‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 396 sur 428 · IM · texte numérisé non relu

IM

une journée pouf ordonner de k fonifieatkjD d'iceluy. Puis le leodemain, veîUe Sainct-Michel, s'en alla au gîste à Luxembourg, auqod lieu il feit sa féale Saincl-Michel et la eèmooie de l'ordre ; et eonaéqiieauMDt dispondeii fortiiication d'ioelle pUee.

Peu de tamps auparavant, ayant le roy ordonné Tamiral d'AnnebaaIt, pour passer (Miie et aller secourir le due de Clèves, arecqoa quatre cens hommes d'armes et dix irnUe hoames de pied, eut advertiasement conne ieehy duc de Clèves avmt accordé avecques Tei&pereur. Aussi estant à Luxembourg lecKt joar Sainct-Micfael, en intenlîoD d'y bxte qvîqv séjour, luy viodreot nouvelles que l'empenor, en toute diligence, après avoir réchûtk&AK en son obéissance, marchoit avecques tootessa forces pour assiéger Landrecy, noufctteont fortifiée par le roy, dedans fes pays dndit»pereur. Aussi luy manda monseigneur de Teodosaie, qui estoit à Guise, que, outre FifiMe laquelle le sieur du Rea avoit de iMg-tafi devant ledit Landrecy , y estoit arrivé d» Ferrand de Gonxagde, lieutenant géoénl* l'empereur, avecques un gros renfort, «ttadant la venue dudit empereur. A ceste MOsion, craignant que ladite place de Laibery ne fost suffisamment pourveue d'hommes, il J avoit ÉBÛct entrer, par à travers leur gucl, 9s» de la Chappelie Hinsouin, sieur d'Eipeiia> avecques cijH]uante hommes d'armes dekcoO' gnie du sieur de Jaraac, dont icehiy b Chif pelle estoit lieutenant. Le roy, ayast to.DOV* velies du renfort entré dedans sa pbee, ht M satisfaict ; et quant avdit eaipereur, ledit «etf délibéra partir le lendemain pour rsUa* r» contrer devant Landrecy, auquel fieo on fiîtendoit joumelleoient, et l'aller combattre, <« secourir sa viUe ; mais ce ne fat sans avoir soigneusement pourveo au feict de Lmoa' bourg , dedans laquelle il lai»a le sieor <k Longueval son lieutenant général, avecqœs* compagnie de cinquante hommes d'anoes; ^ sieur de Jour^ nommé d'Anoure, avec<(ii» mille hommes de la légion ée Chaiopagpe; k sieur de Haraucourt, de Lorraine, cinq «* hommes ; le vicomte de la Rivière, aotre» às^ cens ; et le sieur Uiéroayme Marin, Boeteffl^^ avecquo& cent ou six- vingts haJfens, «F avoit entreprtns la fortification de ladtte ^^ et l'avoit retranchée^ gardast toaUiB^J^i^^

