‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 76 sur 428 · PAR LE LOYAL SERVITEUR, CHAP. XLVIL · texte numérisé non relu

PAR LE LOYAL SERVITEUR, CHAP. XLVIL

netiedoibsprierlevafaïqtieQrcontre la raison. • SafaKte-Croix perdoit toat son sang ; si plus gvères/ Ait (kmoufé, mort estoit sans nul renMde. Par qvoy le prieur de Messine, qui estoit sm par^aîA, a'cn yint4 Asevedo. auquel il dist : « Sdgnevr Asevédo, je congnois bien au cueut do e^pUaine qu'il mounroit plustost que se mdre» Biais Yoyatit qa^l n'y a point de moyen en MU £iH, je me rends pour luy. i» Ainsi deiMWA victorieux. 8i se mifit à deux genoulx ei rvneroia très humblement Nostre Seigneur. Ineoiitinent vint ung cyrurgien qui estancha la pbye de Saincte-CroiXt et ses gens le prindreni dans kois bras et l'emportèrent hors du camp avec ses aimes^ lesquelles Azevedo envoya demander; mais on ne les vouloit rendre* Si l'en vfaa plaindre au duo de Feirare qui le dist an bon chevalier» lequel eut la commission d'aUer dire à Saincte-Croix que, s'il ne vouloit rendre ses armes comme vaincu,que ledue le feroîc rajiporter dedans le camp, oùluy seroit sa pkye deseousue, et le mettroit-on en la sorte qam soû eilnemy l'avoit laissé. Quand il veit que tome tel estoit, rendit ses armes au bon chevolkr^ qaî« eofAme le droit le donnoit, les baiHa aa seigneur Asevedo, lequd avec trompettes €^ eléruns te meneau logis du seigneur duc de NeoMMurs. On kiy fist beaucoup d'honneur, mais éefms Amt réeompe&sa mal les François, qui luy fot crosse lascheté. Peu de tenq>s avant, ^estoit fiait ung autre combat à Parme, entre deux EspaigDols, Fung nommé le seigneur Peraite, qui autresfois avoit esté au service du roy de France» et fut tué d'ung coup de faucon au oaœ^ de la Fosse, ainsi que le seigneur Jeban -Jacques chassoit l'armée du pape, et rsNttre le capyitaine AMano. Leur combat fut adeval, à la genète, la rsqiûère et le poignart, et Àaaeun trois darts en la main avec une targiwtte. Le parrain de Peralte fut ung EspaigBol , et ediuy d'Aldane fut le g^til cappilaneMolart. li avait tant neigé que leur combat se â en la place de Parme où on l'avoit relevée, et n'y avoit d'autres barrières que de neige. Chascun des deux combattans fit bien son ddivrâr; et enfin le seigneur de Chaumont, <|Bi leur Avoit donné le camp, les en fit sortir en ferai honneur. Les Yéniciens en celluy tenps vindrent asnéger Yércmne, où estoit te adgaeor Du Pkssis pour le roy de France, qui li tonit en §iug^ pour quelques desniers ^'il

avoit prestes à l'empereur; toutesfois as n'y fi-* rent riens et alla lever le siège le seigneur de Chaumont. L'armée du pape et des Espaignols vindrent aussi assiéger Bologne, mais le siège en fiit levé pareillement, et se retirèrent les ennemys en la Romaigne. Quelque temps après, en ung lieu dit Courte, alla de vie à treq)as le bon seigneur de Chaumont, ce gentil chevalier qui, par l'espace de dix àdouae ans, si bien avoit gardé la Lombardie à son maistre le roy de France. Ce fut en son vivant ung sage et vertueux seigneur, de grande vigilance, et ent^Mlant bien ses affaires. Mort le prist un peu bientost, car lors de son trespas n'avoit que trente-huyt ans, et si n'en a^^^oit vingt et cinq quand on luy bailla le gouvernement de la du* cbé de Milan. Dieu par sa grâce luy &oe pardon, car il fut homme de bien toute sa vie. Peu après eivoya le roy de France en Ytalie le seigneur LongueviUe, son Ueutenant génâral» lequel fit faire nouvel serm^t à tous ceulx qui tenoient les villes et i^ces de la duché de Milan au roy son maistre, et à sa fille aisnée madame Claude de France. Il y demeura quelques jours, puis s'en retourna. Et ne tarda guères après que ce gentil duc de Nemours ne feust lieutenant général, en la sorte que l'estoit le seigneurde ChaumcHit.Une demoura guères en cet estât, car la mort le surprint, qui fut gros dommage à toute gentillesse. Sur la fin de l'année 1511 et vers Noël, descendit une troppe de Suysses, au-devant desquels fut le duc de Nemours et quelque nombre de gens, mais il n'estoit pas puissant pour les combattre à la compaignie par ce que la plupart de ses gens estoient es garnisons forcées, comme Véronne , Bolongne et autres. Chascun jour se faisoit des escarmouches, toutesfois les François rembarrés estoient jusques dedans Milan, où le jour mesme le seigneur de Conty, avec une compaignie de cent hommes d'armes, alla faire une course en laquelle il n'eust pas du meilleur,carilperdithuyt ou dix hommes d'armes, et fot si fort blessé que en la ville de Milan mourut. Le lendemain le bon dievalier son grant compaignon et amy le vengea bien ; car il fut aux champs et deffist cinq cens Suysses au lieu mesme où receust le coup de la mort iceUuy prince de Conty. ijuelques jours furent les Suysses devant Milan ; mab vivres leur £aillirei^, par quoy ils &rent contiaincts venir i

