LIVRE X
ainsi que je vous diray par cy-après /cinquante; le sieur de Brissac, cinquante ; le sieur de Dampierre, cinquante; le sieur de Maugeron, cinquante ; monsieur de Boisy , cinquante ; le sieur de Longueval, cinquante ; le sieur de Bonneval, cinquante ; et plusieurs autres qui seroient longs à nommer; et dix-huict cens chevaux légers, dont estoit colonel le sieur de Brissac ; douze mille légionnaires, tant de Picardie, Normandie, que de Champagne ; le colonel du sieur de Roignac, de quatre mille bas Allemans ; le colonel du sieur de Fresnoy, Lorrain, de quatre mille ; le colonel de Ludovic, de quatre mille. Ayant veu son armée en campagne, entre CatiÙon et Landrecy, après avoir résolu de fortifier Landrecy, et avoir ordonné de ceux qui en auroient la charge, délibéra d'aller loger à Marolles , qui est un gros bourg où y a une abbayede moines, sur la rivière de Sembre,deux lieues au-dessoubs de Landrecy, parce que c'estoit le lieu plus à propos pour empescher l'ennemy de venir troubler les fortificateurs, puis ordonna le capitaine la Lande pour gouverneur d'icelle ville. Or est-il que la rivière de Sembre passe au bas de la ville, du costé de la forest, et, parce que ladite ville est fort en pente, le roy la fit retrancher, car, du costé de la forest, il y a une montagne qui regardoit dedans, mais, à l'occasion dudit retranchement, on estoit à couvert, et fit abandonner tout le bas. Aussi y furent hicis trois gros boulleverts, dont Fun fut nommé le dauphin, Fautre le boullevert d'Orléans, et l'autre le boullevert de Vendosme, et le retranchement fut nommé la courtine du roy. Et, pour servir de quatriesme boullevert, y avoit un vieil chasteau en forme de roquette, qu'il feit remplir de terre, pour en faire uxÈù plateforme, servant de flanc auxdits boulleverts.
Quelque temps auparavant, le roy, estant adverty de l'armée de mer que Barberousse ao^noit à son secours, avoit envoyé monseigneur François de Bourbon , sieur d'Enguien, frère de monseigneur de Yendosme, pour estre en ladite armée, jointe avecquesia sienne de Levant, son lieutenant général. Ledit sieur d'Enguien estant à Marseille , attendant nouvelles de l'armée de Barberousse, le sieur de Grignan, lequel estoit lieutenant du roy à Marseille, luy proposa une vendition que luy dévoient faire trois soldats savoisiens du chasteau de Nice, XYI' SIÈCLE y ChroD. et Mém.
qui luy promettoient livrer ledit chasteau,'^disans avoir telle intelligence dedans, que à leur arrivée il leur seroit livré. Le sieur d'Enguien, après avoir sur ce entendu la volonté du roy, délibéra d'exécuter ccste entreprinse : pour laqtielle exécution, il fit esquipper quatre galères, dont estoient chefsles capitaines Magdelon, chevalier d'Aux, Pierre Bon et Michelet; et, encores qu'il fost jeune d'âge seulement de vingt ans, s'y voulut conduire dextrement et sagement, ne se voulant du tout mettre au hazard de traistres, lesquels pouvoient aussi aisément vendre l'estranger que leur patrie. Et, pour ne riens laisser derrière du service qu'il pouvoit faire au roy s'il prenoit ledit chasteau, se jetta en mer avecques onze galères, outre les quatre et, quelque asseurance que luy donnast ledit sieur de Grignan de la facilité de l'entreprinse et du peu de danger qui estoit en icelle exécution, donna charge audit capitaine Magdelon, frère du baron de Sainct Blanquart, de se mettre devant avecques lesdites quatre galères, menant quant et luy les marchands ; et luy, avecques le reste des galères,printle largue etl'avantagedu vent, ou pour servir ses gens, ou pour se retirer, sitrahisony avoit, comme tost après elle fut descouverte ; car, soudain que ledit Magdelon approcha près de Nice, sortirent six galères pour l'investir, et quinze qui venoient après, conduites par Janetin Dorie, couvertes du cap Sanct-Souspir, lesquels donnèrent la chasse audit Magdelon et sa compagnie jusques dedans le port d'Antibe, où lesdites galères furent abandonnées, réservé le capitaine Magdelon, qui fut blessé d'un coup de canon par la cuisse, dont il mourut; et fiirent amenées lesdites quatre galères par Janetin au port de Yillcfranche. Le seigneur d'Enguien estant surgy au Cauroux , Janeiin , qui venoit pour le surprendre, fut découvert au cler de la lune ; mais nos gens feirent telle diligence de lever l'ancre, et faire force et volte, que terre à terre ils se retirèrent à Toulon sans riens perdre.
