‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 407 sur 428 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

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ee iîiisaat, te fassent mises eft évidente perdb tion ; car, girant pour les coiqbaUFe, leq enne-r mys avoient temps de les aborder à pleine voille« et par ainsi les tresbacher. Toatesfoys» le prieur de Gapoue, frère du seigneur Pierre Strqisy , ne pouvant plus comporter eeste indignité, se confiant en l'agilité de sa galère, oommafiça i| tourner sur un, lequel, ayant devancé l^s autres, tenoit presque une de nos galères par pouppe ; mais ee navire, pour estre plus court, tourna plus tost, et redressa son chemin devers ■on corps de battaille, et depuis, ny luy ny les autres se mirent à suivre. Ce pendant moniîeur Tamiral estoit dedans son navire, ayant &iet mettra lep autres en armes, selon Fordon* nance cy -dessus exprimée, et jà estoit pour donner le sigpe de combat, s'il n'eust veu les onnemys eux retirer de leur chasse e\ repreur dre le chemin de leur fort : à quoy il cognent seurement qu'ils attendoient qu'à la confiance de nos forces, nous vinssions témérairement à les trouver à nostre désavantage, et que leur intention estoit de suivre nps galères en tant qu'ils le pourroîent faire sans rien bazarder, esr pérans nous attirer sur les bancs et battues. En ce confliet, nous £sismes perte de quelques forçats et de quelques soldats privés; d'hommes de nom, il ne s'en perdit pas un.

Ayant monsieur l'amiral eompfins l'intention des ennemys, se résolut de tenter par autres moyens de les attirer : car, ayant nouvelles que le roy d'Angleterre estait arrivé à PorsCr mue, eut opinion que, faisant descente m terre, gastant et bnislant son pays à sa veue, et , presque entre ses mains, tuant ses hommes, que l'indignation qu'il prendrait de telle injure, la compassion qu'il auroitxlu Mmg et mort de ses sujets, et le gast et bruslement de son pays resmouTcroient tant qif il Ceroit partir ses ntr vires pour aller au secours, principalement n'en estant éloigné de deux traits de canon ; ou, s'il n'y vouloit entaddre, le despiaisir de ses auje(s, se voyans n'estrt en riens relevés de la présence du prince, poi^rroit engendrer quelque sédition et mutinement au pays. La deseente se feit en trois divers lieux tout en un temps, pour tenir la force des ennemys séparée : en un costé fut mandé le seigneur Pierre Strozzy, pour descendre aa-dessus d'un petit fort où les ennemys avoient quelque artillerie», dont ils battoient nos galères par flanc : là de-

dans s'estoit retiré un nombre de gens de pied du pays, lesquels, ayans veu la hardiesse des nostres, abandonnèrent le fort, et se mirent en fuitte dedans un bois taillis, vers les parties méditerranes : nos gens à la poursuitte en tuèrent quelques-uns, et briislèrent le§ maisons circonvoisines.

£n autre endroict descendit le seigneur de Thays, général des gens de pied, et avecques luy le barop de la Garde, général de nos galères. Eux, n'ayans trouvé résistance à leur descente, tirèrent avant, pour recognoistre et considérer le pays, mais ils n'allèrent guères loin, qu'ils ne trouvassent aucuns escadrons de gens de pied, qui, par vojes secret tes et couvertes par les bois, s'estpient assemblés es lieux plus opportuns pour le combat à leur avantage ; à la confiance de quoy ils feirent teste à nos gens, et en blessèrent quelques-uns; et, entre autres, le seigneur de Monin y eut la main droiote percée d'un coup de flesche : mais le reste de nos gens, marchans en battaille, leur feirent abandonner leur lieu, et se retirèrent à vau-de-roupte par les mesmes chemins qu'ils estoiant venus, par lesquels on ne les pouvoit suyvre qu'en désordre et à la file. En autre endroict descendirent les capitaines Mar* say et Pierrebon , capitaine^ de galères, lesquels furent Messes en un combat coptre une trouppe d'Angiois qui s'estoient assemblés. Les autres gens de guerre estoient ce pendant as navires, attendans le commandement de mon^ sieur l'amiral pour sortir : aucuns desquels , voyans le feu de tous costés par pays, et la lisière de la mer abandonnée h nostre liberté, descendirent secrettemeat et sans congé en lieu esloigné de leur coronal, pour n^estre par luy empeschés ; lesquels , descendus sans conduittt et sans chef pour leur commander, s'espandirent plus franchement pour le pays et sans considération. Ayans, à la veue des ennemys, ^gné le bauh d'une montagne qui traverse l'isle d'Huictfa en largeur, furent assaillis par gens de cheval et de pied si vivement, quequet^ ques-uns fuivnt tués, et autres prias, et le reste poursuy vis ta désordre jusques au bas de la montagne près de la marine, où, à la faveur da nostre armée et d'une haye et fossé qu'ils trou* vèrent, se rassemblèrent et feirent testeàl'adveu de leurs compagnons qui estoient dedans les navires ; dont plusieurs, d» ce esmeus, mon-

