LIVRE IX
« Or, pnisqne ceste dédaction nous a ramenés au propos de Tassassinement, qui est en efTect Testât et fondement de ceste matière, considérez, messieurs, encores que ledit sieur marquis emploie tous ses esprits pour artificieusement s'en justifler, comme il se couvre néantmoins si pauvrement, que la vérité de toutes parts y apparoist claire comme le jour, et comme, en disant une chose et taisant une autre, et tournoyant ainsi qu'un chien qui ne sçait où trouver le chevet à se reposer la teste, il ne franchit toutesfoys le sault de simplement et ouvertemnnt nyer ou advoucr le feict. Seulement dit qu'il s'est voulu représenter devant nostre Sainct^Père : et puis en la fin de sa lettre (où il semble qu'il vueille faire peur aux gens d'entrer en camp sur ceste querelle), il ne conclud point absolument à propos sur cest article, ains, par astuce et cauteleusement, baille le moyen pour se réserver toujours une porte ouverte à s'en retirei^^hors, si bon luy semble.
« Secondement, vous voyez que, tout ainsi qu'un homme surprins à Finterrogatoire, et qui ne se trouve bien estoffé de response, a de coustume de se sauver par quelques autres diverses interrogations; ainsi ledit marquis, voyant sa justification si froide qu'entre gens de bon esprit elle peult estre prinse et interprétée pour une tacite confession, court maintenant aux subterfugesde contre accusation, disant que, s'il vouloit, par avanture pourroit-il mettre en avant (ce qu'il fsdct) que, du costé des gens du roy , l'on a surprins quelques courriers impériaux, retenu les lettres de Sa Majesté, entretenu des practiques es terres de son obéissance, prins la place de Maran d'emblée, et au seigneur de Granvelle donné la chasse par mer. Après ceste présupposition, conclut en demandant (comme de question dont il ne se peuh résoudre) comme telle chose sans rupture peult avoir esté faite en temps de trefve. Je le releveray, messieurs, facilement et par un seul mot de ce scrupule : c'est que celay ne rompt la trefve qui se revenche, et contre l'infraction d'icelle il est permis à l'offencé de s'en venger, en quelque sorte et manière que ce soit ; et mesmement quand la réparation de l'offencé luy est non-seulement déniée, mais est par Foffendant persévéré, convient à présent accombler et adjouster offences sur offences, déprisant, contemnant et vilipendant si XVI' siEGLBy ChroD. et Mém.
ouvertement et indignement la grandeur, puissance et majesté de l'offencé.
« Or, quand je n'aurois, comme j'ay , ceste juste response absolue et universelle, qui subvertit et rue par terre le fondement et pied de la contre accusation dudit marquis, encores pourrois-je particulièrement respondre à chaque article. Car quant à la plainte que cest hy ver le marquis me feit entendre par un trompette que sur le chemin en un certain bois taillis, entre les villes de Cony et Fossan, un courrier venant d'Espagne avoit esté destroussé de ses bouges, pacquets et argent, par gens de cheval armés, dont ceux que ledit courrier souspeçonnoit luy furent représentés, lequel les deschargea, et sur sa plainte on envoya gens avecques luy revisiter le bois, qui est situé au my-chemin desdites deux villes, qui toutes deux sont de la jurisdiction impériale, et non de celle du roy, ny près d'aucunes de ses garnisons, je pourrois dire qu'audit bois furent trouvés plusieurs pacquets espars çà et là, ouverts les uns et les autres; entre les autres aucuns pacquets de l'empereur adressans à nostre Sainct-Père ; qui est chose assez donnant à penser que ceux qui destroussèrent ledit courrier le feirent pour avoir son argent, et non pour crocheter les lettres de l'empereur, et que s'ils les eussent voulu crocheter, aussi bien eussent-ils crocheté celles qui alloient à nostre Sainct-Père, comme les autres. Aussi pourrois-je dire qu'il n'est à croire que les soldats royaux eussent deviné ny le jour, ny l'heure, ny le lieu que devoit passer un courrier d'Espagne avec lettres, pour ainsi se trouver à poinct pour le destrousser, et aussi peu eussentils seeu deviner que ledit courrier, qui estoit un courrier ordinaire de dépesches, de bulles et de marchands, eust deu apporter la dépesche et pacquets de l'empereur ; et que si de long temps ils y eussent esté embusché en armes, attendans que ledit courrier passast, et que, durant la longueur du temps, ils n'eussent été par les allans et venans découverts et cogneus» je laisse à un chacun penser s'il est croyable. Encore pourrois-je dire que ledit courrier dit luy-mesmes, en deschargeant ceux qu'il avoit souspeconnés (qui sont gentilshommes servans le roy sur chevaux légers), que audit Ccmy, où il arriva vers la minuict, on l'avoit bien amusé deux heures avant que luy bailler che-
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vaux, de sorte que Ton peuU penser (et luy n'en estoit sans soMspf^çon) que les propres bommes de Cooy, sçâdians qu'il «voit argent en ses bouges, Teussent U)«t h propos Arrestét pour ce peDdant guigner temps pour s'altor mettre en embmcade, Et qui vm pourmU »yder à le croire, c'est que je me suis trouvé au* tresfoys avoir &ict pendre en la jurisdiction du roy, pour frimes commis et perpétrés eo iecUe, un homme qualifié subject et employé au service de Fempereur, qui a confessé, par son procès, avoit C&ict déliets, actes et assassinemens contre les propres soldau espagnols, et les avoir tués et meurtris de guet apens, sans autre occasion que pour avoir leur argent.
