‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 403 sur 428 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

fleigneor (TAnsson, pour entrer dedans la ville, ponr faire description de ce qu'ils y trouveroient, car ils ne dévoient emporter artillerie ny munitions. Quant aux vivres, ils n'eurent pas grande peine, parce qu'ils ne trouvèrent que deux pains de son, et n'y avoit un seul grain de bled, ny poix, ny febves, ny autre grain quelconques; point de vin, de sel, de vinaigre ny d'huile. On pourroit trouver estrange pourquoy monseigneur d'Enguien ne les envoya en pourpoinct;jeresponds qu'il cstoit deu à nos Suisses trois mois sans celuy de la battaille ; mesnies nos François n'avoient qu'un pain par jour pour tout payement, de sorte que les Espagnols, quand ils estoient à l'escarmouche, les appelloient soldats de la panoche. Lesdits Suisses, voyans que par composition nous pouvions estre .dès Theure seigneurs de la ville, vindrent devers monseigneur d'Enguien, luy faire entendre que, s'il n'accordoit ceste composition, le lendemain ils estoient délibérés de retourner en leur pays, au cas qu'il ne leur fist payement de ce qui leur estoit deu; par quoy, quelque remonstrance qu'il s'efTorçastleurfaire, il fut contraint de leur accorder ladite capitulation, afin delesarrester. Parce moyen, les assiégés sortirent en armes de Carignan, en bon ordre et bon visage *, mais n'avoient encores cheminé plus d'un mille, que mesmes (le soleil les ayant eschauffés) ilsdemourèrent si mattés, pour la pauvreté qu'ils avoient endurée, qu'on fut contraint de leur bailler charroy, non seulemdit pour porter leurs armes, mais aussi la plnspart des lK)mme8.

Pour retourner à Hercules Visconte, lequel avoit esté dépesché par. monsieur d'Enguien pour advertir les serviteurs du roy à Rommeet à Venise, de l'issue de la battaille, incontinent après ledit advertissement, le comte de Petillane, le sieur Pierre de Strozzy , qui estoient venus de France pour cest effect en habit dissimulé ; le comte Georges de Matinengue; le duc de Somme, le sieur Robert Maleteste, et autres plusieurs partiaux pour la part françoise, se mirent aux champs, faisant sonner le taboar in dedans Homme et autres Peux circonvoisins ; et se donnèrent assignation de se trouver ensemble à la Mirandole, pour marcher droict à Milan et se joindre avec monsieur d'Enguien, car ils esperoient que le roy ne feroit (lifficulté d'accorder audit sieur d'Enguien le

XVI' siàci^Ey ChroQ. et Méi^i.

secours qu'il avoit demandé, ainsi que par ledit Hercules Visconte ils avoient entendu. Quand furent tous ensemble, ils se trouvèrent dix mille hommes de pied, mais peu ou point de cavalerie; ce nonobstant, marchèrent droict au Plaisantin, auquel ils furent bien recueillis par tout, leur faisant fournir vivres. De là marchèrent au Crémonois, auquel lieu tous les Guel* phes et bon nombre d'autres du duché de Milan prirent des croix blanches. Davantage les Milanois estoient tellement estonnés,que, si l'armée qui estoit au Montferra t eust marché droict à Milan dès le commencement, et se fust joinct avec l'armée du sieur Pierre Strozzy, avant que le secours du duc de Florence y fust arrivé, il y a apparence qu'on luy eust ouvert les portes ; mais estans advertys ledit Strozzy et autres que l'entreprinse du sieur d'Enguien, de venir à Milan, estoit rompue, et se voyansdespourveus de cavalerie, résolurent de passer outre, pour se venir joindre avecques ledit sieur d'Enguien, là part qu'il seroit ; et, parce que le marquis du Guast faisoit faire grande assemblée par le prince de Sulmonne, pour les faire attendre à quelque passage, mandèrent au sieur deThays,qui estoit au Montferrat, qu'il leur envoyast, à jour nommé, de la cavalerie à Sainct-Raval, au passage de la rivière : ce que ledit sieur de Thay s leur promit, et je le scay , car j'en vis les lettres ; mais il n'en feit rien, je ne scay pourquoi. Car estans arrivés ledit sieur Strozzy et les autres capitaines, et voyans delà l'eaue une trouppe de gens de pied et de cheval, envoyèrent leurs coureurs, lesquels les recogneurent pour ennemys. Toutesfoys, considérans qu'ils ne se pouvoient retirer sans honte, se délibérèrent d'aller combattre les gens de pied qui estoient loin de la cavalerie, lesquels ils mirent en roupte; mais, s'estans esloignés du pays fort, qui leur estoit avantageux, ayans rompu leur ordre, et s'estans jettes en campagne, en espérance d'avoir obtenu la victoire, ils furent chargés par les flancs de la cavalerie impériale, conduitte par le prince de Sulmonne, et furent rompus, dont il y eut plusieurs gens de qualité prisonniers, et peu de tués; et n'y mourut homme de nom, que le seigneur Valère Ursin; ceux qui se sauvèrent se retirèrent vers Quiéras, et de là à Carignan. Cela advint environ la my-juin, douze jours devant la reddition de Carignan entre nos mains. Il est apparent que si monsieur

