CHAPITRE XXXÎY
fi^bfroeie et lourde batterie qui feost derânt PadouBi et de la grande brèche qui y feust faicte.
Les approuches falotes devant Padoue et TartiBerie assise, chascun se logea en soa quartiei' entroiscamps, suyvantFordonnancecy-devant dicte; et fault entendre qu'U y avoit tant de peofle qœ ledist camp tenoit de tons costés phs de quatre mille de pays. £t fut une mervetUeuse chose que, durant le siège qui fut de deax moys ou envir(Mi, les fourrageurs n'allércDt jamais plus loing que de six milles du camp, pour avoir Meds, avoynes, foings, poulailles, ^ins et autres choses nécessaires, tant pour les hommes que pour leschevaulx; et si grande haboodance en avoit que» quand fut levé le ûége^ fut bruslé pour cent mille ducats de vivres, dgjiDX on avoit £adt provision» cuydant que plog looguement durast le siège. C'est ung inçident) yei»ns à la matière. Le lendemain de FA]^^nmbe commoicèrent les canonniers à bire to* debvoir; et sans cesser dura huyt joon la batterie» qui fut la plus impétueuse et U plus terrible que cent ans auparavant avoit ^ veue, car il ftet tiré des trois camps plus de î'ingtmilte coups d'artillerie. Si l'empereur et ses gens sarvoient bien d'artillerie ceulx de la ville^ croyez que de leur part rendoient bien la parciletetbeaucoup mieulx ; car pourungbien qu'on kur fiiiscHt, en rendoient deux. Brief , la- ^cie v3le fut ai bien battue que de toutes les tt^ broches œ s'en fist que une. Durant ce ^c*H*ivt pris ung des canonniers de Fempereur» 9ii*0D (reuva, en Ueu de tirer dans la ville, qu'il tirait contre tes gens; et <fisoit-l'on que ce seigneur Cmistantm le luy faisoit faire ^ et qu pis estait, chascun jour advertissoit le comte de Mlano de ce qu'il avoit à faire* Je ne scay slleslote vray, mais le canonnier fut mis sur vtflttrtier ei «ivoyé par pièces en la ville. Il Ci Iêl dist assez d'injures au seigneur Constantfli,Mâsonne pouvoîtprouver le fitict sur luy. 1« seignemr de la Palisse l'appella lasdie et BKsehaatf et qu'il Ven combattroit^ mais nt
respondist rien à propos ; et en flst sur l'heure Fempereur, qui en esloit coyffé< Fappoinclement. Or, ces trois brèches mises &à une eëtoient seullement de quatre à cinq cents pas, qui estoit assez beau passage pour donner Fassault, car, quant aux fossés, ce n'estoit pas grant chose ; mais le comte de Petilano avoit si bien accoustré la ville par dedans que, s'il y eust eu cinq cens miUe hommes devant, ne seroient pas entres, si ceillx de dedans eussent Voulu, et vous déclaireray comment. Derrière la bfeche, pour entrer en la ville, avoit icelluy comte Petilano fait faire une trenchée ou fossé à fond dé cuve, de la haultetir de vingt pied^ et environ de la mesme largeur. En icelle avoit fait mettre force fagots et vieil boys bien enrosés de poudre à canon ', et de cent pas en cent pas y avoit boule vart de teite garny d'artillerie, qui ttrOît le long de ceste tranchée. Après icelle passée ^ s'il eust été possible, comme non sans la grâce de Dieu, toute Farmée des Yéniciens estant en ladite ville se trouvoit en bataille à cheval et à pied, car il y avoit belle esplanade jusques a mettre vingt mille hommes de pied et de cheval en ordre, et derrière estoient plates-formes où on avoit monté vingt ou trente pièces d'artillerie, qui par dessus leur attnée eussent tiré sans leur mal faire, droit à la brèche. De ce terrible dangier furebt advertys les François par aucuns prisonniers, qui aux escarmouches quelquefois estoient pris, et par leur rançon payée fendus, auxquels le comte montrôit toutes ces choses, afBn qu'ils le remonstrassent au seigneur de la Palisse et aux cappitaincs fran-^ çois ; et disoit encore ces paroUes à leur dépar-^ tie : « J'espère, mes aAys, que le foy de France et la seigneurie r^oumeront en amytié quelque jour. Et n'estoit les François qui sont avecques Fempereur, croyez qu'avant qu'il feust vingtquatre heures, je sortirois hors de ceste ville et j'en ferois lever le siège honteusement. » Je ne sçay comment il eust fait cela, au nombre de gens qu'il avoit devant luy. Bien fiifcnt rapportés les propos aux seigneurs cappitaincs de France ; mais ils n'y pensoient autrement, pour ce que par leur toalstme estoient au service de Fempereur' pour faire ce qu'il leur ordonneroit. Vous avez ouy cy-dessus la brèche qui estoit à la ville, et qui trop grande esloit, fust-ce pour aller mille hommes de front deux fois, dont Tempereur fat duement adverty. Si d^ibéra y