LIVRE vn
^ \tè^ bûA c\ipuri av^ qfil leqr 9fJtc^\ wdonpf f^r le commup advis de nostrç Sainct-Père e| dç Sa Majesté Impériale, afl biep, tv^itioÂ, ^^7 fence et salut d'Jlalie, Ledit Sainct-Père, apr^;? qu'il eu^ grandement et gingulièretpent fouç l'affection dudit seigneur empereur à procurer le bien et repos particulier d'Italie et le com-mun de cbrestientéi respondit, au surplus, qu'il ne pouvoit blasmer l'advis et considération dç 3a Majesté Impériale, de transférer, ci possible eptoit, la guerre bor§ d'Italie ; mais qu'il loqeroit trop plus qu'elle ne f^çt ny la n'aillenrf entre les chrestiens ; car, ^ quçlcpf^que par| qu'elle se fasse, soit en frfinpef soit en Itali^i entre Sadite Majesté et le roy de France, ton^ jours falloit-il que le sang chrestien y fu^| espandu, et qu'il s'en en^uivist l'amoindrisçement et débilitation des principales forces de la cbrestienté. Et qnan| ai^ TurÇi Sa SainctçjL^ estoit bien asseurée que on ne sçauroit le convier a veoir un spectacle plus à son gré, (ju'à venir upe si cruelle et mortelle guerre entre les deux plu? puissans monarqp^ d'icelle; car }\ estoit bien à peiv^r que» quiconque en celle guerre soit le vainqueur ou le yaincu, c'est faire un pont et bailler le choix audjt Jurq de venir après assaillir lequel que bon luy sembleroit, se tenant se^r que la victoire ne pouvoit estre sipon dommageable e^ préjudiciable aux forces et puissances du vainqueur mesmes f mais que tant psoit bien Sa Saincteté asseureir ledit seigneur empereur, que, pour celle ^nné^
3ui lors couroit, le Turc ne ferolt faire aucune esceote en cbrestienté ; car Sa $ainçteté avoit eu plusieurs advis certains et accordans ensemble, et mesmement par la voye des ambassadeurs vénitiens h Çonstanti^ople, que le Turc estoit résolu entièrement de ne faire autre chose pour le demourant d'icelle année, sinon de réparer, en tant que possible Ipy scrpit, la per^e et dommage qu'il ayoit rec^u en Afrique, et recouvrer la cownodité qg'il s'estoit prépfirée, et depuis avoit perdue, de faire quanp hon luv semblera descente en Italie. Bien kdvoiiojt ^ Saincteté qu'il estoit yray que ledit Turc cependant voulo^t donner ordre (encoreç ^u*à pela il faillisl) de préparer sa descente pour i'anppe qui vient, renforcer |e nombrp et équippage de seB vaisseau^ de pier, mettre provi-
response, gui fut, en somme, que, tout autant siop aux finances, aux vivres, aux munitions qu'ils yaloient et pouvoient, ils s'employeroient • et à la levpe 4e §e,s ^ofts (Je çiierre, pouj- feire
ladite descente avec gros effort et grosse fmsr sance ; et n'estre rien plus vray que tous ses plus avancés desseins tendoient sur la Sicile et sur ritalie, ainsi que le mandoit Sa Majesté Impériale ; et que, pour à ce remédier et obvier, il n'estoit possible de choisir autre meilleur chemin que celuy qui esioît par Sadite Majesté mis en avant, que condonner chacun au bien public ses querelles et inimitiés particulières, et que tous ensemble, d*un mutuel consentement, s'appliquassent à la conservation et deffence du salut et repos commun. Et qu'à ceste cause, autant qu'il congratuloit à la Majesté dudit empereur ceste sienne continuation en bonne et saincte volonté de renouveller la praticque de paix et union, autant désiroit-il d'y employer et de mettre, non que son bien, mais aussi sa propre vie en hazard, pour estre arbitre et moyenneur de ceste paix ; pour laquelle sienne affection et volonté mettre à exécution, il ne sçavoit trouver meilleure entrée que de persévérer en neutralité, sans condamner pré- Judiciablement la cause de l'une des parties, en adhérant et se joignant à l'autre. Tant s'en falloit que, par une telle voye et moyen, il voulust mettre en sa maison aucun estât ny principauté, au dommage, regret ou desplaisir d'autruy, et que, quand il plairoit à Dieu luy faire tant de bien et de grâce, que de le faire l'un des moindres instrumens qu'il employast à l'exécution d'un si grand heur, ceste volonté de Dieu, par luy ensuivie, luy seroit suffisant contentement et satisfaction de son travail ; si que plustost il souhaitteroit la mort, que d'en chercher ou accepter autre loyer ny récompense.