de Thays leur eust envcryé la raralerie pour les soustenir, comme il avoit prorais, les Impériaui eussent esté dcffâlcts, puisque, leurs gens de pied estans fomptrs, cent hommes d'armes eussent parachavé la victoire.

Après aroir rMilit la ville de Carignan eil l'obéissance du roy, monsieur d'Engulen dépescha vers le roy, tant pour Tadvertir d'icelte reddition, que pour entendre sa volonté. Lfl roy feit response audit sieur d'Enguien qde^ pour se fortifier à rencontre de Fempereur et du roy d'Angleterre, lesquels desjà estoienten campagne et faisoient diligence d'assaillir seri pays, il luy renvoyast de Piémont six mille soldats francois des vieilles bandes, et six mille Italiens, pour résister à l'empereur, lequel, pour la haine invétérée qu'il avoit d>ntrer et ruiner ce royaume, avoit oublié ou bien dissimulé les injures que le roy d'Angleterre luy avoit faictcs, et s'estoit ligué avecques luy, combien qu il eust asf^euté le pà|)e que Jattiais il ne traitteroit alliance avecques Itdit foy d'Angleterre, ains luy seroit capital ertneiny, jusques à ce qu'il eust réparé Toffence faiclfe k Sa Sairtcteté, d'autant qu'il s'estoit Intitulé chef immé<Jiat, après Dieu, de TÉglise anglicane, et faisoit mourir ceu\ qui soustenoient Fauctorité du pape et de rÉglIsc fontaine, h cause, comme avez etitendu cy-devant, que ledit pape, à l'instigation de l'empereur, l'avolt, pour là répudiation qu'il ffll de la tante dudit empereur, fulminé comitic hérétique, et déclaré sOft royaume en proye à qui le voudroit entreprendre. Pour rexéeuiion de laquelle ligue, ledit empereur devoir entrer par la Champagne, avecques l'armée qu'il préparoit eh Allehiagne, la plus grande qu'il avoit eticorfe eue, dont la pluspari estoit pnyée auX despenâ des estais, tant catholiques que proleslAtis, lesquels il avoit induits, principalement it*eux protestons, soubs couleur qu'il disolt s'estre mis à plus qne devoir envers le roy de France, pour assembler un concile, pour remettre l'Église eu union, et réformer le pape et les minisifes ûé l'Église, mais que le roy luy seul empéschoit ledit concile; de sorte que, pour cottclusiori, Il les avoit si bien endormis de ses mensonges accoutumes, que les protcstans, qtii jamais né luy avoient adliéré, tant princf's que villes impériales, s'cstoicnt bandés avecques luy, à leurs propres cousts et despens.

Quant mi r<Ty d'Angleterre, tt éff^éit deseoi* dre à Calais (ainsi quTil feit) avecques toutes âes forces, et se dcvoit venir joindre à hiy le comte de Bures^ accompagné ée dix miHc lansquenets et de iroîs ou quatre mille cberau allemans, et pareillement le comte du Rea« arccques l'armée de^ Pays-Bas de l'emperevr, et estoit leur intention de laisser les rilles fortes derrière eux, et marcher droict à Farii} puis, estans les forces de l'emperevr et lo leurs mises ensemble ( qui pouroient estre^ tant d'une part que d'autre « soixante et dix oo quatre-vingts mille chevaux^ et «d nomhrr infiny d'artillerie, poudres et autres nmnitlaas), ils contraindrôient le foy de les combattre i son désavantage, stndn qn^il leftr petanst é gaster son royaume à sa veue.

