‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 368 sur 428 · LIVRE Vin · texte numérisé non relu

LIVRE Vin

Pernoy avecqaes l'avant-garde, et adverty que la place d'Auohy-Ie-Chasteau, qui est assise sur la rivière d'Othie> my-ehemin de Dourlens à Hédin, portoit grand dommage aux vivres et aux all^s et venans des garnisons des villes de Montreul et Dourlens, délibéra de passer parlà; et arrivé qu'il y fat avecques l'artillerie, ceux de dedans se rendirent à leurs bagues sauves. Au lendemain le roy vint y loger, puis marcha devant Hédin, place forte, et de conséquence audit seigneur roy pour la seureté de ses autres places, et à l'empereur fort nuisible estant entre nos mains. Faisant les approches devant ladite ville, fat tué d'un coup d'arquebuttemessire Antoine de Mailly, seigneur d'Auchy, capitaine de mille hommes de pied ; qui fut grand dommage ; et fat blessé en la jambe le seigneur de Helly, aussi capitaine de mille hommes, les approches faictes et commencement de la batterie, ceux4e la ville se retirèrent tous avecques leurs biens, femmes et enfans, dedans le chasteau ; la ville futprinse par lesFrançois, qui ne trouvèrent point de résistance : mais le chasteau estoit à prendre, qui estoit tenu pour bonne place, et laquelle le comte du Reu a voit très bien pourveue de toutes choses nécessaires à la garde d'une place d'importance ; si est-ce que le roy se résolut de l'emporter, quoy qu'il luy coustast, et commanda faire les approches.

Dedans ledit chasteau estoit chef pour l'empereur le capitaine Sanson, vieil chevalier namurois, estimé fort homme 4e guerre parmy les Impériaux; le seigneur de Boubers, avec cinq cens hommes de pied ; le seigneur de Vaudeville, surnommé d'Estrumel, avec autres cinq cens, et cinq ou six cens, que Namurois que bas AUemans. Le roy, pour ce jour, se logea à Filières, au long de la rivière de Gauche, au-dessous de Hédin, auquel camp estoit le nombre de gens de pied qui s'ensuyt, sçavoir est : le comte Guillaume de Fustembcrg avecques huict mille lansquenets; le seigneur de Sercu, mille hommes de pied picards ; les mille hommes du seigneur d'Auchy , mort le jour de devant ; le seigneur de Helly, mille; Sainct-Seval, mille; de rionnandie, le seigneur de Bacqueville, mille ; le seigneur de la Salle, mille ; le seigneur de Sainct-Aubin, mille ; de Champagne, le seigneur Quincy , mille ; le seigneur de Haraucourt, de Loiraine» mille ; avecques plusieurs autres ban-

des qui ne sont icy dénommées ; le tout revenant au nombre, tant AUemans que François, de vingt-cinq mille à vingt-six mille hommes de pied.

Et le lendemain, vint loger le roy au Mesnil, à un quart delieuedu chasteau deHédin, entre Hédin et le chasteau de Contes, auquel chasteau de Contes avoit garnison de par le seigneur du Reu (car c'est maison à luy appartenante); les gens de pied farent logés partie en la ville de Hédin et partie au parc, afin de tenir le chasteau assiégé de toutes parts. Aucuns capitaines, qui disoient *avoir bien bonne praticque audit chasteau de Hédin, pour y avoir esté souvent et à loisir dedans, meirent en avant au roy et à monseigneur le grand-maistre, sur qui le roy se reposoit principalement, que le plus expédient estoit de prendre le chasteau parla sappe, et que par batterie ne s'y feroit jamais bresche, obstant la grosse espoisseur de la muraille et le grand rempart dont elle estoit soustenue. Par quoy farent mis pionniers de tous costés pour bes(mgner à la mine, et gros personnages ordonnésN sur eux à conduire l'œuvre, comme le prince de Melphe, les seigneurs Barbezieux et de Burie, et Villiers aux Corneilles, servant pour lors de maistre de l'artillerie. £t fat tellement diligente, qu'après ledit sappement, qui dura environ quinze jours ou trois sepmaines, tomba la moitié d'une tour estant devers la ville, en entrant de la ville au chasteau, à main gauche; mais la part tenant au chasteau demeura en son entier, de sorte que la place en fut peu affoiblie.

Le roy, après avoir consommé beaucoup de temps et grand argent à ladite sappe, se délibéra de l'essayer par batterie, contre l'opinion de plusieurs qui n'estimoient que par batterie on y fist bresche, à l'occasion de l'espoisseur du mur et la largeur du rempart ; mais luy-mesmes en personne alla monstrer par un matin l'endroictetlieuoù il vouloit que l'on plantast son artillerie; ce qui fat faict ainsi qu'il ordonna, et si près dudit chasteau, que la gueule du canon touchoit jusques au bord du fossé. Si est* ce que les approches ne furent faictes sans dommage et perte de commissaires de l'artillerie et canonniers ; et, entre autres, y moururent les seigneurs de Lusarches et de Pont-Briant, tous deux commissaires d'icelle artillerie, gens bien expérimentés. Le seigneur de ViUiers, qui pour

