‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 366 sur 428 · LIVRE vnt · texte numérisé non relu

LIVRE vnt

rin parler audit seigneur comte ; atixquels fut respondu par le comte d'arrivée assez rigoureusement, à cause qu'ils l'avoient contraint de faire venir l'artillerie pour une jjace qu'ils scavoient bien n'estre tenable. Ce pendant qu'ils prétendoient la finale response, fut menée une praticque par un Néapolitain qui estoit au seigneur Caguin, que ceux qui estoient Néapolitains se rendroient à luy ; et en effet, dès le jour mesmes, environ deux heures devant la nuict, ledit seigneur Caguin envoya son lieutenant, avecques ses lancepessades, prendre la possession du chasteau, et à une heure de nuict lesdits Néapolitains furent mis dehors, le capitaine et son porte-enseigne avecques chacun un cheval, et tous les autres à pied ; de leurs chevaux endemoura dix audit chasteau, avecques leur enseigne, que ledit lieutenant retint entre ses mains, disant que le tout appartenoit audit seigneur Caguin ; et alors se descouvrit la simulte d'entre lesdits seigneurs comte et Caguin, laquelle n'apporta point de fruict au service du roy. Audit chasteau furent trouvés, outre le bled, environ trois mille sacs de farine, qui estoit desjà ensachée pour envoyer au camp des ennemys, laquelle fut incontinent menée à Turin, par l'ordonnance et commandement dudit seigneur comte, et quelque quantité de vin qu'il assembla.

Le unziesme jomr du mois^ vindrent gens de par la\ille de Salluces, faire l'obéissance au roy, et demander un potestat ; en vint aussi de plusieurs villes et chasteaux, tant du Piémont que du marquisat ; et durant ce temps nos gens prindrent aussi la ville de Quiéras. Le quatorziesme, arrivèrent lettres du roy de la retraitte de l'empereur, et des nouvelles gens que le roy envoyoit pour mettre dedans Turin, sçavoir est, deux mille hommes de pied françois, sous la charge du capitaine René et du capitaine Gadinière , et autre deux mille, sous la charge du chevalier de Birague, pour tirer dehors les autres qui avoient beaucoup enduré durant les sièges passés. Et mandoit ledit seigneur au seigneur d'Annebault qu'il vinst devers luy, ensemble les autres capitaines, tant de cheval que de pied, avecques leurs bandes et compagnies, et qu'il laissast ladite ville en garde au seigneur de Burie, avecques les gens frais qu'il luy envoyoit; auquel de Burie il donna la charge de cinquante

hommes d'armes auxquels le marquis François de Salluces avoit commandé devant qu'il se fust révolté. Ce mesmes jour, les capitaines Sainct- Petre, Corse, et Jean, de Turin, avecques leurs gens, s'embatirent avecques une trouppe d'ennemys, lesquels ilsdeffirent; et en rapportèrent quatre enseignes; et amenèrent de prisonniers le capitaine Baron, le capitaine Senégaille, et le capitaine Pacier. Le vingt-cinquiesme jour, arriva le marquis Jean-Louis de Salluces à Carignan, envoyé de par le roy, comme dit est, et le mesmes jour alla coucher à Carmagnolle ; ce qui s'est ensuivy de luy a esté raconté par cy-dev.int.

Ce temps pendant arriva le roy à Lion, et là feit assembler tous les princes de son sang, chevaliers de son ordre, et autres gros personnages de son royaume; les légat et nonce du pape, les cardinaux qui lors se trouvèrent en sa cour, aussi les ambassadeurs d'Angleterre, Escosse, Portugal, Venise, Ferrare et autres ; ensemble tous les princes et gros seigneurs estrangers, tant d'Italie que d'Allemagne, qui pour ce temps la résidoient en sa cour, comme le duc de Wittemberg, AUeman; les ducs de Somme, d'Arianne, d'Atrie; princes de Melphe et de Stillianne, Néapolitain; le seigneur don Hyppolite d'Est; le marquis de Vigevène, de la maison de Trivouice, Milannois; le seigneur Jean-Paul de Cère, Romain ; le seigneur César Fregose, Gennois ; le seigneur Hannibal de Gonzague, comte de Lanyvolare, Mantouan, et autres en très grand nombre. Lesquels assemblés, il feit en la présence de eux lire, depuis un bout jusques à l'autre, le procès du malheureux homme qui avoit empoisonné feu monsieur le dauphin, avecques les interrogatoires, confessions, confrontations, et autres solennités accoustumées en procès criminel. Après que la lecture dudit procès fut parachevée, et que tous les assistans, au moins ceux qui peuvent selon la loy opiner en matières criminelles, eurent donné leur advis de cest énorme et misérable cas,- les juges procédèrent à la condamnation, et l'arrest exécuté, qui fut d'estre tiré à quatre chevaux.

Le roy séjourna encores à Lion quelques jours, et feit avant qu'en desloger, délivrer le payement à tous ses gens de guerre, donna congé à ceux dont il n'avoit plus que faire,

comme aux lansquenets et Suisses, retenant | en mariage.

seulement six mille lansquenets du régimeni du comte Guillaume de Fustemberg, et loos 1» capitaines suisses, auxquels ils donna estât pour vivre et s'entretenir en son royanme; aoi malades et blessés d'iceux lansquenets d Suisses, il feit assigner logis et délivrer irgni!, outre leur solde, pour les feire penser et guérir. De ceux qu'il retint, il envoya les uns en garnison en Picardie, les autres après le dwdf Touteville, comte de Sainct-Pol, pour kwr forcer, et chastier aucuns Savoysiens qoisV toient eslevés sur un faulx bruit qu'ont* faicl semer entre eux, que l'empereur ti donné et gaigné la battaille contre le rojli comte de Sainct-Pol feit telle diligence «i charge, qu'il remist en l'obéissance do rej toute la Sa voye et Tarantaise, et chastii cro qui a voient esté cause de resmotion;df sorti que depuis elle a esté obéissante au roy, sans J avoir jamais révoUe ny tumulte.

Le roy, dès lors qu'il eut donné ordwi Lion pour toutes les frontières de sonroyioK deslogea de Lion; et, sur le chemin ao M de la montagne de Tarare, entre ledit fa i Tarare et Sainct-Saphorin, où y a on ta ^ s'appelle la Chapelle, auquel lieu, dHÊi&» disner, le vint trouver le roy d'Esc» fc?"^ ainsi comme j'ay dit en autre endwl» «î^ eu nouvelles de la descente de Vea^ ^ pays du roy, avoit faiot foire en ses pî^*^ crétion de seize mille hommes, pour venir u secours dudit seigneur, et ce, sans requesteif sceu d'iceluy. Etjà s'estoit ledit roy d'Esc»' embarqué par deux fois, mais avoit estê^ poulsé par vent contraire ; fmablemcnt et* difficulté, arriva jusques en Normandie a^ ques aucuns de ses navires, et print tent' havre de Dieppe. Là il ouït nouvelles que T* pereur et le roy estoient sur le point de se li* ner la battaiDe, et, à ceste cause, pour n'y^ lir, il print la poste; mais sur le chemin i'^ nouvelles de la retraitte de l'empereur, f^ occasion qu'il modéra la diligencedeses|Xi*|* pour surrattendre son train qui venoit tf^ luy ; mais le roy envoya au-devant de luy P^ le haster, et qu'il laissast venir son train «pf^ et trouva ledit roy d'Escosse, ainsi que Jayû> cy-devant, à ladite Chapelle, auquellieailM grandement recueilly du roy, et, après plusieofj autres propos, luy demanda l'une de scs»"^

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