LIVRE X
Le roy,qui n'estoitvenu quepoar secourir sa ville de Landrecy, assiégée par Fempereur, de toutes les forces d'Allemagne, de Flandres et de tous ses Pays-Bas, mesmes de tous ses Espagnols aguerris, avecques le secours des Anglois, voyant avoir achevé ce qu'il avoit entreprins (car il fut mis vivres dedans Landrecy pour le moins pour quinze jours), et qu'il estoit impossible à l'empereur d'y séjourner son camp kuict jours, pour estre le pays ruiné à six lieues à la ronde, à cause de nostre armée et de la sienne, lesquelles y avoient campé six mois conséquutifs, joinct qu'il avoit Thyver à dos, et outre, pour les grandes pluyes qui conti • nuoient, résolut de se retirer, et feit commander qu'un chacun fust prest à desloger à l'heure qui luy seroit ordonnée. Puis, estant tout le bagage troussé, il ordonna de sa retraitte et de ceux qui marcheroient devant, au milieu, et sur le derrière, et sur les aisles. Ledit sieur print le devant, jettant seulement quelques cher vaux devant luy ; au milieu ordonna monseigneur le dauphin, son fils, avecques sept ou huict cens hommes d'armes, et quatorze mille Suisses, en forme de battaille; sur la queue, le seigneur deBrissac, avecques tous les chevaux légers dont il estoit général, et quelque arquebouzerie, pour le soustenir on quelque passage, s'il s'olTroit; et dressa sa retraitte à Guise, qui fut le lendemain de Toussaincts 1543. Les choses ainsi disposées, chacun se meit à la retraitte : le roy marchoit devant, et avecques luy monsieur de Guise, et tout devant le bagage, après l'artillerie; puis monseigneur, accompagné de messieurs les comte de Sainct-Pol et amiral, et, à sa queue, lesdits chevaux légers et arquebouziers.
L'empereur, au matin, estant adverty du deslogement de nostre camp, ordonna don Ferrand de Gonzague pour suivre nostre armée, espérant que, sur la retraitte, se trouveroit quelque désordre, à cause des bois qui estoient à passer, et que communément gens qui se retirent ne sont coustumiers à tenir battaille, ainsi que font ceux qui marchent en avant. Mais ledit sieur don Ferrand, quand il arriva à la rive des bois, trouva desjà l'artillerie passée, et le bagage et toute l'armée, encores qu'ik eussent été contraints de passer à la file pour la difficulté du passage. Voulant toutesfoys ledit de Gonzague entreprendre de recognoLstre nos- XVI" siECXB^ Chroo. et Mém.
tre armée de plus près, feit entrer dedans les bois quelque nombre d'hommes qui ne feirent pas grand voyage, car ils trouvèrent les bois farcis de nostre arquebouzerie, qui les servit de sorte, que la pluspart de ceux qui y entrèrent ne retournèrent dire les nouvelles à leurs compagnons. Durant que l'escarmouche s'entretenoit dedans le bois, l'empereur marcha avecques le reste de son armée à la portée du canon près dudit bois. Don Ferrand, voyant qu'il estoit «uivy par Sa Majesté, trouva moyen, par autre chemin à main droilte, tirant vers Bohain, de faire passer mille ou douze cens chevaux, et quelque nombre d'arquebouzerie, et quelques chevaux légers Anglois, lesquels prouflilèrent autant que les autres qui estoient aux bois. Car, après que monseigneur le dauphin fust passé, et vist son artillerie et bagage marcher en seureté , il laissa le sieur de Brissac avecques la cavalerie légère, et le seigneur de la Guiche, lieutenant de monsieur le cônnestable, avecques cent hommes d'armes, et autres capitaines, jusques au nombre de trois cens hommes d'armes, pour soustenir lesdits chevaux légers ; et, un peu sur le derrière, feit jelter sesSuisses en battaille, et luy, avecques le reste de ses forces, sur les aisles desdits Suisses, pour leur faire espaule, en délibération que, si l'empereur passoit le bois, luy donner la battaille; mais nos chevaux légers, à la faveur de la gendarmerie qui les soustenoit, et nostre arquebouzerie jetiée, comme enfans perdus, contraignirent î'ennemy de repasser le bois, dont depuis il ne fut assez hardy de se comparoistre. Il en demoura plusieurs des siens, prins que tués, des nostres quelque peu; car, en telle marchandise, on ne peut gaigner sans recevoir de la perte.