Le roy, ce pendant, qui estoit à Marolles, fut adverty que le chasteau d'Emery, qui est à deux lieues par-delà, au-dessoubs, sur la rivière de Sembre, estant entre ses mains, se pouvoit fortifier , à ceste cause ordonna monseigneur le dauphin, avecques une partie de son armée et une bande d'artillerie, pour y aller le mettre en son obéissance. Lequel arrivé devant ladite
place, uial pourvéue d'hommes parce que le seigneur d^icelle estoit à la guerre en Gucidres, ceux de dedans, voyans les approches faictes* se rendirent à luy . &, fut laissé dedans le sieur de Sansac, avecquesdeux ceoschevaux légers dont il avoit la charge, et quelque nombre de gen^ de pied; mais peu de jours après il fut retiré au camp, et en son lieu fut envoyé le sieur de Langey , avecques sa compagnie et une enseigne de gens de pied de la légion de Picardie, à laquelle commandoit le capitaine la Moyenne, et le seigneur Hiéronyme Marin, Boullounois, fortîficateur pour fortifier ladite place. Aussi fut prins Barlemont, autre chasteau sur ladite rivière, et tout le pays couru jusques à Pains, et prestes portes de lÂbns en Hénault. Ledit chasteau d'Umery est composé d'une roquette, en quatre grosses tours aux quatre coins dicelle roquette, et un grand fossé à fond de cuves, plein d*eau, puis revestu de quatre courtines, environ cinquante toises de chaque circonférence loin de ladite roquettq, avecques quatre grosses tours aux quatre coins desdites courtines, et un portail ; et est ledit chasteau assisj en une isle que faict cest endroict la rivière de Membre, et ne se peult battre ceste roquette, à cause qu'elle est couvertede la douve d'icçlle ceinture. Derrière chacune encogneure des quatre tours qui sont en ladite ceinture, le sieur de Langey fit commencer un grand cavalier ; et, parce que les tours n'estoient suG&Mntes pour soustenir une furieuse batterie, avoit aussi feict commencer de grandes trenpbées par dedans, de cavalier en cavalier, afin que, là où Fennemy auroit battu et les tours et la courtine (choses toustesfoys qui estoit malaisée à bire, parce que la muraille et la chaux estpient dç maiiire noir ), il trouvast nouvel obstacle.
