‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 9 sur 428 · NÉ EN 1492. — MORT EN DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

NÉ EN 1492. — MORT EN DÉCEMBRE

Fleurange fut le Gis de ce bouillant Robert de la Marck surnomme le grand sanglier des Àrdennes^ qui tour à tour conquit, perdit et reprit sa souveraineté, etqui, après avoir abandonné violemment François 1 pour Charles-Quint, rompit d^une manière plus violente encore avec celui-ci. Apprenant que Charles-Quint voulait le déposséder du duché de Bouillon, il lui déclara la guerre en pleine diète à Worms en 1521, repassa au service de François 1, et devint le premier prétexte de la guerre qui s*aliuma entre les deux rivaux.

Ces revirements de la fortune du père eurent une grande inOuence sur la fortune du fils. Fleurange avait été envoyé dès Tige de neuf ans à la cour de Louis Xii et s'était attaché au jeune François d'Angouléme, depuis François I,et il le servit toujours avec courage et dévouement. Le refus qu'il fit d'imiter en 1518 la défection de son père lui valut le courroux de cet homme impétueux qui le déshérita. Charles-Quint n'était encore que roi d'Espagne. Au moment où la mort de Maximilien lui fraya la voie à la couronne impériale, François I, qui la briguait en même temps, envoya Fleurange comme son ambassadeur en Allemagne ; mais, malgré toutes ses prodigalités, Fleurange ne put réussir et Charles-<}uint fut élu.

L'insuccès de cette importante négociation nuisit à la carrière politique de Fleurange, et, désintéressé comme il était, il fût resté comme Bayard éloigné du commandement supérieur des armées, si la se- |

conde boutade de son père, qui rompit avec Charles-Quint ne l'eût réintégré dans ses droits à la principauté. Aussitôt la guerre s'alluma ; toutes les possessions de la maison de la Marck furent envahies ; les trois frères Fleurange, Jamets et Saussy déployèrent le plus gran<l coiu*age ; mais il fallut céder au nombre, et ils furent réduits à la ville et au château de Sedan.

Lorsque la guerre fut portée en Italie, Fleurange y suivit François I, et fut fait prisonnier comme lui à la bataille de Pavie en 1525. Charles-Quint par haine pour son père Fui fit subir un rigoureux emprisonnement dans la citadelle de l'Ecluse. Ce fut dans cette prison que, pour passer son temps plus légèrement et n'être oiseux^ il composa les Mémoires publiés dans ce volume. 11 ne fut remis en liberté qu'après le traité de Madrid , fut fait capitaine des gardes et maréchal de France, et obtint |X>ur dédommagement de ses pertes les villes de Château-Thierrv et de Châtillon-sur-Marne. Dix ans

plus tard il défendit et sauva Péronne, assiégée par le comte de Nassau, géuéral de Charles-Quint. Cette même année, son iière étant mort, Fleurange se disposait à aller prendre possession de sa souveraineté de Sedan lorsqu'une lièvre violente l'arrêta à Longjumeau, où il mourut au mois de décembre 1536.

Ses méuioires écrits avec naïveté et vivacité furent publiés pour la première fois en 1753 par l'abbé Lambert, qui les tenait du comte de la Marck.

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