combien qu'il fàst séparé du hanlt. Puis ordonna le prince de Melphe, son lieutenant général en la compagnie, pour renvltaillement d'icelle place, avecques luy le sieur de Jamets et sa compagnie; le sieur de Langey et le vicomte d'Estauges, avecques les leurs; le sieur de Se narpont. avecques la compagnie de monsieur de la Meilleraie, duquel il estoit lieutenant ; et le sieur de Guillaucourt, avecques celle de monsieur de Sedan ; le sieur du Fresnay, avecques deux mille lansquenets; et le comte de Brienne, avecques cinquante hommes d^armes de sa compagnie, et dix mille hommes de pied, tant des légions de Normandie que de Champagne, dont il estoit colonel ; et puis se retira à grandes journées, avecques le reste de son armée. Le roy estant party de Luxembourg, comme dit est, délibéré d'aller rencontrer Tempereur, lequel avoit assiégé Landrecy et Guise, tout par un mesmes moyen luy fut proposé par le seigneur de Brissac , général de la cavalerie légère , que s'il luy vouloit permettre de se mettre devant avecques toutes ses trouppes, hiy donnant pour le favoriser quelque nombre d'arquebouziers à cheval, il pourroit surprendre une partie de Parmée de don Ferrand de Gonzague, lieutenant général pour l'empereur, qui tenoit le siège devant Guise ; parce que, ne se doubtant de si soudain retour de l'armée de Luxembourg, ilestoit apparent que les chevaux légers impériaux, ne trouvans nulle résistance, se pourroient escarter par le pays, loin de leur camp, pour faire butin ; chose que le roy trouva bonne. Et, pour cest effect, manda au comte de Salnct-Segond , colonel des gens de pied italiens, qu'il eust à luy fournir le nombre d'arquehouziers à cheval qu'il luy demanderoit; mais ledit comte s'offrit d'aller en personne en sa compagnie (ce qu'il feft) avecques les hommes plus expérimentés qui estoient en ses bandes. Arrivés qu'ils furent à Marie, quatre lieues près de Guise, ayans passé à Nostre-Dame de Liesse et Pierre-Pont, le seigneur de Brissac ftit adverty que le lendemain matin don Ferrand de Gonzague, ayant eu le vent du retour da roy à Coussy, et de son armée, n'estoit (Tadvis d'attendre Parmée dudit seigneur, par qaoy estoit délibéré de faire sa retraitte à iandrecy , ou estoit le restede Parmée impériale, abandonnant Guise, qu'il avoit entreprins assiéger; qui fut cause que ledit seigneur de Brissac

partit trois heures devant le jour, pour arriver sur leur deslogeraent. Estant arrivé une petite lieue près de Guise, sur un hault à couvert d'un bois, duquel lieu il pouvoit descouvrir tout le chasteau de Guise, cognent que la garnison du chasteau, qui estoit le seigneur de Bourdillon, guidon de la compagnie de monseigneur de Ne vers, avoit attacqué Pesciirmouche contre les chevaux légers impériaux. Par quoy, pour mieux recognoistre Pintention de Pennemy, dépescha le capitaine Théode Bedaigne, Albanois, avec sa bande, pour de plus près aller recognoistre Pennemy, et Pattirer, si possible estoit, à son embuscade, à ce qu'il eust moyen de leur coupper chemin entre le chasteau et eux, et par ce moyen les defTaire. Mais ledit Théode, après longuement les avoir escarmouches, veit son entreprisse eètre vaine, parce que Pennemy ne vouloit s'esloignef de la grosse trouppe que condiifsoit don Ferrand de Gonzague, qui, pendant lesdites escarmouches, se retiroit le chemin de Landrecy. Estant ledit Théode de retour, et faict son rapport, ledit seigneur de Brissac, par Padvis des capitaines esfans auprès de luy, dépescha cinq cens chevaux pour les charger à toutes brides, et luy, avecques la grosse trouppe, se mit à leur queue pour lessnustenir.THosgens, ayans faict la charge gaillarde, renversèrent ce qu'ils trouvèrent des ennemys devant eux, où y en eut phisieurs prins prisonniers tués et portés par terre. Et, entre autres, y fut prins, par un cheval léger de la bande du sieur de la Hunaudaye, don Francisque d'Esté , frère du duc de Ferrare, capitaine général de toute la cavalerie impériale. Le reste fut pressé si vivement, que don Ferrand de Gonzague, qui estoit sûr sa retraitte, fut contraint de rassembler tous ses bataillons, et tourner teste pour sauver le demourant. Et se retira ledit don Ferrand au camp devant Landrecy, et le seigneur de Brissac à Marie, quatre lieues de delà dont il estoit party. Celle fut la fin de ceste entreprinse; Pempereur se logea devant Landrecy avecques la trouppe que «le long temps le seigneur du Reu ayoit, et demeura du costé de Marolles et de la Cappelle, et celte de don Ferrand se logea du costé du Casteau-Cambrosis, près la forest de Mormault. L'empereur estoit au Quesnoy-le-Comte, attendant le régiment que luy ^menoit le duc Maurice dé Saxe, ^t celuy de

Martin Vanrosson, mareschal de Gueldres, et dix mille Anglois que luy envoyoit le roy d'Angleterre de renfort ; car, scacbant la délibération du roy, qui estoit de secourir sa ville , ne vouloit venir en personne en son camp, sans avoir toutes ses forces pour luy mettre audevant.

