‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 383 sur 428 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

tenu homme vertueux, tfavoit voulu penser que tels actes eussent esté exécutés par son sceu, pour estre si odieux et reprochables, estant seur que, puisqu'il avoit moyen d'y remédier, scachant où sesdits ambassadeurs avoient esté prins, et qu'il pouvoit estre informé du lieu où ils estoient prisonniers, qu'ils luy seroient renvoyés, puisqu'il y avoit puissance : car le roy feignoit que les seigneurs Frégose et Rincon fussent prisonniers et non occis, en intention d'attirer la confession de l'assassinement, parla bouche du marquis, ou bien, s'il n'en estoit participant, il ne éilliroit d'en faire justice exemplaire.

Avecques ledit comte de Landrian, partant de Turin pour retourner à Milan devers le marquis, le sieur de Langey envoya le sieur de Termes, par lequel il feit entendre audit marquis que, outre ce que desjà luy avoit amplement mandé, ayant intention, suivant le vouloir du roy, et pour complaire à la grande instance que ledit marquis luy avoit faicte, de luy faire communication des informations faictcs, de l'exécution commise aux ambassadeurs du roy, il avoit délibéré les luy envoyer par ledit seigneur de Termes; mais, estant pressé par le comte de Landrian de partir si promptement, il n'avoit eu loisir de les faire doubler, et que, pour le gratifier, luy vouloit bien mander, afin d'en faire punition, et que l'âge présente ou future ne luy donnast blasme d'en avoir esté consentant ; et que le sieur de Termes luy feroît entendre sommairement que luy, sieur de L*angey, et autres ministres du roy, lui feroient apparoir du nombre et des noms de ceux qui avoient exécuté le délict, de quelles nations ils estoient, et où furent menés les prisonniers, par qui, à quelle heure, par quel chemin, avecques quel ordre, par quelle porte, et à quelle heure ils furent mis dedans leur prison; à qui consignés, où ils furent logés, combien de temps ils y demourèrent; par qui, à quel jour et à quelle heure ils furent transportés; par quel chemin, avec quel ordre et par quel nombre de gens. Car entendez que le sieur de Langey, pour mieux le vérifier, retira au service du roy aucuns qui estoient mesmes de la faction, et les mariniers, tant ceux qui avoient mené Frégose. que ceux qui avoient conduit les soldats qui exercèrent ceste tyrannie, que le marquis avoit faict emprisonner au fond du chasteau de Pavie,

pensant cacher la vérité, par lesquels il entendit comme les choses avoient passé, les ayant tirés dehors, par le moyen qu'il trouva de faire limer de limes sourdes, les grilles estans au fond des prisons, devers le fossé du chasteau, et les feit mener à Turin, qui ne fut sans frais et vigilance.

Les choses ainsi avérées, le roy renvoya devers le sieur de Langey, pour entendre de luy quel homme il cognoissoit à propos pour faire la légation pour laquelle il avoit dépesché le seigneur Antoine Rincon, et le moyen qu'il y avoit de le faire passer en seureté. Le sieur de Langey luy nomma le capitaine Paulin, capitaine de gens de pied, et depuis baron de la Garde, lequel, dès le commencement de l'assassinement, il avoit envoyé devers Sa Majesté, et qu'il le feroit passer seurement jusques à Venise; ce qui fut faict ; et feit très bien sa charge ledit capitaine Paulin, de sorte que depuis le roy s'en est servy en plus grandes affaires.

En ce temps estoit l'empereur en Âllema^e, à une diette qu'il tenoit àRatisbonne, où il accorda aux protestans un intérim, qui est autant à dire que jusques à ce qu'il y eust un concile qui déterminast des difficultés de la religion, chacun intérim pourroit vivre en la cérimonie qu'il avoit faict par devant; et, par ce moyen, luy fut accordée ladite diette, qu'aux despens du ban d'Allemagne, le duc de Savoye seroit réintégré en tous ses Estats. Aussi peu après, Guillaume de Roquendôlfe, lieutenant général du roy Ferdinand, fut deffaict devant Bude, où mourut vingt mille Allemans, par l'armée du Turc, et le Turc en personne marchoit. Quoy voyant, l'empereur cognoissant qu'estant en Allemagne, et voisin de ceste grande perte, ne luy seroit honorable de n'aller au-devant de ces forces lùrquesques, par quoy, pour couvrir sa peur, délibéra de faire l'entreprinse d'Arger, ne la sentant si difficile que celle contre le Grand-Turc. Aussi, passant par l'Italie, trouvant le roy au despourveu, il peust luy faire une venue, aymant mieux laisser son propre patrimoine en proye, pour se cuider venger du roy, lequel il avoit offensé par Foccision de ses ambassadeurs, après avoir receu une si grande grâce que de le laisser passer par son royaume et de le favoriser à dompter ses subjecis rebelles. Mais, estant arrivé à Milan, et cognoissant que le sieur de Langey, qui estoit lieutenant du roy en Piémont, y avoit pourveu,

