‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 397 sur 428 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

et aussi fut tué beaucoup de Bourguignons, à coups d'arquebouze de dessus le rempart, lesquels avoientdonnéjusques au fossédudit boullevert, pour recourre ladite pièce.

Don Ferrand de Gonzague, voyant nos gens faire ordinairement saillies sur son camp, ordonna redoubler ses trenchées, pour empescher que homme, fust à pied ou à cheval, peust sortir de la ville. Ce nonobstant, peu de temps après, le sieur d'Essé, ayant cognoissance , de dessus le rempart, qu'il y avoit trois cens Anglois travaillans auxdites trenchées du costé de leurgarde, saillit avecques cent ou six-vingts chevaux, et la pluspart de la jeunesse de la cour demeurée en ladite ville ; mais, ne pensans trouver que lesdits Anglois, s'y trouvèrent huict ou neuf cens chevaux en enibuscade, en une vallée au-dessoubs,pour les soustenir, lesquels firent une charge audit d'Essé, telle qu'il demoura huict ou dix des siens, que morts que blessés, et luy eut le bras percé d'un coup de picque. Aussi y eust-il eu plus grand désordre, sans cinq cens arquebouziers sortansdela ville, qui soustinrent l'effort de l'ennemy, à l'ayde desquels ledit seigneur de d'Essé se retira, tousjours combattant sans grande perte, hormis celle de la première charge.

Scachant aussi l'empereur que le roy se préparoit en toute diligence pour venir secourir les assiégés, feit tant diligentersabatterie, qu'en peu de temps il feit bresche plus que raisonnable pour assaillir, laquelle fut trois sepmaines ouverte, hormis quelque peu de rempart que nos gens pouvoient faire la nuict, car le jour il estoit malaisé, d'autant qu'ils estoient descouverts de tous costés ; et feit apporter grand nombre de fascines pour emplir les fossés. Mais, outre ce, les assiégés avoient telle pénurie de vivres, qu'un chacun soldat n'avoit que demy pain d'amonition par jour ; quant au breuvage, l'eaue toute pure. Aussi, pour plus les tourmenter, en la basse ville que nous avions abandonnée avoit un portail dedans lequel les Impériaux mirent des gens, et, dessus, des pièces d'artillerie, dont on commandoit à la bresche. Les sieurs de d'Essé et de la Lande, considérans le grand dommage qu'ils en recevoient, mesmes que gens mal nourrys et ordinairement en travail, comme estoient iceux assiégés, tombent bientost sous le faix, conclurent de leur oster ledit portail ; et, ayant attiré toute leur

MÉMOIRES »Ë nu BELLAY,

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artillerie audit Hea, an easque le camp y vinst en trooppe, feirent sortir trois cens hommes à xxn poioct 4a jour, lesquels oombattireDt si obstinément, qu'ils emportèrent ledit portail d'aaçai^lt devant qne ceax do camp le pussent secourir.Cela leur donnadurepos^caroneques puis les ennpmys n'osèrent entreprendre d'y retourner. Or cognois3ant bien l'empereur , qui estoll au Quesnoy Y que la brescbe estoit suffisante pour assaillir, qi^is aussi n'igoorott-U les gens de ^ien qi^i estoient dedans, et que malaisément les ppurrQjt-il emporter d'assault, sans perdre })eaucoup des siens. A ceste occasion, résolut de ravoir par {an>infi, aq moy^ de la nécç9sité de vivres qui y estoit, et le travail qqe jour et nuict il convenoit porter aux assiégés, dont, à pe qu'il pensoit, enfin seroient mattés, tant qu'ils n'auroient moyen de lever les armes, se per^adant ans«i que le royn'arriveroit d'heure pour les venir seeourir, que premier il n'çust moyen d'achever l'exécution qu'il avQtt délibérée.

