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l'une l'autre de si près, que aisément V(m pouvoit compter les navires et juger de leur graa* deur.
En ceste navigation les ennemys portoient tousjours les praues devers la mer, faisant contenance de vouloir combattre, sans toutesfoys qu'ils perdissent la veue de leur terre : maisen«> fin, ayans veu nostre armée au-dessus du vent, et suivre en bonne ordonnance , sans plus dis-» simuler, mirent' les voilles , et dressèrent leur chemin en pouppe vers l'isle d'Huicht. Dont s'estant advisé le baron de la Garde, pour les retarder et donner le temps à nostre armée d'approcher , print opinion de donner en queue sur quelques navires qui, pour estre pesans, estoient demourés assez loin des autres , et , par ce moyen , le reste de l'armée alentiroit sa retraitte; mais sur-le-champ lèvent se refrescfait, sans toutesfoys commotion ny tourmente de la mer ; qui fut cause qu'ils se retirèrent sans désordre : si est^^e qu'on eut loisir d'estre plus de deux heures au combat avecques eux , et de si près » qu à peine pouvoit-on descharger nostre artillerie. Il n'y a faulte qu'ils n'espargnoient les nostres ; mais nos galères , pour estre plus bas» ses, estoient moins exposées à la fureur de leur artillerie. L'escarmouche fut bien cfaaulde, car le matin il fut veu en mer plusieurs coi^ morts, et force pièces de bois, et ne fut pas tiré moins de trois cens coups d'artillerie, tant d'un costé que d'autre. En combattant, la courante et h vent portoient les ennemys toutdroict vers leur port,et la nuict vintqui mit fin au combat. Le matin, quand on les alla recognoistre, on les trouva en heu de seureté; par quoy monsieur l'amiral print son chemin vers le Havre-de* Grâce, pour refreschir son armée et descendis grand nombre de malades ^ estoient sur nos navires: les gros vaisseaux vindrent descendre au Havre-de-Grace. Monsieur l'amiraU estant adverty que le roy estoit à Arques , alla sur une galère descendre à Dieppe., deux Heues près dudit d'Arqués, qui fut le lendemain de k my-aoust.
Vous avec entendu cy-devant comme le Biaresobal du Bîez avait asseuré le roy que son ibrt aommencé devant Bouloagne aeroît en deffence à la my-aoust ; par quoy (estant ce jour venu ) le roy, espérant exécuter l'entreprinse de Guinés dont est parlé cy-dessus , dépeseha le seigneur de Langey sur chevaux de poste , pour
aller en son camp devantBoulongne, et luy faire rapport de Testât auquel il trouveroit ledit fort. Lequel, y estant arrivé, le trouva aussi peu en defTence que huit jours après qu'il fust commencé : car premièrement il n'estoit assis sur la poincte qui estoit ordonnée, vis-à-vis de la tour d'Ordre , pour empescher l'entrée du havre; mais il estoit planté en un lieu appelle Outreau, vis-à-vis de la basse Boulongne, où il n'empeschoit en façon du monde l'entrée dudit havre. Les raisons qu'en donnoit le mareschal du Biez pourquoy il n'y avoit esté planté , estoient qu'on luy avoit faict entendre qu'il ne s'y trouveroit eaue, et que, pour les vents, les soldats n'y pourroient faire demeure: aussi le mareschal du Biezsecoufioit en un Italien, nommé le capitaine Antoine Mellon, pensant qu'il fust bon fortificateur et homme de guerre. Ledit Mellon , ne sçachant ses mesures, avoit composé son fort de cinq houlleverts en quintangle; et, à ce que ledit fort fijst plus tost en deffence, avoit faict les fossés, tant des houlleverts que des courtines , de quarante pieds de large , et de profondeur dix-huit pieds, espérant, sur le bord du fossé par dedans, y faire seulement un rempart en forme de parapet,pour se couvrir, d'autant qu'il n'y avoit montagne qui luy commandast. Mais, estans lesdits fossés parachevés , et les terres jettées dedans pour servir à faire ledit parapet , estimant qu'il n'y faudroit plus que les fascines et gazons, se trouva qu'il avoit prins ses mesures si courtes , estimant le bas sur le hault, n'ayant esgard au talus qu'il estoit besoin de luy donner, que lA houlleverts se trouvèrent si petits, qu'il n'y avoit lieu où l'on eust sceu loger une pièce d'artillerie ; et mesmes le dedans du fort se trouva si serré , qu'il n'y eust eu espace pour loger cinq ou six cens hommes. Par quoy il fallut remplir lesdits fossés; et , parce qu'en les remplissant de terre remuée (la falloit lier de fascines et de gros chesnes debout , de sorte que pour ce faire on fut contraint d'y mettre la pluspart de tous les chesnes de la forest de Hardelot, voisine de lieue et demie de là, pour les planter debout à soustenir ledit rempart ), tout le charroy , tant de l'artillerie qu'autre, qui avoit accoustumé d'amener les fascines et gazons, fut employé, et tout ce qu'en six sepmaines ou deux mois avoit esté faict , demeura inutile, de sorte que ce fut autant d'argent et de temps perdu. Le seigneur de Langey, re-