u Et quant au {aict des praticques que dit la marquis avoir par nous esté entretenues en c« pays, sur villes et places de l'oMissanee im* périale, s'il en parloit plus évidemoieot, et désignoit le temps, les places et les aucteurs d'icelies praticques, ou je luy ni^rois absolu» ment, ou luy dirois, aiasi que la vérité porte, que luy et les siens 0ùl fiaict le semblable sur ks nostres; encores pourrois dire davanâaga que si bien il est prohibé de surprendre les villes Tuo de Tautre en temps de trefVe, il n'est toutesfoys prohibé de presser ToreiUe à 91! se vient offrir, ny de préparer et entret/^nir des praticques et moyens de pouvoir endommager son ennemy après là trefve expirée et corrooipue. Et quant à la prinse de Maran, certainement je pourrois dire qu'oncqnes elle n'advint du consentement, participation ny sceudu roy, ny de gens qui eussent charge ny maniement de ses affaires, et que si quelqu'un veult main* tenir, de si, se trouveront des hommes prests à soustenjr le contraire avec les armes et la va* rite. Yray est que cem. qui l'^ntr^prindnent l'ejiLécut^ent; eognoissaps bien que sans gros adveu ils n'estoient sufSsans à longuement tCr nir leur prinse, et advertys de ci»sdits opitrajges faicts par les gens de Tempereur au roy, jet sur ce, pensans que yraysenû>labiement ledit seir gneur seroit bien aise de recouvrer une telle place en contreschange à recouvrer ses ambas* sadeurs, s'ils estoient vifs, ou pour commencement, s'ils estoient morfSt a'en exécuter la deue vengeance, bientost après haulsèrent Ic^ bandières de France, et envoyèrent offrir la place.au roy, avec langage toutesfoys équipolfent à protestation (|u'à son reffui ils troçy^-
rmsA antre à qui ea ikira msrdunditt. Etse laissèrent, messieurs, entendre sur c^e mirphandise, de telle manière qu'il eitoit bdli à cognoistre qui seroit le marchand, a qoe I» marchandise aeroît préjudiciable et t omoi $ainct-Père et à l'empereur, e^ à la ^égmt da Venise, a chacun m particuU^, et mmtellement k tonl^ la «brestienté*
« Sur quoy, messieurs , le royt Yoyioi k quelle importance et conséquence estoit ceKt affaire, en conununiqoa incontinent ailiaBJ» sadeurs des dessnsdits» estans rière Si Mijoté. qu'ils en escriviasent à leurs seigosors, s leur décbgrant que, si, dedans le teippi a^ ques eu]( accondé, ne iMy efto^ par li^swb seigneurs envoyé n^illeur s4vis, il focq^ ladite place, non pour la tenir amm if^ car elle ne luy est, ores qu'il y enst jqs^ tiitrt, d'aucun serviee ny coiWoditéi mais povr éviter qu'elle ne tombast en telles msim ^ ^ chr^enté en receust danmage, et poorip»
epfair^en teîopsetUenÂsqy'àw^bsoftJ*^ prince appartiendra d'en &ire. Je sm ^^ juger, messieurs, qne poy voit laire le nf a ceste occurrence, sinon qu'il enst faietfiNb*'* pla^ an roy des Boffîaina, ne qni n'tpuiitif pou voit estre en aa puissance? T Vf^^ pour venir avec plos grande satitfa^tiosiiqi»dit roy ?ay de l'empereur son firèwî l* •*' quis, paravanture, dira (et de M. pif TilRti^ sadenrdel'eoqiereur, a esté foi(îti$ rcffVHMWtt) que ledit sei^enr roy de voit foj^ prcndnk gentilhomme qui luy estoit veni» oÂrir ^ place, et le foife pendre, s'il ne |s m^^ roy des Romain#; mais par avanfore. vm'| l'eust faict pendre, la pla^ce n'egrt ^ ^ rendue ; et pqis, ai les Imp^nanx pei^t^ Ipnables à ijeur maistre de violer kw^^^^
sainct de légafa ^ de ix^ssagm^ tT ^ compte du drpict des gepa» n'avajr 9r ^ aucune chose (sainte et inyiolahlei U f^ ^^ ii^Utué sa vie de ceste sori^» #t n'e^ W0^ ble que les droictf que pour soy-mei^ci i^ voudrait violer, il viplast pour l'autruy 1^^ c^y qu{ ponr {'offenc^ les vioU« et m^ par ses effects ne penser estre m js cp ee »••* q^ponr s'essayera le rwoer ai é^Mê-
« Reste, messieurs, à respondre 9V^ chasse que dit le marquis avoir esté doooct tf sieur de ÇranveUe. Or, je vous demandei «^ seigneiirs, a^t^nd^ qn'estana juagnères sorti
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LIVR Ê tX.
