CHAPITRE XXXVnl
Coomieot réînpereur se relira du camp de devant Padoue qoMtf fl cODgoeuft qm Ms Almaiu ne^TOUloieot psU douoef rMmdCa
U ne fiaolt pat denuider il FempeMir ftit bien oomrroooè quand il eut entendu le bon vouloir des cai^iiaines françois, et que ses gens d'Almaigne ne toaloient rien faire pour luy, dont de cette opinion n'eétoit point le genfU
prince de Hnolt) qui ne demandoitatltfechose, et s'offirit k l'empeitar^ et pareillerïient se vint excuser et présenter aux oappiiaioes fhmçois. Entre autres cappitaines, y m atoit ung parmy ses beodef qu'on nommoit le eaffpitaine /acob, qui depwfet M service chi tt>T de France, et
mourut à la journée de Ravennes, comme votH entendrez, lequel chasctm Jour alloit escarmott-* cher avec les François, et de hardyesse et de toute honliesteté estoit aoeomply à mervelHeé; mais ces deux Afanans ne pouvoieilt pas sàtishire à tout. L'empereur, ^é de couftmfit et fascherie, le lendemain , sans bruyt bire« ae» compaigné de cinq ou six cetits chetaubt de Mft plus privés serviteurs, deslogea de son camp et s'en alla tout d'tlne traicte à tfcnte ou quaranti! milles de là, tirant en Almàigne; et manda M Éeigneur Cotlstantin, sbn Ueutenant général, et au seigneur de la Palisse, qu'ils levassent lé camp le plus honnestement qu'il seroit possible. Chascun s'esbahyt assez de ceste &çon de faire ; mais on n'en eut autre chose . Les cappitaines taiit françois, almans que bourguignons, eurent conseil ensemblct où ils conclurent lever le siège, qui estoit assez malaysé, pour avoir six ou sept vingts pièces d'artillerie devant la ville, et n'y avoit pas d'esquipage pour en mener la moitié. Les François furent ordonnés à tenir escorte tant que l'artillerie seroit levée ; mais le eentll prinéë de Hanolt, qui assez congnoissoit la turpitiiâë de sa nation, avec sa bende, qui estoit ée setrt à huyt mille hommes, ne parUt oncques d'atlprès de l'artillerie ; qui luy M tourné à gM honneur , car depuis le matili au point du Jotf Ju^es à deux heures de la nuyt conviât dé tenir bataille ; et si on mangea ce ne tétit ^ères k son ayse, car d'heure en heure y àvoit dbadli et aspres alarmée, parce <Jue ceùlx de ta ville faisoicnt forces saillies et grosses, aussi qu'il Cdnvenoit menef une partie de l'artillerie ati camp ou on àlloit loger, puis la laisser là, et ramener chevaulx et beufe quérit le demoui^t. Sans perte nulle des gens de l'empereur et ées François se leva le sAége. Ung grand mal y eut qiie les lan^enets misrent le feu dans totii leurs logis, et partout où ils passoîent. Lé boii chevalier par charité fît demoiirer sept ou huyt de ses hommes d'armes en son beau logis ou tl S^estoit tenu durant lé siège, pour le sàmver du fi>u, jusques à ce que lesdits lansquenets fussent passés oultre ; et vous asseùre que t^ boute^ feulx ne luy playsolent guères. De camp cài Camp Vînt rarmée jtlsc|Ués à tiiicence, ôû li envoya l'empereui* quelques présens au seigneur de la Palisse et & tous le cappitames franco!^, selon sa puissance, car 11 estoit assez libérd, et n'estoit possible de tf ouver tmg meilleur Jrihcc
PAR LE LQ^kh SERVITEUR, CHÀP. XXXVIII.
