LIVRE IX
h&zarder, puisque sans battaille elle se pouvoit garder, envoya le comte de Sainct-Pol et l'amiral de Brion devers monsieur le dauphin, pour entendre quelle espérance il pouvoit avoir du fruict deceste grosse armée; lesquels luy rapportèrent qu'ils avoient cogneu qu'il y avoit moins d'espoir à la prinse de la ville que le jour que lecampy arriva, et que, approchant l'hyver (auquel on alloit entrer), le pays estoit de telle nature, qu'aux premières pluies qui viendroient, il n'y auroit ordre de retirer l'armée, pour les torrens qui de tous costés coulent des montagnes, et que la mer faict regorger lesdits torrens, de sorte qu'on se trouveroit enfermé entre deux mers et la montagne. Alors il cogneat bien, mais trop tard, qu'il avoit esté mal servy; par quoy manda à monseigneur le dauphin qu'ileustà faire sa retraitte; à quoy il ne faillit d'obéir, combien qu'à son grand regret ( considérant une si triumphante armée avoir esté tant inutile), car l'erreur n'estoit de luy, mais de ceux qui avoient abusé le roy, ou par ignorance ou par envie qu'autres ne fissent mieux. Panant de devant la ville, les Espagnols firent plusieurs saillies, maïs il avoit mis si bon ordre à sa retraitte, qu'elles furent au désavantage des ennemys. Nostre camp deslogea à telle heure, que, s'il eust encores attendu trois jours, ce qu'on craîgnoit des inondations luy fust advenu, car le lendemain et les jours suyvants survint une si extresme pluie, que la pluspart de ceux qui estoient demourés derrière, tant de cheval que de pied, furent contraints de passer à nou, et y en eut quelques-uns noyés. Voilà la fin de ceste armée, laquelle, à mon jugement, qui l'eust employée en Italie, Testât de Milan eust esté bien esbranlé, pour les apparences que depuis on en a veu ; mais l'asseurance qu'on donnoit au roi d'emporter Perpignan de première venue luy feit prendre le pire party : par avanture en ay-je mauvais jugement, mais c'est mon opinion.
L'amiral d'Ânnebault, partant de Piémont pour venir à Perpignan, avoit laissé le sieur de Langey, messire Guillaume du Bellay, accompagnédusieurdeBouttières, du sieur de Yassé, gouverneur de Pignerol, du capitaine Martindu Bellay, prince d'Yvelot, gouverneur de Turin, le seigneur d'Aussun, gouverneur de Savillan, avecques leurs compagnies, tant de gendarmes XVI" siicLBy Chron. et Mém.
que de chevaux légers, et deux mille Suisses, et quelques gens de pied, tant de François que Italiens, pour seulement bien petitement garder les principales places de surprinse, demourant le plat pays en proye. De quoy le marquis du Guast adverty, assembla ses forces au pont d'Esture, lieu propre pour assaillir le Piémont en quelque endroict qu'il voudroit commencer, ou deçà ou delà le Pau, pour avoir les rivières à son commandement. Le sieur de Langey, qui estoit à Turin, sçachantia délibération dudit marquis, et que du costé de Cony, Quiéras et Albe, n'y avoit grand garde, parce que le marquis n'eust jamais estimé qu'estant demouré ledit seigneur de Langey si desgamy d'hommes, eust voulu'faire entreprinse, toutesfoys il la dressa sur toutes les trois, tout en un coup, tirant de chaque ville quelque enseigne de gens de pied. Pour Quiéras dépescha le sieur d'Aussun, pour lors gouverneur de Savillan, et le sieur deCental, esleu de Riez, avec une trouppe, non pour forcer, mais pour surprendre, autre en Albe, autre à Cony ; mais ceux qui allèrent à Cony et Albe se perdirent, si que le jour les surprint ; par quoy ce que monsieur de Langey tenoit le plus seur demoura inutile. Les sieurs d'Aussun et de Cental, partans de Savillan, marchèrent en toute diligence à Quiéras, avec eschelles, ayant pour leur conduitte ceux que ledit Langey leur avoit baillés, pour les mener au lieu où ils les dévoient asseoir; et, parce qu'il yaunpelit chasteau, on tint prests deux canons, pour les faire marcher s'il estoit besoin de le battre. Ils ne peurent néantmoins arriver que le journ'esclairast (car c'estoit aux nuicts les plus courtes