Le prince de Melphe, lequel le roy avoit laissé pour envitailler Luxembourg, après que ledit seigneur fut retiré, se vint camper aux Cbellas, village deux lieues deçà ledit Luxembourg ; mais pour la faute du charroy , qui estoit à Stenay et à Mouson, où se faisoit Tamonition, la femine survint en son camp, si grande, que les capitaines mesmes n'avoient un pain pour leur disner. La cause estoit qu'on avoit retenu audit Stenay tout le charroy, pour tout en un coup envitailler Luxembourg, de sorte que les lansquenets et légionnaires, ne voulans avoir la considération et patience de deux ou trois jours, se mutinèrent. Toutesfoys, à force de remonstrances, nous arrestasmes les lansquenets; quant aux légionnaires, desqueb estoit général le comtedeBrienne, ils furent de si mauvaise volonté, que de dix mille, tant Champenois que Normans, n'en resta pas trois cens qu'ils ne retournassent en France ; les capitaines demourèrent, mais soubs chacune enseigne n'y avoit pas trente hommes. Le prince de Melphe, et les capitaines estansprès de luy, tels que j'ay nommés cy-dessus, se voyans affoiblis d'une si grosse trouppe, advisèrent de leur retirer à Erancy, cinq lieues au-deçà, et trois lieues près de Jamets, pour y attendre l'envitaillement, et estre plus près de leurs vivres. Auquel lieu ayans séjourné trois ou quatre jours, arriva l'envitaillement pour Luxembourg, lequel, nonobstant que n'eussions que deux mille lansquenets du capitaine Fresnay, avecques la . gendarmerie, et que fussions advertys que vers la Moselle et le cbasteau de Roquedemar, y eust assemblée de dix ou douze mille lansquenets pour nous empescher, si fut-il entreprins de le conduire, et fut mis dedans ladite ville, à la faveur de nostre gendarmerie, vivres pour trois mois.

Alors que nous arrivasmes, ceux de la ville d'Arlon envoyèrent nous faire entendre comme le capitaine Tavemier (lequel avoit esté laissé dedans pour leur conservation), après avoir pillé toute la ville, s'en estoit allé avecques son

enseigne en France, sans dire adieu, elqoecm de Bastongne estoient venus de la part impériale pour s'en saisir ; mais eux, ayans faict au roy le serment de fidélité, n'y avoient obéi, délibérés de garder leur foy, moyennant qu'ils fassent secourus, nous prians de leur bailler gens pour la garde d'icelle ville ; autrement, qalis seroient contraints par force d'obtempérer i l'empereur. Le prince de Melphe, considéraot la bonne volonté desdits habitans, lesqods avoient mieux gardé leur foy que le pailbid auquel ils avoient esté baillés en garde, libéra de les aller secourir des choses dont il «roit besoin. A ceste cause, partans de Loxenbourg, vinsmes passer par ladite ville d'ArkOi en laquelle furent laissés trois capitaines de gensde pied, avecqueschacunenviroadeuxceos hommes, sçavoir est, le capitaine Lanque, le Mont-Saincl-Pèreetun autre, avecques vivre suffisamment pourquelque temps. Ceiaict,Qoa8 retirasmes à Erancy, duquel lieu le prince de Melphe, ayant exécuté sa charge, dq)escta k sieur de Langey en poste devers le roy, p«ff sçavoir ce qu'il luy plairoit commander deuooveau, et, en attendant de ses nouvelles, on se retira entre Jamets et Stenay, pour mettrerirmée en seureté, et l'approcher des vivres,prce quelespluyes estoient survenues tdiesqu'il n'y avoit plus moyen de conduire le charroy. Ledit Langey vint trouver le roy à laFèr^sa^- Oyse; incontinent ledit seigneur redépcscha m courrier pour faire entendre son intention aa prince de Melphe, laquelle estoit d'aller coobattre son ennerny devant Landrecy , oo ^ secourir sa place ; et, à ceste cause, qu'il cts' à marcher en toute diligence, prenant soodfr min, pour le plus court, le long de la frontière des bois, pour se venir rendre à Guise, ctdel» là part que seroit ledit seigneur.