Wfs q*'U M se fiûit ei^ pawîOWe, e\ tenoit i^ fifl l^f «e8 wtf^isea ^i secrète» que cela l^y a jK»^ liiaiiet^cq^ de ^oçm^^ ep la vie. I^ l^JE^mee »'@[i r^ouF^^r^t 1a pt^p^rt des Al^ pWtti me iparti^ o^ dçmom'^ eQ la vUle pouf la 8»^ l^v^ te seigneur (ta I^u, Si s'en retounèraai te ^g^eur de la ^Us$e ^ tous se^ WffipifcignoPji enyiFQU ^ Touçs^^ au duct^ 4^ UUlLa, eiM^^té le Im^ cbevali^ qui rest^ m yffiMWiB It y^roaaet o^ U r^çeut )ieaucQup ^nwmeiir, ooiipne veius orire^. I^ Yéuiçi^M t0D9if«| enwrei^ une vilte^omm^ l>ig9«gat ou tt y aT#it gfopie g^irpi^eu, e( qui cuvent Uh
«flMQt wime^ 09uti« çeuU 4^ Y^imP7^ CmàPITRE XXXIX,
^'?— rr— le boo cfaevaÇer, estant i Téroiu[ie, fit une coorse iw fcii y(\té[èm$. nii i foi prto ei reseoœi dem foiseouog
le iKm ^levalier fut onjlonné eu garuisox^ à Iférçwi^ i^veQ troi«t ou quatre cens hoo^mes $anMa que te roy de France prcsta à Temipeceor^ où |ieu de temjpis après ceiâbs gui estoieut nowpr kdtt wp^rair à Yincence^ congnoissant yaç te v^Be'a'estoit pas pour teivlr» c'en vindreut ft&per audit Yéronne, parce que les Yéniciei^ eftpîeot fors ^m, champs et marcbojient pou? y omettre te ^ége ; maia qucgad Us la veirent ha^ iMMsÀmié^, tirèteiiit teur 9xme jusques à ung wlteg^ pommé Sainct-Bonifaoe, à quinze ou ^irlinjt millea dudit Yéronne, G'çstoit sur le Icnapa 4^ Phyver^ et cony^oit ^ux souldars ^pii esiQftept deda^ te ville e^voyeir au fourrai^ fma tews fbevaubi; quelquefois bien teing^ ^TffinTfy qpfi^ hiisfi souveat Sje perdoient de» ynsà0l9i ^ dai ^bevauU> t«Qt qu'iil fut b^soiug ^k« ifimoeaf escorta ^ fixais il a'estoit guère» psmvlTk^W^ raojCQatrassaat lesenneuiys, et »e ifedltOÎtnt très Uea l'iu^ et l'autre. De te part ^km YfoIriiW» y avoit ung cnyii^tame fort gentil, fatem # pte^i d'entreprin^es^ qu^ s!appeloi|t Ithup-^naje Mpufro^,. lequel ^b^t^cuiajQur te^ iiit owiymi ja9Vi^ f iH pOfft^ de^ Yéroune, et HPlf co«tm^ 9i'4 eu, tescba ^ t)o<^ cbevV lîVit IfiV^ ^ dé^bérat le prêter jour que te» ir» yrQJont a^x dup^s, leur aUer luyiair^ esGQ^ et q»er de quelque »ulHlftf 4egQfiFte^ Mais »i se^cètieoi^ ne te pi^t im&aepBX m^ eqpiequi se tenoit à son logis
fil
u'en fut adverty te eappitaine Mouj^oa; par quQy délibéra, quandil yroitauicbampft^meaw si buune force que, s'il reucontroit te bou d^N valier, luiferoit recevoir de te honte. Uii^jeudy mc^tin fureut mis le» fourrageuFS bor» de Yé^ ronne, et à leur queue trente ou quaraate bomme» d'Anne» et aTcbiers^ que condûyçûit te cappitaine Pierrepoat, lieutenaut du bon eb^ vali^, qui eatoit sage et adyisé. 3i se gectereat à Tescart du grand cbemin pour aller chercha les ca»;pies et faUre leurs cbarges. Le boa cb^ valier, ac^M)aipaîgné de cent bomme» d'ariaetbi qui ne çroyoit point estre dé^ouvevtj »'e»tait aller gecter en uug village sur le grant cbemin appelé S^inct-Martin , à six mille» dudit Yéroanif, et envoya quelque» coureuf» pow de»çouvç(r, qui guèresne furent loing saa» descoiuyrûr leur» eonemys en nombre de cinq ceas cbevaulx m eaviroat lesquels piarcboieat yers^ eeulx quî ait loieat en fourra^. Ils eu viadreat faire leuf rapport ^udit bon dàevaUeiTi qui ea fut fort joyeulx, et iiucoatiaent monta à cheval avec te compaigaie qu'il avoit, pour tes aller trouver.. \^ cappitaine Moufroa qui ayoit par l'espie e»té adverty de Tentreprise, avoit teit çmbuftiA^ ^ ung palais près de là cinq ou »ix cea» hpumei de pied^ picquier» et hacquebutier»» auxquels il avoit très biea chanté leur leçon, et eatre autre» choses qu'ils a'eusseat à scutir ^j^sque» à ce qu'il». te verroieivt retirer, el que ]^ Fraa-r cois les chasseroient,, c^r il teroit semblant de Aiyr, et par ce moyen ne foaldroit poiat à le» enclore et deSEEure; te boa chevattev qui a'estoil oà» aux diaaxps ne Ust pas deux milles qu'il ae veit \ cler te» enaeiays. $i eommeacea 1^ maf* çb^droitàeulx;et^cvyaatjFinjHreetFnmc«/ les voulut aller charger. Us firent ^pie^piecoi^ tenance de tenir boa; mais quAud ite les virent approucber, commencàreat à eulx retirer teteng d'u^g chemia et droit à leur ewbusçhe, laquelte ils trespa^sèfentd'uagpeo ^et atevas- ^rre»lèvM tout court et en eryas^t ; «Marconi MarcoU m mirent en défense» viiiHaaiment. Le» geat dt pied sertireat de tev eaJ)u»Gkte, qui fiiwt aag me weiUeux cry et vîndveal mer sur tes Ffaft<> f Qte ea tifant fovee hacquebutes, dont (f uag eoi:^ fol tué te cheval du bon dievalter eatre ses jan^Mîs, fui tumba si mal à point que ung 4e sfts pie(te tenoit dessoabs. Ses hommes d'armes , qui poqjT Biourk ue l'eusaeat jamais teîssé te, firent une grosse envahie; et en descendit Fuag
CHRONIQUE DE BAWRT,
à pied qu'on appeloit Grantmont, lequel gecta 8on cappttaîne de ce péril ; mais quelques armes qu'ils feissent ne leur peurent de tant ser\ir que tous deux ne demourassent prisonniers parmy les gens de pied qui les vouloient désarmer. Le cappitaine Pierrepont qui estoit avecques les fourrageurs ouy t le bruyt ; si y courut le grant galop incontinent ; et vint en si bonne heure qu'il rencontra son cappitaine et Grantmont en dur party \ car desjà les tiroit-on hors de la presse pour les emmener à sauveté. Il ne fault pas demander s'il fut joyeulx ; car, comme ung lyon, frappa sur ceulx qui les tenoient, qui soudain habandonnèrent leur prinse et se retirèrent à leur troppe qui combattoit contre le reste des François furieusement. Le bon chevalier et Grantmont furent incontinent remontés et s'en retournèrent droit au secours de leurs gens qui avoient beaucoup à souffrir, car ils estoient assaillis devant et derrière ; mais à la revenue dudit bon chevalier et du cappitaine Pierrepont furent beaucoup soulagés. Toutesfois le jeu estoit mal party, car les Yéniciens estoient quatre contre ung ; et puis ces hacquebutiers faisoient beaucoup de mal aux François. Si commencea le bon chevalier à dire au cappitaine Pierrepont : « Cappitaine, si nous ne gaignons le grant chemin nous sommes affolés ; et si nous sommes une fois là, nous nous retirerons en despit d'eulx et n'aurons point de perte, aydant Dieu. — Je suis bien de cest advis, dit le cappitaine Pierrepont. » Si commencèrent tousjours combatans à eulx retirer sur ce grant chemin, où ils parvindrent , mais ce ne fut pas sans beaucoup souffrir ; néantmoins encores n'avoient point perdu de gens, mais si avoient bien les ennemys comme quarante ou cinquante hommes de pied et sept ou huyt de cheval. Quand le bon chevalier et les François furent *8ur ce grant chemin que tiroit à Véronne, se serrèrent et mirent à la retraicte tout doulcement; et de deux cens pas en deux cens pas retoumoient sur leurs ennemys tant gaillardement que merveilles. Mais ils avoient les gens de pied à leurs esles qui tiroient des coups de hacquebutes menus et souvent, de façon que, à la dernière charge, fut encore tué le cheval du bon chevalier, qui, le sentant chanceler, se gecu à pied l'espée au poing, où il fist merveilles d'armes ^ mais bientost fût enclos ; et eust eu mauvais party, quand le bastard du Fav, son
guidon, avecques ses archiers, vint faire une charge si furieusement que au milieu de la troppe des Yéniciens recouvra son cappitaaie et le remonta à cheval en despit d'eulx. Jà approchoit la nuyt ; par quoy ordonna le bon chevalier qu'oq ne chargeast plus et qu'il suffisolt bien se retirer à leur grant honneur, ce qu'ils firent jusques à Sainct -Martin, dont le matin estoient partys. Il y avoit ung pont gamy de barrières au bout duquel ils s'arrestèrent . Le cappitaine Moufron congneut bien que plus ne leur sauroitporterdommage,et puisqu'ils pourroient estre secourus de Véronne. Si fist sonner la retraicte et se mist au retour vers Sainct- Boniface, ses gens de pied devant