‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 42 sur 428 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

ConamentleboQ ohevalierpriDtimstrésQrtardl los hoMM, qui portoienl qufoze mille ducals au grant cappitaioe FerraDde, et ce qu*U en St.

Environ ung mois après ce combat que les trefves furent faillie^, fut le bon chevalier adverty par ses espies qu'à Naples avoit tw trésorier qui changeoit monnoie à or pour rapporter là par où estoit le grant cappitaine Goozalles Ferrande, et ne pouvoit bonnement passer que ce ne feust à trois ou ^quatre mille près de sa garnison. Il ne dormit pas depuis qu'il le sceut, sans y faire faire si bon guet que l'on le

vint advertir qu'il estoit arrivé en une place que tenoient les Espaignols, laquelle estoit seulement à quinze milles de Monervyne, et que le matin, aceompaigné de quelques genetaires * pour sa seureté , estoit délibéré se retirer devers le grant cappitaine. Le bon chevalier, qui grant désir avoit d'empoigner cest argent, non paspour luy , mais pour en depparttr à ses souldars, se leva deux heures devant jour, et s'en alla embu cher entre deux petites montaignes, aecompaigné de vingt chevaulx et non plus. Et envoya <i*iing autre costé son compaignon Tardieu avecques vingt-cinq Albanoys, affin que s'il eschappoit par ung costé ne peust eschapper de Pautre. Or le cas advint tel que, c'est que environ les sept heures au matin, les escoutes dudit bon chevalier vont ouyr bruyt de chevaulx, qui lui vindrent dire. Il estoit si à couvert entre les deux roches qu'on feust aisément passé sans Tappercevoir ; ce que firent 4es Espaignols, qui au mi* lieu d'entre eulx avoient leur trésorier et son homme, lesquels en bouges derrière leurs chevaulx avoient leur argent. Quand ils furent oultre passés, ne fut faict autre demeure, sinon que le l)on chevalier et ses gens donnèrent dedans en cryant : « France! France! à mort! à mort ! » Quand lesdits Espaignols se velrent ainsi chargés et pris en désarroy , cuydans qu'il y eust eu beaucoup plus grant nombre de gens qu'il n'y en avoit, se mirent en fuyte vers Barlète. Us furent ung peu chassés et nonpasioing, car on n'en vouloit que au povre trésorier, lequel fut prins avecques son homme et mené à Monervyne. Eulx arrivés, feurent desployés leurs bouges, où Ton trouva beaulx ducats. L» bon chevalier vouloit faire compter, mais ledit trésorier en son langaige espaignol dist : « Nop contais, Segnor; sono quince milia ducados. • Sur ces cntrefajctes va arriver Tardieu, qai, quand il vit cette belle monoye, feut bien desplaysant qu'il n'avoit £ut la prise ; toutesfois dist au bon chevalier : « Mon compaignon, je y ay ma part comme vous, car j'ai esté de Tentreprise, '— U est vray, dist le bon chevalier en soubsriant, mais vousn'avez pas esté de la prise.* Et pour le faire débattre dist encore : <« Et quand bien vous en eussiez esté, vous estes soubs ma charge et je ne vous donneray que ce qui me plaira. » Sur cela se courroucea ledit Tardieu ;

(i) Cavaliers moolcs sur petits chevaux appelés genett.

Page 1