‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 384 sur 428 · LIVRE IX. r · texte numérisé non relu

LIVRE IX. r

niers furent, quelques jours après, amepés et conduits ailleurs, en la puissance toutesfoys dudit marquis; ayant davantage esté ledit seigneur informé que iceux Espagnols, après ceste infâme exécution, s'estoient retirés vers ledit marquis, monstrant en apparence de plustost en espérer récompense que d'en craindre aucune punition : vous pouvez penser, messieurs, que pieçà ledit seigneur pouvoit estre asseuré que ledit marquis en estoit consentant ou coupable, quoy que soit, inexcusable, que, sans grande négligence en sa charge, il fust advenu. Mais, pour ce que, par une sienne lettre, il baptisoit cest acte du nom de meschantise, qui estoit pour donner occasion de penser au moins qu'ainsi les baptisant, il ne vouloit que l'on creust qu'il en eust voulu estre participant ny consentant, le roy, à ceste cause, gracieusement luy manda par lettres, et quelque temps après à l'empereur, et depuis à nostre Sainct- Père, comme aucleur et protecteur de la trefve, et de rechef audit seigneur empereur, avec la protestation pertinente que réparation luy fiist faicte de cet outrage, au moins contre ceux qui l'avoient exécuté. Et peut-estre qu'il eust passé la chose soubs dissimulation, sans chercher expressément le scandale dudit marquis, se contentant de laisser au jugement de l'âge présente ou future, s'il estoit possible de croire que telle chose fust advenue avec les circonstances cy-dessus spécifiées, sans estre venu à sa cognoissance.

« Or voyez- vous, messieurs, combien il y a proufQté, combien de temps, combien patiemment il a attendu que quelque raison luy en fust faicte, et combien impudemment ledit sieur marquis se couvre de l'offre qu'il vous allègue et met en avant. Car s'il eust tant soit peu d'envie, comme il s'en vante, de faire sortir en lumière^la vérité de ceste affaire, eust-il pas bien esté en son pouvoir, laissant seulement en liberté les uns et les autres barquerots qui en pou voient parler véritablement et de veue, et qui n'avoient aucime occasion d'en devoir, en faveur de l'un ny de l'autre, mentir? Mais il a faict, messieurs, tout le contraire; car, outre la détention d'iceux (desquels toutesfoys j'ay recouvré aucuns eschappés de ses prisons), il a faict publier des édicts pénaux es lieux où le faict pouvoit estre cogneu, que nul fust si hardy d'en deviser ^ et au Ueu de maltraitte-

mens faicts à ceux cpii desjà en ont parlé, a caresses, honorés, et creus en estât ceux non seulement qui ont exécuté Tintreprinse, mais ceux aussi qui ont travaillé à desguiser la vérité : qui sont, messieurs, actes et voyes de telle nature, que, non sans cause, le roy très cbrestien a refusé d'accepter la protestation contraire aux eflects, de laquelle &isant mention en cest endroict, ledit marquis Ta récitée plus grasse qu'à la vérité par avanture il ne la feit, ou (comme je le vueil croire) ne se souvenant plus de si loin ^ car j'ayme mieux dire, messieurs, qu'il en ay t eu mauvaise souvenance, que il ayt voulu à son escient mentir devant vous, c'est à dire devant la lumière de tout le monde. Encores me déplaist-il, messieurs, que je n'ay autre moyeu sans le charger itérativement d'impudence, de confuter l'autre, combien que soit frivoUe l'excuse qu'il met en avant, touchant les messagers du roy assaillis par gens vestus à sa devise ; et que, contre le faict cogneu et vérifié, il ayt osé alléguer raisons et conjectures si mal fondées, que dédire qu'il eust bien sceu (s'il eust voulu commander à ses gens) les desguiser en sorte qu'à l'habit ils n'eussent été cogneus ; aussi que pour monstrer qu'autres que les siens l'ayent peu faire, qui se soient vestus de sa livrée, il se couvre de dire que luy allant au-devant de l'empereur à Trente, avoit bien avecques luy trois mille hommes vestus à sa devise.

« Quant à ce dernier poinct, je ne le vueil aucunement contredire, ains l'advoue sans difficulté, m'en rapportant à ceux qui par force l'accompagnoient, contraints de se vestir, armer et monter à leurs despens, ont, pour y fournir, engagé si avant leur patrimoine, qu'ils n'ont à présent aucun moyen de satisfaire aux tyranniques impositions que journellement il leur met sus. Mais quant à l'invasion, je voudrois, puisqu'elle ne se peult contredire, parce que les ofTiciers de la seigneurie de Venise, es pays de laquelle est advenue ceste invasion, ont prins et exécuté à mort les délinquans, non seulement vestus de la livrée, ains soudoyés en la garde dudit seigneur marquis, que luy, au lieu d'alléguer ceste mensongère négative excuse, se fust plustost attribué l'honneur de les avoir faict luy-mesmes exécuter jusques èsdites terres de la seigneurie, et pourchassé, que lesdits officiers en fissent justice. Mais il a de si long

temps esté dit, et tant de fois que plus il n'es fault douter, et prouvé que qui une fois apasé les bornes de honte, il &ultque tost après I devienne apertement et naîfvement impôdeot, et tellement, messieurs, que Thomme pioDgéa ceste impudence ne pense plus que la chose dont il n'a honte semble à autruy honteuse ny reprochaMe, comme vous le pouvez, outre le préallégués exemples, non mo'ms facilemefit cognoistre, que parce que, pour se couvrir de la levée des lansquenets (qui seroit acte k, aisé à réparer, s'il n'y avoit autre occaiionik rupture, et si en autres choses il n'enst jàfitt procédé aux effects), ledit sieur marquis aoss, messieurs, vous allègue une raison, et qQi,p8 nous advouée, ne peult aucunement le relevfr, et qui, encores qu'elle soit malicieusement déguisée, ne le peult toutesfoys estre à boooepirtic de vous ; car il ne luy sert de dire qoeaK Suisses estoient en chemin au temps et dut qu'il escrivit au roy des Romains povsxiie levée de lansquenets, si bonne partie de voei scavez très bien que, dès le mois de janm.ei quelque temps auparavant, il avoit deqà envoyé retenir les capitaines et ordonné qolï fussent prests à son premier mandenol;^ desjà il s'estoit renforcé d'Espagnols, ii^ desjà faict grosse crue de chevaux lèp^^ ^ avoit desjà dépesché les capitaines d'onfbrt^ra nombre de gens de pied italiens, desjà bict publier édict au duché de Milan, que toos soldats et gens de guerre dudit duché eosseoti se faire enroUer es bandes d'iceux capitaii^ sur grosses peines contenues en son édict. En* cores pouvois-je adjoustcr mille autres préparatifs de guerre, comme fortifications de pl««* au préjudice de nos capitulations, fonte * nouvelle artillerie, amas de poudres et antw munitions, ponts à passer rivières, escbdte* assaillir places, cassons à porter pain encaoïpi et autres tels esquipages qui se faisoicntaap«s de nous secrettement, mais en extresme diigence. Et quand tout cela ne seroit (ccqocs)i et que le roy auroit faict la pronièrclew^» voire commencé la guerre effeclueDeœeoîi quelle guerre fut oncques à plus juste cause commencée, que pour la vengeance de ''***^ nement d'ambassadeurs, la réparation duqo« il a si gracieusement poursuivie, et patiefluneot attendue, et après toutes les solemnités et p" testations requises, désespérée ?

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