hors de Vtilplftn Céiàf de Naple* et aatws capitaines irapériâux, et ventis de naiet arec grosse tfoappc de gen« 6é cheral et de pîed, Jasqne» auprès de Ceste rïlh de Ttrrin, sur laquelle principalement îl abbaye comme le chieti aprèà le cerf, tn<^r»ieiif le marquis dti Otiaat ne Tetilt tmitesfoys qtie je dolte jager ny penser qo'ila y vinssent en intention de la tonloff surprendre, combien qtie je sçache qne, ce temps pendâùt, estoit à Qolers, ville distante de cinq milles de ceste-Cy , antre gros nombre de soldats impériatix prests à marcher quand il ktir se^roit mandé; Combien encores qu'un gentilhomme, attitré pouf mettre le feu en certaines maisons, pour occtiper cbaetm à Festeindré cependant que Ton propôseroit les eschelles aux murailles, ait esté prlns par nos gens, hU tainct et convained du faict, lequel il a confessé, et après les deues confrontations, a esté mis en quartiers; attendu, dis^je, ce que dessus, est-il raisonnable, messeigneurs, ores si je voulois advouer que les capitaines des galères du roy estins an port, et voyans antres galères en mef se mettre à la fiiitte, qui est donner occasion de se faire suivre, fussent sortis hors et les eussent poursuivis quelque espace, que, pour ce, le marquis se doive promettre et juger qu'ils le lissent soubs intention de courir sus audit sieur de Granvelle ? A la vérité, je tiens tant de vostre prudence, jugement et équité, que vous ne voudriez luy estre loisible qu'il fasse une loy pour luy et autre pour moy, ny que toutes ses conjectures, déguisemens et palliations, soient tenues pour effect et vérité, et que mes véritables allégations et mes expositions des efiects jà ensuivis soient au contraire répudiées ou réfutées. Icy ponrroli, et me seroit loisible, parler de luy en ceste matière plus librement ; mais je vueil, sans protestation, me contenir en la modestie en laquelle il avoit protesté de se vouloir contenir et ne l'a ftiict. * Vray est qu'en cesl endroict il pourroit dire que si bien il est sorty des chanseaux èsquels il estoit enclos par sadite protestation, de vouloir dire seulement ce qui serviroit à se découlper sané coulper autruy, et ce qui seroît préjudiciable à sen honneur, a toutesfoys tousjours tenu un pied dedans lesdits chanseaux; et en ce pourroit se couvrir de dire que si ores oblicquement il accusoit autruy, ce n'estoit toutesfoifl sa principale intentioa, mais une forcée
rétorqtitrticm pour asseurer et fortifier sa justification, et &ire apparoistre que, si ores il aurolt faict qtielque chose contre la irefve, il l'auroît faîct non volontairement, ains provoqué par précédentes praticques et contraventions.
