‹ Le lupus du creux poplitÉChapitre 10 sur 14 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Les méthodes de traitement du lupus sont multiples et cette multiplicité prouve bien à elle seule que trop souvent aucune n’est réellement efficace.

Nous ne distinguerons pas dans cette rapide revue, le

traitement du lupus vulgaire de celui du lupus érythémateux. Il est, à peu de chose près, le même, plus désespérant encore bien souvent dans ce dernier cas.

Le traitement du lupus doit être à la fois général et local.

Traitement général. — T1 n’est pas besoin d’insister beaucoup sur son importance ; puisque nous avons affaire à une manifestation de la tuberculose, il est de-toute nécessité de modifier le plus possible le terrain sur lequel elle évolue. |

Alimentation tonique, vie au grand air, huile de foie de morue, arsenie sous toutes les formes, fer, iodures, phosphore, tout cela sera d’une incontestable utilité.

Dans certaines formes torpides, une cure marine, sur

les bords de la Méditerranée, combinée à l’héliothérapie,

qui a donné d'excellents résultats, où bien une cure hydrominérale (eaux chlorurées sodiques, Balarue, Sales ; eaux

chlorurées sulfurées, Uriage : eaux arsenicales, la Bourboule), séront d’un puissant secours.

Pourtant, la eure hydrominérale devra être surveillée attentivement de manière à éviter toute poussée,

Fournier, en France, et Asselsberg, en Belgique, ont proposé de traiter les lupiques par des injections de sels de mercure, le calomel en particulier, prescrit aux mêmes doses et de la même manière que pour le traitement de la syphilis.

Ce traitement a paru amener certaines améliorations ; mais il est peu probable qu'il procure une guérison complète et surtout définitive.

En passant, citons, pour en mentionner les déplorable: résultats, le traitement de Koch, par la tuberculine.

Traitement local. — Toutefois, le véritable traitement du lupus, celui qui permet d’espérer une guérison définitive, est le traitement local.

Il peut être palliatif ou essayer d’être curatif.

Traitement palliatif. — Avec le traitement palliatif, on se contente, su moyen de pansements antiseptiques, de pommades diverses, d'empêcher ou tout au moins de combattre les infections secondaires, dont nous connaissons le rôle malfaisant et de faciliter l’épidermisation qui est, . nous l’avons vu, une tendance naturelle du lupus.

Ce sera donc surtout un traitement des formes ulcéreuses. Certaines formes congestives peuvent pourtant en bénéficier aussi.

: Traitement curatif. — Mais c’est le traitement curatif qui est le traitement de choix. C’est là surtout où les méthodes sont nombreuses.

On peut pourtant les classer, ainsi que l’a fait le regretté

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professeur Brousse, dans une leçon publiée dans le Montpellier médical du 24 juillet 1904, en deux principales, la méthode sclérogène et la méthode destructive.

a) Méthode sclérogène. — Elle comprend l’usage des antiseptiques et l’usage des moyens physiques.

La liste des antisaptiques employés est longue, nous ne ferons qu’en citer quelques-uns : l’emplâtre de Vigo, de Vidal, le sublimé en solution au 1000°, au moyen de compresses recouvertes de caoutchoue laminé (Doutrelepont), en pommade au 100°, en injections interstitielles, au 200° ou au 100° (Auspitz) ; l’acide salicylique, la créosote en pommades, en emplâtres ; le chlorophénol, en solution à 20 0/0 dans la glycérine ou l’alcoo!l ; le permanganate de potasse pur, en poudre fine ou en solution à 1/50, etc.

Tous ces agents ont bien des inconvénients dont les principaux sont d’être inefficaces, et, lorsqu'ils réussissent, de demander un temps très long.

Les moyens physiques sont les rayons X, les courants de haute fréquence et la photothérapie. Ils ont donné tous trois d’excellents résultats, et en particulier les courants de haute fréquence ont une indication particulière dans ie traitement du lupus érythémateux ; la photothérapie par la méthode Finsen en à une autre dans celui de la face, à cause de la régularité de la cicatrice qu’elle produit.

Mais ces méthodes présentent aussi de grands inconvénients, car elles nécessitent une installation spéciale qu’on ne peut trouver que dans des cliniques ou des instituts spéciaux.

Le radium, lui aussi, est entré dans la thérapeutique du lupus, à cause des propriétés irritantes pour la pean qu’il semble posséder. La technique ne paraît pas encore

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en être réglée et la valeur de cet agent est d’ailleurs assez peu connue.

b) Méthode destructive. — Cette méthode a plusieurs moyens à sa disposition. Voyons-les rapidement.

