‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 85 sur 428 · CHRONIQUE DE BA.YART · texte numérisé non relu

CHRONIQUE DE BA.YART

n'y en avoii nul qne le ca[q[HtaiDe Jacob aymast tant qu'il faisoit le bon chevalier; et commencea ceste amour dès le premier voyage de Tempereur devant Padoue, en Fan 1509, où le roi de France luy envoya cinq ou six cens hommes d'armes de secours. Quand il eut veu la lettre, et sceu la venue du bon chevalier, le vint visiter à son logis avecques son truchement seulement; car de tout ce qu'il sçavoit de françois c'estoit : « Bon jour, Monseigneur. *> lisse firent grant chère l'ung à l'autre, comme la raison le vouloit, et devisèrent de plusieurs choses, sans que personne les ouyst. Enfin le cappitaine Jacob déclara au bon chevalier ce que l'empereur leur avoit mandé, et qu'il avoit encores les lettres que personne n'avoit veues que luy, et ne vouloit les monstrer à nul des ses compaignons ; car il sçavoit bien que si leurs lansquenets en es* toient advertis, la piuspart ne vouldroient point combattre et se retireroient ; mais que de luy il avoit le serment du roi de France et sa soulde, et que pour mourir de cent mille morts ne feroit jamais ceste meschanceté qu'il ne combatist ; mais qu'il se falloit haster, car il estoit impossible que l'empereur ne renvoyast bientost d'autres lettres, lesquelles pourroient venir à la notice des gens de guerre; et par ce moyen les François pourroient avoir trop de dommage; car les lansquenets estoient la tierce part de leur force, pour y en avoir environ dnq mille. Le bon chevalier, qui bien congnoissoit le gentil cueur du cappitaine Jacob, le loua merveilleusement ; et luy dist par la bouche de son truchement : « Mon compaignon, mon amy, jamais vostre cueur ne pensa meschanceté. Tous m'avez dit autrefois qu'en Almaigne n'avez pas de grans biens ; nostre maistre est riche et puissant comme assez entendez, et en ung jour vous en peut &ire, dont serez riche et opulent .toute vostre vie, car il vous ayme fort, et je le sçay bien; l'amour croistra davantage quaîid il sera informé de l'honneste tour que luy Caictes à présent; et il le sçaura, aydant Dieu, quand moy-mesme je luy debverois dire. Yelà monseigneur de Nemours, nostre chef, qui a mandé à son logis tous les cappitaines au conseil ; allons-y vous et moy, et à part luy déclarerons ce que m'avez dict. — C'est bien advisé, dist le cappitaine Jacob, allons-y. » Le conseil dura longuement, et il y eut diverses opinions; les ungs ne conseilloient point le combattre, et ils

avoient bonnes raisons, disans que s'ils perdoient ceste bataille, toute l' Ytalie estoit perdue pour le roy leur maistre, et que d'entre eulx nul n'en eschapperoit, puisqu'ils avoient trois ou quatre rivières à passer ; que tout le monde estoit contre eulx, pape; roy d'Espaigne, Yéniciens et Suysses, et que de l'empereur n'estoient point trop asseurés; par quoy Caudroit mieulx temporiser que de se hasarder en ceste manière. Autres disoient qu'il convenmt cornbattre ou bien mourir de faim comme lascbes et meschans, et que desjà estoient trop avant pour reculer. Le bon duc, qui avoit desjà parlé au bon chevalier et au cappitaine Jacob, avoit bien au long entendu ce que l'empereur avoit mandé, et sçavoit bien qu'il estoit force de combattre, aussi qu'il ne venoit poste que le roi de France ne luy mandast donner bataille, et qu'il attendoit l'heure d'estreassailly en son royaume par deux ou trois endroits. U demanda toutesfois l'opinion du bon chevalier, lequel dist : «Monseigneur, vous sçavez que je ne vins qu'hier ; je ne sçay riens de Testât des ennemys. Me»seigneurs mes compaignons qui les ont veus et escarmouches tous les jours, qui s'y congnoissent mieulx que moy, je les ay ouys, les ungs louer la bataûle, les autres la Ûasmer ; et puisqu'il vous plaist m'en demander mon opinion, sauve vôtre révérence, je la vous diray. A congnoistre présentement Testât des ennemys et de nous, il semble quasi difificile que puissions départir sans bataille. Jà avez fiiict vos af^yrouches devant Ravenne, laqudle demain voulez canonner, et la brèche Caicte y donner Tassaolt. Jà estes adverty que le seigneur Marc- Antoine Colonne , qui est dedans depuis huyt ou dix jours, y est entré sous la promesse et foy jurée de domp Raymon de Cardonne, vis-roy de Napies, et chef de Tarmée de nos ennemys, de son oncle le seigneur Fabricio Colonne, ensemble du comte Pedro Navarro et de tous les cappitaines, que, s'il peut tenir jusques à demain, on pour le plus tard au jour de Pasques, qu'ils le viendront secourir. Or, lesdicts ennemys le monstrent bien, car ils sont aulx faulxbours de nostre armée. D'ung autre costé, tant plus séjournerez et plus malheureux deviendrons; car nos gens n'ont nuls vivres, et il fault que nos chevaulx vivent de ce que les saulles gectent à présent. Et puis vous voyez le roy nostre maistrejqui chascun jour vous escript de don 4

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