•< Luy soit donc permis,jusques sur ce point, de se couvrir sur ceste excuse, mais à ce que si après II déduit trop plus au long et trop véhémentement qu'il n'a déduit sadite prétendue justification, qui autant luy sert que contre la pluie la couverture d'un sac mouillé, il ne scauroit dire qu'il soit, ainsi qu'il advient, coulé d'tm propos en l'autre; ains appert que, par volontaire délibération, il va cherchant, comme jusques soubs terre, occasion d'accuser le roy, et de calomnieitsement abuser de son nom» en haine, enVie et malveillance de toute la chrestienté. Mais si Dieu, très révérends et très illustres princes, qui luy-mesmes est la vérité, me preste vostre bénévole audience, ce pendant que je désîgneray, sans autrement déduire, les moyens de respondre aux articles escheus de ceste accusation, j'espère en luy que la vérité victorieuse trouvera lieu pour s'arrester et fermer entre vous, quelques traverses, calomnie et fausseté qu'il luy ait données ou pensé donner.
*t Ledit sieur marquis assiet, messieurs, Testât de son accusation, sur un si sainct fondement, que, s'il bastissoit de mosmes, il pourroit conduire un aussi sainct œuvre, comme pourra estre maudit celuy que l'on peult espérer de la manufacture et taille des matières et estofles de sa structure. Ce fondement est la véritablement saincte résohition qu'avez prinse entre vous de convertir vos armes à rencontre de l'ennemy des vray s cbrestiens. Sur ce fondement se doit b&stir un sainct discours, tme meure délibération, sans haine, sans faveur et sans envie, àvecques tous les préparatifs^et moyens requis et nécessaires pour, àvecques la propitiation de Dieu, Wen commencer, heureusement conduire, et glorieusement mettre ceste saincte résolution à fin. Mais, au contraire, ledit sieur marquis y fonde une calomnieuse accusation d'un très chrestien roy, d'un roy vostre amy, d'tm roy qui, autant qn'il luy a esté possible, et autant que Fa permis la malignité de ceux qui contre luy rétorquent la propre coulpe dont Ils se voient atteints, a empesché que la tempeste ne tombas t sur vous, pour à laquelle remédier vous estes maintenant en peine et en travail. U est bien
vray qu'il ne vous nomme point le roy, mais, pour le tirer plus avant en haine, il touche comme du doigt dessus, en le vous représentant, non point tel comme l'on dit de ses couleurs, mais, comme avant la fin de ma lettre vous cognoistrez , des leurs, indignement et malheureusement desguisé.
« Or , veult-il que vous croyiez, très illustres et très révérends princes, que le roy , sans en avoir occasion, entend recommencer la guerre entre luy et l'empereur, pour empescher l'exécution de la vostrc contre le Turc, ou pour le moins la réduire en trop plus grande difficulté, pour la désunion et séparation de vos forces? veult aussi que ce nonobstant vous croyiez que ledit seigneur ne vueille aucunement que l'on vienne à &ire ceste entreprinse? Certainement, messeigneurs, en présupposant l'un estre vray, qui est entièrement faulx, je penserois que tout au contraire le roy devroit, par toutes voyes possibles, faire conseiller à l'empereur de se jetter à la campagne et de haster cesie entreprinse, afin de, ce pendant que ses forces seront occupées, avoir de luy meilleur marché; car s'il est vray, sans contredit, qu'il vueille entreprendre guerre, doit chercher d'en faciliter la victoire; et qui divise les forces de son ennemy la facilite. Doncques doibt qui contre aucun veult entreprendre guerre, chercher de diviser et désunir ses forces : par quoy doit le roy, s'il veult entreprendre guerre contre l'empereur, tel et si puissant ennemy, désirer et non craindre ou empescher qu'il entreprenne la guerre contre le Turc, c'est à dire qu'il désunisse ses forces, et qu'il luy facilite et avance la victoire.
« Vous savez, messeigneurs, ce que pour maintenant je vous vueil dire quant à ce poinct; suivons à veoir les démonstrations et ratiocinations dudit marquis proposans l'intérest ( il a voulu dire le prouffit que peult l'empereur espérer en ces armes ainsi par vous prinses contre les infidèles), présupposant combien il a ceste entreprinse à cueur ; ce que, présupposé son prouffit, je crois finablement qu'il continue ses argumentations, se confondant en multiplicité de silIogismeS) en inutile redite de mesmes langage, et interrogatoires, de véhémence hors de propos, scavoir est comme il seroit vraysemblable que par les gens de l'empereur fust procuré rupture de ceste paix et union? Comme croyable que luy, ayant prins une telle guerre contre
le Turc, vueille, par entreprinse de nouvelie guerre, désunir ses forces? qui est cduy qa plus que luy peult d^irer que la puissance à Turc soit abaissée? A qui touche plos qaiby de désirer que la Germanie soit conservée sm et entière? Par quel moyen peult-dk mieu estre conservée que par résister gailUrden»! et vivement aux forces du Turc? par quel mm se peult entendre que plus gaiilardeinentdey résiste que par estre ensemble bien d'aooordft unie? S'il est vraysemblaUe que hiy, h déa* rant sauve et entière, que luy, sçachint f> tout despend de ceste union, voulust, en hd» unissant par autres guerres, amoindrir ksiir ces, et mettre le salut d'icelle en danger? Afrè. messeigneurs, il vous requiert avoir souveDiBce qui est celui qui a cherché de tenir lesditesfcrces séparées? Qui est celuy qui ne vowlroiti|« celles de l'Empire s'augmentassent? Qui est ce luy qui avec les armes cherche de s'impitrooir des choses à l'Empire appartenansîEtveolt, pour conclusion, que de celuy-là od peniep soit procédée la rupture de la trefve, le twible et le travail que l'on craint en la chitstioie?