Aussi peu de jours après, leroy, adverty que la ville de Mai^uge, située sur la mesrae rivière de Sembre, quatrp lieues au-ctessoobs d'fimery, en laquelle avoient accoustumé les ennemys de faire leur amas quand Ils voubyent faire entreprinse en France, dépescha de rechef mondit seigneur le daupUn, popr FaHer mettre en son obéissance ; lequel arrivé devant la ville, pour n'estre pourveue de gensde guerre qui attendissent le canon, les citadins se mirent entre ses mains : et puis il se retira au camp, laissant pour chef audit Maubeuge le sieur de pUly, avecques mille hommes de la légion de
Picardie, dont il avoit la charge, et le cspitrâe Sainct-Tves avecques cinq cens hommes. £a icelle ville y a un bean eouvept de canooioMi gentillesfemmes, lesquelles ne font aucon Ttea de religion , et se peuvent marier à leur voioaté. Cinq ou six jours après, la garoisoa (TEmery, estant advertye que de jour en aotre les soldats impériaux qui retofimoient de k guerre de Guekires venoient loger aai tuabourgs de Bains et villages ci^convoisins, oex duutans de nen, d'autant qu'il y avoit Ai lieues du camp jusques là, et qu'il s'y va gens de cheval dedans Maubeuge, eDbvpnt de les y aller surprendre, kisant entendre n sieur de Maugeron, qui eptoif au cantp i IbroUes, que s'il vouloit venir avec six ov m|Ivingts hommes d'armes, on trouveroitmoycB de faire entreprinse, dont il poorroit vtùt honneur et prohfiit, lequel y vint avec a mpagniede cinquante bomdies d'armes, etcBviron quatrç- vingts hommes d'armes de li compagnie de monsieur Tamiral d'AnodiA conduits par le sieur de Fontaine^ de Hanomii son lieutenant. Paasanf auprès d'Em«ry, dirent ensemblement repaistre à Hasbeoge^et, parce que les nuicts estoient courtes, ik notèrent à cheval à jour couchée me&ans seénest quand et eux, de la gami^n de Manbenge, k capitaine Sainct-Yves, avecques cinqtuntetfqudMuziers à che^ial, pour rompre les nti^ desfouxbourgi de Bains; et mirent leoreiBbosr cade à une Keue au-deçà de Bains, es os Mi Et fat dépesché le sieur de Marville, iffût nant du sieur de Langey, et avecques luylcTÎdasme de Chartres et le sieur df U ^od)^ guion, qui y estoient allés pour leucpUi^r,(ti pour mener lesditi arqud^onziers à c)>enl i^ Sainct-Y ves, poor au poin^ du pox sarjteài les Impériaux dedans les fauxboorgs; poit envoyèrent le ea|Htaine la Uotbe GonddOt^ tenant du sieur Maugeron, demeuré mahdei Maubeuge, avee la compagnie de son capita*^ pour doimer jusques aux fauibonrgs de W^ qui est à deux où trois Keues près de Wb^^ Bains est àqnatre lieiies près de Manbeaie* ayant iceluy la Motbe charge de mettre le N en quelques maisons d^iceox fi&oxbotfgs i» d'oster à ceux de la viUe (où y avoit gro» ^ ntson, tant de cheval que de pied) it eeg^ sance de l'exécution que Pon voaW fw** Pains ; etsc dévoient les deux tniuppe» w*«f '
Pemboscade oii estott le «ieûrdè Lrfïtgey, pdtit les soostenir, avenant qn'Ù% ft^rit chargé* |)df Penncmy. Ceilx qui altèrent k Baltfg sarpHridrent dedans les faaxbonrgs cent on âix-vlngts hommes de cheval; qnr.efljtdeot arrivés le soir ^ qui forent tons prins dedans leurs logis, hor* mis quHqdes^Uns qui se saruvèrent pârmy les jardins^ tous en chemise; et, après avoir pillé les viHltgès circonvoisins, mesmes une abbaye ?oisfaie de là, oâ se trouva grand bmiti, parce que wA s'esftoît retiré^ à raison qu'il y a^oît dît Iteties jusqdes « nostre camp, et qu'il n'y av6it point de gens de cheval à Maubeuge, se retirèrem à Tembittcade ; aussi feirent ceux qui e4- Uàeti allés à Mons, lesquels pareitiement raraenèrent gros butin. Estans leurs forces et btrtfri rasswnblés, retournèrent à Mâubèuge, et lebiftin départy , cfelacun se retira où M estoit ordonné. Ce jour mesines, monsieur d'Aumâfle, fito aisné du duc de Gùise, ayant fàict entreprinsè pour attirer ceux d'Avenues hors de leur viîle, quelques-uns sorttrent, mais ils h'àbândonnèrent la faveur de leur artillerie. Motf éieur d* AutfiaHe, espérant les hriter pour sortir plus avant, t les chargea juSques su* le bord de leurs fossés, où ils perdirttit beaucoup de leurs geûs, et de sa part n'y mourut qu'un homme ; toutesfo^s f 1^ ne s'esmeùrent autrement, et, cofifibien qtie lei dit sieur y fdst deraoùfré bien tard en tnterition de les provoquer davantage, si n'eust-ft moyen de les attraire; Ie(^él, voytat qtfî! perdoit temps, se retira au eiamp.
