‹ Le Lucrèse françaisChapitre 19 sur 33 · IX' II · texte numérisé non relu

IX' II

Evitons k la fois l'orgueil et le murmure , Sages dans ie bonheur; et clans l-'adversité j'i t^^n». Bni"] •» ï Tout n'est-;iF pas soumis k..l»aiiécés8itô..? . i-ns : .'nf) Prenons, pour marclîer droitj-iarjuainnie la nature. ;,^"i

içSs^ Le Lucrèce

. iX L I I.

La nuit succède au jour j l'hiver touche au printemaj Du sort qui règle tout, la main. impartiale , : ! ^mmoil Dans ses décrets,, destine, au cercle de. nos ans^- .-"ip. ' " De joie et de douleur iin,e mesure égalée i,j ^j .. )■>.

Les bergers ne sont pas moins heureux que les tws'J Oui : tout est compensé dans le cours de la vie.: '. Tous dignes de pitié,, tour-à-tour , et d'enviie ,, *

Les hoHlraes au bonheur ont tous les mè.me^ dr<?it§.

Il en ïoùte souvent pour- trop ;apprb!foiKiir. • Craint-on J'épine ? Il faut, d'un pçu lain , voir les roses. Pour trop l'analyser^ on manque le plaisiy. jQuissons.deseiFets,. sans. remonter aux. jcftas^s.. - •

XW L

Pour suivre' la Vert^t ,' falit-il- tapt de lumiÀf^^Kj .^',

On connaît ses i^vozVi sans, lire Cictron. , :..y -tm.s i:0 Le berger ignorant , au fond. de sa chau»ii;èce-vor.( m. -^A Pour èlre heureux et sage, en sait plus que- CA^rirty^ ..;ç

Ke perdoHS pas de.fcemsienlitujestions frivoksi^-!; /g[ Le plus sage tçujours n'est p.as. le- plus savant. 'i„b ?.3;^a3 Qu'on écrive ces mots suï.Jeiseuil des écoles :: ;..r)'a 1:jo i' Croisïjeui^ iioiiTE.àai*uxio.uÉ ;;.du-jMP;n5, sois jc«^ra»t.

Le Sage, sans témoins, se respecte lui-même t La crainte hI l'espoir sur lui ne peuvent rien j Le sage est an-dessus de toute loi suprême. Il se défend le mal • il s'ordonne le bien.

L-a Vertu veut de nous un encens volontaire. Offert par l'amour seul de l'ordre et du devoir. Elle n'habite pas une ame mercenaire. . . . Pour aimer la Vertu, je ne veux que la voir, .iiii^sm il

En servant la Vertu , je ne veux qu'elle en elle* Sans motifs étrangers, libre et désintéressé. Sans en attendre rien, je lui serai fidèle. L'homme,- en faisant le bien , en est récompensée

Quand le sage médite un trait de bienfaisance , D'applaudissemens vains son cœur n'a pas besoin. De ses vertus, le sage, en son indépendance, Dédaigne même un Dieu pour }uge et pour témoin»

D'un paisible rnispeau , dont la fraîcheur extrême Porte en tous lieux la vie et la fécondité. On refjpecte les flots errans en liberté : Abandonnons ainsi l'homme sage à lui-mêmej

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Fuyons des préjugés le chemin trop tattu. •■. t

Sans les croire ou blâmer , laissons à nos sectaire» Les disputes de mots, les dogmes, les mystères j Et pour divinité , choisissons la Vertu.

Que lie suis-jc un Tacite ! . . . Au temple de mémoire^ Chaque peuple, en mes vers, aurait enfin son rang ; Mais des religions si j'écrivais l'histoire , Il me fuudrcdt tremper ma plume dans le sang,

Il est un Dieu, sans doute , k qui tout est possible J L'homme dans le néant , sans lui j serait encor • A ses rares vertus tout mortel est sensible : Fléchissez le genou, mortels ! ce Dieu, c'est Tor.

De l'homme encore enfant nourrices mercenaires j Hélas ! la politique et la religion , Dans un étroit maillot , à de courtes lisières , Nous tiennent trop long-tems : quand nous sèvrera-t-ôn t

L'homme, imitateur-né, fait tout ce qU'il voit faire : Eh ])icn ! aux premiers jours de la belle saison , Près du temple oii le peuple adore sa chimère : Elevons, en silence, un temple à la Raison.

Français. i8;'

il viendra vi.sitcr notre asyle pai.sible. An sein de la mison , s'il goiitc le bonhenr; S'il trouve parmi nous le doux culnie du coeulr * A nos avis loucUans il deviendra sensible.

Il oubliera ses Dieux. . . . Ses prêtres solitaires, A leurs solennilés l'appèleront en vain : Le peuple désormais sourd aux voix mensongères , Heureux , s'applaudira de son nouveau destin.

Mais ne poihrrait-on pas plus loin porter les vœux ? Si du milieu du peuple, un sage pouvait naître !.. « J'aime à le pressentir ; pour détruire les Difeux , Amis, il ne faudrait qu'un grand homme peut-èUe.

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