LIVRE IX
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capitaines tous gabarés); et devoit estre son amas de dix mille hommes de pied, huict cens chevaux et dix pièces d'artillerie ; et estoient des principaux chefs dMcelle entreprinse, le seigneur Pierre Strozzy, le comte Petillane, le duc de Somme, et plusieurs autres , tant Néapolitains, Romains, que des terres de la seigneurie de Venise ; lesquels assemblés , il marchéroit droict à Crémone, dont il espéroit avoir le castellan et des principaux soldats à sa dévotion ; de là à Laudes, de laquelle ville il s'asseuroit, et de deux mille honmies de pied qu'il trouveroit audit lieu ; et de là à Milan, ou pa-. reniement avoit intelligence, et y fortifler la ci* tadelle aux despens des citadins, et , par ce moyen, brider et tenir en subjection tant le chasteau que la ville, et oster à l'empereur le moyen d'en tirer argent, dontse faisoit sa guerre. Or est-il que le sieur d'Annebault, après la résolution de la guerre, estoit marché en Piémont, ayant huict mille Suisses, six mille hommes de pied françois, sans la garde des places, et six mille Italiens, quatre cens hommes d'armes et deux mille chevaux légers ; par quoy l'intention dudit sieur de Langey estoit que, là ;où le marquis du Guast partiroit de la frontière de Piémont, ou pour aller au secours de Milan, ou pour combattre ledit sieur de Langey, ledit marescbal d'Annebault avoit en proye Quiers, Ast, Vercel, Alexandrie, Cazal de Montferrat, Fossan, Cony, Albe et Quiéras, et grand nombre de petites places; car le marquis n'eust sceu tirer dix mille honmies pour mettre en campagne, sanslaisserses placesdespourveues ; et, s'il marchoit, il demeuroit entre deux armées. Si , durant six sepmaines ou deux mois que ledit sieur d'Annebault fut avecques lesdites forces en Piémont inutile, oneust voulu, ladite entreprinse eust esté exécutée au nom dudit Strozzy et des Néapolitains , demandans estre restitués en leurs biens, que l'empereur leur usurpoit : mais voulant le roy , comme avez entendu, commencer la guerre ouvertement , et non à l'improviste , encores que du commencement il eust consenty et arresté ladite entreprinse, en fut diverty et la refusa; mais j'ay ouy des proverbes de nos pères, que qui a le proufQt de la guerre en a l'honneur.
Ayant le roy ordonné à monseigneur d'Orléans l'armée qu'il avoit à conduire , dépescha Nicolas de Bossu , sieur de Longueval , pour
aller à Gueldres et JuiUiers, devers le duc de Clèves, faire une levée d'hommes, tant de pied que de cheval, et, passant au travers du pays de Brabant, se venir joindre avec iceluy duc d'Orléans ; ce qu'il feit, ainsi qu'entendrez cyaprès.
Monseigneur le duc d'Orléans , ayant prins congé du roy à Ligny en Barrois, alla trouver le duc de Guise, accompagné de quelque nombre de gens de pied françois; et le lendemain, qui estoit environ le dixiesme de juin 1542, assemblèrent avec la gendarmerie une partie des gens de pied en un grand village sur la rivière de Meuse, à deux lieues près de Verdun , mychemin dudit Verdun et de Dun-le-Chasteau , auquel Ueu feirent séjour trois jours attendans l'artillerie. Au partir de là, allèrent loger devant Danviller, place de Luxembourg appartenant a l'empereur, auquel lieu se vint joindre avec eux le baron de Hédecq, lequel autrefoys avoit esté lieutenant du comte Guillaume de Fustemberg, avec son régiment de quatre mille lansquenets ; aussi y arriva le comte de Mansfeld et le comte PigueUn , et le colonel Riquerog , avec leurs régimens *, et pouvoit estre , estans assemblés , le nombre de dix ou douze mille lansquenets. Etvintàcesle heure là au service du roy, avecques le comte de Mansfeld, le comte Reingrave, jeune homme de bonne volonté, qui promettoit bonnes choses de luy , ainsi qu'on a cogneu par après. Estans assemblés devant Danviller, fot présentée l'artillerie, dont fut tiré quelques coups à coup perdu , sans approches ny trenchées ; mais les soldats estant dedans la place , ne voulans attendre plus furieuse batterie, demandèrent à parlementer; et, durant ledit parlement , nos soldats , sans aucune résistance , entrèrent dedans et la saccagèrent , chose qui estoit bien aisée, d'autant que la place n'estoit deffensable. Estant Danviller entre nos mains , par l'advis des capitaines, monsieur d'Orléans ordonna qu'elle fust rasée et brusiée , comme n'estant gardable ; ce qui fut faict en toute diligence, mesmes par monsieur de Jamets, à l'occasion qu'elle lui portoit grand ennuy à sa place de Jamets.