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de sorte qu'il n'y eust moyen de rien entreprendre, et mesmes que le roy avoit pourvcu Marseille et la coste de Provence, suivit son entreprinse d'Arger; laquelle fut mal fortunée pour luy, ainsi qu'autres ont descrit, par quoy je m'en tais , comme n'estant point de ma matière ; bien diray-je, pour une parentaise, que l'empepeur estant à Lucques, parlamenta avec le pape. Le roy envoya devers eux deux demander la raison de Frégose et Rincon, dont il n'eust response que frivolle. Revenons à ma matière.

Le marquis du Guast, voyant ses entreprinses descouvertes, et n'estre venu à la fin qu'il prétendoit, d'entendre les desseins du roy par les instructions de César Frégose et du seigneur Antoine Rincon, sans qu'il luy eust esté possible de les scavoir de leur bouche, puisqu'ils estoient morts, et ayant advls que le roy avoit envoyé demander réparation dudit crime, tant à l'empereur qu'aux Estatsde l'Empire, délibéra d'envoyer à une diette, laquelle se devoit tenir en Allemagne pour le faict de leur deifence contre le Turc, lettres pour se justifier, et accuser ceux desquels il estoit accusé ; lesquelles furent présentées aux Estatsde l'Empire assemblés à Ratisbonne, et du depuis traduittes de latin en fi'ançois, dont la teneur s'ensuit.

« Ayant entendu que l'on a, contre toute raison, rapporté à vos révérendissimes et illustrissimes seigneuries, que j'ay troublé le repos de la chrestienté, rompant la trefve d'entre l'empereur et le roy très chrestien, je suis demouré long -temps en doubte si je de vois à telles objections faire response, parce que voyant la vérité estre assez évidente, j'estimois que d'ellemesmes, sans autre mienne justification, elle se pouvoit assez manifester ; aussi me sembloit qu'en y respondant, je serois forcé de me départir de ma naturelle modestie, parce que, voulant à telles imputations faire convenable response, je ne le pouvois &ire, saufve la révérence de qui m'a telles imputations données. Considérant toutesfoys que bien souvent la vérité est si subtilement couverte et adumbrée de paroles, que sa lumière luy peult estre ostée, aussi entendant combien chacun doit à son honneur avoir esgard, il m'a semblé que si, pour la deffence du mien, je ne m'efforçois de remettre la nue vérité en sa vraye, propre et naturelle lumière, je pourrois en quelque blasme et reproche encourir.

« Doncques à vos révérendissimes et illostrissimes seigneuries a esté donné à enteodre que les ambassadeurs du roy très chrestien oot esté tués, que ses messagers ont esté bkssts par gens vestus à ma devise, que d'Allema^ j'ay amené gens de guerre en Italie, M qu'à te moyen on prétend que de ma part y ayt npture de trefve.

« Au premier article, pour ce qa'antiesfoTs j'ay esté nommé coupable de tel effect.jeilray à présent, pour ma justificatioD, onedos seulement. J'offris de constituer, et inoy et tous ceux que le roy aUégueroit suspects de ceste affaire, entre les mains de noslre Siind- Père, afin que la vérité par ce moyen fast»gneue et justifiée, et, depuis le partemcnt de Sa Majesté, je retoumay de rechef à faire b mesmes offres. Or, si cest offre par avastoR sembloit à aucuns n'estre assez jastificatove, j'enferay une telle, à la fin de ceste lettre, quatre chevaliers elle pourra estre plus receyable.