Le rby d'Angleterre estant deacendti k Ci- Mi, trouva la Picardie fort dépoorr^e d'Ito mes, parce que le roy avoK tirt se» lottes nti la Champagne, d'autant qtie l'empereur y àttoit prendre son chemin, et avoit laissé le éot de Yendosme en Picardie, mal accompagné; et, ores t{u'ir eust cinq villes à pourvefKr, 8mT«ir est, Ardres, Bouloi^ne, Thérouenne , Mdou^ul et Hédin, desquelles le rdy d'Anglitenv pouvoit assaillir ^le qu'il luy plainrit, et aussi tost rùne que l'autre, si cfaTêlt-U améf qui aufifist pour les pourveoir, et moina à âùre teste à l'ennemy où il leroit beaoin. Qui fat cause que le roy d'Angleterre changea k deysein qu'il avdlt de passer drolet à Paris sans s'attaquer aux villes, ains H envoya le duc de Norfolc, et avecques luy le ooibte de Rvres et le comte du Reu, assiéger Montreul î et hy, buict oïl dix jours après, vint assiéger E«>al(NH gne, dont le mareschal du Bies estoît gouverneur, et mesmes il estoit eh Picardie lieateninâ du roy en Cabsenée de men^gileor dt tc»dosnle, et a voit charge du roy de pouHtoir lesdites cinq places. Lequel, voyant Tenfieny passer outre poui* aller as^6||er MoDtrad , abandonna Boulongne et se mit dedans Moatreul, et avecques hiy la compagnie de cent hornmes d'armes de tnonseigneur le comiesta* Me, cotiduitte par son lieu^nant le setgnem^ de la Guicbe, homtne bien expérimenté; ie seigneur de Jeniis, avecques quatre enseignes de gens de pied firançois ; le comte Béren^, Wélpolitâin, avecques mille hommes de pied As* lieHS^ le capitaine Frandsque de CbimiMBti

UVBE X,

aussi Néapalitafe, Avecques |^re«ll0 ciiarge;

d'un diacun, pour dnef, k aei^afii»r de Yervim^ son gendre, hoHune peu ei^périipeaié, et le seigneur de lignon, jeni)^ hûmme, avecques cinq cens bomnKs de pied ; le 3eigneur d' Aix, Numomiodé de Renty, aussi jeune, et tous deus peu expérimentés ; le capitaine Piiiiippe, Corse, hnnune de grande expérience ; et le seigneur de Sainût-Blimont, porte-enseigne d'iceiuy iparesehaldu Bie^, aveoques la moitiéde sacomp^gnie de cent hommes d'armes Dedans Ardues fiitenvoyé le seigneur de la Rochepdt, lieutenant du roy, avecquês sa compagnie de gens d'armes { lequel trouva ladite vitle mal pourveue, mais il y ranédia si bien, qu'il n'en vint inconvénient. Durant ce temps, l'empereur cstoit à Spire avecqups son armée, qui, estant adverty que le seigneur d'Enguien, après sa victoire, s'estoit arresté en Piémont, et avpit laissé l'entreprinse de Milan, laquelle ledit empereur craigooit, de sorte ( à ee qui s'en est cogneu depuis) que, si ledit seigneur d'Enguien l'cust poursuyvie, il eust esté contraint de convertir ses forces vers Italie et laisser France en repos, envoya le comte <ïuiHaume de F^stem* berg, avec(^s «ne armée, devant Luxembourg, laqueMe ayant enduré le siège si longtemps que vivres y estoient faillis, le vicomte d'Estauges, cbef d'icelle ville, fut contraint de capituler, par condition que luy et les soldats revindrent leurs bagues sauves. De là marcha ladite armée droict à Commerey, qui est un chasteau sur la Meuse, six lieues par-delà Lîgny, et trois lieues de Vaucouleurs; où, après avoir tiré quelques coups de canon, et faict bresche au droict de la grosse tour dedans laquelle estoient les munitions, les capitaines qui eH avoient la charge, cognoissans la place n'estpe tenable, la rendirent à l'emperetir, et s'en allèrent, leurs bagues sauves, où bon leur sem» bla. Partant de Commerey, l'empereur vint assiéger L^y en Barrois, où s'estoit mis le comte de Brienne, comte dudit lieu, et le comte de Roussi, son frère*, le seigneur d'Eschenais, capitaine de cinquante homme d'armes, lequel y estoit envoyé par le roy chef dedans ladite ^ace ; le seigneur de GouzoHes, escuyer d'escuyerie du roy; et plusieurs autres capitaines, jtisques à quinze cens hommes de pied, et environ cent hommes d'armes.