tournant devers le roy, qu'il trouva à Senerpont , fei t ce rapport ; mais le lendemain arriva le seigneur de Sainct-Germain, Gascon, devers le roy, envoyé de la part du mareschal du Biez, lequel asseura le roy que dedans huict jours le fort seroit en deffence. Le roy, adjoustant foy au dire dudit seigneur du Biez, qui estoit son lieutenant général et mareschal de France, espérant que le rapport seroit véritable , s'ach^ mina pour marcher en avant , et s'en alla à Foresl-Montier , abbaye près de Rue; duquel lieu dépescha ledit Langey de rechef pour aller audit fort, et y faire séjour de huict jours, et considérer de jour à autre combien se haolsoient ses houlleverts et courtines,aiînquepar ce moyen on peust faire jugement dedans quel temps on se pourroit asseurer que le roy se peust aider de son armée pour luy servir ailleurs; laquelle armée estoit de douze mille lansquenets, douze mille hommes de pied françois, six mille Italiens à pied, et quatre mille I^Iodnaires, environ mille ou douze cens hommes d'armes, et sept ou huit cens chevaux légers. Arrivé ledit Langey au camp , exposa audit mareschal du Biez , en la présence de tous les capitaines, tels que le seigneur delaRoche-da- Maine , le seigneur de la Guiche , le seigneur d'Estrée , le seigneur de Villebon , le seigneur de Heilly, le seigneur de Brissac, général de la cavalerie, le comte Rin-Grave, et plusieurs autres capitaines , la charge qu^il avoit du roy; mais ledit mareschal déclara en ladite compagnie qu'il avoit advertissement que l'ennemy s'assembloit à Calais pour venir secourir Boulongne par terre , laquelle , à ce qu'il disoit, il tenoit pour affamée ; et que , à ceste occasion, il estoit délibéré de passer la rivière et abandonner le fort, laissant seulement trois ou quatre mille hommes dedans , et aller loger sur k Mont-Lambert, pour estre en teste à l'ennemy, et luy donner la battailie, s'il venoit pour secourir ladite ville. Plusieurs des capitaines ne trouvèrent qu'il fust vraysemblable que TAnglois voulsist bazarder une battailie par terre, attendu qu'il n'estoit si fort que nous, pourve nir renvit ailler sa ville, laquelle , tous les jours à nostre veue et sans danger , il refreschissoit par mer, et qu'en un navire seul on peut porter plus de vivres qu'en mille chariots ; à ceste o^ casi(»n, ne pouvoicnt trouver bon qu'on abandonnast ledit fort pour passer Teaue , attendu
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mesmement qaè, passant de là, on retardoit de beaucoup la fortification ; qui n^estoit Pintention du roy, car, partant le camp, on ostoit la commodité de quatre ou cinq mille soldats , tant firançois, lansquenets, que italiens, qui tous les jours travailloient au rempart, et de cinq cens pionniers de Tartillerie , qui Cetlloit qu'ils raccompagnassent, et de cinq cens chevaux de laditeartillerie, lesquels ordinairement amenoient fascines et gazons. Toutes lesquelles remonstrances n'eurent lieu , car le lendemain matin , sans autre résolution du conseil , dès le poinct du jour, il envoya le seigneur de Villebon faire rabiller le passage du pont de Brique, pour passer Tartillerie et Tarmée. et alla loger au Mont- Lambert, ainsi qu'il avoit délibéré, sansen riens faire entendre au seigneur d'Estrée qui estoit mareschal de camp a vecques ledit Villebon , d'autant qu'il savoit que ledit d'Estrées n'estoit de ceste opinion. Pour dire vérité, j'estime que ledit du Biez le faisoit par braverie, et moy-mesmes luy remonstray à part que ce n'estoit l'intention du roy, mais je n'y prouffitay riens; et depuis, le roy me dit qu'il pensoit que ledit mareschal n'eust voulu que Boulongne eust esté reprinse, craignant perdre son auctorité de commander aux princes et à tme si grosse armée.