de l'an), tellement que les intelligences que nous avions dedans ne s'osèrent descouvrir. Si est-ce que lesdits sieurs, ne voulant avoir perdu leur peine, donnèrent jusques au lieu où leurs conducteurs les menèrent, et, encores que l'alarme fust à la ville, et que chacun vinst à sa deffence, plantèrent leurs eschelles et la forcèrent, et montèrent les premiers sur la muraille lesdits sieurs d'Aussun et Cental. Estans maistres de la ville, mandèrent l'artillerie, laquelle leur fut envoyée, pour battre le chasteau, dedans lequel s'estoient retirés les gens de guerre ; mais, dès la première volée, une de leurs pièces se démonta, et quand et quand eurent advertissement que le marquis du Guast m^rcboit diligemment poqr
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secourir la yiOe par le chasteati ; ce qti'ib feirent entendre an seigneur deLangey, qui desjà estoit venu camper à Carignan arecques les Suisses et si peu d'autres qu'il aroitfaict tirer des garni* sons, mesmes que Tune de leurs pièces estant ainsi inutile, ils estoient d'advis de se retirer et de brusier et ruiner la rille^ à ce que Teiinemy ne s'en peust prévaloirt Ce qu'ayant entendu, ledit sieur leur envoya promptement le sieur de Yassé, avecques cinquante hommesd'ar» mes de renfort, par lequel leur manda qu'ils n'eussent à vider de là, les asseurant qu'audit ehasteau n'y avoit que deux sacs de farine et un cheval, et que, pour le grand nombre d'hommes qu'il scavoit y estre, ils seroient contraints, le lendemain, de parler ou de mourir de &im, d'autant que dès le matin mesmes les vivres leur failliroient, et que le marquis, partant d'où il estoit, n'y pourroit arriver de trois jours, et qu'il les advertiroit d'heure, et leur bailleroit le moyen, si besoin estoit, de se retirer en seureté au Montdevis ou à Baine. Le lendemain, les soldats qui estoyent audit ehasteau, parlèrent, et sortirent avecques leurs armes, et fut trouvé qu'il y avoit trente-six heures qu'ils ii*a voient mangé. Le sieur de Langey y ordonna le sieur de Cental gouverneur, le<|uel soudainement y mit deux mille homtnes, ^u'il leva tant en ses terres qu'ailleurs.
Le marquis du Guast , adverty de la reddition du ehasteau et de l'ordre qui y estoit , rompit l'entreprinse qu'il &isoit de le venir secourir, et délibéra de se récompenser ailleurs. Par quoy, estant deslogé du pont d'Esture , tourna ses forces vere Villeneuve d'Ast, laquelle (encores que le sieur de Langey l'eust bien pourveue), pour la débilité du lieu , fiit forcée, avecques toutesfoys peu de meurtre ; aussi forent Poiring et Cambian , petites places tton fortifiées. Le sieur de Lahgey , combien qu'il cogneust ft'avoir les forces pour Soustenir celles dû marquis , leqtlel avoit quinze mille hommes de pied et environ deux mille Cinq cens chevaux, et luy, tout mis ensemble, n'eust atteint à plus de cinq mille hommes de pied , estait adverty que l'entreprinse du marquis estoit de ne plus s'amuser delà l'eaue , mais venir •passer la rivière à Carignan , pour y camper , et, ce faisant, nous osier tout le plat pays, depuis les montagnes jusques au Pau , pour affimer Turin , Pignerol , et le reste de ce ,que I
ilous avions deçà; et laiswfdit fbfteigali^nis à Quiers , Ast, Fossan , Albe et Cony , poork semblable estre faict aux places que tioas avions delà le Pau ^ et nous lever la commodité du marquisat de Salluces, pour y remédier, reriiit avec ses petites forces camper à Carignan, et y commença un fort en toute diligence, afinijn par art il peust garder ce que par force loy »toit impossible; car d'attendre son ennemy sus avantage, il n' avoit le moyen. Le marquis, ayant entendu la diligence qu'il faisoit împeschersonentreprin^, vint campet-delàretv, sur le bord de la rivière, vis-à-vis de noQs;fl. d'autant que c'estoit au mois de juillet, que h eaues estoient retirées, aisément onpouvolt,aiidessus et au-dessoubs de CarigUan, passer li rivière à guay. Et, quince Jours durant qoeks deux armées furent logées au-devânt Ymàt