«Au second point, je ne respondraj aotre chose, sinon qu'allant rencontrer Sa Majesté impériale à Trente, vindrcnt avec moyphsde trois mille personnes habillées à ma de\ise,(ie manière que autres que les miens ont pc9 être vestus d'icelle. Et davantage, quand /«an^ intention de vouloir que telle chose stk^^f scauroisbien desguisermes gens, en sorteqoils ne seroient si légèrement cogneus à Tbabit

« Quant aux Allemans qui sont passés es Italie, il m'a semblé que, tenant le lieu q« f tiens pour Sa Majesté Impériale, à moy touche d'y faire response. Scacbent donc vosréwrendissimes et illustrissimes seigneuries (p. ayant entendu que les François faisoient descendre en Italie de trois à quatre mille Saisses et cognoissant que telle nation ne se lève pu? garnison de villes, mais pour faction à la caBpagne, je dépeschay le comte de Lodrooen Allemagne, pour faire levée de deux n* hommes ; et par la date de mes lettres escnW au roy des Romains, et par le temps que soot partis les Suisses pour venir en Italie, il ^ cognoislra que desjà les Suisses esloient efl chemin auparavant que je donnasse ordr« pour la levée desdits Allemans : A»t ^ que, si par ce chef on tient que la trefve sort rompue, elle sera rompue par qui a premièï^ ment conduit les Suisses, non par qui après» conduit les Allemans. Cecy sera quant m

LIVREIX.

choses que je pense vous avoir esté descrittes de moy ; et, si je voulois passer outre, je pourrois, par avanture, dire que les courriers de Sa Majesté ont esté destroussés, et les lettres de sadite Majesté détenues ; qu'on a tenupraticques es villes de sadite Majesté, pour les surprendre et desrober ; que Maran a esté prins d'emblée, et que par mer a esté au sieur de Granvelle donné la chasse.

« Lesquelleschoses jene puis entendre comme on les puisse faire sans rupture de trefve: mais de ce je ne vueil pour le présent faire plus spéciale mention, me réservant à temps convenable à telle justification. Bien diray-je que ceux-mesmes qui ont fait retenir les lettres de Sadite Majesté se sont peu esclaircirparicelles quelle estoit son intention, en me donnant commission expresse qu^en aucune manière je ne feisse chose qui redondast à rupture de trefve ; et telle estant l'intention de Sa Majesté, il n'est à croire que ses serviteurs doivent procéder au contraire.

« £t, puisque nous sommes entrés en propos de rupture de trefve, je dis qu'estant faicte détermination par une très saincte délibération du Sainct-Empire, de prendre les armes contre les ennemys des vrayschrestiens, il me semble que qui voudra véritablement cognoistre dont procède ceste rupture de trefve, l'on doit principalement regarder qui est celuy qui de la guerre entre les chrestiens doit sentir aucune satisfaction. Or sçavent vos révérendissimes seigneuries quel intérest a Sa Majesté Impériale en la guerre contre les infidelles, de combien grande affection elle, à ceste fin, a procuré l'union et accord de la Germanie, et combien aussi elle a ceste entreprinse à cueur, pour Texécution de laquelle il est certain qu'd n'y a meilleur expédient que la paix et union entre les chrestiens. Ce présupposé, comme il est vraysemblable que par les gens de Sa Majesté soitprocuré de troublerceste paix, etdedétourl>er ce que de si grande affection elle désire ? et qui est plustost croyable, d'avoir cherché d'empescher ceste entreprinse, ou de la partie qui en est aucteur et continuellement cherché que la paix se fasse, ou de celle qui, de tout son estude et engin, se travaille à faire que la guerre ne se fasse contre les Turcs ? Quelle chose est plus à croire, ou que son Impériale Majesté, ayant telle guerre que celle du Turc, vueille.

par entreprinse de nouvelle guerre, séparer et désunir ses forces, ou que ceux qui ne voudroient que ceste guerre se feit cherchent par ce moyen de désunir sesdites forces ?

« Qui est celuy qui est cause de penser que sadite Majesté doive procurer que la puissance du Turc ne soit abaissée, ou celuy qui de son abaissement espère son exaltation, ou celuy qui estime que l'exaltation de l'empereur et de l'Empire soit sa dépression et ravallement ? La Germanie, très révérends et illustrissimes seigneurs, ainsi qu'elle est la plus grande partie de chrestienté, ainsi est-elle le fondement et soustien de tout l'Empire.