Les nouvelles entendues à la cour que le mareschal du Biez alloit donner la battaille, toute la jeimesse qui estoit près du roy, espérant estre à ceste journée , deslogea pour s'y trouver , aucuns sans congé du roy, autres avecques congé. Entre autres partirent monsieur d'Enguien, monsieur d'Aumalle, monsieur le duc de Ne vers, monsieur le comte de Laval, monsieur de la Trimouilic, et tous le reste de la jeunesse ; lesquels vindrent trouver le camp au Mont-Lambert; et se logea monsietir d'Aumalle à l'avant-garde, laquelle monsieur de Brissac conduisoit. Ledit lieu de Mont-Lambert est si près de Boulongne , que coup à coup nostre artillerie donnoit dedans la ville, et celle de la ville dedans nostre camp, et tous les jours se faisoient de belles escarmouches, où en demouroît et des leurs et des nostres.
Ce pendant le roy estoit en ladite abbaye de Forest-Montier , qui tired' Abbeville à Montreul, à unze lieues de Boulongne; auquel lieu de Forest-Monstier, après y avoir séjourné quelques jours, monsieur d'Orléans, second fils du roy, jeune prince de l'âge de vingt-trois ans,
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fut saisi d'une fièvre continue, que les médecins estimoient pestilencielle, à laquelle ils ne sceurent remédier, qu'il ne rendist l'ame à Dieu le
huictiesme jour de septembre, et le
jour de sa maladie. Qui ne fut (à ce que vous pouvez considérer) peu d'ennuy au roy son père, d'avoir perdu deux de ses enfans, sçavoir est l'aisné et le dernier, en la fleur de leur âge adolescente ; mais, à l'imitation de David, print la fortune comme chose venant de Dieu ; et, pour passer sa douleur, et aussi qu'on estimoit que mondit seigneur d'Orléans estoit mort de peste (ce qui ne fut trouvé véritable; vray est que le pays estoit fort infecté de mauvais air, pour la nécessité que la guerre et le feu y avoient apporté), deslogea promptement dudit lieu de Forest-Monstier, et alla coucher en un village nommé l'Hospital, à l'autre bout de la forest de Cressy; où estant arrivé, et voyant la diversité des rapports qu'on luy faisoit de jour en autre de la fortification de son fort, à cause de quoy il ne pouvoit conclure du moyen qu'il auroit de se servir de son armée, dépescha, pour mieux s'en résouldre, monsieur Tamiral d'Annebault, et, en sa compagnie, le prince de Melphe, maréchal de France, et le seigneur de Maugeron, chevalier de son ordre et gouverneur de Dauphiné, pour aller devant Boulongne, afin de recognoistre le fort, et luy rapporter au vray en quel estât il se trouveroit, et avecques eux le seigneur de Langey, qui par plusieiu*s foys y avoit esté, pour leur faire entendre sur le lieu ce qu'il en avoit cogneu.
Peu de jours auparavant^ les garnisons d'Ardres et celles de Calais et de Guines estoient en courses continuelles les unes contre les autres; et entre autres, s'estoit faict une entre prinse par le seigneur de Dampierre, lieutenant du roy dedans Ardres, ayant appelle du camp, pour son renfort, le seigneur de Tavannes, lieutenant de la compagnie de monseigneur d'Orléans, avecques icelle compagnie, en laquelle, après quelque perte des nostres et des ennemys, ledit Dampierre fut tué.