Desjà estoit l'empereur arrivé à Aix, alors qu'il eut nouvelle de ceste response. Sur son chemin, il receut quelque perte, mais non du tout si grande en effect comme eUe luy avoit esté griefve et ennuyeuse pour la qualité de ceux qui luy avoient faict le dommage ; car ce avoient esté seulement les paysans et montagnards qui se tenoient embuscbés es détours et au dessus des passages estroits au long des Alpes, et par occasions sortoient à l'improviste, aucunesfoys sur les avant-coureurs, et aucunesfoy^ sur la queue de son armée, en sorte qu'il ne se pouvoit eslargir aucunement, ny cheminoit journée, que de deux cens en deux cens ptis U ne fiost forcé de s'arrester et de se deffen-
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dre» sans toutesfoys avoir moyen de grand^ ment endommager lesdits paysans, lesqoeb, soudainement qu'ils se voyoient pressés, se retiroient à mont, par des chemins obUcqoes et incogneus à autres qu'à eox-mesmes, ma que s'ils se feussent évanouis de veue. An desloger, lut contraint l'empereur de passa an long d'une tourelle, en laquelle s'estoientedermés jusques aunombre de cinquante bommesda pays, avecques des arquebouzes qu'ik avoient recouvertes, en intention de choisir ledit seigneur empereur à leur advis, et, quand il passeroit, décharger tous à la fois sur Iny, poor le tuer, quoy qu'il leur en peust advenir après; car ils sca voient bien qu'ils ne pourroient exécuter une telle entreprinse sans que la vengeance ne s'ensuivist par après. Et en eifect, 3 s'en faillit bien peu qu'ib n'exécutassent knr intention ; car ils «i tuèrent un, qu'ik pensoient estre l'empereur, à cause du riche accoostrement qu'il avoit sur le hamois, et de la suiue de gens après luy qui luy déCèroient et bisoient honneur. Force fut à l'empereur d'y faire amener le canon et y arrester son camp, quin souffrit moult de malaise : la tour fat battiieet les paysans contraints de se rendre à la nterey dudit empereur, lequel les feit tous pendre, tant par courroux de sa demeure qne poor exemple qu'autres n'eussent par après la hardiesse de faire telles entreprinses. Et adverty qu'en un petit plain environné de bois à Fentour, et assis sur la crouppe d'une montagne,! laquelle ne pouvoient ses gens arriver, s'estoit retiré un nombre de paysans, avecques femmes, enfans et bestial, fit mettre le feu es bois en divers lieux, au dessus du vent, de manière qo^ tous y furent misérablement brusiés, d'aucuns en hors, qui, se voulans sauver du feu, tomWrent es mains des ennemys, qui jamais n'en re ceurent un à mercy ; dont fut depuis le populaire si aigry et animé contre l'empereur et son armée, qu'oncques homme qui tombast entre leurs mains ne trouva d'eux plus gracieuse composition que de cruelle et iiÂumaine mort. ] Audit lieu d'Aix arriva un courrier envoyé par le seigneur Ascagne, avec lettres et advis de tout ce que ledit seigneur avoit exploicte on faict de sa commission , de hiquelle il n'avoit remporté le fruict qu'en avoit ledit seigncar empereur espéré. Si commença lors, en consi iLdérant et nesant les affaires plus soignensemoît
LiyRE VIL