« Or à qui appartient plus qu'à l'empereur de souhaitter et désirer qu'elle soit sauve et entière? Certainement à homme quelconque. Et comme peult- elle mieux estre conservée, sauvée et entière, qu'en résistant gaillardement et vivement aux entreprinses du TurcVNy comme peult-elle plus gaillardement y résister, qu'en demeurant bien unie? Si ceste union dépend de son salut, et si l'empereur, sur toutes choses, désire qu'elle soit sauve, comme est-il vraysemblable que luy , en la désunissant par autres guerres, vueille amoindrir ses forces pour mettre son salut en danger ? Vos révérendissimes et illustrissimes seigneuries se vueillent réduire à mémoire qui est celuy qui continuellement a cherché et cherche de tenir lesdites forces séparées ? qui est celuy qui ne voudroit point que les forces de l'empire s'augmentassent? qui est celuy qui avec les armes cherche de s'impatronir des choses à l'empire appartenans ? qui est celuy qui ne voudroit point que la guerre se feit contre le Turc? Et, parce que pourront vosdites révérendissimes et illustrissimes seigneuries asseurément juger que ceux qui sont en telle volonté sont ceux mesmes qui, pour désunir la Germanie, veulent interrompre le repos et tranquillité d'entre les chrestiens, à ce que le Sainct-Empire, se faisant plus grand, ne vienne avoir puissance de recouvrer les choses qui luy appartiennent, et de peur que le pouvoir de l'ennemy de Jésus-Christ ne soit, avec l'exaltation de l'Empire, abaissé et ruiné, contre ceux là me semble que justement se doit conclure estre recherchée la rupture de la trefve, et non contre aucun de son Impériale Majesté, qui est en diverse etcontraire volonté.

# Mais, pour ne persister longuement en

ceste matière, laqnelle à vos révérendîssimes et illustrissimes seigneuries doit estre désormais trop claire et évidente, pour sur icelle se devoir estendre un long propos, je retourneray à mon particulier, et dis que des choses susdites, ainsi me soubsmets encores à la justification,toutesles foys que de personne à qui la chose appartienne j'en seray requis, avec le bon congé toutesfoys de son Impériale Majesté, de laquelle je suis asseuré qu'elle me fera ceste grâce.

« Et pour ce ^u'il y a deux voyes de se justifier, l'une civile, et Fautre chevaleresse, je m'offre à deffendre civilement que de moy n'est procédée rupture de trefve, et, si aucun chevalier mon pareil me veut de telle chose imputer, et me vueiile prouver son intention avec les armes, je deffendray qu'il dit le faulx,et qu'autant de foys il aura dit le fauh,quantes foys il m'aura donné ou donnera telle imputation. A vous dire ce que dessus, révérendissimes et illustrissimes seigneuries, m'a conduit le grand désir que j'ay d' estre du tout justifié devant vos révérendîssimes seigneuries ; et, si je sçavois autre voye de me pouvoir plus clairement justifier, je ne fauldrois de la mettre en avant, parce (ju'en une entreprinse si juste, si religieuse et si saincte, je ne voudrois que sur moy tombast un tant soi t-il petit souspeçon, que contre la religion chrestienne je voulsisse prendre les armes. Je dis cecy parce que je semblerois prendre contre Christ luy-mesmes, si, nourrissant la guerre entre les chrestiens, je donnois empeschement *à la guerre qui s'entreprend contre ses ennemys ; ainçois me réputerois-je heureux si Dieu, par sa grâce, me concédoit qu'en une si glorieuse entreprinse j'espandisse mon sang, et rendisse mon ame à sa divine Majesté. »»

Le sieur de Langey, auquel peu des actions du marquis estoient incogneues, dès que ladite lettre eut esté minutée, et avant qu'elle fust mise au net, en recouvra secrettement une copie, à laquelle il ne faillit de faire response, attendu que par icelle il estoit taxé, non ouvertement, mais il se pouvoit cognoistre ; et que davantage n'y estoit observée la modestie dont il devoit user en parlant d'un tel prince très chrestien que le roy son souverain seigneur, car il Faccusoit couvertement, laquelle il envoya en latin à messieurs des Estats de F Empire, ainsi que celle du marquis, et en feit la

traduction en françois, qu'il envoya au roy, dont la teneur s'ensuit:

