‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 38 sur 428 · CHAPITRE XU · texte numérisé non relu

CHAPITRE XU

CaqmtaA dpmp Alopce <le Soto-Mayore sq plaigidt à toit da tratctement que hil avott bli le bon cbcrailery doot Rà vlo^ drcutauoooiâat.

Quand le sdgneuir <j|pmp 4|ok^P^ A^ j^v^ f André, de tous ses compaignqi^ et amy^ eu} recueil merveilleux ; car, à dire 1^ vérité| U p'y ^vQit bpmme eif tout^ l'armée 4^4 &^gpnls plus estimé qqe luy ne qip plus 4ésira§t les armes. Si le confortèrent |e mieulx qu'ils peurent, luy remonstrant qu'il ne se devpit point fascher d'avoir esté prisonnier, gpç c'e^tpient fortunes de guerre perche une fois et gùgner l'autfe, et qu'il suQisoit que Dieu ('epft vesA^ sain et sauf p^pny ses amyf . Après plusjeprs propos, luy Ait demandé la façon et la manière de vivre du bpn cbevalief, quel b^^^^^ c'estoit, et comment durant sa prison il avoit esté traicté avecques luy. A quoi respondit domp Alonce : « Certes vous pron^et^ fpa foy^ messeigneurs, que, quant à }a personne du chevalier de Bayart, je ne cuyde point qu^ au monde il y ait ung plus hardy gentilhomme ne qui moins soit oyseux ; car s'il ne va à la guerre, sans cesse faict en sa place quelque chose avecques ses souldars, soit à luyter, saulter, jecter lit barre, et tous autres honnestes passe-temps, que sçavent faire gentilshommes pour eulx exercer. De libéralité, il n'est point son pareil, car cela ai-je veu en plusieurs manières ; mesmepient quant il receut les mil ducats de ma rançon, devant moy les repartit à ses souldars, et n'en retint ung seu| ducat. Brief , \ vray dire, s'il vit longuement, il est pour parvenir à de haultes choses. I\f|ais qu^nf à ce que me demandez du traictement qu'il m'a fait, ne m'e|) sçauroys trop louer. Je ne scay si ce a esté de son commandement, mais ses gens ne m'ont pas traicté en gentilhomme, ains trop plus rudement qu'ils ne dévoient; et ne m?cn contenteray de ma vie. » Les ungs s'esbahissoientdeses parolles, considérée l'honnesteté que l'on disoit estre au bon chev|Jier ; les autres disoient qu'on ne trouve jamais belle prison ; aucuns )ui ^ donnoient blasme. Et furent tant avant ces parolles que, par ung prisonnier de la garnison de Monervyne qui retourna, fat amplement informé le bon chevalier comment domp Alonce se plaignoit outrageusement du piauvais traicteii^t qu'il dispit luy ayotr gptp ^ct, et en

ï>Aft LE LOÏAL SERVITEUR, CHAP. XXI

jeetoit grosses palt>lles peii hoimestés, dont il s'esmênreiUâ grandement ; et sur Theore fit apfdkf tons ses gens, auxquels il dist : <* Messeifseors, Telà ddmp Akmee qui se platnet panny Jet E^aignols qae je Tay si meschamment ttiAclé que plus n'eusse peu. Ybus sçavez toui^ comment il en Ta i m'est advis qu'on n'eust seeci menu traicter prisonnier qu'cm a faict luy ^ de- Tant qu'il s'efforcast d'eschapper ; ne depuis, esndbicn qu'il ait esté plus resserré, ne luy a-Ion fciet duMe dont il se doive plaindre. Et sur ma li^! iî je pensois qu'on hiy eust fait tort, je le iudWiuis amender «rvers luy. Parquoy^eyous prie^ Actes-moy si Vous en avez apperceu quelque èbsbe que je n'aie point entendu. « A quoy tovll rfspondireût : « Cappitaine, quant o'eust çsfé is plus §rant ffmte d'Espaigne, tous ne réussies mieulx traicté. £t fait mal et péché de tfetk plaindre ; mais les Espaignols font tant les kraves et sont si |rieins d'otgueil que c'est une dyaUerie. — Par ma foy ! dist le bon chevalier, je luy veulx IMeh escripre, et l'advertir, combien que j'aye la fiebvre quarte, que, s'il veult dire que je l'ay itialtraicté, je luy prouveray le contraire par le combat de sa personne à la mienne, à pied ou à cheval, ainsi qu'il luy phàîra. • Si demanda incontinent ung clerc et eflcripvit une lettre en ceste substance : « Seigneur domp Alonce, j'ay entendu que, après Toetre retour de ma prison^ vous estes plainct de moy^ et ares semé parmy vos gens que, je ne vous ay point traicté en g^tilhomme ; vous sçateS birâ le contraire ; mais pour ce que, si eda estoit vray, me seroit gros deshonneur, je TOUS ay bien voulu escripre ceste lettre, par laquelle vous prie ràbiUer autrement vos paroUes devant eeulx qui les ont ouyes, en confessant, comme la raison le veult, le bon et traîetement que je vous ay fait ; et ce fercs vostre honneur et rablllerez le miCB, lequel contre raison avez souillé. Et TOUS seriez refusant de le faire, je vous déclaire que je suis délibéré de vous faire desdire par combat racniél de vostre personne à la mienne, SSCI à pied ou à cheval, ainsi que vous plairont liie«Dl les armes; et, adieu. De Monervyne, 0^ 10 juillet. » Par une trompette qui estoit au vaSbnt seigneur de la Palisse, qu'on appelloit k Lune^ fut envoyée céste lettre à ce seigneur dottp Clouée dans la ville tf André; lequel, i fine il Feusl leue, hiy fist re^nce par la 1

mesme trompette, sans detnander eonseil a pei^ sonne, et escrîpvit une lettre contenans ces nlots : « Seigneur de Bayart^ j'tty veu vostre lettre que ée porteur m'a baillée, et entre autres ehoses tous dictes dedans icelle avoir esté par moy semé paroUes devant ceulx de tna nation que ne m'aveiE pas traicté en gentilhomme, mot estant vostre prisonnier, et que, si je ne m'eii desdis, estes délibéré de me combattre. Je vomi déclaire qu'oncques ne me desdis de choses qtK^ j'ay dictes, et n'estes pas homme pour m'en faire desdirë ; |)arquoy du combat que me ptésentez de vous à moy je l'accepte, entre cy el douze ou quinze jours, à deux milles de cestë ville d'André, ou ailleurs que bon votis semblera. • La Lune donna èeste responce au boti chevalier j qui n'en eust pas voulu tenir dit mille escusj quelque maladie qu'il eust. Si Itrjr remanda incontinent qu'il acceptoit le combat, sans se trouver en iaulte au jour de l'assignation. La chose ainsi promise et accordée, le bon chevaUer en àdvertit incontinent le seigneur de la Palissé, qui estoit homme fbrt expérimenté en telles choses; et le prist aprèd Dieu pour son guidon, et son ancien dompaignon Bellabre. Si commencèa à approcher le jour du combat qui fut tel que vous orrez,

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