et diligemment qu'il n'avait faict auparavant , et les choses estans encores en leur entier, appercevoir et cognoistre que ce n'estoit entre- ' prinse légère que d'assaillir un roy de France dedans son royaume ; et veoit très bien, mais un peu tard, qu'il ne luy seroit aucunement possible de fournir et satisEaire long-temps à Tentretenement de tant d'armées qu'il avoit en tant de lieux, et en mesmes temps. Pour y remédier en quelque partie, et puisqu'il estoit entré au lieu dont il ne se pouvoit ou vouloit ainsi légèrement retirer, il s'advisa d'envoyer à Anvers, et prier les marchands (auxquels il avoit baillé grandes assignations de remboursement sur les deniers qui luy avoient esté octroyés par les états, et qui provenoient du revenu ordinaire de ses royaumes d'Espagne, Naples et Sicile) qu'ils se contentassent de luy prolonger un an le terme de leur remboursement, afin qu'il se peust ayder d'icelles assignations, en leur donnant récompense, telle qu'ils voudroient, de fintérest qu'ils pourroient avoir à cause de ceste plus longue attente de leurs deniers. Pour à ce faire les induire, il n'y obmit moyens quelconques de persuasioQ, entrelaçant ensemble prières, promesses, récompense, et crainte de plus long retardement, s'il advenoit, de malavanture, qu'estant ceste guerre de plus longue durée qu'il ne l' avoit espéré du commencement, son armée (que Dieu ne voulust) se vinst à deffaire par faulte de paiement ; quoy advenant, il estoit à craindre et penser que son ennemy poulsast sa victoire si avant, que Sa Majesté fust par ce moyen contrainte de leur ûtillir, à son grand desplaisir et dommage.
Ceste dépesche faicte, ledit seigneur empereur, ayant en son cueur un extresme et merveilleux r^et qu'ayant tant eu d'heureuses victoires es guerres qui avoient esté menées par la conduitte seulement de ses capitaines, luy estant ea personne maintenant, avecques telle et si puissante armée, et après avoir bravade de la sorte que chacun scavoit, il fust contraint de s'arrester si longuement sans faire aucune exécution ou honorable exploict de guerre, print en soy-mesmes délibération nouvelle, ou, pour mieux, se résolut, mais trop tard, de mettre à exécution celle qu'il avoit auparavant prinse, d'essayer sa fortune et d'assaillir vivement son ennemy ^ laquelle délibération luy eust peu, certes, et luy eust esté XVI' siicLEy Chroo. et Mém.
avantageuse, s'il Teust exécutée à temps, et comme la raison de la guerre le vouloit, alors que les forces du roy n'estoient encores unies, et que son peuple estoit intimidé par la soudaine et non attendue descente d'un si puissant et grand ennemy. Au dessoubs de Aix, ayant la ville au dos, estoit son camp logé en une plaine, et sur deux collines doucement eslevées, et par les deux costés regardantes, en icelle plaine, la petite rivière de Lary, qui coule au long des murs de la ville, passant par le milieu en la longueur de sondit camp. Estant le quinziesme jour d'aoust en iceluy camp, il choisit jusques au nombre de trois mille Espagnols, quatre mille Itdiens et cinq mille lansquenets, et, sans desclarer son intention à autres qu'aux capitaines, les feit partir environ la minuict, afin d'arriver où il prétendoit avant que nos gens en eussent ^ nouvelles. Luy-mesmes avant le Jour fut prest à cheval, menant en sa compagnie leducd'Albe, Espagnol; le seigneur Alfonced' A valos, marquis du Guast, et le seigneur don Ferrand de Gonzague. Italiens, et le comte de Home, AUeman, accompagnés de toute la fleur de ses gens de cheval. Et, avecques ceste trouppe, acconsuivit ses gens de pied, un peu après le soleil levé, assez près de la ville de Marseille, en une combe qui s'estendoit jusques à la plage de la marine. En celle combe il feil arrester ses gens, et, prenant seulement ledit marquis avecques luy, et un bon nombre d'arquebouziers, marcha en personne pour recognoistre la ville, tenant tousjours les chemins