‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 75 sur 428 · CHAPITRE XLYII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLYII

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YiUe de Femure.

Le jour mesme que ce gentil duc de Neîodours arriva à Ferrare, le baron de Béam luy dist que, s'il vouloit, auroit le passetemps d'ung combat à oultrance de deux Espaignols, le cappitaine Saincte-Croix, qui avoit esté coulonnel des gens de pied du pape» et le seigneur Azevedo» qui avoit aussi eu quelque charge desdits gens de pied. L'occasion de leur combat estoit : que ledit Azevedo disoit que le c&f^ pitaine Saincte-Croix Favoit voulu faire tuer meschamment et en trahyson» et qu'il l'en combattroit. L'autre disoit qu'il avoit menty et qu'il s'en défendroit. Parquoy estoit venu ledit Azevedo à Ferrare pour soi présenter au duc de Nemours, afiOn de luy Caire donner le camp; œ qu'il fist après que ledit baron de Béam le luy eut donné à congnoistre. Ainsi Azevedo, bien aise d'estre assuré du camp, le manda aussitost à son ennemy Saincte-Croix, qui ne fist pas longue demoure. En attendant sa ve<jdue, fiit dressé le camp devant le palais, et deux jours après que fust arrivé Saincte-Croix, lequel vint bien accompaigné,car il avoit bien cent chevaulx de compaignie , dont le principal, et qu'il avoit prins pour son parrain, estoit domp Pedro de Coîgnes, chevalier de Rhoddes et prieur de Messine, domp François de Beaumont, qui peu ai^Mtravant avoit laissé le service du roi de France. Ils entrèrent dedans le canq> une journée de mardy, envinm une heure après midy. Premier entra l'assail* lant, qui estoit Azevedo, avec le seigneur Frédéric de Bozok), de la maison de Gonsaga, qu'il avoit prins pour son parrain. Peu après qu'il feust entré, va vers luy le prîeiur de Messine, qui &it port^deux secrètes, deux rapières biett tranchantes et deux poignards, lesquels présenta au seigneur Azevedo poor jchoisir. Ce

&it, se mit Saincte-Croix dedans le camp. Toos deux se gectèrent à genoux pour bire leurs oraisons à Dieu. Après furent tastés par les parrains, sçavoir s'ils n^avoient nulles armes soubs leurs vestemens. Ce fait, chascun vuyda le camp , qu'il n'y demoura que ces deux combattans. Le bon chevalier fut par le due de Ferrare, pour estre plus honoré, ordonné maistre et garde du camp. Le h&rauU commeneea à frire son cry, tel qu'ona accoutumé faire en oe cas : que nul ne fi^ signe, crachastou toussast, ni autres choses dont nul desdits combaHana peust estre advisé. Ce frit, marchèrent Vwag contre l'autre. . Azevedo en sa main droicte mist sa rapière et en l'autre son poignart ; mais Saincte«Oroix mist son poignart au fourreau et tint seulement sa rapière. Or vous pouvez penser que le combat estoit bien mortel, car ik n'avoient nulles armes sur eulx pour les couvrir. Sagement se gectèrent plusieurs coups; et avoient chascun bon pied bon oiil; et boa besoing leur estoit. Or, q)rès plusieuiv coiqps, Saincte-Croix en rua ung droit au visage, €fskt Azevedo deffendit subtiUement de sa rapière, et en descendant son coup luy coupa tout le hault de la cuysse jusques à l'os , dont incontinent saillit le sang à grosse habondanee. Toutesfois Sainct^Croix cuyda marcher en avant pour se venger, mais il tumba. Quoy voyant icelluy, Azevedo s'approcha de son ennemy «a luy disant en son langaige : « Rends-toi , Sainete- Croix, ou je te tueray. • Mais il ne respondit point, ains se mist sur le cul, tenant Tespée au poing et frisant ses exclamations, délibéré phistost mourir que se rendre. Alors Azevedo luy dist: « Liève-toy donc, Sainote-Croix, je ne te frapperay jamais ainsi. <• Aussi il y frisoit deoge* reux comme à ung homme désespéré; et de grant cueur qu'il avoit se releva, et mardia deux pasenavantcuydantenferrer son homme, qui recula ung pas rabattant son coup. Si tumba, pour la seconde fois Saincte-Croix, quasi le visafge contre terre, et eut Azevede l'espée levée pour luy coupper la (este, ee qu'il eust bien frit si l'eust voubi; mais il retira son coup. Et pour tout cela ne se vouloit peint rendre Saincte-Croix. La duchesse de Ferrare, avec laquelle estoit le duc de Nemours, le piioit à joinctes mains qu'il les fist départir. Il ras^ pofidk : • Madame, je le vouldrms bien, poor l'amour de vous, mais faonnestem^it je ne puîa

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