‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 393 sur 428 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

tu

d'armes de sa compagnie, et Martin du Bellay, sieur de Langey, avecques la sienne, et le capitaine la Lande avecques mille hommes do pied, pour passer entre Avenues et la haye d' A vennes, afin d'empescher que du costé delà l'eaue il ne luy peust arriver secours. Or entre Estrée- au*- Pont et Avenues, deux lieues au-decà dudit lieu d'Avenues, passe une petite rivière qui sort de Testang du Beuile, laquelle, pour la haulteup des rives, en peu de lieux est guayable, et y a un seul pont à un village nommé Estreul, par lequel on passe. Au bout d'iceluy pont les en* nemys avoient Setict un blocu (car ainsi nom^ ment-ils ce que nous appelons un fort), dedans lequel avoit trois cens hommes pour la garde. Le sieur de Langey print le devant, menant avecques luy une douzaine de pionniers, et en* tre ledit fort et l'estang du Beufle fit abattre les bords de la rivière, en sorte qu'il y passa à guay , et se trouva devant les portes d' A vennes, premier que le sieur de L<M)gueval et la Lande arrivassent à Estreul, lequel tint ceux d'Aven* nés en telle subjection, que le capitaine la Lande força ledit fort d'assault, et meit ceux da de*dans au fil de l'^pée, sans que œux de la ville en eussent la cognoissance, A Avenues passe une autre rivière, laquelle se nomme la riviare d'Avenues, et va tomber en la rivière de Sembre; le sieur de Langey, pour achever l'entrqprinsa de se jetter entre k haye d'Avenpes et la ville» ad verty de la prinse du fort, marcha pour passer ladite rivière. Mais, avant qu'il y arrivast, vint devers luy un homme, envoyé de la part de monseigneur l'amiral, l'advertir qu'il avoit changé d'opinion, et qu'il eust à se retirer le chemin de Cartigny, qui est sur la rivière du Beutle, tirant au chemin de Landrecy ; à quoy il obéit. Si est-ce que sur sa retraitte ceux d'Avenues luy firent plusieurs charges ; mais, ayant laissé trente ou quarante chevaux en une fosse, l'ennemy, qui n'en avoit cognoissance, passa outre : incontinent ceux qui estoient demeurés en la fosse leur tournèrent la dos, et prindrafit quinze ou vingt ennemys. Je n'ay pas bien en<tendu à quelle oecasion aa avoit changé de des» sein, sinon que l'on disoit que Sainct-Remy, commissaire de l'armée, avoit dit que la viUe n'estoit forçable. Si ainsi estoit, on ne devoit venir jusques là pour laisser d'autres plus belles entreprinses ; si est-ce que qui l'eust assaillie de fiirie, il estoit apparent qu'on l'eust prî^set U

trouvant despoorveue d'hommes comme elle cstoit.