creux et les voyes obliques, pour n'estre descouvert de ceux de dedans, jusques à ce qu'il arriva près de la ville, à un ject de canon, où il se tint couvert d'une masure de maisons n'a guères abattues. Et de là il feit passer ledit marquis outre la masure, avecques gens choisis arquebou/iers, pour recognoistre de près un endroict que on luy avoit dit estre propice et opportun à y planter l'artillerie, et sur le costé que l'on tenoit la 'ville plus foible et moins deffensable. Ledit marquis, en regardant l'assiette du lieu,appercput en un mesmes temps, et que la ville avoit esté diligentement réparée en cest endroict, et que luy avoit esté descouvert de ceux qui faisoient le guet sur les remparts, et que desjà estoient sortis gens de la ville, qui avoient prins le chemin haull, afin de le venir enclore par derrière. La cause de sadescouverlurefut telle ; les chevaux quel'em'
MÉMOIRES DE Dlî BELL4Y,
[issq
perenr avoît laissés en 1â coilibe dont j^af déàsxiÈ parlé commencer erit fort à hennîf , et tant, que fa combe, enclose clé montagnes rf*une part, et de ta mer d'antre, en retentissôlt^ en sorte que le vent en appof (oit lé bruit justes dedans là ville ^ qui fiit en cause que ceux ^i estoîent éé guet sur (es mufaiHes fureiit d^autatit plus ententifs à regarder autour des masures et cbemins creux, autant que leuf veue (wilvoit entendre. Et, reçardaht ainst curieusement, ib descouvrirent ledit nmrquis ; et le voyans ^rës et à peu de compagriie, a voient mis lesdits ar^^ quebouziers dehors, en assez bon nombre, tendans à Tencfore, s'il n'avoit autre suitte que ce qu'ils en descouvroîent, et pour éstre au besoin assez forts, au cas qu^ils trottva&sent atitres gens en embuscbe parmy les débours et chemins croisans entrele^ collines. Lé marquià, voyant qu'il cstoit descouvert, se rciirtï par autre chemin qu'il h'esloît venu, Vér^ la tnastire dont il estoit parly, et fiit en causé que ceitt du guet apperceurent que derrière icelléy avoH encores gens ; et pour ce firent-ils encores sàiKif gens de renfort, et, addressans à ces! eHAtàiti la bouche de quelques canons, y mlrerit Inéontînent le feu, et firent xta tel expfcid, i càtisé des pierres que les coups dé éianofn escârtirent en donnant contre ladite masure, ^'il y eu^ des gens beaucoup et morts et bléstés.^^L^empereur en toute diligence se retira plus loîû de la ville et hors de la portée du éanon, en une vallée qui esloit couverte enttèremefitif un grand et large rocher duquel sôftoit une "fontaine d'eaue vive, auptf^ès de laquelle 9 feit un léger repas. Et puis, après avoir communiqué to dé^ libération avecques les principaul des capitaines estans avecques luy. Il ordonna le ûnt d'Albe et le comte de Morne poxtt dcmoufer hi environs de Marseille, tnonstrant contenance de la vouloir assiéger, et ledit mafqrfis dû Gtafit avec le nombre de dôdzé cens ëhcvanx, é< lei capitaine Paul Saxe avecques ^ etsèlgriès dé pied, pour aller recognolstre h vitfé d'Arles, ei, s'il leur sembloît qu*el!e fiist pour éstre &éllément emportée d'assault, le faire à iÊWrait kax dessusdits ducs d'Albe et éomte de Hôrne, & ce qu'ils se vinssent joindre i etil, te pendant tpié luy en personne y viendtoft aveciqties toute sa force ; leur donnant charge toutesfoys, au ca^ que ladite ville leursemblast estre en telle deffence qu'elle fust pour y amdser long-temps saû
têHtip, eut, en Cé cas, se i^ttTassent avecques lésdits d'Albe et dé fiome devant Mar^lllé, jusquei k ce qù^iliï eussent de (uy àiitres nonvelles.