Partant de Danviller , nostre armée print le chemin de Luxembourg; mais le lendemain vint nouvelles qu'il estoit tombé un pan de muraille à Yvoy, qui fut cause de faire tourner visage à nostre armée droict à ladite place; et y estant
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arrivée, en toute diligence mondit seigneur 4'0rl^n« et le dxm de Guise ordonnèrent de Uife lfi$ approches ; ce qui fut £aict, mais mal à propos, car U fut assis trois canons ^nne bastarde si près du bord du fossé , sans gabions , trenchées ny autre couverture pour mettre en seureté Tieseorte de la garde d'icelle artillerie , qu'il fiillut, le ^r venu, que ceuy qui Tavoient en garde Tabandonnassent , pour les coups de arqueboiue qpe leur tiroientlesennemys. Et en plein jour, à la yeoe d# nptre année, sans que nul les peust oSa^v^ iceux eni)emy/i sortirent de la ville , et ^tacb^rent des cordas auxdites pièces, pour les tirer dedans leur^ fossés; mais ne leur fut possible, à cause de |a pesanteur et de quelques coups de arquebouze tirés, mais de loin, par aucMna soldas des nostres qui se ba- ^ardoiept plus que les autres. Ce que voyans, le§ ennegiy^ mirent le fiei» aux ^ans et les bruslèrent, 4q sori^ que les4|tes pièces furent mises ç\^• le venM^, ^ ^^^ ou six jours après furent retirée^, et puis envoyées à Sedan pour les remonter. Nonobstaitf ledit incopvénient , ne fut cessée la continuation des trepcbées pour mettre les cotres pi^œs ep batterie du costé devers l.es Ardepnef , e^ fut fj^p^ brescbe assez raisonnable I qui toi^sfoys ne fut assaillie ; puis on fut di^ ou douze jours sans tirer , ce pendant qu'on envi^y^ à Sf^dan, à Mouson et autres villes procbaii^f quérir repfort d'art|llerie et de munitions, l^eiqpell^ arrivées , on feit nouvelle batterie h l'oppo^ite de l'autre , tirant vers le cbemin qui va|t ^Aff^ets; dont c/eux de 4edans s'estpnnièr^t , de ^orte qu'ils demandèrent k parlementer ; à gaoy ils furent receus : et tellement se mena la praticque, qu'enfin leur fut acGor4éparmo/asieurde fu|se (lequel estoit ordonné 4e h P#rt de ^monseigneur d' Orléans pour les ouïr )qn'i'^ ^'eniro^t leurs |)agues sauves, et pouiToiepit an^n^ si^ fauconneaux et de la çiunitiopi pour Urer cbacun $i^ coups. Chose qui v'ypf. bien ^ propos, car ^ la yér^té la place estoit ba^ardense ^ assaillir sans grande perte d'hommes, yeu jl/e grand nombre de soldats , d'^iTlillerie et de munitions qui estoient dedans, et mesmes qu'au milieude la grande l)resjclie,au fond du fossé, y avoit un moineau qu'on ne leur pouvoit lever, qui eust faict un grand meurtre des assaillans^ mais Dieu ^ur osta l'entendement. De la part de l'empereur estoient chefs 9l|dit Y voy le bastard de Sombret , le sieur de
Noydles, Hennuyer, capitafaiede cfae?m légers, le capitaine Famas, le capitaine Gilles de Levant, et auures, jusques au nombre de deux mille hommes. Estant ynondit sieur d'Oiièaii devant iceUe place, y arriva le sieur deLoBgueval , accompagné de Martin Yio Ro^ob, u^arescbal de Gueldres , et dix mille l^asqvnets y avecques environ jde seize cens à dm mille chevaux Clé vois, ^i a voient pasKS park pays de Brabapt, a^^i qu'entendez par œ (fiscours.