Cependant le roy, lequel avoit marché jusques à l'abbaye de Bonhourie, sise sur la rivière d'Oyse, pour mettre ordre de faire passer la grosse artillerie et le bagage deçà Teaue, afin que, s'il estoit question de combattre, elle ne s'embarrassast parmy les gens de guerre, et les mist en désordre, ayant nouvelles de ceste cavalerie impériale, laquelle avoit passé le bois, et que monseigneur le dauphin son fils estoit délibéré de présenter la battaille si l'empereur passoit', tourna bride pour le secourir, ne voulant qu'il rombattist sans luy. Mais il ne marcha le quart d'une lieue, qu il n'eust advertissement que l'empereur s'estoit retiré, et que monsei-
gneur estoit sur sa retraitte, après avoir re^ poulsé les ennemys delà les bois, et longuemeut attendu si quelqu'un s'ingéreroil de le repasser : par quoy il se retira à Guise, laissant tousjours monseigneur le dauphin sur sa queue, ainsi qu'au commencement. L*empereur, qui ce temps pendant avoit repeu tout à cheval, voyant ses ^gens repoulsés si honteusement, changea Topinion qu'il avoit de suivre le roy, et,aprësavoir quelque temps temporisé, considérant qu'il avoit en vain et à sa perte suivi nostre armée, retourna au logis d^mt il estoit party. Pour conclusion, le roy secourut sa ville à la barbe d'un grand empereur, lequel avoit toutes les forces d'Allemagne, de ses bas pays, et une partie de celles d'Espagne, d'Angleterre et d'iulie, qui n'est peu de réputatioa, toutes choses bien pesées.
Le roy, estant arrivé à Guise, se voyant Phy ver à dos , et que les pluies estoient si excessives, qu'il n'y avoit ordre, ny à l'empereur ny à luy, de campayer, délibéra, pour refreschir son armée, la séparer, car elle en avoit besoin pour les grands travaux qu elle avoit portés huict mois durant, tant en Hénaolt que Luxembourg. 11 envoya le marescbal du Biez à Sainct-Quentin, avecques quatre cens homme» d'î rmes et quatre mille hommes de pied, pour pourveoir aux choses que l'empereur pourroit entreprendre de ce costé-là ; aussi envoya les lansquenets à Crecy-sur-Cère ; les Suisses , à Assy , sur ladite riv ière ; et le reste de son armée se logea le long de la rivière d'Oyse, aux lieux qui furent trouvés plus commodes pour empescher l'empereur d'endommager ce royaume , au cas (comme de brief il estoit apparent) qu'il abandonnast Landrecy. Puis, pour aller renforcer ceux dudit lieu de Laxidreey, ordonna le capitaine Stenay, lieutenant de monseigneur d'£nguien, avec la compagnie dudit seignemr, de cinquante hommes d'armes, et une partie de celle des Escossois, et hiy se retira à la Fèresur-Oyze.
L'empereur, après avoir encores séjourné quatre ou cinq jours en son camp, depuis le partement du roy, feit sa retraitte à Caoïbray. Arrivé qu'il y fut, cognoissant la hoate que ce luy estoit, d'avoir tant faict le brave, de s'estre vanté, au partir de Gueidrcs, qu'il viendroit jusques à Paris ( mais il n' avoit sceu prendre une petite ville faicte à la haste , en laquelle
n*estoit aucune fortifieaticm adievee ^li 8ed^ ment peust estre dite defience), passa ta colère sur ceux desquels il avoit este reeeu ainsi fi'ea ville impériale. £t p^suada boisement aux pauvres Cambrésiens crédules , par le moyen de leur évesque, qui les vendoit, qu'il estoit adverty que le roy estoit délibéré de se sûiir de leur ville, leur oster la liberté de neutnlité que de toute aneienneié ils avoient, et Fiuiibuer à sa couronne ; et, po«r empesefaereeii il estoit de nécessité de bUre édifier une citadelle, de laquelle ils auroient la garde pour leor protection. Lesdits Cambrésiens, ainsi séduta par l'intercession de leurdil évesque, leqodeitoit de la maison de Crooy, l'accordèrent; ï ceste occasion, l'empereur feit dilige&ter àkon despens la coastruetioQ d'ieelk citadelle : tnj est qu'elle est gardée à lews déspens, naiilo soldats ont le sermeat à renpereur , et coflUBtt-
dent à la ville, de sorte ^pe de liberté ilb» mis en servitude.