Cei choses ainsi 6rdofinéeâ, f empefeof se retira en soù camp par le més'me^ diéftin (fn'il estolf veml. Mos ^ens (fde Je vods ày dit enre sort te bors de Marslétlle, ainsi que fés omeÂys, soudainement e^nnés a càttsé dés coopf it cAnon qui avoteùt donné dedans h st(S(fitein&stif é, se retlrofént bort de bl^tterie, espïfs a âtveTÉ Ifeul, ^lon <^^ cba(*un s'éstôit tNà k propos dé se rester en lîeu de sativeté, t comme gens qui n'aVotent pas bonne cogooissantie lîy du pays ûy des cnemins, en $afprifidrent et prlndrént aucuns, tèsquék iM mm- Titrent au seigneur de Barbe^ieùl, Iblenant dti roy, ëi état autres capitaines csiam © ladite Ville dé MarSéfifé. P&t kexA prison!^ entendirent lesdits éapitahi^ (îonuâef effipM eStolt en personne, avecques ^q de compigÉ, derrière ttâlié àiasure, atôrsf qué les eoops de (îariôn t Aïfént tirés, ayant eti teste tùje salade boui^gti%Aontié, avecques on p^Tlna^devfét bbnc et oréngé, et stir sdtt bamofs ves^ (fof Sàyé dé damas tiàite. Cei^é àduvelfe otfe œ fkdt démai»fer Ht y éust pi^ou dé génsftf fttëtd tfadvfô dé Arfre stff ïà^ me MHè,«t((w ta conséï^énce d^ préifkïfe ott. tue^ ttt m^ fé'rt', eii qûof ^soît ionié ta ^Ictoiif , tfcstoit si petrtè, qtt'efle ne valust Méd Is bâtard (fcpffdre c(tielqués geM, àd pis aller. Les antres, Auxqtiéls plâlsôient ittdiiti les cttoses prétipttiEs et de bâtard, értoient d'âdvis dé né poHtftegamif k ville, ésiimatts bîén que tettipMtw serolt venu si près ians avoir tefle trodpptk sa qùéUe, qd^fe SerôW bieiflr sufftsame, à tmhsofn, de MaAkttte totrté ht iàmtaon déMa^- Sertie, et (fie pKt itvawturé fiiisrftfl rnàtéff tôtffé sô« armfe après fay. Et de fe penser àW feur d6hAofent dettt èhôses çrtttKHr o«a*- , ruÊfé, 4u1t ccrtt qtiî faisolerit fe gdet il «^
(i^estàtt en k yaBée ôà Pempérttxr avoH Wssc ses geris), cntrehîire du hamofe k U févtffttomti du soleil qm' dérnnôit AîssttS; faftrtrt, qpj lés prisonniers disôièm rfàVOtt riéti$ scétf (fioA fis partirent du camp, ny qbetlc part on te coodtiisoit, ny que rempereûr deust veûir fes acconsuivre. Et, à ceste cause, îl leur sembloit bien à craindre que, si où mettait jrosictroopp^
d€ gens hfff$ ^ ia ytfle, jç|t t^Wf Yj^mm^lS^^
Bfpo^yi^to par ^V/^^tijLre^ i^tr.a)s$pit pe^lç mesie
çeste jtewutatiQï^ cbioisigr wt w^fi vpy ç moy e^^, cpjL foi: 4i^ T^ef ceux (jioi (^t9liei^ ^rH^, m^ û» çflfrffrir mar/çber plus Av«>t, 4e jiçjw
