CHAPITRE XXXI
lie mi de France entoya le seigneur <^ l# palisae aii
■***■* àt feDpereur avccqoes dnq cens hommes d*armeç 'I l>fci*iw miimhin^ desquels estoit le bon ctevalier.
Qwid le roy de France entendit que Padoue ^■tolt révoltée, fut bien marry, et encorps plus <kce qoec^estoit par la fkulte de l'empereur^ qolpiiir garder une telle ville avoit seulement «▼oyè huyt cens lansquenets ; toijtesfois, à la ^^fpaiB dudict empereur, copamanda au seipear de la Palisse qu'il print cinq cens des l*»g*iBard8 hommes tf armes qui fussent en Itofe, et qu'il s'en allast au service de Fempe-
reur, qui descendoit au Padouan. Ledit seigneur qui ne demandoit que telles commissions, car c'estoit toute sa vie que guerre, délibéra de foire son préparatif ; et comme il sortoît du cbasteau de Milan, trouva le bon chevalier auquel il dist : a Mon compaignon, pion amy, voulez-vous pas que nous soyons de compalgnie? n Si luy déclara l'affaire plus au long. Il qui ne demandoit pas mieulx, mesmement pour estre en sa compaignie, gracieuseipent luy respondit qu'il estoit à luy, pour en disposer à son bon plaisir. De ceste mesme entreprise furent le baron de Béam qui menoit une partie de la compaignie du duc de I*<emours, le baron de Conty qui avoit cent hommes d'armes^ le seigneur de Trévols, le seigneur Jules de Sainct- Séverin, le seigneur d'YÏobercourt et le cappitaine la Clayette, le seigneur de la Crote, lieutenant du marquis de Montferrat, et le bon chevalier. Avec lesquels cinq cens hommes (Tannes se misrent en compaignie plus de deux cens gentilshommes, et entre autres le fils aisné du seigneur de Bucy, cousin germain du granfmaistre, seigneur de Ch^umont, qui luy bai)}^ vingt de ses hommes d'armes et deux gai{lardi» gentilshommes, Tung appelé le seigneur Bpnpet, Breton, très repommé chevalier, et l'autre )e seigneur de Mypont, du duché de Bourgopgn^, lesquels le bon chevalier tenoit aveccnies luy comme ses frères, et fort les honoroit pour l^ grande prouesse qu'il sçavoit en eulx. 'L|î pas di^ gentil seigneur de la Palisse prest, comipence^ à marcher avec ses compaignons et se retira droit à Pesquerre. Cependant le roy de Francp print son chemin à son retour en son royaulmp, laissant sa duché et ce qu'il avoit conqi^is sur ses ennemys paisible. IT fault scavoir que , incontinent que les Véniciens curent repris Padoue, s'en allèrent courir jusqu'à Vipcence, qui incontinent se retourna ; aussi n'est-fsUe pas ville pour tenir contre puissance. Jk en voulurent autant foire de Véronne, mais Je J)op seigneur de la PaUsse qui en avoit esté adverty deslogea avecques ses coippaignpns (Jeux heures devant jour d'ung lieu appelle Villefranche, et se vint présenter devant la ville, q^i ]e^f ^Qfîpa crainte, et par ce moyen s'en rotonrnèrent lesdicts Véniciens vers Vincence ; mais s'ils eussent pu gaigner Véronne, le secours do seigneur de la PaUsse s'en pouvoit bien retourner, car la ville est forte et passe par dedans une ri-
CHRONIQUE DE BAYART,
vière fort impétueuse, tellement que, sans autre effort que de gendarmerie, n'eust pas esté rendue si tost. Bien en print au seigneur de la Palisse de sa bonne diligence, mesmement de celle du bon chevalier, qui toujours menoit les coureurs. Il n'avoit alors que trente hommes d'armes soubs luy , mais il y en avoit vingt-cinq qui méritoient d'estre cappitaines de cent. Toute ceste troppe de gendarmerie entra dedans Yéronne, où Tévesque de Traite, qui y estoit pour l'empereur, les y receust à grant joye, car il avoit belle peur ; ils furent seulement deux jours dedans la ville, fort bien festoyés des habitans, puis tirèrent vers Vincence, où incontinent que ceulx que la seigneurie y avoit mis le sceurent, deslogèrent et se retirèrent, les ungs à Padoue, les autres à Trévise. Dedans Vincence fut le seigneur de la Palisse et ses compaignons cinq à six. jours, attendans qudques nouvelles de l'empereur, lequel on disoit estre desjà aulx champs. Quand ils virent qu'il n'approchoit point, partirent et allèrent en ung gros village appelle Castel-Franc, où ils séjournèrent quinze jours ; cela estoit à dix mille de Padoue. Cependant arriva au camp des François le seigneur du Ru avecques quelques hommes d'armes bourgongnons et environ six mille lansquenets, que conduisoit ung seigneur d'Almaigne, gentil prince et hardy, entreprenant à merveilles, comme il a monstre tant qu'il a vescu ; on l'appel loit le prince de Hanolt. Au commencement d'aoust arriva Tèmpereur au pied de la montaigne, au dessoubs d'ung chasteau appelle Hassan, et tout son esquipage après luy, lequel, combien qu'il n'y eust pas grande montaigne à passer, demoura huyt jours entiers avant qu'il feust en la plaine. L'empereur veit le seigneur de la Palisse et les cappitoines francois auxquels il fit très bonne chère. Ceste veue première fut auprès d'une petite ville appellée Est, dont les ducs de Ferrare portent le surnom. Pour lors y avoit ensemble une des belles armées qu'on eust veue cent ans auparavant.