Le roy. ayant entendu, tant par les pHsorinîers que Pon avoit amenés de Bains, que par les François qui y avoient esté, qàe deâsùs n'y avoit aucuns gensde guerre (au moins bien peu) , y^ envoya monseigneur le dauphin et l'amîral d'Annebaidt avécques une partie de Farrhéè, ne retenant que ce qui estoit besoin poufr tenir en seureté ceux qui fortifloient Landrecy, pour la i^édulre en son obéissance. Mais il fut abusé, car les ennemys, le lendemain qu'ils eurent en cest alarme, avorent mis en la ville quatre enseignes de lansquenets de renfort ; et aussi ils estoîent advertyseomme mondi t seigneur le daujJitn ne rfienoit vivres que pour deiW jolirs, dont ib pou voient juger qu'ils n'auroîentàsoustenir que le premier effort ; par quoy délibérèrent de faire teste à nostre armée. Lorsque monseigneur le dauphin arriva devant la place, ceux qui e<HKioî9(>i«ntraMvre,a'ayansco|;noisfanc«
LlVRB t.
de fbrteresse, plah'tèfeht Tartitlerie au lieu qui éstoît lé plus rettiparé et le {(lus deffetisable, de sorte que là batterie n'y feit grand dommage. Si est-ce (|ùè plusieurs jeunes hommes, voyans M pifésehèe de fhon^eigneur le dauphin, se haiârdèrerit de dôrfner jusques aux fossés, où \h fhretit bîëti reetieîllys; et en eut de morts et de blessés. Et, éhibe autres; if mourut le sieur d'Allègre, jeurie hômrte qui pôilr son âge avoit ^ fàifct honneste preuve dé sa personne ; aussi Te sieur de Chastillon, Gaspard de Colligny, jètiné homme de grande volonté, y eut une ar- (juebduiàde à la gdrge, dotit avécques le temps H fut guéry.
Le roy, adverty du grand nombre d'hommes ^i y estoieht, jùsques K douze ou quinze cens AHemans, et eirtatnt pressé de monseigneur le dauphin dé Ivtf erivoyer renfort de munitions d'artillerie et de vivres, alyant délibéré, soubs son bon plaisir, de ne partir de là qu'il Teust mise en son obéissance; considérant toutesfoys îceluy le hazard cjuî pèùvôit advenir de tenir son armée s^éparée, et que, s'ilalloit en personne se joindre avécques monseigneur son fîls, il laisseroit sa foftîfication de Landrecy commencée et imparfaicfe, et; demourant seul comme i! estoit, estant sa principale force en la compagnie de sondit fîfe, le^ ennèmys, qui se renforçoîènt à Mons et fin Quesnoy-le-Comte, quelque nuict luy p^Mrroient dori^ier une camisade. ' Pour ^ obvier, manda à monseigneur le dauphin qif il eust à se retirer devers luy, qu'en passant it retirast les forces qui estoient à Maubeuge, rôtrtpant fes fortifications et mettant le feu dedans lès maisons; parce que c'estoit la ville en laqtîeïïè ordinairement Penfipereur assembloît ses forces Venaris d'Allemagne et de ses Pays- Bas. A cela fcft ol)éi ptir Monseigneur le daupfeîtj, mais à grand re^èt de se retirer sans rien exécuter.