l'autre, il y avoit ordinairement escamowte; et falloit que jour et nuict nostre armée fasta armes pour l'empescher de forcer le pairtff, de sorte qu'on se reposoit à tour de roolle. U sieur de Langey, considérant qu'à la hvfntm gens n'auroient moyen de porter la faiigtie, et que luy-mesmes, pour les longa travaux pm^ dens qu'il avoit endurés, estoit devenu perrf», tellement qu'il ne s'aydoit que du eervctfi H de la langue , trouva moyen de tirer dn oof impérial cinq ou six tuille hommes depiediuliens et quelqtie cavalerie « dont il se renfi)r»i et afibiblit son ennemy d'autant. De quoy le marquis estonné « osta éa fiantaisie de plds »sayer de passer le Pau , craignant que, e^ deçà l'eaue , ceux qui jà 8*estoielît renda » nous , surbomassent leb autres qtii estoieniei son camp» et qtie par ce moyen il demottrasifc plus foible , jpar ^oy il commehça sa retrait» vers Villedeatelloh» s'approchant de Qoiert.
L'opinion du sieur de Langey et de U plupart des capitaines eJitoil de passer le Pati. ^ suivre l'ennemy, pour exécuter autres iflt* gences qu'il avoit en son catnp et allleorsîni*^ quelques-uns (je ne sçay pour quelle occasiofit car au Conseil ilsavoient monstre semblant <k la trouver bonne, et, suivant leur advis» ilâ«* parlé aux Suisse^, qni luy àvoient acotmlé« leurs présences de passer butte) §e rétractètt»*» et trouvèrent nioyende inuiineT les Sëissestele meht que, alors qu'en cuîdoit marcherenava»^ ils toumèretïl leurs enseignes droict à Pign^' cheMiQ de laretraitte m France, hsat(^
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Sainct-JuliiM(i ^ fut BOQspeçoi^néi et epoi^ qm ce fut k bon 4roict : et audit Pigpprol #e retira aveequçs eu^ lesicurdeBouUières, t^e^ieur de Laugey, «a voyant «bjipdpimé, ne i^oeut autre chose que de sq f^ire porter en uue chaire à Turin, avecques le reste d'honames qu'il avoit; et envoya Ie§ Italiens qu'il avoit tirés du camp impérial, à CazçIIep et 3iria, petites plaçei entre Turin et Yulpian. Le marquis , fdverty de la soudaine départie de nostre année, envoya quelque nombre de gens passer le Pau, lesquels, trouvant un capitaine de Languedoc, avecquea cinquante soldats, dedans )e cbasteau d^ Cari-^ gnan , Içs sommèrent, au nom du marqui^t de rendre la place, leur jaisans ^tendre que, s'ils attendûient que Tartillerie fust arrivée, que son intention estpit de les faire pendre et estrangler. Le capitaine et les soldat^ n'attendirent à venir Fartilierie, mais se rendirent à la première sommation. Ce qu'ayant entendu )e sieur de Langey, qui estait à Turin, à sept milles de là, craignant que le marquis suivist avecques sa .trouppe et paraohevast le fort qu*il avoit commencé, dépiescha ^ur l'heure le capitaine Martin du Bellay, son frère, gouverneur de Turin, avecques sa compagnie, pqur aller entendre comme les chose^ estaient passées, et quel nombre d'hommes estoit dedans , afin que , suivant ce qu'il luy mapderoit, il se f}st porter luymesmes sur le liey, avecques l'artillerie qu'il mèneroit. Ledit capitaine Martin, pour avoir loisir de pourveoir à son affaire, au partir de Turin Jetta devant luy le capitaine Maf viUeet le comte Maxime Antoine de 3esse, ses deux lieutaaans , avecques quarante ou cinquante chevaux, pour se mettre entre le Pau et la ville de Carignan, pour recognoistre si )e marquis vout droit repasser l'eaue. Estans arrivés sur la rivière, le comte Maxime Antoine laissa son compagnon au guet, et , par un trompette, envoya demander de parler à cisuj^ qui estoient dedans le chasteau; ce que luy estant accordé , le capitaine sortit en seureté , lequel estoit de la cognoissance dudit comte Maxime, et autresfoys avoit esté soubs sa charge. Ledit comte luy remonstra les grandes forces qui venoient , avec le grand nombre d'artillerie, et qu'ils estoient envoyés là seulement pour les investir, attendant les lorces ; l'asseurant bien que , s'il tardoit tant peu soit de parler, il ne seroit en «^ puissance de luy si^uver la viCi dont il le