Environ le 4ix-huictiesme jour do mois d'octobre, les assiégés, considérans la nécessilé de vivres, la débiljtéde laplace, etTInaupporUMe travail que nécessairement ils portoieot jour et nuict, dépeicbècent le capitaine YviUe, Normant, lequel a voit cinq cens hoomies dedans ladite place, et pognoissoit les adresses du pays, pour trouver moyen de sortir, et ad* vertir le roy de Içurdite nécessité. Vers lequel, environ le vingtiesme dodit mois, H arriva à la Fère-sur-Oyse, où il bisoit de tous costés assembler son camp, ayant mesmes, comme j'ay dit, mandé au prince de Melpbe se venir joindre avecques luy. Yville, arrivé, déclara, en général et par le menu. Testât des assises, et que, si de brief ils n'estoient secourus, la faim les chasseroit dehors, mais que la forée ne les en pourroit lever tandia qu'il y auroit un homme en vie. Le roy, ayant enta^Ju la nécessité des assiégé^, et aussi leur bonne volonté, délihéra bazarder sa personne, plustosl que de laisser perdre tant de gens de bien ; et commanda audit Yville de trouver le moyen de rentrer ( ce qu'il feit ), et de les asseurer qu'il n'y auroit faulte qq'il les secourroit dedans brieb jours. Pour haster l'exécution de ceste promesse, soudain ledit sieur feit assembler son camp ep Tabbaye de Homblières, upe li^ie au- §es$\^ (|e Si^lpct-Quentin, sur la rivière ; et luy

s'en alla à Sainct- Quentin, afin qu'un chacun le suivist. Duquel lieu, y ayant seulement mjoumé un jour, délogea pour aller camper à Préroont, gros village hors les bois de Mm, tirant dodit Bohain à Cambray. Et le jour ea suyvant, logea au village de Sainct Sooplex,iodessus de Sainct-Martin à la Rivière, d'où aisément on oyoit la furieuse batterie qoe fciteit diligenter l'empereur, sentant le roy approcher, laquelle estoit de quarante-cinq gros» pièces d'artiHcrIe. Par quoy, lanuiet venue, le roy, pour faire entendre aux assiégés qne ]m secours estoit prochain, feit tirer une folee de toute son artillerie, choae qui leur au;nmita le cœur, et eurent grande resjouiasanee pour l'asseurance qu'ils eurent du secoors.

Le roy, estant campé audit lieudeSainet^ plex, assembb les capitaines pour consulter k chemin qu'il devoit prendre : aucuns forent d'advis qu'H devoit aller à Castillon, lien avantageux, pour estre d'un costé couvert de la rivière de Sembre, et de Pautre costé d'mi nmseau marescageux, de sorte qu'il n'y avolt qu'une advenue, laquelle se pou voit en nniDsdf vingt-quatre heures trencher, par quoy se K^ veroit le moyen à l'ennemy de nous asoiEr. SemblaMeroent nos vivres pourroiant ymk Guise et de Bohain, sans estre en sa inerey;^ là, estant logé, on pourroit en un jour reftireks ponts sur la chaussée dudit CastiHon, parce qu'elle y estoit bonne et fermée. Oatre pli», à l'ennemy, qui avoit son armée séparée en deux, ne la remettoit ensemble, nous poorrions passer h rivière, et combattre ce qui estoit de6 l'eaue, du costé de Longfavery ; et si Tennemy, pour réunir ses forces, &isoit repasser vers la forest de Morroauh ceux qui estoient aadit Longfavery, nous y pourrions all^ loger et refreschir Landrecy d'hommes, de pionniers* de vivres et autres choses nécessaires, toot a nostre loisir, et de là nous retirer par Cartigny. ayant secouru la ville. Car, si Pempereornoos v.mloit venir combattre, it falloit qo'itaBist passer la rivière à Marolles, deux lieues ««^ socdbs; ou bien si, nous estant log^aodftCastilkm, il passolt les forces quil avoit devers Mormault, pour les joindre à celles do Uof' favery, nous pouvions semblablement aBer aa lieu d'où il partoit,^ car nous avions le pas»? de la rivière pour faire l'un ou Faotre. Ceste opinion ne fut la plus fbrte; ains, encore a^

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