Ce temps pendant, le roy faisoit diligence» |¥>ur réaister à son ennemy, de faire marcher dix nôUe Suisses, six mille Grimons et six mille lansquenets , dont estoit capitaine général le di*c de Nevers, et les douze mille François et Italiens qu'il avoit tirés de Piémont, et gros nombre, tant de légionnaires que de soldats; teUement, que l'armée qu'il assembloit estoit de quarante mille hommes de pied de diverses nations, et environ deux mille hommes d'armes et deux mille cl)evaux légers ; de laquelle il donna la charge à monseigneur le dauphin, ayant avecques luy le duc d'Orléans son frère, et à monseigneur l'amiral d'Annebau|t la principale conduitte pour l'administratiqn du conseil desdita princes. Et, attendant que ses iaroQS fussent assen^hlées pour foire teste et arrester l'ennemy, il envoya le comte de Sanccrre pour estre son lieutenant général dedans Sainct-Dizier, place qui esloit mal flancquée et mal remparée, et indigne d'attendre un camp impérial. Toutesfoys il enti«print d'y Êiire le devoir qu'il y feit, avecques la compagnie de monseigneur d'Orléans, de cent hommes d'armes , dont ledit comte de Sancerre estoit lieutenant, et autres; le capitaine la Lande et le vicomte de la Rivière, ayans chacun mille hommes de pied..<

Ce temps pendant, l'empereur faisoit diligence d'approcher le chasteau de Ligny, pour y faire bresche*, mais, parce que les assiégés ne se pouvoient tenir à leurs deffences , d'autant que ledit chasteau est commandé de deux ou trois montagnes, la bresche faicte, les assiégea furent conseillés de parlementer, et, durant leur parlement, les ennemys entrèrent dedaoa par la porte du Secours, et prindrent par derrière ceux qui eutoient sur la bresche pour attendre Tassault, et les firent prisonniers, sans faire grand meurtre. Je ne sçay qui en fut le moyen, sinon que Bertheville, lieutenant du comte de Brienne, sortit le premier pour parlementer; les chefs s'en deschargèrent l'un sur Nutre, mais la ptuspart ne s'en scauroit bien laver. Yray est que la place n'estoit pour endurer l'effort d'un empereur estant en personne; aussi n'estoîent-ils menés à telle extrémité qu'elle ne méritast une honneste composition ; et aussi des principaux de la compagnie avoient asseuré le roy qu'elle estoit gardable, et luy

MÉMOIRES DE ÛU BELLâV,

avoient promis de la garder. Mais^à vray dire, je pense que ces prometteurs se persoadoient qae l'empereur prendroit autre chemin, et vouloient avoir Fbonneurde Tavoir entreprins; phisieurs en sont ainsi deceus, se fians à leurs advertissemens, qui ne sont certains , j'en ay veu plusieurs expériences. Le roy, ayant entendu la prinseduditLigny si soudaine, envoya incontinent dedans Cballons en Champagne monseigneur de Nevers, avecques quatre cens hommes d'armes et cinq ou six miUe hommes de pied; puis, ayant entendu que l'empereur s'estoit attaqué à Sainct-Dizier, manda à monseigneur le dauphin de s'en aller camper sur la rivière de Marne, en tel lieu qu'il peust empescher l'ennemy de marcher plus avant en pays. Suyvant lequel mandement, mondit seigneur le dauphin envoya visiter les lieux les plus commodes; et fut conclud, par Tadvis des capitaines, de se loger à Jallon, qui est environ mychemin d'Epemay et de Cballons, deçà l'eaue, auquel lieu le vindrent trouver les bandes venansde Piémont, tant françoises qu'italiennes, bien armées et en bon esquippage, et bien délibérées de combattre, lesquelles monseigneur d'Enguien avoit envoyées suivant le mandement du roy.

