PRÉFACE
ÏHC PKISCE NAPOLËOBT LOtJlS BOIf APARTE.
Le traducteur de cet opuscule n'a pas la préteu^ ûon de s'en fiùre gloire aux yeux du public. Si le Sn de Rome obtient quelque succès, tout le mérite ta reste à la relation énergique et consciencieuse
de l'historien contemporain. Son drame est effrayant, parce qu'il est vrai ; aussi le traducteur s'est-il fait scrupule de conserver, malgré leur longueur, toutes les scènes diverses et multipliées de cette catastrophe.
Jacques Bonaparte, historien, sera jugé par ceux qui voudront prendre la peine de lire sa relation ; le traducteur l'abandonne à la critique impartiale, sans rien ajouter aux éloges de l'éditeur de Cologne ( voir ci-après la préface de l'éditeur de Cologne). Il se contentera de remplir les lacunes de cette préface, en publiant sur la famille Bopaparte des détails authentiques, lambeaux d'histoires presque entièrement oubliées, mais au moins intéressantes pour ceux qui aiment à retrouver, dans les annales des temps passés, l'origine d'une illustration plus récente.
. Ceux des lecteurs, que cette courte dissertation génèilogique pourrait effrayer, sont priés de passer de suite au Sac de Rome.
S t. L'hiêloire de Trévise de Bonifazio fp. 128) rappelle qu'en l'année 1178, Jean Bonaparte fut envoyé par cette ville libre près du gouvernement de Padoue, pour se procurer les éclaircissements nécessaires^ relativement aux armements des Padouans, qu'on supposait destinés contre Trévise. 11 fallait, pour une commission aussi délicate, un homme doué de dextérité et de pénétration, qui eût la confiance de sa patrie, et que les Padouans ( naturellement et de tout temps assez graves et tiers) ne pussent mépriser comme ministre, ni pour sa naissance, ni pour son mérite personnel.
La chronique de Mauro afQrme que Jean Bonaparte a été un des premiers chevaliers de l'ordre de Saint-Jacques, eu Espagne, et le fondateur de l'hôpital de cet ordre dans Trévise. Cet ordre militaire, institué l'an 1170, exigeait des preuves de noblesse (Federici,5(orïa de' Cavalieri Gaudenti).
Le 21 décembre 1208, dans le traité de paix entre les villes de Padoue d'une part, et celles de Vérone, Vicence et Trévise de l'autre, interfuerunt in dicto conêilio Ergus Joannee Bonapars (Verci, 1. 1, n. xLiii, p. 51). On lit dans les Monumenta JEccleeiœ Àquilejeneiê du célèbre P. de Rubeis, que les feudataires du Frioul, mécontents de l'élection
NOTICE SI R JACQUES BUONÂP\RTE.
au Patriarcat d'Aquil^e, de Bertold de Mëranie, se révoltèrent contre la souveraineté ecclésiastique du Frioul, se procurèrent avec la bourgeoisie de Trévise Tappui de cette ville contre leur souverain. On en dressa un traité solennel, le 15 septembre 1229, m prœsentiam Bonisperii filii Joanms Bonapariiê,
S 2. L'année 1233, Barthélémy, évêque de Vicence, propage en Italie l'ordre des chevaliers Gaudenti ou de Sainte-Marie Mère de Dieu. Cet ordre a été institué en France, et ses trois premiers maîtres ont été Français. Les chevaliers Gaudenti, par une bulle d'Honorius iii, de Tannée 1221, devaient se conformer en tout , hors dans Phabit , aux règlements et statuts des Templiers, secundùm observantiam Ordinis Fratrum Militiœ Tetnpli. ils étaient mariés ; ils faisaient preuve de noblesse du côté paternel et maternel, comme dans Tordre de Saint-Jean, et avaient pour but de réconcilier entre eux les citoyens, et de ramener Tunion entre le-s villes d'Italie. On trouve nommé parmi les chevaliers Gaudenti, Bonsembiante Bonaparte y en 1270. Ce même Bonaparte influa beaucoup, Tan 1279, dans l'alliance entre Trévise , Padoue et Vicence ; il apaisa une sédition qui s'était élevée dans Padoue, et fut un des bienfaiteurs de Thôpitai de Trévise, où son testament est conservé.
Le 12 septembre 1267, Bonsembiante Bonaparte fiit nommé ambassadeur de Trévise au traité de paix entre Trévise, Padoue et Vicence (Verci, 1. 11. pag. 117 n. cLxx).
