‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 58 sur 428 · CHAPITRE XXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXV

Commoet le bon dievaHer, daraot leiié«e, Htunecounearec ses compaigoous, où U acquit gros bonneur.

Durant le siège de Padoue, souvent venoient alarmes au camp de l'empereur , tant des saillies que faisoient ceuU de la ville que de leurs gens qui estoient en garnison dedans Trévise, bonne et forte ville qui est à vingt et cinq milles dudit Padoue. En icelle, entre autres cappitaines, e^loit messire Luce Mallevèche, homme de guerre, et entreprenant s* il y en a voit au monde. Deux ou trois fois la sepmaine resveilloit sans trompette le camp de l'empereur ; et s'il voyoit qu il y fist bon, ne s'espargnoit pas parmy ses ennemys; et par le contraire, s'il ne faisoit pas bon, fort sagement se retiroit ; et ne perdit jamais ung homme. Tant continua ce train qu'il lit parler de luy à merveilles. Geste manière de faire fascha fort au bon chevalier ; et sans grant bruyt, par des espies auxquels il donnoit tant d'argent que pour mourir ne l'eussent trompé, entendit beaucoup des allées et venues dudit Mallevèche, de sorte qu'il délibéra l'aller trouver aux champs. Si vint à deux de ses compai- . gnons qui ^toient logés avecques luy, dont Fung estoit le cappilaine Clayette et l'autre le seigneur Crote, tous deux gaillards et triomphans cappitaines, auxquels il dist : « Messeigneurs, ce cappitaine Mallevèche nous donne bien de la fascherie; il n'est guères jour qu'il ne nous viengne resveiller ; ci ne se parle sinon de luy. Je n'ay pas envie de son bien faire, mais je suis marry qu'il ne nous congnoist autrement. J'ay beaucoup entendu de son affaire. Voulezvous venir à la guerre et vous verrez quelque chose? j'espère que nous le trouverons demain au matin, car deux jours y a qu'il ne nous donna l'alarme. » Ses compaignons respondirent : « Nous yrons où vous vouldrez. — Or faites doncques, dit le bon chevalier, à deux heures après mynuit, armer chascun trente hommes des plus gentils galans que vous ayez, et je méneray ma compaignie et les bons compaignons qui sont avecques moy, comme Bonnet, Mypont, Cossey, Breson et autres que con-^

gnoissez comme moy ; et sans sonner trompette ne faire bruyt monterons à cheval ; et vous suffise que j'aye fort bon guyde. i> Comme il fot dit, èiX mis à exécution ; et entre deux ou trois. au moys de septembre, montèrent à cheval, leur guyde devant qui estoit très bi^ gardé de quatre archers; et luy avoit-on promis bon payement s'il faisoit bien son debvoir, mais aussi, où il yroit de tromperie, il luy alloit de la vie ; et cela avoit ordonné le bon chevalier parce que souvent les espies sont doubies et font tourner la perte où il leur plaist; mais il fist très bien son debvoir, car de nuyt les mena bien dix milles de pays, tellement que la poincte du jour va paroistre. Si vont adviser un grant palays où il y avoit une longue closlure de murailles. Lors l'espie commencea à dire au bon chevalier : «« Monseigneur, si le cappitaine messire Luce de Mallevèche sort aujouwThuy de ïrévise pour aller viSfeï* yostre camp, &alt de toute nécessité qu'il passe ici. Si bon vous semble vous cacher en ce logis où qu'il nedemonre personne au moyen de la guerre, vous le verrez passer et il ne vous pourra veoir. » Cela fnX trouvé bon par tous les cappitaines; Ils se mirent dedans, où ils furent bien deux heures ou environ qu'ils ouyrent gros bruyt de chevaulx. Le bon chevaUer avoit fait monter ung vieii archer de sa compaignie, appelle Monart, autant expérimenté en guerre que homme vivant , dans ung colombier, afin de veoir quels gens passeroient et quel nombre. Si veit venir d'assez loin messire de Mallevèche, en nombre, à son jugement, de cent hommes d'armes, Farmet en teste, et de bien deux cens Albanoys que conduysoit ung cappitaine nommé Scandrebec, tous bien montés, et à leur contenance gens d'effect. Us passèrent à ung gect de boulle du logis où estoient embuschés les François. Quand ils furent oultre, Monart descendit tout' joyeulx et fist son rapport. Si dist le bon chevalier qu'on ressanglast les chevaulx. Or, n*y avoit ny paige ny varlet ai la bende, car ainsi Tavoit-il ordonné, et dist à ses compaignons : « Messeigneurs, il y a dix ans que ne nous vint si belle adventure, si nous sonmies gentils galans. Ils sont deux fois plus que nous, mais ce n'est rien ; allons après. — Allons, allons, *» dirent les autres. Ainsi, eux remontés à cheval, la porte fiit ouverte; si allèrent le beau trot après leurs gens. Ils n'eurent pas cheminé ung

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