tèrent en iMtrque à grande haste, et allèrent à leur secours : qui leur donna tel cueur qu'ils regaignèrent la montagne, mettanslesennemys en chasse, qui se retirèrent loin en terres jusques à un ruisseau qu'ils passèrent par dessus un pont qu'ils couppèrent pour crainte d'estre suyvis des nostres, et là se tindrent coys, attendans du renfort. Cela venu à la cognoissance de monsieur l'amiral, craignant que ses gens, estans sans chef, vagabonds, ne receussent quelque honte, commanda au seigneur de Thays d'y aller en personne pour les faire retirer; ce qu'il feit.

Le jour ensuyvant ledit seigneur amiral, ayant veu que par nul moyen se pouvoient attirer les ennemys au combat, délibéra les aller assaillir au lieu où ils estoient. Et , sur ceste délibération, assembla en public tous les pilots, capitaines et mariniers, pour mieux entendre la nature et la qualité du lieu, et le remède que l'on pourroit prendre contre la difficulté des bancs cy-dessus mentionnés, leur remonstrant combien nous estions supérieurs, tant de nombre de navires que de valeur d'hommes, et quel proufQt porteroit au roy et au royaume une telle victoire, laquelle il tenoit certaine qui pourroit aller jusques à eux. Les hommes, tant capitaines que soldats, se trouvèrent prompts de vouloir aller au combat; mais l'incommodité du lieu leur apportoit tant de hazards, que les capitaines de marine et pilots asseuroient n'estre possible d'y aller sans évidente perte. Et les raisons qui les mouvoient estoient telles, qu'il falloit entrer par un canal par lequel ne pourroient arriver que quatre navires de front ; ce que aisément les ennemys pouvoient defTendre, présentant pareil nombre de navires en teste ; avec ce, on n'y pouvoit aller qu'en faveur de U courante et du vent, et quand les quatre premiers navires seroient empeschés, ladite courante porteroit sur eux les autres qui les suivoient, et les fracasseroient; et outre ceU, qu'ils avoient à combattre près de leur terre, de laquelle à coups de canon ils seroient favorisés à nostre préjudice ; ce que encores n*estant receu en considération, il devoit estre certain que, si les navires s'abordoient et accrochoient , la force de la courante les jetteroit en terre les uns sur les au très. En cest endroict fut parlé de combattre à l'ancre, à quoy respondirent les pilots que les

cables se pourroient couper; et , là oà ib ne se couperoient, que le danger n'en seroit moiodre, car la courante est de telle nature, qa'eiie fuit tousjours girer la proue des na\ ires devers soy, et, en ce faisant, se monstrerottlapooppe de nos navires à nos ennemys, en lieu de leor présenter la prouê ou le costé. A ces rusoos en adjoustèrent une autre : qu'ayans jette fincre, les navires ne s'arresteroient pas tout court, car ils vont de telle force que , les contnignant, ik tresbucheroient ou romperoieot l'ancre ou caMe; et partant, il hvx filer et couler les cables peu à peu, pour, par ceste mesmes sorte, arrester les navires; et, venam à ce bire, ils pourroient aller jusques à toucher la terre, et s'ouvrir et perdre.