S 3. Le chevalier Nor aille Bonaparte y fils de Jean, a été en 1258, un des otages que la ville de Trévise donna à Eccelin de Romano, pour caution qu'on le dédommagerait dos dégâts que les Trévisans avaient faits sur ses terres. Le chevalier Nordille Bonaparte (Federici, 1. 1, pag. 246), Tan 1259, fut un des garants des anciennes conventions renouvelées entre les villes de Trévise et de Conégliano ( Verci, t. II, p. 24 ).
En 12C8, le 2 avril (Verci, t. II, p. 123, n. clxxvh), le prince Conradin de Sonabe, fils de Conrad, celuilà même à qui Charles d'Anjou fit trancher la tête à Naples, fut cautionné par Nordille Bonaparte, moyennant quelques balles de coton, pour la valeur des droits de douane dus, pour les effets dudit pnncC) à un certain Nascimben, qui apparemment avait pris à ferme la douane de Trévise.
La ville de Trévise ayant envoyé NordilJe Bonaparte comme son syndic chargé de procuration à Venise, il y conclut un traité de commerce entre sa patrie et la république de Venise, le 11 avril 1271 (Verci, t. II).
Nordille Bonaparte, Tan 1272, ayant été élu podestat de Parme, y fut reçu chevalier Gaudens, dans l'église des Dominicains de la même ville» au mo-
ment où il finissait son administration. C'était le premier gentilhomme de Trévise admis et reçu dans cet ordre. Le 21 mai 1280, par le moyen d'Hector Doglioni, docteur en droit, et son chargé de procuration, le chevalier frère Nordille fit acheter, pour 400 livres de piccioli de Venise, des biens situés à Trévise, dont il prit possession au nom de son ordre.
Le 3 avril 1290 (Federici, 1. 1, p. 349) , le cheyalier Nordille Bonaparte décéda, après avoir fondé un hôpital hors de la porte Saint-Thomas, dopt il donna le patronat aux chevaliers de Saint-Jacques de l'Épée ou de San-Jago en Espagne.
§ 4. Dans la moitié du xiir et au commencement du xiT* siècle, il y eut diverses émigrations et proscriptions de familles trévisanes. La première eut lieu de 1255 à 1257, occasionnée par les persécntions qu'essuyait le parti guelfe sous la tyrannie d'Albéric da Romano, seigneur de Trévise.
Le chevalier Pierre Bonaparte, fils da chevalier frère Nordille (n. xix, Federici, p. 346), Tan 1312, entra dans la coalition des Apponi et des Beraldi, pour détruire le pouvoir tyrannique que Richard et Guecello, seigneurs de Camin, exerçaient dans Trévise, sa patrie.
Le 3 novembre 1313, les Trévisans élurent le chevalier Pierre Bonaparte ambassadeur près de Cinle-Grand, seigneur délia Scala, souverain de Vérone (Verci, t. IV, p. 36). Ce chevalier était un des Quatuor Viri $apiente$y que la ville de Trévise chargea, avec Tévêque de Céneda, de délibérer sur les afibires publiques (Verci, t. VI, p. 36).
Les Trévisans envoyèrent dans les forts de leur district des gouverneurs pour les garder, et le che valier Pierre Bonaparte fiiit envoyé à Breda, au-dessus de Arlo (Bonif., p. 251).
L'an 1314, le conseil de Trévise nomma Pierre Bonaparte un des Sopragaibaldi, c'est-à-dire des commissaires généraux, chargés de pourvoir aux choses nécessaires à la défense du pays (Bonif., p. 263). Le 4 avril 1314, le chevalier Pierre, étant un des quatre anciens magistrats, proposa d'envoyer un ambassadeur à Padoue pour ofh*ir aux Padouans des secours contre le seigneur della Scala, souverain de Vérone (Verci, t. VII, p. 5).
Le 4 juin 1316, Guecello de Camin, avec pen de troupes, s'étant emparé de Feltre, où était podestat Pierre Bonaparte, qu'il renvoya chez lui, Tévêque Andrighieri tint ferme en se fortifiant dans Tévéché. Ce dernier écrivit, pour avoir du secours, aux Trévisans , et sa lettre est adressée : iapientibut ViHê, amicis prœcipuis, nobili Viro, Dom. Petro de Bonaparte^ Fettri potestatij etc. Le 16 du même mois, les Trévisans envoyèrent à Pierre Bonaparte des secours pour délivrer Tévêque de Feltre (Verci, t. VII, p. 104 ), et le 2 août 1316, le chevalier Pierre