Monsieur le duc d'Orléaitf ayant misTvsf en l'obéissance du roy (dont fut baillée Uginle au seigneur de Sedan , et depuis au Uiliif (k Victry , comte de Nanteuil , lieutenaat de k compagnie du duc Antoine de Lorraine ),ib«cba pour aller deyapt Luxembourg , preDast son chemin par Arlon, petite ville àquatie lieoo au deçà dudit Luxembourg, sise sur ip)e iba* tagne en assez bonne assiette , mais ooa bsit fiée» L'armée approchant dudit iieu,lesdgoeir d'Enguien, François de Bourbon, avecqvesa eompagnieetquelqnesautresqui ravoieolfQffJ»
y alla devant, et la feit somoier au nota àisoi^ seigneur d'Orléans. Ceux de dedans, estoosé de la reddition dTvoy , qu'on estimojt bfitf forte placedupays,etlamieoxponrveped1ttmes, d'artillerie et autres munitions, reodiresi la ville. Au-dessoubs de laquelle se Tint iop le camp, et dedans se logea monseigneord'Orléans ; mais quelques pillards ( encores qo' fust dérendu de piller) , cherchans quelque betin, mirent le feu en une partie de la ville, teikment que bien à peine peu(-on faire retirer k bagage qu'il n'y en enst de bruslé ; et, v^ que le feu fut esteint, y fut laissé quelques g(St^ à ce que l'ennemy ne s'y mist pour eoupperi^ vivres qui venoient en nostre camp de Ste»! et de Mouson.
Partant d' Arlon , Le camp alla loger »up^ de Luxembourg, où, peu après avoir faict l6 trenchées, fut approchée l'artillerie au jooipg^i^ la haute ville, à la main droicte de U porte ptf oii on entre du costé de France , et &t ^ brescbe, toutesfoysn^ raisonnable povtf^' lir, car le fossé y est a fond de cuve, treocbétf roc fort parfons ; si est-ce que ceux de (Jcd**^' combien qu'ils fussent trois mille boouBes oc guerre et quatre cens chevaux , s'estonnèreot. de sorte qu'ils se rendirent leurs bague$i»9^ et les citadins demourèrent en leur liberté. &•
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LîVttB IX.
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tans sortis lesdits gens de guerre enTÎron deux | heures après mîdy , monsieur d'Orléans entra \ dedans ; et fut mise si bonne police, qu'une heure après les bouticques des marchands furent ouvertes , pour vendre et acheter en telle seureté pour eux qu'on feroit h Paris ou à Rouen. La ville ainsi réduitte , monsieur d'Orléans laissa pour la garde d'iceile le comte de Mansfeld et le comte Piguelin,avec leurs régimens, lesquels promirent de la bien garder vers tous et contre tous ; cfe qu'ils ne firent, ainisi que tantost vous orrez. Puis, en passant devant Montmédy, petite ville assise sur une montagne , laquelle on ne peut approcher que d'un costé,mondit sieur d'Orléans feit seulement monstrer Fartillerie: incontment ceux de dedans, esmeus des précédentes prinses , se rendirent ; et y furent rais gens pour la garder. Et telle fut l'exécution , qu'il ne restoit es mains de l'empereur du duché de Luxembourg , que Thionville , ville sur la Moselle, quatre lieues au-dessoubs de Metz , tirant à Trêves.
