptMlè; mais que, tionobstafrit tous les dev<oirs «è il s'estoit mis si grandement, te roy de ftanee aVoh toujours superbenMfht et obstuément refasé toutes honnestes et raisonaraUeseffire», et préfiérélaguerre Injuste, cruelle, et d'iflicertaine issue, à une honneste, «tile^et •dertaitie ^aix, jusques à'dresser, encores àpré- -Btnt, nouvelle année en Italie; en quoy f I don- •noit bien évidemment i oogfloisttiB eMiblen Û -avoit 'plus d'afifectitin à tmvaHier lit alie, qu^à •âeffendre'SQn propre royavm», «oquelU irvoit
lA grs)^ fiiit dé ^erré sto les bnàs. Si tMlesfoys il estott nUs ordre à obvier qœ kA seigneur roy de France ne mîst ensnaMe la forces qu^l avoit tevées audit pays If biBe, ledit seigneur empereur ne doubtoftt piHatfÉl ne remportflfst de France ottte si gmâfc « iisigne vtefoit%, qu^il asseuroR i peipàaits le repos et la tranqmlRté 4e lltalie, attendl ^ autue queketfque nie te trosMoit, iinen métttettt ledit t&f de France.
Toutes ces choses ètocqoes umrtiét^tt, 1 cotKiuoit, €«i sesfnsiructlotis,que,céMM ttÉ tast qtfe tay, qui es^kiM leur priMê iSOÊvtxik et empereur^ eust lors à eÉtretenir en lemet en mer, en divcK Heax et «n mesme» tcops, quMre grosses ^ pwassttiteli ^ornaées, phtt pMr te iÀëCk et t^pQRS dVsAtre cMût ^que pour acok o<fetioethrfpàïiie«iaireinemf«tete,età«ye
riialiene soit ass<i)|eette àdomiMtiODeti^ gneurte. estrangère, teur vray ofltee «*wif estott de lay donner, en teur propre pm ayde eit seoMrs, ou p<iur o^cabl entrefntAv de consemcmewt «omnMu, eitàcioiMÉaistt' pens a^^e^ques isy, la yqMm stdeffieM^b lilisrté d'ilatte, 4 teqoelte MttaaiB à «e tesoi^ en qQoyfoarraKt4tejajiÉa«îëi«eqgndsirer<ttgMtion iqu'ik ont envers <fl&, iqiri tes a bennssèmeîit proAaictB) estevés, nourrys enliari* lèvre et phs amène et gracteose oentrie^ monde? )ou quéBeksbose peuli^GHe jamusi^ allsire dVnx , si «eHe ne fa «n ia'defltenee «K 1^ lection de sà M>ei^t Telles estdent ta rt moBstranoes que te «sc^lgtilsfir Asosgne e^ obargé de fa^e isaivierseUeniem 4 tous, et p^ Ucufièfemenit à un dnéeun ^es estets, ft^ et foiem»t6 d^haMe. Au Sainot^Père fl n(Mi teslkire presque pwrefltes; maib il esisitexp*' •ément ebavgé 'de tuy dire et ^\g^ «sHÂdre dava»ùge comment te TintcMsdt ses frcpratife pour fkire en chi<efttienté iMe deseo^ plus grande et mieux éqiilppée qu^'n'aivn)^ encores ftiet Jamais, et qu% Ja fMlkàmp' mevère il seroit prest à y ÔÊÊKseMêe «) p" sonne, et qu'en on ttiesiiMsneiApb il vo«k^> ^ par tame et pur mer, «ssaiBir les 'reyaM» * Naptes et de Miette, et fà se fiAtiSer^t y tfA son msgsttin «de «o«s «équippages 'èe «gwam pour, à «oettes sus coi^moéRtés, ^tsmim fc wArplus de l'ifiite, et delà « traiftpQmrf"'^ toute ia chre«tteûl?é. El, a«n ?quë ledit ifWw*' Mre n?eB foisl ^en^doubte, aVMHMUAledit J^
gneur Asoagxie cbaii;^ d^ ^peaiy^D^^tref à Sft
rivé» aveç/pi^ «o^ ^nn^, qi^ la mer I^é^iter? ranée, qfi\ la teooit e^ t^e sulûectioi^, que \e navigage ps^r ice^ç estoit mfer^it, au moixi^ mi4 seuf aux çhrestiem ; et me^on^eot parce que le roy çle Fr^ce iudubitablement ^'e^ioit un^ et ft^ié avecqu^ iceluy Turc, et qu'il §ja avoi^ osté le masque et çe3^ toutes dissimulations, car ouvertea\ent il te sepiomioit et pre^soit de dépendre, si que, toutes ej^cusations cessantes, ledit Sainct-Père ne pouvoit dissimuler que, pour donner exempte à tovia les Estats de la cbrestienté, U ne f^st le premier à les exhorter et à commencer luy-m^mes dç prendre les armeSf et que chacun, e^ ce commun dan^r, apportas^ quelque remède et soulagement, ain^^i que le rçqviéroit Içur Revoir enverç la com? mune patrie, envers Is^ fpy ft l^ religion chrestieime, epsemble la considération de la cause, du temps^ du salut à présent et de la liberté à Tadvenir. Adjpustoi; encor^, afin que çe$te entreprinse ne fu$^ infructneuse à Sa Saincteté, que Tempereur, en ce faisant, estoit contentf et luy offroit de disposer entièrement de Testât et du duché (ie Imitant ainsi qu'il plairoi^ à Sa* dite Saincteté y ave^queç participation de U seigneurie de Venise, en prdonner.
Le premier jour fl'^oii^t estoit ledit seigneur Ascagne i^rrivé à Rome. M lendemain il eut au^ieûçCf ejt exposa la créance dessu$dite en présence et compagnie 4^ ^^\P de Sifuentes, ambassadeur oroinaire de l'empereur envers ledit Sainct-Père. Après, s'eçiant ledi^ comte retiré, il parla encore à Sa Saincteté à part, et luy offrit que }edit semeur empereur céderoit et tr^niporteroit ledi^ estât et duché de Milan à l'un ijjep ^yeux de Saditç Saincteté, et ferait, ^u ipirpfus, que le dnc de Ferrare (touchant les choses qp'il ayoit controverses avecque? elle) et le dqc d'IJrhin (touchant le duché dc.Cainérin) en tran^igeroient et appointeroient au pontenjtjctf^ent et gré d'icelle Sa Saincteté, moyennapt ff^^çJiB fu3t seulement contente entrer en h Ugue dlt^^ip^ c'pstpit h dire, d'en dodiaâs^ entièrement le roy 4^ Franqe. A Geignes, à Lv^cque?^ à Floreop^, \ SiçnnC; avoit ledit seigneur Asca^e exposé sa créance, en y passant, fit de ton? avoit remporté une mesmes