ety au ]m 4'ioeui^^ je» ^pypy^ 4'wtri?3 tpjijp frais sur iîç fr#jgaffi3 le^t J)^q9jç» 4e j)«B{jçkp|i^s, l^^ffffds jrf|^a«enfc terriç À ifceiTf ;Ç|ç^jrf»t la plage, hpre 4e 1» vep^ 4iç Y^fff^y^ jmvm « c^ qu'Us jensseof^ai^é Iç 4ç|^s4e l^^df'oict pi^ il Jeur^sfiBïWoit ^voîr vev jeiptfduijc:e4» b^mpis; et (ju'^ixiv^nt ^à, /j'ils ypyoienj iju'ij y içoist
point jest^ a^^9V£rts, n» prâ^^^pjt teprjç ^ tournoyassiez )a popù)^ respoj^4^t 4 la i^^f t9M m'M viû«^t prçay leç ^fmçu^ ^9ftiW aJArm^ Wï^iUt^ epijiçpf^ys, et m^ent j^uib, eQ iftQUStwtf icpnjepuptce 4e çp vouloir, e^ jçpmbajtant, t^t^, 4ç attf aire^ç^t;^ eflAWyç jusmes au 4roit (f une certjBtioe place qij'pft le^gar désigneront, c;o l^ueÛe pn .e^verrpH q^efwe? galères, uuî t^fuporiserpJLepf ^!i?^es à ce qViJ^ veissent fep^r jff^mU .ej., Je voy ftpt iapropps, deschar6?.rpi/ept i^iajrt^eiie à tjr.aver? euj^ # firoproviste^ fe^;sans)eur cfiff^iç qtf ^iflsi a4v^p*ntp il ne $e p^y:p,it jÊai^e q^e, ^^^ à^ri^ 4e rjçpp- Yoir honte ny dp^nup^ge^ jls pe Ssçmt grpss^ tuerie; et pourroit estre ,(,cpflaflae;8puyent topa-^ bent lejç lîia^^^ds aussi]tost ^r l^^ p^W^ Ifo^Ç svr 1^ petijls) rjBtmp^r.eur mepfl^, pu quelq^ef autres grpjç jp^r^ppnages, .se jtfpuvçrii^iept ^^ drpiçt 4e i^i malavaiptijLre.
C^sie opinion fut soivjle §f, Qiisi^ à tt^tipn; maij^ fempereujr .estoît dcs^à party. Pos g<eD9, quan4 ils forint pis à .terrp, |itoji ^^1 ^voit estç ady^, fi^e^t un ^opç Girçujt panny le^ çiyrtes jieptisques et a^^tres tels «arbustes 4ont ][p pays est 0 ^randeo^ept fC^puyeit, et puis se ]laissèrent voir de loîp^ .cojtpjpçijç si ce nisfsent gen^ qpji vipsf^pt 4\un autre part qi^^ijs ne vçnoie^t. 1^ dup d'Mbe, sito^t ^'^ les apperc^t, envoya quelques .chevaux légers au-devant, auxquels fl donna charge d'en approcher si. près qu'ils peussent estimer Iç i^on^r^ qu'jils pp^-^
tîVftË yiJ, 627
vpijîQt f,rtDP, et Ifly 0n man4çr nmivelles îpcontiAent. JLiesdiJs cbçvaux légers, arrivés qu'ils lurent» pt ff^H^ veirept les japstres estre si peu, çpvpyi^r<çîjt pipmpteinent ep acivertir ledit spigpepr 4uc; iç^ eux pe pendant, pour les ainuser ^q'i[s ne jse retirassent, et ep espérance de les ^tr^ire en liey qu'il ne s'ep sapvast un pour en pçrter l^ p.çyvelîe, Ips comB^encèrept à vouloir çfrar^r. £t |es npsjtres^ qui estoicnt tous arqiifebopz^^r^, posch^rgea^ ç,optre eux leurs ar-