En ce temps iutné à Fimtaindikaa FrtsçsiSf premier fila de Henry, daupUa de VienoMi, lequel fut teni» sur les fottts par le roy soB graiipère, qui le nomma de son nom François, bquelle nativité fut magnifiée en grandejsye» avecques tournoi» et «itrea sorteede MkfiBîtes.
Je vous ay dit cyHleva&t comme le roy tvoit dépesebé le sieur d'Enguieo pour estre ckefw son armée de la mer de Levant, et se f^ avecques Barberoosse, cpii devoit venir avecques celle du grand-seigneur : coMéqBfwnent vous avez oui le voyage que feitkdsiseigiKV d*£nguieA à I<iiee soube e^péianee d^one poticque, et ausë ce qui em provint. Fe«dej9>' après soQ retour dudit voyage à Marseie. Barberousse, avecques cent et dix ffi^^ passa devant VilMrandief près de Nice* ^ vint à TouUoa, et de là à Maoeiik , troorcr . mondit aegneur d'Eagakn avecques farvee du roy, où, mnrèaavoîr mis en déiibéralios^ capitainea ee qui estoit à fam, M cesd» d'aseaiUir Nice, à raiscm q«e k rsy It f^ sienne, pour avoir esâé par les contes de Provence baiUée en gage audnc de Savoye \^ une somme de dcnieiH. Après la ï**^'^ prinse, estant anivée à VittefiranehCi f«^ lerie fut mise en terre kors des galères, et 9^ née devant la ville de Nice, dont UA «^ dBîgentée la batterie, qu'en peu de iouffJ^ viUc se rendit, à conditicQ de n'estre sscc^*
Ce ftiict , ils plamërent leurs pièces contre le chasteau, mais ils perdirent leur peine et munitions, car la place est sur un rocher, malaisée à battre, et encores moins facile à miner, à cause de la dureté et haulteur d'icelle roche. Barberousse, voyant le temps pour néant se consommer, et Thyver approcher, relira son armée à Toullon, car il ne se sentoit seurement pour pouvoir demeurer nyhyvemer au port de Villefranche ; cl monsieur d'Enguien retourna à Marseille, et de là devers le roy , lequel il vint trouver devant le Casteau-Cambresis, espérant que là se donneroit une battaille.
Le marquis du Guast, alors lieutenant général pour Pempereur au duché de Milan, voyant Nice assiégée, la ville prinse, et le chasteau en danger, avoit mis ensemble toutes ses forces, tant d'AHemans, Espagnols, qu'Italiens, pour donner secours aux assiégés ; mais, estant arrivé dedans les montagnes de Tendes, adverty de laretraitte de Farmée de Toullon, et le chasteau en hberté , délibéra d'employer ses forces ailleurs; par quoy retourna au Piémont, où d'entrée assiégea le Montdevis , laquelle estoit en son chemin la première ville de l'obéissance du roy. Le sieur de Bouttières, qui estoit lieutenant général pour le roy en Piémont, ayant peu de gens de pied françois pour la provision d'icelle ville, à cause de sa grandeur, fat contraint y mettre des Suisses, gens malaguerris pour la garde d'une place, car c'est leur naturel de combattre en campagne; si est-ce qu'ils firent très bien leur devoir. Mais, après avoir iMîaucoup enduré, tant par faultede vivres que pour les continuels assaulx qu'ils avoient soustenus, enfin, n'espérans aucun secours, capitulèrent avccques le marquis, qu'ils s'en iroient armes et bagues sauves. Le gouverneur dudit lieu de Montdevis, nommé Charles de Dros, Piémontois, homme de guerre et de bon esprit, sçachant bien la haine que luy portoit le marquis, n'osa se fier en luy, ains, ce pendant que letraitté seconcluoit, monta sur un cheval turc, et, par une faulse porte, se mit aux champs, et se retira à Roque de Bau, place du mandement de Montdevis, distante dudit lieu de quatre milles, laquelle en toute diligence feit remparer si bien, que le marquis, passant par devant, ne l'osa attaquer. Les Suisses, se confians au traitté faict avecques le marquis, sortirent, mais, nonobstant icelle capitulation, furent par les Espa-
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gnols dévalisés, et plusieurs tues ; chose que les Suisses leur vendirent bien cher, ainsi que puis après vous entendrez , en la battaille de Cerisolles.
