‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 74 sur 428 · CHAPITRE XLVL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLVL

Beptaslean choces qol ad^rinreot eo Itafie durant deox ans.

Je ycdIx en gros déclairer ce qui advint du- HBl deux ans en Ytalie et jusque à la mort du je^neor de Chaumont, gouverneur de Milan, auipei gouvernement succéda le gentil prince due de Nemours Gaston de Foix. L'empereur demanda enoores secours au roy de France pour la ccmqueste du Tyrol que les Yéniciens tenoient ; c^est ung très bd et bon pays, et par là on entre en la Germanie par deux ou trois endroits, et par ung bout en r£sclavonie. Sa demande luy fat accordée, et escripvit ledit seigneur à son lieutenant général le seigneur de Chamttont qu'il envoyast le seigneur de la PaUsse audit pays de Tyrol, accompaigné de douze cens hommes d'armes et de huyt mille hommes de pied;ce qui fat fait; et y alla avec fout plein de gentils cappitaines tant de cheval que de pieds. Vous povez penser qu'il ne laissa pas le bon chevalier son parfait amy derrière. Us trouvèrent l'armée de Fempereur à Téronne; si marchèrent ensemble. Pour lors et en eeste mesme armée estoit lieutenant pour Fempereur ung gentilhomme aimant, qu'on nommoit messire Georges de Stin. Us entrèrent bien avant et allèrent pour assiéger Trévise ; mais lis n'y firent rien. Et aux approches fut tué ung gaillard gentilhomme, le seigneur de Lorges, qui estoit alors lieutenant du cappitaine Boimet» qui avoit mille hommes de pied ; et en son lieu le fat ung sien jeune frère, qui depuis a fût de bien belles choses. De là ils tirèrent jusque sur les bords d'une rivière qu'on appelle la Pyave et qui sépare le Trévizan, et y fat dessoabdt ung pont sur bateaulx. Le bon chevalier et le c^[»pitaine Fontrailles passèrent oultre avec leurs bendes. Or, depuis ung peu, avoit le bon chevalier soubs sa chai^ cent hommes cPannes, dont le roy de France avoit fait don an gentU duc de Lorraine, par condition que le bon dievalier les conduyroit comme son lieutenant Mais pas mieulx ne demandoit le bon prince, car en tout le monde n'en eustsceu avoir meilleur. Si allèrent ces deux vaillans cappitaines avec quelques Almans devant Gra- ^âque et devant Gorisse, qui sont sur les confins de l'Esdavonie ; toutesfois les »Yéniciens XYI' siicLBy Chron. et Menu

les tenotent. Elles furent prinseà et remises entre les mains de Tempereur, et puis s'en retournèrent au camp, où ils trouvèrent le seigneur de la Palisse qui avoit long-temps demouré sans grant chose faire, par la mauvaise conduicte des gens de l'empereur ; et si jamais povres gens de guerre n'eurent tant de mal , car ils furent six jours durant sans manger pain ni boire vin, de sorte que le roy de France perdit plus de quatre mille hommes de pied de maladie et de meschanceté, et plus de cent hommes d'armes; et entre autres y avoit environ deux mille cinq cens Grisons qui, quand le pain leur faillit, mangèrent force raisins. Ung flux de ventre les prmt, de façon qu'ils mouroient cent par jours. Et fat une chose bien estrange que, des deux mille cinq cens, quand ils retournèrent dans leur pays, nerestoiaitque deux. L'ung fist le cappitaine et l'autre portoit l'enseigne. Bref, de tous les gens que le seigneur de la Palisse avoit menés avec luy n'en eui^ pu mettre de sains trois cens hommes d'armes à cheval ni trois mille hommes à pied. Quand il veit ceste malheureté, s'en voulut retourner, ce que les gens de l'empereur ne trouvoient pas bon; et y eust entre eulx de grosses parolles. Toutesfois il s'en vint jusques à ung lieu nommé Sainct-Boniface, et là fist séjour, durant lequel le seigneur du Ru, Bourguignon, allant visiter ung chasteau que luy avoit donné l'empereur, fat prins des Albanoys de la seigneurie de Venise. On disoit que le seigneur Mercure, qui estoit également audit empereur, luy avoit donné ceste trousse pour ce qu'il quereJloit la place comme luy. Le seigneur Jehan-Jacques, en ces deux ans, reconquesta avec l'armée du roy de France la MyrandoUe, et repoussa l'armée du pape jusques devant Boulogne, où elle fat dêffaicte sans mettre l'espée en la main, et cuyda estre prins le pape dedans. Jamais ne fat veu si grosse pitié de camp, car tout leur bagaige demoura, artillerie, tentes et 'pavillons ; et y avoit tel François qui luy seul amenoit cinq ou six hommes d'armes du pape ses prisonniers. Ce fat une grosse defiaicte et gentiment exécutée. Le bon chevalier y eut honneur merveilleux, car il menoit les premiers coureurs ; et luy fist cet honneur, le soir de la deffaicte, le seigneur Jehan-Jacques, ensouppant, de dire que, après Dieu, le seigneur de Bayart devoit avoir l'honneur de la victoire. Au retour, le

CHRONIQUE DE B4YART,

geotil^doc de Nemours alla véoir le due et la duchewe de Ferrare, où il fut recea à gram joye; et luy fut fait force festins à Fusage da pays» car û gentille duchesse en sçavoit trop bien la manière? Luy estant là« se fis! un combat entre deux Espsignok, que je veulx bien réciter,

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