L'empereur, ce temps pendant , estoit m Quesnoy-le-Comte, et|avoit toutessesforces*^ vant Landrecy, lesquelles estoient de dix-hoki mille AUemans, et dix mille Espagnols des ynles bandes, six mille Walons, et de huictidii mille Anglois que le roy d'Angleterre luy avoit envoyé de secours, suivant leur concordat, «J treize mille chevaux, tant des ordonnances «e ses Pays-Bas, que de Clévois et haults Alfcmans ; et estoit son général en ladite annrt don Ferrand de Gonzague. Aussi estoit près « la personne dudit empereur le duc d'AJh»'**

quel depuis n'a gtières avoit esté faict grandmaistre de la maison dudit seigneur, ayant récompensé le comte du Reu du gouvernement de Flandre et d'Artois; mesmesestoyent tous les princes et grands seigneurs, tant d'Allemagne que des bas pays. Après que son camp fut logé, il feit asseoir son artillerie, de laquelle il feit diligenter de tirer, pour faire batterie par tous endroicts, l'une, le long de la courtine réaile qui tiroit entre lechasteau et le boullevert d'Orléans, l'autre batterie contre le chasteau, et Tautre au droict du boullevert deVendosme et de la courtine qui regarde à Castillon ; puis, considérant un petit tertre vers la forest de Mormault, qui regardoit le flanc du dedans de la grande courtine, y feit loger une longue coulevrine, pour empescber les assiégés de remparer et de venir à. leur deffence. Car il faut entendre que nos boulleverts et courtines n'estoyent à demy haulsés, par quoy ceste pièce leur iiaisoit grand dommage; ,^ur lequel éviter, ils cherchèrent tous les moyens à eux possibles de la lever de là. Enfin, ayansadvisé de dessus le rempart que les lansquenets qui en avoient la garde estoient fort négligens, et qu'ils ne se doubtoient de pouvoir estre assaillis que par un costé, à l'occasion que la rivière, qui passoit au recoupement de la ville basse, laquelle estoit abandonnée, estoit entre la ville et eux, délibérèrent de les surprendre, et enclouer ladite pièce. Et, pour cest effect, mirent dehors le capitaine Ricarville avecques quarante chevaux, et Sainct-Simon avecques trente hommes de pied et douze pionniers, avecques des cordages pour feire passer la rivière auxdits gens de pied. Ceux qui furent mis dehors feirent si bon office, qu'ils surprindrent lesdits lansquenets, de sorte qu'ils les mirent à vaude-roupte, leur faisans abandonner leur garde. Ainsi, se voyant la pièce demourée, et avoir moyende l'amener , la lièrent avecques les cordes dont il avoit passé l'eaue, et, à force de bras, la traisnèrent droict au boullevert d'Orléans^ par lequel ils estoient sortis. Lesennemys, ayans de ce la cognoissance, donnèrent en toute furie pour la recouvrer, mais ne la peurent ratteindre qu'elle ne fust embourbée dedans la rivière; et fut si bien secourue des assiégés, qu'elle fut mise en seureté dedans ledit boullevert d'Orléans. Et soudain, parce qu'elle estoit chargée, fut tournée devers l'ennemy, et tirée sur luy ;

Page 1