‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 45 sur 428 · PAR LE LOYAL SERVITEUR, CHAP. XXV · texte numérisé non relu

PAR LE LOYAL SERVITEUR, CHAP. XXV

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AÊigt des François ; mais ce ne peut si bien estre qoe piusîears d'entre cnlx et des mieul\ montés ne feussent portés par terre. Quoy voyant le bon chevalier, qui estoit encores tout armé et n'avoit faulte que de cheval, earle sim estoit espuisé, mist pied à terre, et sans le mettre en Festrier monta sur ung gaillart coursier de dessus lequel avoit esté mis par terre , par l'escuyer du bon chevalier, le Basco, Salvador de Borgia lieutenant de la compaignie du marquis de la Padule, gaillard geolllhomme. Quand le bon chevalier se vist (fessiffi monté, commencea à faire chose plus que merveilieuse, cryant : « France! France! Bayart! Bayait! que vous avez laissé aller. » Quand les E^ignols ouyrent le nom et la faulte qu'ils avoient Cadcte de luy avoir laissé ses armes après TaYoïr pris sans dire rescous ou non ( car si use fois eust baillé la foy jamais ne Peust faulsé«), le cueur leur faillit, et dirent entre culx : • Tirons oultre vers notre camp, nous ne ferons meshuy beau feict. » Quoy disant, se gectèrent au galop, et les François qui voyoient la ï«iyt approcher, très joyeulx d'avoir recouvert \cOT vray guydon d'honneur, s'en retournèrent lyeinent en leur camp, où durant huyt Jours ne cessèrent de parler de leur belle adveaUare et mesmement des prouesses du bon chevaKer. En ceste mesme année, envoya le poy de France Loys douziesme, en la comté de Roussillon, bon nombre de gens sous la condwcle du seigneur de Dunoys, pour la remettre entre ses mains; mais ils s'en retournèrent sans grant chose faire qui à hoimeur montast, et si y mourut de la part desdit» François ung gentil chevalier appelé le seigneur de la Rochepot. Depuis, je ne sçay de qui fut la faulte, leà François ne séjournèrent guères au royaulme de ^ples, et retournèrent en leur pays, plusieurs en assez povre estât ; et en passant par Aoine, le pape Jules leur fist tout plain de courtoisies, mais depuis les a bien vendues. Le vaiDaiit cappttalne Loys d'Ars, qui encore tenoit <pelqoe8 places en la Fouille, demoura audit ftyyaukne avec ledit chevalier, malgré toute la pwance yq[>anicque, environ ung an, auquel Icmpi ik ih^nt plusieurs belles saillies et lourde» escarmouches, dont de la plupart emportèw«l tousjours rhonneur. El plus eussent tenu lewsdiiîtes places, n'eust esté que le roy Loys leur maistre leur manda les laisser et eube en

venir; ce qu'ils firent à grant regret en l'an mil cinq cent yingt-quatre, et furent très honorablement receus d'ung chascun comme bien l'avoient mérité, mesmement de leur bon maistre le roy de France, qui, comme sage et prudent, print les fortunes de la guerre ainsi que pleust à Dieu les envoyer, auquel il avoit son principal recours. Je vous laisseray ung peu à parler de la guerre, et viendray à desduire ce qui advint en France et autres pays voisins durant deux ans.

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