- Vous pourrez par avanture, très révéras et très illustres princes, vous esbahir déprime face, qu'entre vos si grandes occupations sur la deffence et conservation de vos pays, je me sois meu à vous escrire d'autres affaires, souscooleur de respondre à lettres, en quoy je ne sois aucunement nommé. Mais s'il vous plaist prendre la patience de lire ou d'ouïr lire ma Iclîit jusques au bout, vous trouverez à la fin qa Foccasion qui m'a meu est conjoincte à e^ dont maintenant la délibération vous tient occupés, et que, sans recevoir honte, je ne y«srois faire moins; car encores qu'en la lettre i laquelle je respons je ne sois expresséraeBî nommé, ceux, toutesfoys, qui de plusieurs et droicts d'Italie m'en ont envoyé des doubles.te m'ont envoyés en opinion qu'elle me toocbf. pour les raisons que vous-mesmes enlisantesgnoistrcz. Et pleust à Dieu, très révérendset illustres princes, qu'à ceux desquels h josî? plainte a induit le marquis du Guast, capital» général et lieutenant de Fempereurenltalie.à vous escrire une sienne prétendue justifiotioo, mais en effect accusation d'autruy, à \if!^ par ceste mienne je respons, jamais n'eœtste donné l'occasion d'icelle plainte. Si ainsito. très révérens et très illustres princes, je norois présentement cause |d'offencer vos f^^' ques négoces , interrompre vos occupaliocs pour entendre à moy, ce pendant que je confcteray, ou plustost vous monstreray codib^ d'elle-même se confute la remonstrance ip vousfaict ledit marquis, en laquelle, sous oa bre de se vouloir justifier, il accuse aotmy contre raison, au contemnement et mespris^'^ la grandeur et majesté du roy mon maistrei qui est au cueur noble et hautain le plus p(Hn* gnant et urgent esguillon qui soit à Fesraoavoir et inciter à vengeance, et le forcer à se ressentir par effect, toutesfoys à son grand regret H desplaisir, du lourd et infâme outrage que pffsentement j'ay à vous déduire : je dis, m^sieurs, à son grand regret, car telle est la ve rite, ainsy que Dieu à soy-mesmes est témoin, et aux hommes en font foy la prccédenletant gracieuse poursuitte, et la tant patiente et longue attente de la réparation dudit outrage W a ledit roy usé jusques icy.

« Or se plaint, messieurs, ledit marquis

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l'on vous a donné à entendre quMl est infracteur de la trefve entre le roy et l'empereur, et turl)ateur, à ceste cause, du repos et bien de la cbrestienté, tant pour le meurtre commis es personnes des ambassadeurs dudit seigneur roy, et Aucuns ses messagers assaillis et blessés par gens vestus à la devise dudit marquis, que pour quelques levées de lansquenets venus pour lui en Italie.

« Du faictdes ambassadeurs, il s'excuse par un offre qu'il dit avoir faict de se représenter, et ceux que le roy en nommeroit coupables, entre les mains de nostre Sainct-Père, aiin que la vérité du Caict fust cogneue^ des messagers, par un grand nombre de gens qui raccompagnèrent au-devant de l'empereur, habillés à sa de- ^ ise, concluant qu'autres que les siens en auront peu estre vestus, qui, par avanture, auront commis le cas; aussi que, s'il eust à ses gens commandé Caire une telle exécution, il les eust bien sceu desguiser , en sorte que à l'habit on ne les eust cogneus. De la levée des lansquenets, il s'excuse sur la précédente levée des Suisses, qu'il dit avoir esté faicte par le roy.

« Quant aux ambassadeurs, ayant esté le roy très chrestien par moy adverty et informé pour le devoir du lieu que je tenois pour luy , tel que ledit sieur marquis tenoit et le tient pour l'empereur en Italie, que ce malheureux assassinenient avoit esté faict en la jurisdiction impériale, et sur le Pau, rivière si marchande que jour et nuict gens y naviguent ordinairement, en descendant ou montant au long de l'eaue, de sorte qu'il estoit mal croyable que sans le sceu du4it marquis il fust advenu ; informé qu'il avoit esté exécuté par des Espagnols qualifiés estant soubs sa charge et résidans autour de sa personne ; informé aussi que par diverses portes, et après plusieurs allées et venues du chef de l'entreprinse vers luy, et lettres sur lettres de luy audit chef d'entreprinse, eux sortirent à un soir de Milan, et, se rencontrans par chemin, arrivèrent de nuict au chasteau de Pavie ; et que dudit lieu, prenant en leur compagnie autres Espagnols dudit chasteau, ils s'allèrent embuscber sur le Pau, où ils feirent quelque séjour, jusques à ce qu'ils eurent exécuté leurdite entreprinse-, qu'ils s'en retournèrent menans prisonniers avec eux tous ceux qui au batteau desdits ambassadeurs, tant barquerots que autres, qui demourèrent en vie ; item, qu'iceux prison-

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