(1546) Monsieur TamiraK ayant prins congé du roy pour aller au lieu prédit, alla coucher à Montreul; partant duquel lieu, et arrivé au Neuf-Chaslel, trois lieues deçà Boulongne, tomba malade d'une fièvre chaulde, si véhémente, qu'il fust contraint de demeurer audit Neuf-Chastel. Par quoy le prince de Melphe, les
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geigneurs de Mangerôn etdeLangey, parachevèrent le chemin, pour faire rapport an roy de ce dont ib avoient ciiarge. Le prince de MeU phe, arrivé audit lieu, ayant bien visité le fort, et considéré le temps qu'il estoit commencé, et le temps qu'il failoit pour Tachever, jugea qu'on seroit bien avant en Thyver devant qu'il peust estre en estât d'estre defTendu, sans avoir l'espaule d'une armée. Et, après toutes ces choses bien considérées, retourna trouver ledit seigneur Tamiral, encores malade au chasteau de Courteville, trois lieues par delà Montreul, sur le chemin de Boulongne, d où ils s'acheminèrent pour retourner devers le roy, luy faire rapport de ce qu'ils avoient trouvé. Lequel, voyant son espérance perdue, et la saison trop tardive pour ceste année se mettre en campagne, se retira à l'abbaye de Sainct-Fuscien, deux lieues au-dessus d'Amiens, à cause que la peste estoit dedans la ville.
Ce pendant que ledit seigneur amiral et le prince de Melphe se retirèrent devers le roy, à raison de la proximité du Mont-Lambert, où estoit assis nostre camp, ordinairement s'y fiiisoient de belles et grandes escarmouches ; et entre autres, un jour, monsieur François de Lorraine, duc d'Aumalle, jeune prince de grande volonté, fils aisné du duc de Guise, estoit allé pour veoir l'escarmouche; mais, voyant nos gens la soustenir assez lentement, et estre sur le poinct d'estre renversés, pour les remettre debout, voyant une trouppe d'Anglois qui les venoient charger par le flanc, et se pensant asseuré que plusieurs qui estoient près de 6a personne ne l'abandonneroyent » chargea lesdits Anglois si vigoureusement qu'il les arresta sur cul ; mais, n'estant suyvi comme il cspéroit, receut un coup de lance dedans la veue, qui tuy dcmna entre le nez et l'œil, et entra dedans la teste environ demypied : car il fault entendre que le fer de la lance estoit à trois quarres» et n'estoit gros, et avoit environ une paulme de long, lequel entra tout dedans la teste avecques la douille, et bien deux doigt du bois; la lance rompit, et luy demoura le tronçon dedans la teste. Toutesfois, pour ledit coup, il ne perdit ny les arçons ny l'entendement ^ dont bien luy print, car, s'il fust tombée jamais homme ne i'eust sauvé *s mains des gens de pied anglois, qui en pronoienl peu À mercy. Estant retourné au «amp, tous tes
chirurgiens doutôieiit fort que la force dont il convenoit user pour retirer ledit tronçon hors de la teste ne mist ledit prince en haz&rd, ne pouvant supporter la secousse, et, par ce moyen, qu'il rendist l'esprit entre leurs maios: mais il porta la douleur aussi patiemment que qui ne luy eust tiré qu'un poil de la teste. Ce nonobstant, estant porté en une httière jnsf]»» à Piquigny, il fut deux ou trois jours qu'on ne luy espéroit vie ; à Toccasion de quoy il dispon de toutes ses afE&ires, en pourvoyant tous ses serviteurs. Quant à moy, je pense asseuréroem que Dieu luy sauva la vie, non pas les médicamens des hommes, et qu'il le préserva, afin qoe par cy-après le roy en tirast plus grand service.
