LIVRE Vît
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qa^l estoit beaacoupplQs setir contre Tennemy, comme il estoit apparent et certain (|ue bientost ils remporteroient, en continnant seulement de loi rompre de toutes parts les vivres, ainsi qu'ils avoient très bien faict jusques alors; car ils scavoient bien certainement que Marseille estoit si bien fbumye et de gens, et de vivres, et de toutes autres munitions, et, au dempurant, si bien*remparée, qu'elle estoit iaH>renable à toutes les puissances du monde \ et que, à eeste cause (en continuant ce que dessus), il estoit force nécessairement que la puissance de l'empereur sedeffistetséparastd'eUennesmes, pour la famine et mortalité qui estoit et se multiplieroit tousjours en son camp. Et quant au sire de Montmorencv, le roy, en le dépeschant, luy a voit si }>ieniiaict entendre son ipteotion, et luy Favoit si tûen refenue, et jusque(| à présent suivie de pQipct en potnet, qu'il ne vouloit, sur un bon commencement, se mettre en hasard de mauvaise issue; et, nonobstant qu'il eust diligemment et soigneusement préparé toutes choses comihe pour combattre dès le lendemain, si cstoit-il tousjours constant et résolu en ceste conclusion de ne mettre en toute ce^te guerre à la discréUon d^ fortune chose qui fmX de çm^ séquence» mon qn'U en Aist contraîiit par unç cxtresmeoécessité, tell^quepar prévoyancekumaine elle ne se peut éviter ny prévoir.
- Et pourquoy, dit^, ayant la victoire certaine, non qu'apparente en main, l'eust-il à son escient remise en hazard, veu qu'il ne dépend moins d'honneur et de gloire de vaincre son ennemy par conseil et bonne conduitte que par
battaille? Pourquoy eust-il abusé du sang et de la vie de ses gens, dont il estoit force qu'en une battaille il en mourust, et communément des plus gens ée bien, encore qu'il en rapportast la plus heureuse victoire du monde?» 'Monseigneur, oyant les raisons qui se déduisoient pour Tune et pour l'autre partie, combien qu'il variast q^elquefoys entf e le^ deux opinions, et que U naturelle inclination de son cueor ardent et magnanime le tirast plus à l'opinion contraire, voulut estre toute^ys maistre de soy , et s'arresta, pour résolution, à l'advisdudit Montmorency. Et h vray dire, encores (jue le duc d'Albe et les feutres qui estoient devant Marseille, n'eussent p^ grand nombre de gens avec eux, si ^'estoi^-jls ppint ^i loin ^n camp de l'empereur, qm» s'il eust m nouvelles (ainsi qu'apparemment il de vnît avoir) dn deslogement de nostre «amp d'Avignon, il ne luy eust esté feciie, ou de se venir mettre au devant de nous entre Avignon et Marseille, ou de se venir joindre aux gens qu'il a voit devant, plustost que nous ne fussions arrivés ^ |eur présen^r la bat. tiaille; et si, une Cois Use PM joinct à eux, la battaille ne pouyoit estre wt^qn^ilqn^ incertaineté de la victoire ; et là où elle ^Mlesté pour Teon^y, elle hiy donnoit un graad pays ouvert sur ao«s. An contranre , quand eUe eust esté pour nous, elle ne nous donnoit conqueste de chose qui desjà ne fust nostre. Et pource, conclut monditseigneurque fon ^ conduiroit de là en avant ainsi qu'il avoit faict jusques alors, sinon que les desseins nouveaux de l'ennemy apportassent occasion de nouveau conseil.