Ces raisons se trouvèrent si apparentes qoe l'on n'y pouvoit contredire. Mais monsieQrramiral et autres capitaines, craignans que la pilots (combien qu'ils fussent tous coDfonMS à leur dire ) ne feissent par couardise les choses plus difficiles qu'elles n'estoient , ne se voulurent satisfaire qu'ils n'eussent envoyé sooder le fond du canal, mesmes sa largeur, et coDsidérer l'avantage que le dedans du goulphe portoit aux ennemys; et, pour ce faire, doou commission à trois pilots, accompagnés (fantant de capitaines, pour la nuict sonder tootà loisir et vaquer à cest affaire. Le matin, à lenr retour, ils feirent rapport tout conforme à ce que vous avez ou! , et dirent davantage qoe l'entrée du canal n'estoit droicte, mais sinoeose et tirant vers les ennemys, de sorte qu'on otvire estranger y pourroit à peine entrer sans pi lot, et y allast-il sans souspeçon ny doute do combat. Le rapport fait en la présence des capitaines. Ton meit en délibération ce qui seroit plus expédiant pour le service du roy, oo se lever de là pour prendre chemin vers Picardie, et favoriser nos gens, et empescber le secoors des Anglois d'aller à Boulongne, ou d'entendre à la fortification de l'isle d'Huicht, qui seroit au grand dommage du royaume d'Angleterre. Entre autres raisons qui induirent aacoos seigneurs assistans à vouloir fortifier l'isle, fiutDt celles-cy : que, l'ayans en nostre puissance, aisément nous viendrions à estre seigneurs v Porsemue, qui est un des plus beaux port* d'Angleterre, et par ce moyen, tiendrions ks ennemys en incroyable despence, ayans à entretenir continuellement année, tant par inff

que par terre, pour Caire teste à nos gens ; et outre, nous serions sur le passage d'Espagne et Flandres, que nous tiendrions à nostre plaisir; et que, avecques le temps, Tisle se pourroit cultiver, et rapporter vivres pour la nourriture de la garnison que le roy y tiendroit. . Ces utilités semblèrent grandes et fortes à considérer; mais au contraire débattoient autres difficultés non de moindre considération : la première, que au lieu trouvé plus commode à fortifier, pour estre de forme demy-circulaire, faudroit, à Topiniondesseigneursde Thaysetde Sainct-Remy, et autres à ce cognoissans« édifier trois forteresses tout en un temps : deux sur les deux poinctes du demy-cercle, pour la deffence de la rade et protection de nos navires, et une autre sur la rotondité, pour loger nos gens ; ce qui monteroit à extresme despence, et ne se pourroit achever en moins de temps que de trois mois, encores qu'on eust six mille pionniers; et que le lieu estoit tel, pour estre au cueur des ennemys, que Ton n'y pourroit laisser moins de six mille soldats, chose impossible pour Pheure, laissant les vaisseaux armés. Et autre plus, que l'armée ne se pourroit esloigner que les forts ne fussent en deffence; et de demeurer il leur estoit impossible, n'ayans port contre la fureur et tourmente des vents, ny vivres abondamment; et, s'approchant l'arrièresaison, qui est pluvieuse et venteuse, les navires n'y pourroient estre seurement , ny les soldats qui seroient laissés en terre ne pourroient résister à l'injure du temps , n'ayans habitation pour se tenir à couvert, ny tentes ny couvertures. Lesquelles incommodités déduittes, divertirent les autres de leur opinion, et fut conclud à différer ceste entreprinse jusques à la response de la volonté du roy. Quant à mon opinion, ne desplaise à celle des seigneurs de Tbays et de Sainct-Remy, il me semble que, veu l'afTection et le moyen qu'avoit le roy de se mettre en repos contre son ennemy le roy d'Angleterre, il se présenta une occasion pour ce faire, laquelle malaisément de longtemps s'offrira : mais Dieu conduit les choses en la faveur qu'il luy plaist.

Cependant les galères se refreschirentd'eaue, pour, le soir survenu, faire voille vers Douvres, costoyant ladite isle d'Huicht, pour de là traverser à Boulongne. L'endroict qui se trouva plu« commode à prendre Feaue estoit en un

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