Spebpu^^ popstri^rent coptepançe de lescrainre biçp pep, qui esioit ce que Jesdits phevapTL légers désiraient Iç plps; car ils tendoiept seu- Ij^ept k p,V^ d'.^n^user 1^ nostres, tant que la Çrpsse tropppp 4ej5 leurs arriyast; et Ips postres, çp c^ pW*ey, tei^pienî à fin d'attraire ladite grosse trouppp 4e.s ennemys, laqpelje ne tarda gwre<5 h ^ dj^opvrir.. ^t ïors les nostrcs, ppoune M ce leur eu;st esté chose inopinée^ feirent «ewbjapt 4? s'estonner, et reculèrent tpp^oprs, $ans se n^ettre ep fuitte abandonnée, ta^t que lies ewep;kys fussent à l'endroict que ep^ âvoiepjt pbarge 4e les attirer-, et lors ils tournèrent ^çpudainepxent le dos, et se sauvèr(ept parpy l^its arbustes. Et sur ce poiuct cpmmep^Cièrent coppç de canop de tirer à fprie de nos g^tlçres parp^y la pjage, qui estoit de^cpuverte, plxï l^ap milieu des ennemys, et leur rent eu pçp d'Jieure pn tel dommage, que les corps des pus, les bras et jambes des autres est/»p4usj9pr li^ place, 1^ laipentation des mouraps, la .çoASt^rPi^tion ^t 4ésplation des fuyaps, e^^ tPAnèrepjt tant .ceux qui estoient s^ips et ep^ tiers, qu'ils pe t^clièrent tous sinon à éviter |e dap^er jiyapt qu'*^ faire l'épreuve. JLeur fuittp fpt [sx^jf^^iîffi ,et piétine d'.espouveiUement; m^i$ il .9L4v|pt ,i|^e phpse qui la leur creut encores gr.w46P?(W^5 Ç^ ^<>s çç*^; qm s'estoient retira P^rmy l^ arl^psteç et guarrigues, chargèrippft si fqrie^u^èmept sur les fuyaps, quUls furenjt caus^ 4e 1^ i^ettre en opinion qu'ils fussent ayiçgçu-coureunç 4e ravant-garde de nostre c^mi
de 1 empereur,
en intçjation 4e présenter la battaillç, Lepiieux qp'ils siceurent faire fat de se ralKer et retirer epsem))lie plps à Fesçart et loin de la marine, ep pQe vatlée ceinte à l'entour de rochers et cçrtlinesj èsqudles ils assirept leur guet pour venir si aucun viendroit sur eux. La feit le duc d* Albe reveue 4e .ses gens, et trouva en avoir
Qûo, lequel, sur les nouvelles du deslogement l^mpereur, se fust ^ussi deslogé d'Avignon,
beaucoup perdu, et mesmement de gens de nom, entre les autres le comte de Horne, et un autre capitaine alleman son parent prochain, lesquels firent de tous moult regrettés. Les nostres se retirèrent à Marseille avecques bien peu de perte; es mains des ennemys en tomba un en vie, qui fut amené prisonnier au duc, lequel entendit par luy tout le discours de cesle entreprinse, et sceut qu'il n'estoit nouvelle que le camp du roy fust deslogé. Le duc et les autres capitaines, en vengeance de la perte qu'ils avoient faicte de gens de bien, firent cruellement tirer ledit prisonnier à quatre chevaux, sous couleur qu'il estoit Italien et a voit esté n'a guères à la soulde de l'empereur, luy mettant à sus, par ceste occasion, quMl estoit transfuge et traistre envers ledit seigneur.