Le marquis, partant de Montdevis, passa par devant Beyne et Savillan, lesquelles il trouva si bien pourveues, qu'il ne les voulut assaillir; mais, ayant entendu que le sieur de Bouttières s'estoit retiré à Pignerol, et qu'il avoit seulement laissé dedans Carignan le seigneur d'Aussun et le capitaine Francisque Bernardin de Vimarqua, avecques leurs compagnies de chevaux légers, et quelque petit nombre de gens de pied, pour raser les fortifications que l'an précédent y avoit faict faire le sieur de Langey, tourna la lesle audit lieu de Carignan, pour mettre peine de le gaîgner, et s'y fortifier. Car, gardant ce logis, il nous ostoit la commodité de toute la plaine du Piémont deçà le Pau, sçavoir est, la pluspart du marquisat de Salluces, et la plaine jusques à Pignerol et à Turin, et mesmes le val de Suse, à la faveur de Vulpian. Quant à ce que tenions delàl'eaue, à sçavoir Savillan, Beine, Roque de Bau et Cental, elles demouroient hors d'espérance de secours. Le marquis, suivant sa délibération, print son chemin à Carmagnolle, et feit telle diligence, qu'il passa le Pau, et arriva audit Carignan avant que nos gens eussent loisir de parachever la ruine. Lesquels, voyans arriver sur leurs bras ime armée de quinze ou seize mille hommes de pied et trois mille chevaux, se mirent à la retraitte vers la Loge, pour tirer le chemin de Montcallîer ou de Turin, ayans mis leurs gens de pied devant, à leur queue Francisque Bernardin et ses chevaux légers, et sur le derrière, monsieur d'Aussun, pour soustenir le faix, cependant que les autres passeroient une rivière venant de Num, laquelle passe entre Carignan et la Loge, laquelle ne se passe qu'à pont, à cause des bords qui sont haults. Les ennemis, lesquels ledit sieur d'Aussun avoit tousjours soustenus, se renforcèrent si fort que, à deux portées de canon près ledit pont, ils le chargèrent de si grand nombre, qu'il fat poné par terre, et furent la plus grande part des siens prisonniers; ce temps pendant le reste passa le pont, et se retirèrent à Montcallier, à la faveur de ceux qui en sortirent pour les secourir. Le marquis estant demouré seigneur de Cari^ gnan , s'y logea avecques toute son armée, et fel I
en toute diligence parachever le fort, y comprenant les fauxbourgs, de sorte qu'en moins de cinq sepmaines la place fut en deffence. Pareillement y feit amener ( d'autant quMI estoit maistre de la campagne) tous les bleds et autres vivres de la plaine, jusques des environs de Pignerol, Turin, Vigon, Villefranche, et d'une partie du marquisat de SaUuces, on telle abondance, qu'il fut envitaillé pour sept ou huict mois. Puis, l'ayant pour veu d'artillerie et d'amonitions raisonnablement, y laissa pour chef le seigneur Pirus de Pire, autrement dit le seigneur Pierre Colonne, avecques quinze cens Espagnols naturels, des vieilles bandes, et le comte Félix, colonel de deux mille cinq cens lansquenets ; et luy, accompagné du reste de son armée, se retira à Quiers, et après y avoir mis le seigneur Ludovic Yistarin, gentilhomme de Laudes , et trois mille hommes pour favoriser ceux de Carignan, parce que nous tenions Villeneufve-d'Ast, qui luy pouvoit beaucoup nuire, sans la faveur de ladite ville de Quiers ; puis il se retira en Ast.