Monseigneur d'Orléans, ayant dési^ de se trouver prts la personne du roy et de monseigneur son frère, pour l'espérance qu'il avoit qu'il se donnefoit une battaille devant Perpignan, délibéra de s'y retirer, laissant à Luxembourg et Champagne le duc de Guise, lieutenant général du roy; et, pour séparer son armée, se retira à Verdun, auquel lieu il ordonna d'envoyer motisieur de LongueviHc, avec Martin Van Rosson et ses bandes, vers Liesse, lieu entre les deux fîrontières, pour y sqoumer, et secourir ou la Picardie ou la Champagne. Puis, après qu'il eust feit quelque séjour à Verdun pour pourveôir au reste de son armée, partit en poste pour trouver le roy à Montpellier, pensant de là aller devant Perpignan; mais desjà fe roy Avoit délibéré de retirer son armée. Deux jours àprèi son arrivée devers le roy, vin(fa*ent nouveDes de h perte de Ltixembourg, et cominte le comte de Mansfeld et le comte Piguelin l'avofent rendue bien légèrement et avecqaes peu d'occasion, dont le roy fbt fort mal Montent, et contre monseigneur son fils, et contre ceux qui luy avoient conseillé de laisser son armée; mais je crois que luy-mesmes avoit esté son conseil. Aussi avoient les ennemys reprins Montmédy , qui nous portoit grand dommage , tant à Stenay qu'au long de la rivière de Meuse : mais monâdgaeur de Guise rassembla ce qu'il
peut prompteméflf rê(îOtlVfer de gendirtiierle (car la pluspart a vojt esté licenciée) , et; avecques quelques gens de pied, tant Allemans que François, marcha devant Montmédy, premier que ceux qui la tenoient eussent loisir de se recognoistre ; et la reprint, et y mit pour chef te capitaine Pétrus de la Lande, lequel y feit depuis bien son devoir, chose qui fort rappàisa le roy. Le sieur de Guise, n'ayant moyen dé jixiâ tenir la campagne, assit ses garnisons, et envoya le régiment du capitaine Riquerog, AUeman, le droict chemin de Piémont.
Durant que ces choses se faisoient, tant à Luxembourg qu'à Perpignan, monseigneur An* toine, duc de Vendosme, qtiî estoit gouvemetit et Ueutenant pour le roy en Picardie, ne voulut estre oysif ; car, après avoh' àssémMé lèd garnisons de son gouvernement, tant de pléd que de cheval, avecques une bande d'artillerie, délibéra de ne laisser dormir ses ennemys ; et, parce qu'il y avoit vers Ardres trois ou quatre petites places qu'ils tenoient, lesquelles faisoient grand dommage, tant à Ardrés qu'au Botdonnois (entre autres le chasteau de la Môntoire, sis en forte assiette, sur une petite montagne i l'entrée de la terre d'Oye, duquel on découvre tout ce qui sort de la ville d'Ardfes, et un autre, au bord du Boulonnois, tirAnt d* Ardres à Sainct Omer, nommé Toumehan, appartenant ati sieur de Bures, place de tout temps tenue des plus fortes du pays ), efttrqwint de les lever d'entre leurs mains , et, ayant pourveu à faire suivre les vivres après son camp, feisant son estappe à Dovère, marcha premièrement droict à la Môntoire, laquelle fut abandonnée des ennemys, et la feit desmoKr aux gens du pays, lesquels en feirent leur devoir pour le dommage qu'elle leur avoit faict : et de là tourna ses forces à Toumehan, et y feit faire batterie de cinq ou six jours. Les assiégés, ne voyans remède de plus endurer la batterie, parce que ht place estoit petite (car il est certain qu'une petite place ne vault rien devant la fureur de la batterie de maintenant), se rendirent leurs ba^^ gués sauves. Laquelle il ordonna estre rasée, mais, pour la grande espoisseur des tours, mesmement de la grosse, eust esté long à la des* molir, il les feit miner, et, après avoir faict mettre quelques barils de poudre soubs la mine bien bouchée, les feit voler, et raser à force de pionniers ce qui restoit. Incontinent, bon nott^
bre de petits forts, que les ennemys tenoient à la faveur de ladite place, se rendirent, et furent pareillement rasés. Puis, après avoir couru tout le pays vers Sainct-Omer, Aire et Bctune, n'osant son ennemy se présenter devant luy pour le combattre, encores qu'il eust plus de gens que luy, se retira, mettant ses hommes aux garnisons. Sur laquelle retraitte le comte du Reu, lieutenant général de l'empereur, faillit d'estre surprins en sa maison; mais il se sauva par un batteau passant la rivière, et se retira à Sainct- Omer.