- Venant au premier article, j'avoue et cntf certainement, et en faict foy rexpérienaç» Tempereur ne désire rien plus que le md^ ment, non-seulement du Turc, maisiœâ^ tous les princes et potentats, de quelqu tibe ou loy qu'ils soyent, moyennant que sa jbbdeur seulement en résulte. Au second poiDCt,je dis que véritablement à luy appartient de soahaitter que la Germanie demeure sauve et entière; mais, comme il en œuvre, vous le poo^ cognoistre par les effects, quand, parson imn*dérée ambition et cupidité, refusant rhoone* moyen que ceux qu'il accuse luy baiUoient, « vous faire jouir paisiblement et en repos de^ honneurs, il vous a volontiers attiré sur lesb* un tel ennemy, que, pour sa témérité, les (iretiens ont perdu de son règne autant oa fi moins de pays qu'il leur en demeore et reste.
« Sur le troisiesme , quatriesme et cinqniesBf article, je confesse que le moyen d'entretenir la Germanie sauve et entière est de gaiOarfement résister à ses ennemys. Je confesse ([* le moyen de gaillardement y résister est de» tenir unie, et je confesse qu'il ne voudroit poû^ en la désunissant par autre guerre, séparer ^ amoindrir ses forces. Mais pourquoydoncq**» sçachant cela, ne s'est-il gardé de bailkr*^'
roy ceste inévitable occasion de rentrer en guerre? Veult-il, par ceste frivole argumenlation de ce que vraysemblablement il a deu faire, vous faire croire le contraire de ce que la veue découvre ce qu'il a faict?
« Sur le sixiesme poinct, je dis qu'à mon advis et de tout homme de sain jugement, celuy ne cherche de tenir vos forces séparées, qui, toutesfoys qu'il a sceu quelque scintile de division entre vous, s'est efforcé d'y remédier, ainsi que tousjours a faict le roy mon maistre, comme plusieurs de vous estes tesmoins, et de quants voyages par son commandement j'ay faicts vers vous, pour vous exposer et déclarer les moyens qu'il a estimés raisonnables pour vous réduire, quand entre aucuns y a eu différend, en mutuelle réconciliation et amitié. Au septiesme article, je dis que ceux qui ont voulu démembrer les fiefs mouvans de l'empire, pour iceux ériger en particulières seigneuries, non recognoissantes ledit Sainct-£mpire en souveraineté; ceux «jui en la journée d' Ausbourg refusèrent de consentir que ce qui, sans aucun leur coust ou danger, seroit par l'Empire conquis ou recouvré contre le Turc, fiist acquis en la table dudît empire, ains ont particulièrement contendu qu'il fust acquis et applicqué à leur particulière maison; ceux-là sont ceux qui non-seulement ne voudroient que les forces de l'Empire s'augmentassent, mais qui pourchassent à les affoiblir et diminuer. Au dernier article, que ceuxlà mesmes sont ceux qui se veulent impatronir des choses audit Empire appartenansf et non ceux qui justement demandent à estre redintégrés à leurs anciens patrimoines, mouvans et tenus en fief dudit Sainct-Empire, offrans d'en faire et user ainsi qu'à bons et fidèles vassaux appartient.
«Je vous ay, messeigneurs, esbauché la matière, à laquelle ne restera (si par cy-après en estoit besoin) sinon luy bailler les traicts et le polissouer, pour plus clairement vous représenter les choses, et plus diligemment les déduire, en confutant distinctement les argumentations dudit sieur marquis; ce que je ne pense devoir advenir, si bien je cognois vos prudens et sincères jugemens à discerner la vérité du mensonge. Et pour ce me semble que, sans plus longue argumentation, je vous puis bien conclusivement dire qui est celuy qui trouble la paix et union des cbrestiens, qui