Au retour de tnonseïgneur le dauphin, le roy eut advertissemerit qti'il y avoit deux places entre Avennes et Sîmay; Pune appeltée Trélon et rautre Gïiyôn, tftrxquelles céfustumîèrèWent y âVoit gefts de guerre qui poHoîent grand dotfiirtage à sa frontière de Thiérasse et de Champagne. Pour y aller, dépesèha le sieur de Bonneval avécques sa compagnie de cinquante hommes d'armes, et le sieur de Stenaye, lieutenant de monseigneur d'Enguien, lequel estoit en Prov^ce, et le régiment de lansquenets da
no
MÊMOIREjS DE DO BELLAY,
[IUS\
seigneur de Roignac, et deux mille hommes de pied françois, mille du seigneur de Basqueville, et mille du capitaine de Sainct-Aubin Gobelet, tous deux de la légion de Normandie, avecques quatre canons et leur suitte. Arrivé que fut ledit sieur de Bonneval devant Trélon, après que ceux de dedans eurent apperceu marcher le canon, estimans que tout le camp du roy y fust, envoyèrent pour parlementer, et se rendirent la vie sauve seulement ; aussi firent ceux de Glayon. Puis, après avoir faict butiner aux soldats ce qui y estoit, le sieur de Bonneval feit brusier lesdites places, sans autrement ruiner la fortification, sinon abattre les portes. Qui fut cause que ladite place de Trélon fut depuis fortifiée par les ennemys; car, avant qu'elle fust bruslée, le seigneur d'icelle place craignait a la fortifier, pour le regret qu'il avoit de desmolir un bastiment qui touchoit à la muraille. Ledit sieur de Bonneval, ayant exécuté sa charge, se retira au camp. \
Quelques jours après, le roy manda Martin du Bellay, seigneur de Langey, qui estoit au chasteau d'Emery, venir devers luy pour sçavoir Testât auquel estoit ledit chasteau, lequel luy feit entendre ( quant à ce qui touchoit la fortification) que dedans douze jours la place seroit en estât pour soustenir TefTort d'une grosse armée, mais qu'il estoit besoin de la pourveoir de vivres : car, estant son camp retiré, il estoit malaisé d'y en mettre, d'autant qu'ily avoit, entre Landrecy et Emery , deux rivières qu'il fault passer à pont, attendu qu'elles ne sont guayables, et aussi que la ville d'Avenues hiy couppoit le chemin. Le roi, y voulant donner ordre, feit venir le président Olivier, depuis chancelier de France, les sieurs d'Estrumel de la Hargerie et de Pierrevive, qui estoient commissaires des vivres, pour s'enquérir du moyen qu'ils avoient de fournir vivresaudit chasteau. Lesquels firent rapport audit sieur qu'ils n'avoient l'opportunité d'anvitailler l'armée et la ville de Landrecy, et que, s'ils metioient vivres dedans Emery, on affameroit le camp, et n'y auroit ordre de pour veoir Landrecy, à faulte de charroy, qui nepouvoit venir à cause des pluyes continuelles qui n'avoient cessé depuis trois sepmaines ou un mois. Ayant ledit sieur entendu ce rapport, et se voyant pressé d'envoyer secourir le duc de Clèves, à l'occasion qu'il avoit nouvelles que l'empereur avecques son armée approcboit près |
de ses pays, délibéra de retii^ les hommes qû y estoient, et de faire raser ledit cha8teiii,nBvoyant sur-le-champ ledit stear de Langey poor ce faire. Lequel feit telle diligenee à U rmoe d'icelle place, tant par mines que par «M moyens, que, dedans quatre jours, les qs^ tours de la roquette et le portail de hdtstme^ avecques deux des grosses tours desoevtioef, volèrent en l'air, et furent renversées Mm les fossés; et fut la ruine si grande que dqm on ne l'a réédifié. Puis, pour approdier^ près de ses vivres, le roy retourna loger iOitillon, qui est entre Guise, Bobain et Lanàny; et, de jour en autre, ne failiott d^aUerrevbhs ses fortifications de Landrecy, pour hasterroovrage, mesmes tous les princes et seîgneonde son camp estoient ordinairement a la sofi^ tion, mais on n'y pouvoit Caire telle dit^em qu'on eust voulu, à cause de la contimatiei des pluyes, comme j'ay prédit.