N'a guères je vous ay dit que le roy voulolt retirer son armée de devant Perpignan, quand monsieur d'Orléans le fut trouver à Montpellier. Or, afin de briefvement discourir ce qui fut fiiiet en ce voyage, et venir à ladite retraitte, monseigneur le dauphin assembla ses forces en Avignon, auquel lieu l'estoit venu trouver le sieur d'Annebault avecques huict mille Suisses, six mille hommes de pied françois, des vieilles bandes, dont estoit colonel messire Charles de Cossé, sieur de Brissac, et six mille Italiens, et quatre cens hommes d'armes, et seize cens chevaux légers, desquels estoit général le sieur de Termes ; et de là print son chemin à Nymes et i Narbonne, où se vint joindre le sieur de Montpesat, avec la légion de Languedoc et une partie de celle de Guyenne, et six mille lansquenets, et bon nombre de Suisses nouvellement levés ; de sorte qu'il y pouvoit avoir quatorze mille Suisses, tout comprins, et se montoit l'armée à trente-six ou quarante mille hommes de pied de toutes nations, et deux mille hommes d'armes et deux mille chevaux légers. De Narbonne alla loger auprès de Locate, partant duquel lieu, laissa à la main droicte le chasteau de Saulces, et y envoya une trouppc d'hommes sufGsante pour le tenir en subjection et empescher les saillies que pouvoient faire ceux de dedans; car il ne voulut s'y arrester, en intention de surprendre Perpignan, mais autrement advint. Vray est qu'il n'y avoit nombre suffisant d'hommes pour garder une telle place; mais d'artillerie et d'amonitions, tout ce que l'empereur avoit mené en son voyage d'Arger estoit dedans, tellement qu'à l'arrivée de tous costés on estoit salué à coups de canon et de coulevrines, dont les ennemys estoient aussi libéraux que d'arquebouzades; chose qui feit cognoistre en peu d'heures que les advertisse-
mens qu'on disoit qu'avoit monsieur de Montpesat ( par l'advis duquel avoit esté dresée ceste entreprinse)n'estoientcertains.Il est apparent qu'ils estoient advertys, veu que ksiair d'Annebault avoit séjourné en Piémont un mos ou cinq sepmaines, et qu'il estoit commuo, dès Piémont, qu'on alloit à Perpignan; ansâk chemin que print l'armée leur en pouvoit doDoer vraye certitude.
Estans arrivés devant Perpignan, ceux qd estoient ordonnés à ce faire advisèrent, cbi* cun en son endroict, de l'approcher, mais b plaine estoit si rase et la terre si sablonoeose, qu'il estoit malaisé de faire trenchées qui nlussent, car la terre s'en alloit à vaa le venU emplissoit les gabions de sablon. Vous poora estimer quelle seureté on pouvoit avoir, nxsmes que la ville estoit si bien pourveue depbteformes garnies d'artillerie, qu'il seinbloit(rQ& porc espic, qui de tous costés, estantcourroocf, monstre ses poinctes. Aussi fut advisé, poor empescher qu'il n'y entrast secours, lequdn'; pouvoit venir que par deux endroicts,ri]D|iar la mer, et l'autre par le pertuys par lequel pœvoit venir le secours du royaume d'Amp», et on n'y pejalt passer qu'à la file ; là fut oh voyé le sieur de Termes avec les chevam légers, toutesfoys si tard, qu'avant son aniv« le secours estoit passé et entré dedans la fk\ qui encouragea fort les ennemys, et noosdoDU peu d'espérance de parvenir où nous prèteodions.
Un jour ceux de la ville, ayant, de deoosk rempart, cognoissance que nostre artillerie fîtoit mal gardée, feirent une saillie à la gaitk de leur artillerie, telle qu'ils firent abandoDDff la nostre à ceux qui l'a voient en garde, et §( mettoient en effort de la tirer en leurs fossés; ce qui estoit apparent qu'ils eussent faict, vais le sieur de Brissac, colonel des gens de pi^ françois, auquel ne touchoit delà garder, y arriva à l'improviste, sui vy de peu de gens, et estoit sans armes, hormis un haussecol. I^ feit une charge si furieuse, qu'il leur feit abâfidonner, et la retira : aussi fut-ilblessé à lagorje ou au col.
Le roy, lequel, ce temps pendant, avoit W séjour à Montpellier, espérant marcher si l'empereur se fust mis en campagne pour secourir sa ville, voyant que son armée se codsommoit, et que l'empereur n'estoit pour *