Nous nous tairons un peu des affaires de Piémont, et reviendrons au roy, lequel, estant de retour à la Fère, après avoir secouru Landrecy, eut les nouvelles que vous venez d'entendre; c' estoit, sommairement, que l'armée impériale tenoit la campagne en Piémont. Ledit seigneur, pour y remédier, dépescha le sieur de Thais, colonel des bandes françoises estans audit Piémont, pour y aller et faire nouvelle levée de douze enseignes de gens de pied françois. Pareillement il dépescha le comte de Gruière, auquel il avoit baillé son ordre pour aller faire levée de cinq c^nts Gruyens de ses pays, pour les passer en Piémont, et se joindrefavecques cinq mille Suisses qui y estoient entretenus, espérant que les Gruyens feroient semblable faction que les Suisses, lesquels sont leurs voisins; mais autrement en advint, ainsi que cy-après vous pourrez cognoistre. J'ay ouï dire qu'il est malaisé de desguiser un asne en un coursier.
Aussi le roy fut adverty que le comte Guillaume de Fustemberg, avecquos douze mille lansquenets et bon nombre de chevaux et d'artillerie, tenoit au nom de l'empereur la ville de Luxembourg assiégée, et que dosjà les vivres deffailloient aux assiégés. Ledit seigneur, ne voulant en façon quelconque perdre rien de sa ^onqucfetc, encores que Fliyver ostoit le plus
extresme qu'il fust vmgt ans au précédent, dépescha le prince de Melpbe pour aller lever le siège et refreschir lesdits assiégés, et avecqœs luy le sieur de Brissac, général de la cavalerie légère, et environ quatre cents hommes (firmes. Les gel es furent si fortes tout le voyage, qu'on départoit le vin de munition à coups de coignée, et se débitoit au poids, puis les soldits le portoient dedans des paniers; si est-ce que la volonté des chefs et des soldats ne dimioni, ains partant le prince de Melphe de Steuy, marclia droict à Crency, de là à Long-vie, pus tira sur la main droicte, vers le diemindu noot Sainct-Jean, pour gaigner l'avantage, afin de combattre l'armée de reropereur. Le conte Guillaume, adverty du grand vouloir de bos soldats, tant de cheval que de pied, qui ne cnignoient aucun danger, ne fut conseillé deooos attendre, mais incontinent leva son camp, et se retira en Allemagne; par ce moyen, tout à loisir nous resfreschismes la place. Le sieor de Longueval, lequel par cy-devant avoit esté hisse lieutenant pour le roy dedans ladite place de Luxembourg, en fut retiré dehors, avecqoesles autres bandes, tant de pied que de chevaltqn'û avoit en sa compagnie; et en son lieu fat m, avecques pareil pouvoir, le vicomte d*£staups, surnommé d'Anglurre, avecques sa compagnie de cinquante hommes d'armes et quinze ceots hommes de pied. Le prince de Mdpbe, nuA exécuté ce dont il avoit la charge, se relira* Stenay , auquel lieu il rompit son armée, laqœik fut séparée par les garnisons de Champagne et de Picardie, pour le reste de l'hyver faire leste à l'ennemy, et conserver les choses que noos avions conquises.
Pour retourner au seigneur de Bouttières, i^ quel estoit lieutenant du roy en Piémont, après qu'il eut receu le renfort que le roy hiy envoyoit, de trois à quatre mille hommes de pied françois, levés en Provence, Dauphinéetam environs, et les cinq mille Gruyens, aveequff deux ou trois cens hommes d'armes, la compagnie, que de long temps il avoit perdue, to recouvrée; et, ayant ses forces assemblées, to conseillé, ce pendant que l'ennemy estoit empesché à la fortification de Carignan (laqndl* toutesfoys estoit desjk en deffence), de preadre le chemin de Verceil, pour tenter s'il pourroit eslargir les pays du roy du costé de deçà le Pao- Suivant lequel advis, ledit sieur ôc twi^'^