vouloit bien advertir, estant son amy. Les choses furent tellement menées, qu'il remit la place entre les mains du gouverneur de Turin, et furent conduits les Impériaux seurement à Quiers. Ce faict, il fut pourveu à la place, à ce qu'il n'y advinst plus d'inconvénient. Le roy, ayant entendu la prinse de Carignan par leslmr périaux , avoit dépesché un courrier en toute diligence , mandant au sieur de Langey que , toutes choses laissées , il mist tout son effort à la recouvrer 9 mais arrivant, le courrier la trouva desjà entre nos mains , dont le roy adverty en eut grand contentement.
Peu de jours après, le marquis du Guast, repassant le Pau auprès de Cressentin, vint assiéger Chivas, dedans lequel estoit le seigneur Hiéronyme de Birague ; mais, après avoir esté repoulsé de deux assaulx^se retira avecques son armée à Cazal. Au mesmes temps. César de Naples, voulant couvrir le chemin de Yulpian à Turin, délibéra de prendre Caielles, espérant le faire aisément, parce qu'il n'y avoit que les Italiens, lesquels le sieur de Langey avoit tirés du camp impérial, et qu'il les pourroit retirer à sa dévotion : mais ledit sieur de Langey sou« dain y envoya le chevalier de Villegangu(m, pour leur commander, craignant qu'entre tant de capitaines sans chef il n'y eust partialité* Ledit César les vint assaillir, mais il fut si biei^ recueilly, qu'il y perdit soixanteou quatre-vingts hommes, et se retira avecques sa courte honte, et y demeurèrent ses eschelles pour les gaiges.
Le sieur de Langey, voyant le marquis retiré à Cazal, avoit cognoissance qu'une place nommée Barges, laquelle ferme le chemin de Pignerol à Ravel et à Salluces, portoit grand dommage à toute la plaine, d'autant qu'elle est enclavée au milieu de nos terres, et que le marquis de long-temps ne la pourroit secourir, manda au siemr de Bouti^es, qui estoit à Pignerol, que, pour ne laisser les Suisses inutils, il eust à marcher devant Barges, et luy envoya toutes les forces qu'il avoit près de luy, reter nant seulement gens peur la garde de Turin, Le sieur de Bouttières incontment partit pov ladite entreprinse, et mena quant et luy six oanons qu'il print à Pignerol ; mais, arrivé à Barges, trouva que les Espagnols avoient fortifié un couvent joignant le ehasteau, et qu'il estoit impossible d'assaillir le ehasteau sans premièrement prendre le couvât. A eeste occasion, so^t
MÉMOIRES DE DU bELLÀY,
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dain feit ses approches, et mit ses pièces en Imtterie si diligemment, que dedans vingt-quatre heures il feit bresche, de sorte que les soldats françois, mesiés avecques quelque gendarmerie qui se mil à pied, emportèrent le fort d'assault, et mirent au fil de Tespée environ trois cens hommes qui estoient dedans. Ce faict, approcha le cl.asteau, qui n'est qu'un donjon quarré, et gaigna les fausses brayes ; ayant faict bresche, ceux du chasteau demandèrent à parlementer; enfin, plusieurs choses proposées, fut accordé que, si dedans six jours le marquis du Guast ne venoit assez fort pour lever le siège, ou gens pour luy , ils se rendroient la vie sauve, dont ils baillèrent ostages. Le marquis, adverty de ceste composition, laissa tous autres affaires, et partit à grandes journées pour venir secourir les assiégés. Le sieur de Bouttièrescognoissant que desjà il avoit passé le Pau vers Ville- Franche, et que, pour attendre une si grosse puissance, ses forces estoient trop débiles, rendit les ostages aux assiégés, et par Brecqueras se retira à Pignerol. Cependant le marquis refreschit la place ; puis, ayantcrainte que, estant esloigné, on ne surprinst quelques-unes de ses places (car il estoit bien seur qu'on avoit de tous costés praticques secrettes), retourna promptement à Quiers ; mais il ne sceut si tost venir, que le sieur de Langey ne luy eust soustrait par menées le chasteau de Montault et deux ou trois autres petites places du Montferrat, qui estoient mal aisées à reprendre, à cause de Fhyver, où il n'avoit moyen d'y mener l'artillerie.