Le seigneur marquis du Guast et le capitaine Paul Saxe avoient, durant ce temps, continué le chemin qui leur avoit esté ordonné, avoient traversé tout le plain de Crau, dit autrement les Champs Pierreux, sans y avoir trouvé rencontre : et à costé dudit plain, vers les marais, assez près du pont de Crau , s'arrestèrent et prindrent ad vis de ce qu'ils auroient à faire. Le capitaine Paul Saxe demoura audit lieu avecques la trouppe; le mar4uis, avecques seulement trente chevaux, vint jusques au pont, et y en laissa vingt à la garde : luy, avecques le surplus, passa le pont, et vint jusques en un tertre regardant sur la ville, lequel on luy avoit dit estre moult propice (ainsi qu' estoit la vérité) pour la tenir en extresme subjection; car, y asséant quelques pièces d'artillerie, et faisant batterie par le cosié dont la ceinture, ou courtine, se venoit encoingner avecques celle qui est au dessous d'icelle montagne, elles eussent battu par dedans la ville, au long d'icelle courtine, où seroit &ict la batterie, en sorte que ceux de dedans ne se fussent osés présenter à soustenir l'assault. En ceste sorte s'arresta le marqui», et, se tenant derrière deux moulins à vent qui le couvroient , apperceut clairement qu'il avoit esté pourveu à l'encontre de la commodité qu'il y espéroit trouver; et luy, en cas pareil, fut descouvert et apperceu des nostres. Mais tant y a, que si l'empereur, avant que le sire de Montmorency, lieutenant généraldu roy, se fust advisé de faire fortifier ladite ville, y fust venu droict, ainsi qu'il avoit délibéré, sans point de faulte il n'eust trouvé aucune résis-^
tance qu'il ne s'en fust saisi Cacilement; et de là il eust eu le passage du Rhosne à son commandement, et à son choix de nous assaillir, on en Provence, ou en Languedoc, ainsi qoe le temps luy eust mieux présenté l'occasion d'entreprendre ou l'un ou l'autre. Mais en peu de temps elle fut en telle réparation, au moyen de la sollicitation qu'en feit ledit lieutenant géDcral, et de la diligence dont les capitaines, et deFissidu travail dont les soldats, et du devoir dont les habitans en usèrent, si qu'au treizième jour elle estoit en la plus grande asseurance du caàt dont, treize jours auparavant, elle estoit la ptas doutable et moins en estât de deffendre.
Ladite ville d'Arles siet sur le Rhosne, à Pendroict de la poincte où il se fend en deox, et, allant par deux bouches se desch^irger en h mer, enclost de ses deux bras une isie triangulaire, nommée la Camarolle. Le premier /oor d'aoust y entrèrent les seigneurs Jean Carracciol, Napolitain, prince de Melphe, et Slefhe Colonne, Romain, avecques pou voir égal ensco^ ble de lieutenant du roy en ladite ville. Lecfii jour y entra messire Antoine d'AncîenviUe, seigneur de Villiers aux Corneilles, commissaire de l'artillerie, avecques douze pièces d'artiïerie, que grosses que moyennes, et deux ccds cinquante pionniers ordonnés au service d*!celles pièces. Le lendemain y arriva le capitaine Bonneval, avecques sa compagnie de cînqiuante hommes d'armes, et vingt de celle du seigneur de Boisy, lesquels menoit le seigneur de Modtreul-Bonnin, son lieutenant. Ledit Bonneol, estant ordonné avecques le comte de Tende a faire le dégast, ainsi qu'il a esté dit cy-dessus, avoit receu lettresdu seigneur de Montmorency, lieutenant général dessusdit du roy, par 1»quelles luy estant mandé se retirer en ladite ville d'Arles pour estre compagnon a la tuitioa et garde d'icelle avecques les dessusdits Mel^ et Colonne, et luy ayant adressé sa compagne, passa en diligence parmy le camp, afin déplus amplement enten4re dudit seigneur lieutenant général ce qu'il auroit à faire, et quel ordre avoit esté mis à la fortification de ladite viRe, laquelle il sçavoit avoir esté auparavant très mal tenable. Son séjour audit camp fut assez brief ; de là, passant à Tarascon, où il rencontra sa compagnie, visita le chasteau dudit lieu, aussi la place de Bcaucaire, assise de l'autre coslé du Rhosne, ainsi que par ledit seigneur