N'aguères je vous ay dit comme le seigneur Pierre Strozzy fut def&ict, si est-ce que, sa personne s'estant sauvée, retourna à la Mirandole, auquel lieu luy et le duc de Somme , qui avoit esté prisonnier en icelle defifaicte , mais avoit esté relasché par le prince de Saleme, son parent, qui craignoit que , s'il tomboit entre les mains de l'empereur il fîist maltraitté , firent nouvel amas de six mille hommes de pied, et délibérèrent de passer par le duché de Milan, en despit des Impériaux, pour se venir joindre à monseigneur d'Enguien , lequel estoit despourveu de forces. Car, outre les douze mille hommes, tant François qu'Italiens, lesquels on luy avoit levés, tous ses Suisses, hormis deux mille, avoient esté Ucenciés, ayans obligation d'estre payés en leurs pays. Le marquis du Guast, estant adverty de ceste nouvelle assemblée, amassa le plus d'hommes qu'il luy fut possible, tant de cheval que de pied, pour empescher ledit passage; de sorte que ledit seigneur Pierre fut contraint , parce qu'il n'avoit aucune cavalerie, d'abandonner la plaine et venir du Parmesan passer par lesmontagnesdesGen-

nois, où il endura beaucoup de peines et de travaux ; mais, ayant nouvelles que ledit marquis l'attendoit à la descente des montagnes, il envoya par espions advenir monseigneor d'Enguien de son passage et du chemin qu'il «itreprenoit de faire, lesquels le trouvèrent kTorlD, où ils'estoit retiré, parce qu'il n'avoit geuqoe pour la garde de ses places. Au mesmes instant, ledit seigneur d'Enguien eut pareiUemot advis par le seigneur de Coital, gouvenev de Quiéras , comme le marquis , pour ei4R plus fort pour combattre ledit seigneur Pierre, avoit tiré les garnisons de toutes ses pbca, y laissant seulement gens pour la garde deh porte, mesmes qu'il n'estoit demouré dedios Albe que le seigneur Chiapin Mantonan, gouverneur du lieu, avec environ cent ousix-Tiogts hommes.

Ayant eu ces nouvelles, ledit seigneur dloguien , encores qu'il fost foiMe d'hommes, et qu'il n'eust un escu, mesmes qu'il fustden an Suisses qui luy restoient leur payementdeqoitre mois , se prépara toutesfoys à deox eotRprinses tout ensmble, c'est-à-dire de surprendre Albe , et de secourir le seigneur Piètre Strozzy. Et , à telle heure tel disner, dépesda le seigneur de Montafié pour aller i on petit chasteau, nommé le Chastelet , lequel il tCDoit au-delà d'Albe, tirant le chemin de Savonne et du pays des Langues, et trouver moyen d'advertir ledit seigneur Pierre qu'il eust à prendre le chemin dudit Chastelet, et puis de là ai Albe, qui estoit chemin que l'ennemy n'estimeroit jamais qu'il deust prendre; et que audit liend'Albe il trouveroit ledit seigneur d'Enguien rftc(p» toutes les forces, tant de cheval que de pied. qu'il pourroit mener pour le recueillir. Ce blet, alla au giste à Carmagnolle, pour foire marcher les Suisses qui y estoient ; ce qn'ik révisèrent , par faulte de payement , remonstrafli qu'il n'y avoit moyen de mener lescoropagnoû* sans argent , veu le long temps qu'il y nroit qu'ils estoient abusés. Mab enfin lenrfot promis de leur donner vivres sans payement, jaques à ce qu'ils fussent de retour à CanBagnolle; qui estoit tout ce que mondit seigneor d'Eng'iien pouvoit offrir , pour n'avoir on seul escu en tout son camp , joinct les pCTsoaa<* qu'il leur feit de l'accroissement de Tbonnear qu'ils auroient de faire teste, avec la ff^ trouppe qu'ils estoient, à un lieutenant d'einp'

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