Environ la fin de juillet, le roy, voyiâsi place de Landrecy desjà en estât, et que, am avoir espaule d'une armée, on pouvoit csêênuer la fortification, s'il laissoit seokneili Guise quelque nombre de gens de ébefâtléc pied pour y conduire les vivres, seidinait lieu de Guise pour adviser au seeoofsdo Aie
de Clèves, son allié; et laissa dedans lanèrK^Y' pour gouverneur, le capitaine la Lanàe^aretques deux cens chevaux légers soobs sa àm^ et mille hommes de pied delà légiim^Pieaide, à laquelle pareillement il avoit à Et, parce que iceluy la Lande estoit d'une fièvre tierce, craignant qu'dle ne grégeast, dont son service peost detneurer, y ordonna le sieur d'Essé, lieutenant de la pagnie de cinquante hommes d'armes dn de Montpensier, avecques ladite eompaf luy donnant pareil pouvoir que audit cap^ds la Laride. Outre, y laissa jusqu'à deux hommes de pied ; et puis, estant à Goise, i 4épescha monseigneur de Vendosme, pour en basse Picardie, vers Montreol et à ce que l'ennemy ne feist entreprinse de « costé là, et meit à Guise le prince de Meiptl avecques deux ou trois cens hommes et aussi le sieur de Brissac, avecques quinze cens chevaux légers dont il estoit pour &ire Fenvitaillement et mener ceqai roit nécessaireà Landrecy. Et, après avmr pourvu aux affaires, s'en alla à Marie,
à Nostre-Dame de Liesse, pour quelque temps serefireschir aux chasses, le long de la montagne de Reims.
Peudetejoaps après que le roy se fut retiré de Guise, le comte du Reu, avecques les forces du Pays-Bas, pensant surprendre Landrecy, non pourveue de vivres, vint planter son camp vers la forest de Mormaux; mais ce fut trop tard, car desjà le prince de Melphe y avoit rais bon nombre de vivres. Le duc d'Aumalle, François de Lorraine, fils aisné de monsieur de Guise ; le duc de Nevers; les deux frères de la Rochefoucault; le sieur d'Andelot; les deux frères de Brezé, surnommés de Maillé ; le sieur de Crèvecueur: le sieur de Bonnivet, son frère; Sainc^ Laurens de Bretaigne ; Mouy Sainct-Phale, et une bonne part de la jeunesse qui suivoit monseigneur le dauphin, espérans &ire faits d'armes et acquérir honneur, partans de la Court, se mirent dedans. Un jour, le comte Roquendolfe, pour lors favorisé de Fempereur, partit da camp impérial, et vint passer la rivière de Sembre à Marolles, et se vint mettre en embuscade sur le chemin qui vient de la Capelle en un vallon près de Lonfavery, et envoya quarante chevaux devant la ville, pour les attirer à Tescarmouche. Le sieur d'Essé et le capitaine la Lande firent sortir le capitaine Ricarville, lieutenant des chevaux légers dudit la Lande, avec trente chevaux, pour recognoistre ce qui estoit derrière; mais Tescarmouche s'attaqua forte et roide, car à toutes fins les Impériaux voulurent empescher que leur embuscade ne fust découverte. Messieurs d'Aumalle et de Nevers, et le reste de la jeunesse, ne voulurent perdre leur part du passe-temps : par quoy , encores que ne ce fust Topinion des vieils capitaines, sortirent pour soustenir les nostres, qui estoient renversés. Le comte de Roquendoife, voyant les siens fbollés , envoya son lieutenant avecques cent chevaux, pour soustenir les siens; lequel lieutenant, dès la première charge, fut porté par terre et, prins prisonnier, emmené dans la ville. I^ comte Roquendoife, de ce irrité, débusqua avecques toute sa trouppe, lequel renversa les nostres, de sorte qu'à peine se fassent sauvés, sans le capitaine la Lande,qui sortit avecques six censarquebouzierset quatre cens picquiers. Lequel, arrivant au combat, remit les nostres deboot ydesorte que leslmpériaux furent renversés, etplusieursprisettués. Desnostresn'yfut prins