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lors en aroit la soperintendance et principale charge, usa de telle diligence, que, les approches faictes, ftit la batterie d chaude en dem jours, que le troisiesme, environ une heure après midy , la bresche fut foie te de bien trente toises. Le roy, estant en personne à veoir et faire diligenter ladite batterie, fut cause qu'aucuns jeunes gemikhomoiet, convoiteux d'honneur et de réputation, voyans le roy présent, tesmoin et rémunérateur dû bien faiet et de la yertu d'un chacun, sans attendre le commandement de rassauh, et avant que l'ordre fust mis à le donner, et sans regarder qui les suivoit, marchèrent d'une telle impétuosité, qu'ils donnèrent jusqueasurlehaultde la bre8che;maisilsn'y furent mohis vigoureusement recueillis qu'ils assaillirent ; les uns moururent sur la place, les autres s'en retournèrent fort blessés. Entre les autres, fot blessé d'un coup d'arquebouzeau travers du corps, dont il mourut la nuict, Charles de Bueil, comte de Sanserre, jeune homme qui avoit grande apparence de suivre la vertu de ses progéniteurs, et le seigneur Dauphigny, lieutenant du seigneur de Sercu, et le capitaine Damiette porte-enseigne de ladite bande. Le seigneur de Haraucôurt de Lorraine, ayant charge de mille hommes, et son frère, qui estoit son lieutenant, enfans du seigneur de Paroy , lieutenant de la compagnie du duc de Guise, et son lieutenant au gouvernement de Champagne, le seigneur Flievères, fils du seigneur de Mardicoque, et plusieurs autres, blessés. Par quoy le roy fit j^ublier à son de trompe et de ta< bourin, que nul, ^r la vie, entreprinst d'aller à l'àssault, s'il ne luy estoit commandé. Ce faict, il feit retirer toutes les trouppes, chacun soubs son enseigne, pour se refreschir jusques au lendemain matin. Et dès le soir, or(k>nna, pour se mettre à pied, un bon nombre d'hommes d'armes, aveoques cinq ou six cens chevaux légers ; et devoit avoir la charge de les conduire le seigneur d'Annebault, général des chevaux légers. Puis fut ordonné que le lendemain matin toute la gendarmerie monteroit à cheval, et se jetteroit en battaille sur la venue de l'ennemy , avecques tous les iansquaiets et autres gens de pied qui n'estoient ordonnés pour l'àssault, à ee que l'ennemy, durant ledit assault, ne vinst troubler la feste. Aussi furept ordonnés le seigneur de Tays et le capitaine Martin du Bellay, avecques leurs bandes, l'un, pour aUer rebourser

le chemin d'Amis, Pautre, eehiy ée Bétho», Aire et Sainct-Omer, à ce que, si remeaiy marchoît pour donner alarme à nostre eamp, ils en peussent domier advertitsemeat, âqw Talarroe ne se donnast la nuict sans nJym an assaillans, estant l'ordre mis pour asnlrle matin, les uns pour marcher devant, les aotie pour les soustoiir, et autres pour reiresèr les assaillans. Ceux de dedans, qui avoient eipérimenté le soir de quelle hardies» et prooftitude les autres avoîent donné sur hhnak craignans qu'au lendemain il ne fiist nk puissance de soustenir, l'àssault, eeste mm nuiet feirent sortir par la bresche un trompât pour aller devers monseigneur le graadHB» tre, qui estoit dedans les trencbées, soliidtifi et donnant ordre aux choses expédiantes et Bfeessaires au futur assault. Et, après on m Imag parlement avecques luy, se rendinota roy, leurs bagues sauves, iaissans en h pbtf toute Fartillerie, munitions et vivres. £ts matin, ledit seigneur grand-maistre vint ipf^ ter ceste nouvelle au roy, lequel ratifia lo^ tides par ledit grand-maiatre accordés m ^ sièges. Et sortirent du chasteau après te et leur fut baillée escorte pour les eos^ûri seureté.

Le rôy, ayant pourveu à la gardc,t«Afe^ ville que du chasteau, du seigneur deSircoi qui en avoit autresfoys rendu bon compie,aw|** iidonnacinquantehommesd'armes et Bulletin

mes de pied, feit marcher son camp à MoQC^ le Cayeu, à deux lieues de Sainct-Pol, ^* lendemain à Pemes. Et,parcequedeiong4e4 (m avoit mis en avant audit seigneur que b ville et chasteau de Sainct-Pol estoientfscft ment iRortifiables, et que, cela faictt ^ P^ donner beaucoup d'ennuy à l'ennemy, ^^ ioelle ville assise à six lieues de BèdioD&i neuf d'Arras, à six de Douriens, à trotf* Hédtn, à six de Thérouenne, et à cinq delil^ dès son arrivée à Hédin avoit «avoyé le séf^ d'Annebault audit Sainct-Pol, pour mettit^ dite ville et chasteau en son obéissance, laf^ avecques le chasteau et tout le pays qui es <»' pend, auparavant etdtirant les guerres passeesi ^

estoient demourés en la sauve-garde do roy; toutesfoys ledit pays estoit administré par officiers et commis de Femperenr. Mai», am« que fut ledit seigneur d'Annebault, tout to ris en l'obéissance du roy. Audit Ue» deSaisci-

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