‹ Le lupus du creux poplitÉChapitre 9 sur 14 · partie de la région, mais il ne présente rien de caractéristique · texte numérisé non relu

partie de la région, mais il ne présente rien de caractéristique

Evolution et complications. — T'évolution ne présente non plus rien de bien particulier. Comme celle de tout lupus, elle est caractérisée par la tendance à l’accroissement en surface où en étendue, parfois même dans les deux sens (lupus vorax), suivant la variété de lupus. |

Ce qui est plus intéressant à étudier, ce sont les complications d’un ordre particulier que le lupus du creux polité doit à sa localisation. |

Pour l’étude de ces complications, nous suivrons l’ordre indiqué par Leloir, au sujet du lupus des membres, dans son livre sur la scrofulo-tuberculose de la peau. Il divise ces complications en déformations et mutilations, et en état pseudo-éléphantiasique.

a) Déformations et miutilations. — Bien souvent ce ne sont pas les altérations lupeuses de la peau elle-même qui sont la cause des mutilations et déformations observées au niveau de l’articulation du genou, des muscles, des tendons, des os voisips, et en un mot de tous les organes contenus dans le creux poplité, mais bien plutôt le virus tuberculeux qui, secondairement, les a envahis.

Lorsqu’au début le derme seul est envahi, et que la résorption de l’infiltration se produit, que cette résorption se fasse d’une manière ou d’une autre, surtout s’il se fait : une ulcération, des cicatrices s’ensuivent, et, pour peu qu’elles aient une étendue suffisante, elles peuvent, par rétraction, amener de la gêne dans les mouvements de l’artieulation, parfois de pseudo-ankyloses. Point n’est besoin même que le processus soit très avancé. Tout à fait au début, la contracture des museles peut donner un pareil résultat, et, dès cette époque, on peut voir survenir une dé.

formation de l’article, Voilà déjà un premier degré avec des complications assez sérieuses.

Ce n’est pas tout, si le processus continue, l’infiltration devient de plus.en plus profonde. Les tissus, les organes sous-jacents à la peau sont menacés, attaqués et ne tardent pas à se détruire. Le tissu cellulaire sous-cutané, les vaisseaux et nerfs superficiels, les lymphatiques qui, en outre, peuvent faire naître de l’adénopathie à distance au niveau de la partie interne de l’aine, tout cela est atteint. Bientôt, l’aponévrose, les muscles et leurs tendons qui délimitent le creux poplité, en haut (biceps crural et muscles de la patte d’oie) ; en bas (jumeaux et plantaire grê: le), sont aussi attaqués et détruits donnant lieu à des dé: formations et à des mutilations considérables.

Le contenu du creux poplité peut être à son tour envahi par le processus destructif, et alors, peuvent se produire des hémorragies foudroyantes des gros vaisseaux et de leurs branches. |

L’articulation elle-même n’est pas à l’abri pas plus du reste que les extrémités osseuses, d’où arthrite, carie, formation d’abcès ossifluents, de gommes tuberculeuses avec toutes leurs séquelles, abcès, fistules, ete. Ces déformations considérables peuvent apparaître ainsi que Hebra l’a fait remarquer, sans être précédées de phénomènes inflammatoires.

A ces degrés extrêmes, l’articulation peut être Juxée ou subluxée. ie

Il eSt à peine besoin de faire remarquer que ces graves complications sont tout à fait exceptionnelles ; pourtant, elles peuvent être le résultat d’une inconsciente incurie de la part du malade.

Le plus souvent, avant d’en arriver là, une complication d’ordre général aura presque toujours emporté le malade.

ou bien, plus heureusement, un traitement approprié aura arrêté le processus dans sa marche envahissante et destruc-

tive.

b) Pseudo-éléphantiasis scrofulo-tuberculeux. — C’est surtout une complication du lupus des extrémités inférieures. Cependant, il nous a semblé que cet état pouvait, dans des cas, sans doute rares, venir compliquer le lupus du. creux poplité: de plus, une observation de Leloir, à laquelle nous avons déjà fait allusion dans le cours de ce travail, et dans laquelle cet état éléphantiasique rémontait au-dessus du creux poplité, nous à engagé à en dire quelques mots.

Sous l'influence, en effet, de la stase veineuse et lymphatique produite par les cicatrices, par l’inflammation chronique que détermine le lupus, les tissus qui sont le, siège du processus arrivent à s’enflammer chroniquement, à produire de l’œdème, lequel est augmenté par les poussées de lymphangite. Ainsi, les tissus arrivent à l’hypertrophie, au pseudo-éléphantiasis. La peau, le tissu cellulaire sous: cutané, les muscles et jusqu’au périoste et à l’os, tout cela dégénère et participe au processus. |

Pronostic. — Le lupus du creux poplité comporte le même pronostic que le lupus ordinaire. Il y a de plus à tenir compte de certaines complications spéciales. :

Ainsi, il semblerait que le lupus pseudo-éléphantiasique soit d’un pronostic plus sévère par les poussées lymphangitiques auxquelles il donne lieu et qui peuvent favoriser la dissémination du virus tubereuleux. |

Nous avons vu aussi que les engorgements ganglionnaires sont fréquents. Ceux-ci pouvant alors s’abcéder, donnent naissance à des ulcérations de mauvaise nature qui

guérissent difficilement.

Enfin, nous rappellerons ces déformations formidables qui peuvent se produire avec toutes les complications que nous avons passées en revue, et pour lesquelles peut arriver à se poser la question de l’amputation du membre.

Diagnostic. — Dans quelques cas il peut devenir très difficile. Lorsqu'’en particulier le lupus prend l’allure d’un épithélioma, d’un sarcome. L'évolution, les coupes histologiques, l’inoculation au cobaye viendront nous aider.

Dans d’autres cas, le lupus fera penser à de l’eczéma, à de l’éléphantiasis, au mycosis fongoïde, ete, C’est par une étude et une critique rigoureuse des caractères de ces diverses affections qu’on arrivera à poser le diagnostic.

Reste maintenant la question du traitement et l’exposition de la méthode qui nous paraît être celle de choix. Avant d’aborder cette dernière question nous passerons rapidement en revue les diverses méthodes proposées pour le traitement du lupus en général.

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