CHAPITRE XXXII
Comment remperear MaximOian alla meure le siège devant Padoue, et ce qu*tt advint dorant iceUuy.
L'empereur se fit longuement attendre , ce qui ennuyoit aux François ; mais vous devez
aussi entendre qu'il arriva en la plaine en empereur ; et si sa puissance eust bien voulu fatire son debvoir, c'estoit assez pour conquester ung monde. Il avoit cent six pièces d'artillerie sor roue, dont la moindre estoit ung faulcon, et six grosses bombardes de fonte qui ne se pouvoient tirer sur affust, mais estoient portées chascone sur une puissante chavrette, chargées avecqaes enginset quand on vouloit faire quelque batterie, on les dcscendoit, et quand elles estoient à terre, par le devant avecques ung engin on levoit ung peu la bouche de la pièce , soubs laquelle <m mettoit une grosse pièce de bois, et derrière on faisoit ung merveilleux taudis, de peur qu'elle ne reculast. Ces pièces portoient des boulets de pierre, car de fonte on ne les eust soeu lever, et ne pouvoient tirer que quatre fois le jour au plus. Il avoit en sacompaignie que ducs, comtes, marquis, et autres princes et seigneurs d'Aïmaigne bien six vingts, et environ douze mille chevaulx, cinq ou six ceas hommes d'armes bourguignons et hennuyers; de gens de pied lansquenets, ils estoient sans nombre, mais par estimation on les prenoit à plus de cinquante mille. Le cardinal de Ferrare vint pour son frère au secours dùdict empereur, qui amena douze pièces d'artillerie, cinq cens chevaulx et trois mille hommes de pied ; et autant ou peu moins en amena le cardinal de Manthoue. Brief, avec les hommes d'armes françois, on tenoit qu'au camp il y avoit cent mille combatans. Ung grant defTault estoit quant à l'artillerie, car n'y avoit équipage que pour la moytié, et quand on marchoit, estoit force qu'une partie de l'armée demourast pour la garder jusques à ce que It première bende fut deschargée au camp où on vouloit séjourner, et puis le charroy retoumoit quérir l'autre, qui estoit grosse feischerie. Ledict empereur se levoit fort matin, et incontinent faisoit marcher son armée, et se logeoit voulenticrs qu'il ne feust deux ou trois heures après mydy, qui n'estoit pas, veu la saison, pour refreschir les gens d'armes soubs leurs arme^. Le premier camp qu'il fist fut près du palais de h royne de Chypre, distant de Padoue huyt mille, où arriva le seigneur de MeiUault, ung jeune gentilhomme de France, hardy et entreprenant cappitaine, fils d'ung vertueux et sage chevalier, le seigneur d'Alègre , avecques bien mille ou douze cens adventuriers françois, tous gens d'eslilc et d'escarmouche. Er ce camp mesrac