CHRONIQUE DÉ BAYART,

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quelqiie àppoinctement et euh en retoomer. Lesdits Suysses s*en retournèrent; mais ceste descente fit gros dommage en la duché, car ib brusièrent quinze où vingt gros villages. Peu après s^en alla ledit duc de Nemours, parce qu'il entendit que Tannée d'Espaigne approchoit Bologne pour Fassiéger. Ainsi que ladicte armée marchoit à Fynal, village près de Ferrare, passa le duc de Nemours par une petite viHe appellée Carpy, avec la [rfuspart des cappitaines. Il y séjourna deux jours et fat fort bien receu du seigneur de la ville , qu'on estimoit homme de grant scavoir es lettres grecques et latines. U estoit consin germain de Piccus Myrandula, et luy s'appeloit Albertus Myrandula, comte de Carpy. Il souppa le soir de l'arrivée du duc de Nemours avecques luy et les cappitaines françois, ou il y eut phisieurs devis, et entre autres d'ung astrologue que aucuns autres appeloientdevyn, lequel estoit en ceste viHe de Carpy, et que c'estoit merveilles ce qu'il disoit des choses passées sans en avoir jamais eu congnoissance, et encore, qui plus fort estoit, parloit des choses à venh*. U n'est riens si certain que tous vrays chrestiens doivent tenir qu'il n'y a que Dieu qui sache les choses fatures ; mais cet astrologue de Carpy a dit tant de choses et à tant de sortes de gens qui depuis sont advenues, qu'il a mis beaucoup de monde en resverie. Quand le gentil duc de Nemours en eut ouy parler, ainsi que jeunes gens appètent de veoir choses nouvelles, pria au comte qu'il l'envoyast quérir, ce qu'il fist; et vint incontinent. Il povoit estre de l'âge de soixante ans environ, homme sec et de moyenne taille. Le duc de Nemours luy tendit la main, et en y talien luy demanda comment il se portoit. Plusieurs propos forent tenus ; et entre autres luy fot demandé par le duc de Nemours, ^ilevis-roy de Naples et les Espaignols attendroient la bataille. U dit que ouy, et que sur sa vie elle seroit le vendredy-sainct ou le jour de Pasques, et seroit fort cruelle. Il luy fot demandé qui lagagneroit; il respondit ces propres mots : « Le camp demourera aux François, et y feront les Espaignols la plus grosse et lourde perte qu'ils firent cent ans a ; mais les François n'y gagneront guères, car ils perdront beaucoup de gens de bien et d'honneur, dont ce sera dommage, n Udist merveilles. Le seigneur de la Palisse luy demanda s'il demoureroit

point à ceste bataille; il dit que nemiy» qu'U vivroit enoores douze ans pour le moins, mais qu'il mourroit en une autre bataUie ; autant eo dit au seigneur d'Imbercourt, et au cappitaiae de Ricbebourg qu'il seroit en grand dangier d'estre tué de fouldre. Bref, il n'y eut guàres de gens dans la compaignie qui ne s'enqoistent de kur affiiire. Le bon chevalier estoit présent qui s'en doit, et le duc de Nemours luy dist : « Monseigneur de Bayart, mon amy , je vous prie,demandez un peu à nostre maistre que ce sera de vous. — Il ne &uk pas, dit-il, que je le demande, car ce ne sera jamais grant chose; mais puisqu'il vous plaist, je le vueil bien. » Etcommencea à dire à l'astrologue : « Monsieur nostre maistre, je vous prie, dictesinoy si je seray une fois grant riche homme.» Il respondit : «Td seras riche d'honneur et de vertu autant que cappitaine fot jamais en France, mais des biens de fortune tu n'en auras guères, aussi ne les cherches-tu pas; et si veulx bien adviser que tu servhras ung autre roy de France après cdluy-cy qui règne, lequel t'aymera et t'estimera beaucoup ; mais les envieux t'empescheroot qu'il ne te fosce jamais de grands Uens, ne ne te mettra pas aux honneurs que tu auras mérités ; toutesfois je crois que la buhe ne viendra pas de luy. — Et de ceste bataille que dictes estre si cruelle, en escha]n[>erflry<je? — Ouy, ditil, mais mourras en guerre dedans douze ans pour le plus tart, et seras tué d'artillerie, car autrement ne finirois-tu pas tes jours, car tu es trop aymé de ceulx qui sont soubs ta charge, qui pour mourir ne te laisseroient en péril. « Bref, ce fut une droicte farce des propos que chascun lui demanda. Il voyoit qu'entre tons les cappitaines le duc de Nemours &isoit grande privaulté au seigneur de la Palisse et au bon chevalier. Il les tira tous deux i part et leur dit en son langaige : « Messeigneurs, je voy bien que vous aymez fort ce gentil prince icy , lequel est vostre chef; aussi le mérite-t-il bien, car sa &ce à merveilles démonstre sa bonne nature. Donnez-vous garde de luy le jour de la bataille, car il est pour y demourer. S'il en eschappe, ce sera ung des grans et eslevés per- ^ sonnages qui soit jamais sorti de France ; mais je trouve grosse difiiculté qu'il en puisse eschapper; et pour ce pensez-y bien : car je veux qne vous me tranchez la teste si jamais homme fot en si grant hazart de mort qu'il sera.» Hélas !

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