Les caustiques chimiques comprennent toujours un grand nombre d’agents, Les uns, comme la potasse caustique, la pâte de Canquoin, la pâte de Vienne, détruisent aussi bien les parties saines que les parties malades. IIS sont bien peu recommandables, car ce sont des agents dont il est impossible de doser les effets, avec lesquels on dé. passe souvent le but qu’on se proposait et qui laissent des cicatrices vicieuses. |

Les autres ont une action élective et ne s’attaquent qu'aux tissus malades ; parmi eux se trouvent : l’arsenie qu’on emploiera de préférence en solution, suivant la formule de Czerny, par exemple

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l’acide lactique, pur ou en solution concentrée, l’acide pyrogallique, ete. |

Enfin, les courants d’air chaud (méthode de Hollænder) que nous avons vu si souvent employer et réussir dans Île service de M. le professeur Tédenat contre les plaies atones ont aussi des propriétés cautérisantes dont on pourra utilement se servir contre le lupus ulcéreux.

La cautérisation ignée (Méthode de Besnier). — Avec la pointe fine du thermo-cautère, ou mieux encore avee des pointes de galvano-cautère, on fait à la surface du lupus une série de pointes de feu, très rapprochées, pénétrant dans la profondeur du derme et dépassant un peu les I

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mites du mal. On met un pansement humide, Lorsque les escharres sont tombées on recommence une nouvelle séance.

La cicatrice que l’on obtient par ce procédé, bien que plus régulière que celle obtenue avec le précédent, et bien qu’elle soit en général suffisante, n’est pas encore complètement satisfaisante.

Scarifications quadrillées (Méthode de Vidal-Brocq). — Avec le scarificateur de Vidal, composé d’une lame trian- : culaire à bords tranchants, on fait des scarifications entrecroisées et très rapprochées portant sur le tissu malade, de façon à le dilacérer autant qu’on le peut. La compression avec un tampon arrête l’hémorragie insignifiante qui ne manque pas de se produire. Pansement humide, rempirs un peu plus tard par un emplâtre de Vigo.

L'opération doit être recommencée tous les huit jours. Elle est peu douloureuse et ne nécessite en général aucune anesthésie. | |

La cicatrice obtenue est lisse, régulière ; elle est aussi parfaite que possible au point de vue esthétique et au point de vue fonctionnel.

Mais cette méthode a encore un inconvénient, c'est qu’elle n’aboutit que lentement à la cicatrisation.

Avec le râclage (Méthode de Volkmann), nous avons un procédé plus rapide et plus radical. Il consiste à enlever avec une curette tranchante (de Volkmann, de Vidal, de Besnier), le tissu lupique, ce qui est en somme assez simple, car nous savons que ce tissu infiltré de nodules est mollasse et n’offre aucune résistance à la curette.

On fait suivre l'opération de cautérisations énergiques, soit.au chlorure de zinc, en solution forte, soit aû thermo ou au galvano-cautère,

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Il y à assui des inconvénients à cette méthode. Elle est douloureuse et nécessite l’anesthésie générale, mais surtout elle laisse des cicatrices difformes, ce qui est beaucoup (plus grave. On lui a même reproché de favoriser la généralisation de l’infection tuberculeuse.

Cependant, dans certains cas de lupus caché, situé loin des endroits où les cicatrices vicieuses pourraient entrainer de la gêne fonctionnelle, elle rendra des services.

Nous avons gardé, pour la fin de cet exposé, le procédé par excision, parce que c’est de beaucoup le procédé de choix toutes les fois qu’il est possible. On l’a appelé à juste titre «la cure radicale » du lupus.

En second lieu, c’est celui sur lequel nous allons mainte. nant insister tout particulièrement à propos du traitement du lupus localisé au creux poplité.

Il n’est pas, nous le savons, exempt de tout reproche. Il nécessite aussi l’anesthésie générale. Il ne met pas absolument à l’abri de toute récidive, bien que ce soit de tous les procédés celui qui offre le moins de chances. Mais il permet d’enlever le placard lupique en un seul coup. On obtient avec lui une cicatrice absolument régulière, puisque c’est une cicatrice chirurgicale.

Donc, toutes les fois que le lupus sera bien limité, d’une étendue pas trop vaste et toutes les fois que l’opération sera possible sans de trop grands délabrements, c’est à lui qu’il faudra avoir recours.

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