‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 359 sur 428 · HUICTIESME LIVRE · texte numérisé non relu

HUICTIESME LIVRE

Le camp de Pempereur en Provence est afBigë de fiimine et de peste; à ceste cause, se retire vers la marine, où il reçoit quelque refreschissement par les galères d'André Dorie; de là il s'escoule par où il estoit venu. Les Bourguignons, après avoir faict grand effort de prendre Përonne au mesmes temps, se retirent. Le roy visite et reconforte son peuple de Provence, et senletit plus au long le discours de ce qu^avoit faict Tarmée de Rangon, en Italie. Estant le roy à Lion, se donne jugement contre lempoisonneur du dauphin François. Le roy d^Escosse y arrive, et est fiancé avec Madeleine, fille du roy. Les seigneurs de Burie et de Tais sont deffaicts, en prenant Cazalde Moot-

. ferrât. Le roy poursuit l'empereur en la cour de parlement, en qualité de comte de Flandres, d'Artois et de Charolois i et l'an eusuy vaut, il entre au pays d'Artois, et prend Hédin,Sainct-Pol, Lillers et Sainct-Venant. Peu après, les Bourguignons reprenneut Sainct-Poî, avec grand meurtre des François, gaignent Montreul-sur-mer, 'assiègent Thérouenne, deffont monsieur d'Annebault en la secourant, et, comme monsieur le le dauphin Henry entreprenoit de lever le siège, se faict trefve pour peu de temps, par le moyen de la royne de Hongrie. Les affaires de Piémont se portent diversement, à l'occasion des querelles de Rangon et Caguin de Goniague; le sieur d'Humières y est envoyé lieutenant pour le roy avec des lansquenets, et assiège pour néant Ast prend Albe, fortifie Queras ; puis son armée se mutine à faulte de payement, par quoy est contraint se retirer. Le marquis du Guast demeure, par ce moyen, maistre de la cam* pagne ; reprend plusieurs villes sur les François, et les tient en serre, de sorte que le roy est persuadé d'aller au secours; les eunemys luy veulent empescher le pas de Suze; monsieur de Montmorency le force. Monsieur le dauphin Henry présente la battai lie an marquis du Guast, et recouvre partie de ce qui estoit perdu. 11 se faict trefve de troir mois entre le roy et l'empereur, laquelle est par après prorogée pour dix ans, en km entrevue à Nice. Monsieur de Montmorency est Lûct connestable. L'empereur passe pv France en amy, pour aller cbastier les Gantoys. Le duc de Clèves e^pouse la tille du roy de Navarre; le^nuriage toutesfoys n'est consommé. La famine survieuten Piémont, contre laquelle est sagement pourveu par le seigneur de Langey, qui y estoit lieute* nant poiur le roy.

De tontes parts avoit Tempereur noavelles désavantageuses pour luy, et ne yoyoit en son camp que famine et mortalité; mais le grand regret qu'il avoit de se retirer sans riens faire, estant venu en si grand équippage, d'avoir parlé si bravement et rejette si audacieusement tous les propos qu'on luy avoit tenu de prendre appoinctement avec le roy ; ensemble la haine qu'il luy portoit, et l'espérance qu'il avoit mise en sa bonne fortune, qu'il pensoit devoir estre immuable et invincible; joinct que la vertu et prouesse, tant de fois esprouvée, de ses capitaines et soldats, l'entretenoient en son outrage, et de jour en jour attendoit que André Dorie luy apportast deniers et refreschissement de vivres et quelques bonnes nouvelles, aussi^que du costé de Picardie le comte

de Nansau*feist quelque chose qui contraigaift le roi à y divertir ses forces.

Le roy, d'autre part, estoit à Valence, cî faisoit en toute diligence remparer la viHe, pour y donner obstacle nouveau aux desscâi de l'empereur, si, délaissant son entrepriar de Provence, il eost voulu prendre le cbaâ de Dauphiné. Là il recevoit les nouvella^ luy venoientde toutes les partiesdeson royaoK et de son camp d'Italie, et de tous ses alliés d confédérés, et pourvoyoit à tout, selon Texigcnce et occurrence des temps et occasiCMis, en intention de ne marcher à son camp, sincm (|Ue l'empereur vint l'assaillir, auquel cas il ne vouloit faillir de s'y trouver, ou qu'il veist ses forces si bien unies et assemblées, qo*ii peust, sans rien évidemment bazarder, aller

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