luy, qui estoient fort lassés de ceste journée, où ils avoient com- ' battu quatre ou cinq heures ; et voulurent séjourner en ung village à ^quatre ou cinq milles dudit Sainct-BoniCace, dont le cappitaine Moufron n'estoit point d'opinion ; et s'en retourna avecques ses gens de cheval, bien despit de ce qu'il avoit esté si bien galoppé et par si peu de nombre de gens. Le l)on chevalier et ses gens pour ce soir se logèrent en ce village de Saânct- Martin, où ils firent grant chère de ce qu'ils avoient, en parlant de leur fort belle retraicte, car ils n'avoient perdu qu'un archier et quatre chevaulx tués, et leurs ennemys avoient porté lourde perte au prix. En ces entrefaites, ung de leurs espies va arriver , lequel venoit de Sainct- Boniface ; il fut mené devant le bon chevalier, qui luy demanda que faisoient les ennemys. Il respondit : « Rien autre chose ; ils sont en grosse troppe dedans Sainct-Boniface, et entr'eux font courir bruyt que bientost auront Véronne, et tiennent qu'ils ont grosse intelligence dedans. Comme j'en vouloys partyr est arrivé le cappitaine Moufron , bien cschauffé et bien courroucé, car j'ay ouy qu'il disoit qu'il venoit de la guerre et que les dyables d'enfer avoit trouvés et lion pas hommes. En m'en venant à quatre ou cinq milles d'icy suis passé en ung vill^e où j'ai laissé tout plain de leurs gens de pied qui y sont logés, et semble advis à les veoir qu'ils sont bien las. » Alors dist le bon chevalier : « Je vous donne ma vie que ce sont leur gens de pied que nous avons aujourd'huy combattus, qui n'ont pas voulu aller jusques à Sainct- Boniface. Si vous voulez ils sont nostres ; la lune est dère; faisons repaistre nos chevaulx, et sur les trois et quatre heures allons les resveilier. »
tiaya^ par le loy\l serviteur, chap. xxxix.
Son quùioQ fat trouvée bonne ; on fit panser les cbevaaix le mieulx qu'on peut, et après avoir assis le guet, chascun se mist au repos. Mais le bon chevalier qui taschoit d'achever son entreprinse ne reposa guères ; mais environ les fax>is heures après minuit, sans faire bruyt, monta à cheval avecques ses geos et s'en vint droit à ce village où estoient demourés les gens de pied véniciens, lesquels ils trouvèrent endonnys comme beaolx pourceaulx, sans aucun guet; au moins, s'il y en avoit, il fust très mauvais. Eulx. arrivés commencèrent à cryer : « Empire ! Empire ! France ! France ! à mort ! à mort !» A ce joyeulx chant «'esveillèrent les rustres qui sortoient des maisons les ungs après les autres, mais on les assommoit comme bestes. Leurcappitaine, accompaigné de deux ou trois eeas hommes, se gecta sur la place du village, oîilk se euydoit assembler et fortifier ; mais on ne luy en donna pas le loisir, car il fut chargé par tant d'endroits que luy et tous ses gens furent rompus et deffaicts ; et n'en demoura que trois en vie, dont l'ung fut le cappitaine et deolx gentilshommes qui estoient frères, pour lesquels, en les relâchant, on retira deux autres gentilshommes françois prisonniers es prisons de la seigneurie de Venise. <}uand le bon chevalier eut achevé son entreprise, ne voulut plus séjourner, doubtant nouvel inconvénient ; si se retira avecques tous ses gens dedans Yéronne, où il fat receu avecques joye^ et au contraire les Yéniciens, quant. ils sceurent la perte de leurs gens, furent bien marrys ; et en voulut messire André Grit, providadour de la seigneurie, Masmer le cappitaine Moufron de ce qu'il les avoit laissés derrière ; mais il s'excusa très bien, en dysant qu'il ne lui avoit esté à possible les tirer du village où ils avoient esté deffaicts, ^ 4e VmccHivénient les avoir très bien advisés, mus jamais ne les avoit sceu ranger à congno'istre h raison. Toutesfois en luy-mesme se pensa bien venger en peu de jours -, mais il acereost sa honte, ainsi que vous entendrez.