Estant nostre année arrivée à Cartigny, fat ordonné que, le lendemain matin, le sieur de Langey iroit devant à Landrecy, pour l'aire le logis du camp, et, selon l'occasion qui se présenteroit, feroit sommer ceux de dedans de se rendre à la merc^ du roy, et que le sieur de Longueval le suivroit avecques sa compagnie et les mille hommes du capitaine la Lande. Passant chemin, iceluy de Langey trouva le fort de Prisse abandonné des ennemys, auquel il mit des gens, attendant le camp ; de là alla devant Landrecy, où il lit donner par quelques gens de cheval jusques aux barrières ; mais nul sortit de la ville pour venir à Tescarmouche, plus avant que lesdites barrières. La ville de Landrecy est assise sur la rivière de Sembre, laquelle n'est encores fort grosse, mais, parce qu'elle est profonde et les bords baults, elle se passe malaisément sans pont. Geste rivière sort du vivier d'Oisy, qui est du duché de Guise, et vient tomber à Ghatillon, et de là à Landrecy et à Marolles, de Marolles à £mery et à Maubeuge, et de là au pont sur Sembre, et va se décharger dedans la Meuse, près Namur. Landrecy est deçà l'eaue, et au-delà, à la portée d'un canon, est la forest de Mormaux. Le sieur de Langey, qui bien sca voit que Fan 1521, lorsque monsieur de Vendosme print ladite ville, la nuict dont le lendemain il pensoit donner Fassault, les ennemys se retirèrent dedans la forest, de sorte qu'au matin on n'y trouva que le nid, pour obvier à cela, et qu'en partant ils missent le feu dedans la ville, et brusiassent les munitions (car il sçavoit bien que le roy la vouloit fortifier), fil rabiller un pont à un moulin auquel y a une tour quarrée, qui est au-dessoubs de Landrecy, tirant à Marolles ; puis y fit passer cent chevaux des siens, conduicts par le comte Maxime- Antoine de Sesse, pour se jetter entre la forest et la ville, attendant la venue de monseigneur l'amiral, qui les pourroit renforcer : mais estant arrivé, luy demanda deux ou trois enseignes, avecques quelque cent cinquante hommes d'armes de renfort, car il y avoit lieu commode pour les loger sans hazard ; toutesfoys ledit amiral ne le trouva bon, et fit revenir ce que desjà estoit passé. Les ennemys, environ minuict, ne faillirent d'exécuter ce que ledit . I.angey avoit préveu, car ils deslogèrent, et se '

DU BELLAY, [m]

retirèrent à la ibrest, parce qu'il n'y avoit personne delà l'eaue ; et au partir mirent le feQd^ dans la ville, en tant de divers endroicts, qn'elk fut toute convertie en cendres, hormis l'église, sans que l'on y peust remédier; et braslerent bleds, farines, et autres vivres et muoitioDs^ea si grand nombre, qu'il y en avoit à soffisafice pour nourrir le nombre d'hommes qu'il faudrait à la garde de la place pour un an.

Pendant ce temps , monseigneur de Tendosme marchoit avecques son armée par le hà pays d'Artois, lequel, passant près de Bapaome, assaillit la ville, et la mist en son obéissance. Dedans le chasteau , qui n'est qu'aie roquette , s'estoit retiré le sieur d'AuchimoDt. avecques tous les soldats et les habitans de h ville , femmes et enfans, en si grand noa^ qu'attendu qu'il n'y avoit qu'un puits, en deu jours il fut tary, de sorte qu'ils estoient presis de se mettre à sa miséricorde, la corde an col. Mais le roy, qui par plusieurs fois avoit mande audit duc de Vendosme qu'il eust à passerosut sans s'arrester là ny ailleurs, luy fit oûrâlén* tif mandement et commandeotent que, sv peine de désobéissance et d'encourir sa ibiIgrace, il eust, ce jour-là, à le venir trouvent Gâteau en Gambresis , auquel lieu il ne feroit faulte de se trouver ; à quoy il ne voulut déobéir, et leva son camp, à la grande joye des assiégés, et à son grand regret. Le roy estant arrivé à Gâteau en Gambresis, monsieur Faoïird le vint trouver, ayant tousjoors laissé son caof près Landrecy, lequel luy apporta le dessda de la ville, à ce qu'il en ordonnasts(Mi bon plaisir. Le roy luy commanda de se ymir logera Gatillon, deux lieues au-dessus de Landrecy, sur la rivière, et que le lendemain il se trouveroit audit GatUlon avec toutes ses forces, et là, estans sur les lieux, ik concluroient ce (p"^ avoient à faire. Estans ses forces unies audit lieu de Gatillon, se trouva son année de seiie ou dix-huict cens hommes d'armes, sçavoir est : monseigneur le dauphin en personne, ayant cent hommes d'armes soubs st charge; monseigneur d'Orléans et sa compagniedecflH hommes d'armes ; Antoine, duc de VcndosaMHS, cent; le comte de Sainct-Pol, cent; moosieor l'amiral, cent; monsieurleducdeCoise,cent; monsieur d'Aumalle, son fils, cinquante; k mareschal de Biez, cent ; la compagnie de monsieur d'Eiiguien, qui estoit allé en Provence,

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