Quelques jours après, le sieur de Langey n'estant satisfaict que Barges n'estoit mise entre les mains du roy , manda au sieur de Vassé, gouverneur de Pignerol, de praticquer, par le moyen qu'il luy bailla, le capitaine d'icelle place de Barges, nommé Paul Monnet ; puis, qu'il prinst quelques bandes nouvelles venans de France, et, avecques quatre canons, qu'il eust à marcher droict audit lieu ; ce qu'il feit en diligence, car il n'estoit homme paresseux d'exécuter choses honorables et hazardeuses. Y estant arrivé, mit ses pièces en batterie, encores qu'il n'eust commissaires ny canonniers ; mais tous ceux qui estoient en sa compagnie mirent les mains à l'oeuvre avecques luy, spécialement un jeune homme de Picardie, frère du seigneur de Mailly, lequel naturellement s'adonnoit à
l'artillerie : tous ensemble feirent telle eiécutioD qu'en deux heures fut faict un trou dedaus h tour, non toutesfoys raisonnable pour assaillir; mais le capitaine, se voyant occasion de parler, remit la place entre les mains du sieur de Yassé, et se retira au service du roy.
Vous avez cy-devant entendu comme le rc; avoit retiré son armée de devant Perpigoio, de quelles forces elle estoit composée, et le prouflit qu'elle luy apporta. Afin de ne lalaissr inutile, ains en emplo^^er une partie si peade temps qui restoit de bonne saison, le roy ordonna le sieur d'Ânnebault pour aller en Piémont, et avecques luy le régiment delansqwKtt du capitaine Riquerog, et les vieilles bandes françoises, les bandes italiennes, tous lesctl^ vaux légers, et quatre cens hommes d'arme, espérant que avecques tel renfort (estant Firmée du marquis ruinée par faulte de payeneiii) on pourroit faire un grand exploict.Lesw d'Annebault, avecques lesdites trouppes,priBt le chemin de Briançon, et, faisant passer a» partie de son armée à Pignerol, l'autre parSaa, l'envoya loger à Carignan, à cause quelewrquis du Guast estoit logé à Carmagnoh, goi estdelà le Pau, deux milles contremontia rivière,
et luy vint coucher à Turin, pour là comb»* niquer avecques le sieur de Langey.
Or, ledit sieur de Langey avoit faict secrettement préparer des batteaux sur lePaa,poorî quand nostre armée seroit arrivée à CarigwD. et durant que le marquis seroit incertain du chemin qu'elle prendroit, porter nos gens de pied et artillerie contre bas l'eaue; et,poarl* nourriture de l'armée, feit faire à Vorling,l»f le seigneur Ludovic de Birague, une muniiioû de pain pour dix jours, pour, avant que Fennemy fust adverty, surprendre Cazal etautns places, auxquelles il avoit intelligence, car es vingt-quatre heures elle y fust arrivée par esof' et le marquis ne pouvoit venir au secours (p* quatre journées de camp, quelque diligfl^ qu'il fisl; mais il se trouva des envieux (pi divertirent le sieur d'Annebault, combienqu'ily eust boime fantaisie.
Le sieur de Langey toutesfoys, se Toyani avoir perdu son temps et son argent, mil efl avant autre party ; c'est qu'un sien amy, (p^ estoit avecques le marquis, luy avoit i^ advis que si la nuict on vouloit avec Fann^ passer le Pau, on ne failliroit dercnconUcrks