PAR LE LOYAL SERVITEUR, CHAP. XL
deHanott dme reecMsunandez bumUcBiest à sa
bcMue graee ; déclairex-iuy cette afiEaire ample*
wmdy et laictes tam qu'il soit d'ace<ml de noqs
bftiOer demaîB au iBatiii deux mille de se» lana-
foeaeta» et xmh» les méoeroDs avecques hoq^
ten pas, et lea iaisseroDa quelque part en em-
tesebe, où, avant que tout soit desmeslé, si vous
m voyez merveilles» preoex vous en à moy. n
hà oa^taine Suere part incontinait et s'en va
drokaa logis du prince, qui jà dormoit.Il le
teesveiltor, puis alla parler à luy et luy conta
tant ce que vous av» ouy ci*desrâa. Le gentil
prince qui n'aiBaoît riens tant que la guêtre^ et
entra tous autres gentibhommes avoit prins
j^sm tdte amour au bon chevalier pour sa
prooesae, qœ la chose eust e^é bien estrange
qqaip^ il VtBk cuat rriusé» si dist qu'il estoit bien
de8|laysanit que plus tost n'avoit seeu ceste en-
trcfviae, car tuy-isesme y iéust allé; mais que
ém $69 gms le bso chevalier en povoit disposer
laieelx que iuy-mesme ; et sur l'heure envoya
aeeibt co advertir quatre ou emq cappitai-
^ qui fenrent, pour faire le compte court , aussi
an point duk jour que les gens d'armes qui
Paroient scea dès le so^; ^ se trouvèrent à la
porte çttot et les gendarmes, qui donna tiltre
d'oiiahyssement au seigneur de Contj, car
riflfts ne hiy en avait esté mandé le soir. Sis'enr
qnist «Di bon chevalter que ce povoit astre, le-
(pel faiy dédaira bien au long tout le démaié.
• Sur ma foy^ dist le seigneur de Conty, se
Dlen vcnh, nous ferons aujourdfhny de belles
La porte ouverte, se mirent en che-
Ysoile de FEscalle. Le bon dievalier
dist à Sucre : « H &ult (pie vous et les lansque*
deBonres embusckés à S^rode (c'estoit
petit viOage à deux milles d'Ysolle), et ne
point, car je vous attireray nos
à vostre nez ; parquoy anjour-
d'knj vevaurex assez d'honneur, si vous estes
goulâ cempiignon. • Comme il fut dist ainsi
te Ut^ car, arrivés audit viHage, les lansque-
denoorère&t en embuscbe. Et te bon cfae-
\ k aeigneur de Conty et leur troppe s'en
vers Tsotte, fâgnani ne sçavoir riens de
mfâ estocideduw. Ceb regardoit en unebe&e
pliîie, oo de Ions eostéa on veoit asses (toing.
Si vont eboysir le capprtaine Moufroa avec
qiplqnfg dievaah léglêrs. Le bon chevalier
eimeya son gvydon, le bastaid du Fay , avec-
fÊOÊ quelques atchiers pour les ung petit es-
carmoucher ; et luy marcboit après le beau pas, avecques les gens d'armes. Mais il ne fut guères loing, quand il veit saillir de la ville d'YsoUe de FEscalle les gêna de pied de la Seigneurie et une troj^ d'hommes d'armes. U fist ung peu Festonné, et dist à la trompette qu'il sonnast à Festendart. Quoy oyant par le bastard du Fay, selon la leçon qu'il en avoit, se retira avecques sa grosse troppe, qui se serrèrent très bien ; et feignans d'eulx retirer droit à Véronne, s'en vont le petit pas vers ce village où estoient leurs lansquenets ; et de^ estoit allé ung archier dire au cappitaine Sucre qu'il sortist en bataille. La gendarmerie de la Seigneurie, qui à leur esle avoit ceste troppe de gens de pied, cbargeoit mara et souvent les François ; et faisoient tel bruyt qu'on n'eust pas ouy Dieu tonner, posant ^tre euU que ce qu'ils voyoient ne leur povoit eschapper. Les François ne se desrotoient point et esearmouchoient sagement» de fitcon qu'ils furent près de Servode à ung ject d arc, où ils apperceurent les lansquenets qui vaK>ient le beau paa et tous serrés, les^iels se vont deseouvrir aidx Véniciens qui furent bien estonnés. Le bon chevalier dist alors : ^ Messeigneurs, il est temps de charger; » ce que chaseun fit, ^ donai^ent dedans les Véniciens qui se montrèrent gens de bien. Toutesfois il «Q fut porté beaucoup par terre. Leurs g^ns de pied ne pouvoient ftiyr, car ils estoient trop loing de saulveté. Us fiûrent pareillement chargés des lansquenets dont ils ne purent porter le hix ; et furent ouverts, renversés et tous mis en pièces, sans en prendre ung prisonnier, ce que veit devant ses yeulx le cappitaine Moufron, qui très bien fiôsoit son debvoir. Toutesfois il congnoissoît assez que, s'il ne jouoit de la retraicte, il seroit mort ou prins. Si oommencea à se retirer le grant galop vers Sainct-Bonilace, rà il y avoit Ixmne trakïte. U fiit assez bien suy vy ; mais le bon chevalier ftt scmaer la retraicte, parquoy tout homme s'en revint, mais ce fut avecques gros gaing de prisonniers et de dievauh ; le hatjoà y fot fort beavu Les Vénieiens y firent grosse perte, car teius leurs deux mille hommes de pied et bien vi«^t-ciBq hommes d'armes furant tués, et y en eut environ soixante de prisonniers, qui fiirent menés à Yé« lonne, où les François, Bourguignons et lansquenets furent receus joyeusement de leurs eompaignons, lesquds estoient bien marrys