Il se feit plusieurs autres faicts d'armes qui seroient malaisés de mettre icy par escrit, et, entre autres, un auquel François de Toatte A, seigneur de Menainville, frère du sdgnenr de Villebon, fut tué à coup de lance et depicqve. Autre jour, Jean de la Vieuville, seigneur du Fretoy, jeune homme de Picardie, promettant beaucoup de soy, tomba au pareil danger qoe ledit Toutteville; et fault entendre qoc l'avantage estoit grand pour l'Anglois, d'autant que, du costé où se dressoient les escarmouches (qui estoit devers le chasteau tirant à la tour d'Ordre, et dudit chasteau dévalant à la tour Sainct- François), le roy d'Angleterre Tannée précédente y avoit assis son camp, pour assiéger la ville, à cause de quoy y avoit de grandes trenchées, et plie»ieurs fossés où estoient logés ses lansquenets; et nos gens, les cuydans suyvrei quand ils les avoient repoulsés, tomboient de dans lesdites trenchées.
Èsmesmes jours, considérant le roy qne, » l'occasion de l'hy ver qui approchoit, sonentreprinse de Guines estoit Saillie, et qu'il estoit adverty que l' Anglois avoit envoyé en Alien^ gne faire levée de dix mille lansquenets et quatre miHe chevaux haidts allemands, pour, passant par le pays de l'empereur, se venir joindre avee ques son armée en la terre d'Oye, et, avecqn» ce renfort, lever le siég« de devant BoeloDgne, délibéra de pourveoir audit passage, à ce qw. sous umbre d'iceluy , Ils ne feissent descente ao pays de Thiérache, et es environs d'AuiwtoOi Vervins et Guise. Et, afin qu'il peust mettre or- ^re à toute sa frontière, et que, ce pendant (fà voudroît assaillir autruy, on n'efttrast en ses pays, il s'adienMna pour tirer a la Fère-sr
Oise, duquel lieu 11 ponvoit ordonner des affaires selon qu'ils s'ofïriroient. Mais œ ne fut, que premièrement il n'eust mandé au mareschal du Biez qu*il eust à assaillir la terre d'Oye, et la ruiner, et tout brusier, à ce que ladite armée que le roy d'Angleterre faisoit venir d'Allemagne ne trouvast de quoy se refreschir, et mesmes pour lever à l'ennemy la commodité d'icelle terre, d'autant que la ville de Calais, celle de Guines, et le chasteau de Ham, que le roy d'Angleterre a en terre ferme, n'ont refreschissement quedecedit lieu; et, s'il fait descente deçà, n'a autre endroict où se puisse loger son armée, attendant l'un Tautre; car une grande armée de mer ne peult passer tout en un passage, et il faut lieu pour refreschir ceux qui descendent, les premiers attendans le reste. L'assiette de la terre d'Oye est marescageuse et fertile en herbages, laquelle peult avoir quatre lieues de long et trois de large, ayant d'un costé la mer; et est à l'un des bouts, devers la mer, la ville de Calais, et à l'autre bout la ville de Gravelines, qui est des pays de Flandres. Devers la terre ferme, et le long du bord du marais, est située la ville de Guines et le chasteau de Ham; et au bout, tirant en Artois, est la ville d'Ardres, qui est au roy ; et plus avant, estoit le chasteau de Tournehan, assis au pays de Flandres, plusieurs Coys miné par nostre armée.
Le mareschal du Biez, qui estoit encores eitmpé à Mont-Lambert, ayant receu le commandement du roy, se mit au chemin, pour, selon le vouloir dudit seigneur, entrer en la terr« d'Oye. Le seigneur de Brissac avoit la chhTge de conduire l'avant-garde aveeques sa compagnie de gens d'armes, et les chevaux légers dont il estoit général ; la compagnie de nxMiseigneHr le connestable, conduitt«par le 8eig4f)eur de la Guiche, et cinquante hommes d'armes, 60«sla charge du seigneur de Heilly; la compagnie du seigneur de Soisy, celle du seigneur de la Roche du Maine, et autres ; et ie seigneur de Thays, générai des gens de pied françois; et graade jeunesse quiestoit venue de la cour en espérance de combattre, comme j'ay dit cy-devant ; entre autres, monsieur François de Bourbon, seigneur d'Enguien; leducd'Aumalle ; le duc de Nevers ; le comte de Laval, qai fut ce voyage blessé en une bras d'une arquebouzade ; et plusieurs autres que je ne nom-