CHRONIQUE DE BWART,
qti'ils n'a voient esté avec eulx. Ainsi alla de ceste belle entreprinse qui pour ceste fois fat grosse fortune au bon chevalier et eut de tous en général grande louenge. Luy revenu à son logis, envoya quérir Tespie auquel il dist : « Visentin, suyvant ma promesse, tu t'en yras au camp des Yéniciens et demanderas au cappitaine Moufron si le ciq)pitaine Bayart est au^i subtil que luy en guerre» et que quand il vouldrapour le prix, le trouvera ai^x champs. »• Il commanda à deulx de ses archiers le. oonduyre hors de la ville, ce qu'ils firent. Il s'en alla droit à Sainct-Boniface, où le seigneur Moufron l'apperceust, qui le fit pendre et estrangler, dysant qu'il l'avoit trahy; ne excuse qu'il sceut faire ne le servit en riens. Les Yéniciens tenoient encore ceste ville nommée Lignago, où ilsavoient grosse garnyson; et souvent faisoicnt courses ceulx du Véronnois et eulx les ungs contre les autres, et tout Thyver demourèrent en ceste sorte. Sur le commencer ment de l'année 1510, et bientost après Pasques, print congé du roy de France Loys XII son gentil nepveu le duc de I*<emours, dont de si peu de vie qu'il eut cest^ histoire fera ample mention, car il mérite bien estre chronique en toutes sortes. Il passa en Italie et mena en sa compaignie Loys d' Ars, hardy et vertueux chevalier, où eulx arrivés forent receus, chascun selon sa qualité, du seigneur de Chaumont, grant maistre de France et gouverneur de Milan, et de tous les cappitaines estants en Italie, tant honnestement que ne se pourroit de mieulx, et surtout du bon chevalier, qui tant aymé estoit du duc de Nemours et de son premier cappitaine Loys d'Ars. Par Je commandement du roy de France estoit encores passé le seigneur dé Molart avecques deux mille adventuriers et plusieurs autres cappitaines. Si alla ledict grant maistre seigneur de Chaumont mettre le siège devant ceste ville de Lignago que tenoient les Yéniciens, et afin qu'elle ne fost aucunement secourue de gens ni de vivres, fat envoyé le seigneur d'Alègre avecques cinq cens hommes d'armes et quatre ou cinq mille lansquenets qui estoient soubs la charge de ce gentil prince de Hanolt, à Yincence, qui avoit encores soubs luy ce cappitaine Jacob, qui depuis fat au roy de France. Cette place de Lignago se fist fort battre ; aussi y avoit-il bonne artillerie, inesmeuient celle du duc de Fenrare, qui antre autres
avoit une couleuvrine de vingt pieds de long, que les adventuriers nommoient le Grant Dyable. Enfin forent la ville et le chasteau pris, et mis à mort tout ce qui estoit dedans, ou la plupart. En ceste prise le seigneur de Molart et ses adventuriers se portèrent fort bien et y eurent gros honneur, car ils n'eurent jamais le loysir d'attendre que la brèche fost raisonnable pour y donner l'assault. Le seigneur de Chaumont y commit pour la garder le cappitaine la Crote avecques cent hommes d'armes, dont il avoit la charge soubs le marquis de Montferrat, et mille hommes de pied soubs deux cappitaines, l'ung nommé l'Hérisson et l'autre Jacomo, corse-néapolitain. Durant ce siège de Ligaago, le seigneur de Chaumont eut nouvelle de la mort de son oncle, le légat d'Amboyse, où il fit grosse et lourde perte, car il avoit esté moyen de Teslever es honneurs où il estoit, et pareillement avoit fait avoir de grants biens à tous ceulx de sa maison, tant en l'église que autrement, car c'estoit tout le gouvernement du roy Loys douzième et du royaulme. Il avoit esté ung très sage prélat -et homme de bioi en son temps et n'avoit jamais voulu avoir qu'ung bénéfice, 'et à son trespas estoit seulement archevesque de Rouen; il en eust eu assez d'autres s'il eust voulu. Ceste piteuse mort porta le seigneur de Chaumont dedans son cueur aigrement, car il ne vesquit guères après, combien que devant les gens n'en monstroit pas grant semblant et n'en laissoit à bien et sagement conduyre les affaires de son maistre. Quand il eut donné ordre à Lignago, s'en vint assembler, avecques les gens de Femperenr, pour marcher sur le pays des Yéniciens et essayer de les mettre à la raison. Le roy d'£spaigne avoit depuis peu de jours envoyé au secours de l'empereur, soubs la charge du duc de Termes, quatre cens hommes d'armes espaignols néapolitains qu'il faisoit merveilleusement bon veoir, mais pour ce qu'ils estoient travaillés on les mena séjourner dedans Véronne. Le camp, tant de l'empereur que du roy de France, marcha jusques à ung lieu nonuné Saincte-Croix, où il séjourna quelque temps, car on pensoit que l'empereur vouloit descendre, mais non fist. Durant ce camp fot la chaleur- par trop véhémente, et pour ce fot de la plupart de ceulx qui y estoient appelé le Camp Chault. Au desloger de là, près d'ung village