PÈRE
plus haut que certaines causes pouvaient expliquer cette localisation. Quelles sont-elles ?
Tout d’abord, considérons la peau de cette région. Nous voyons qu’elle offre les conditions les plus favorables au développement du lupus.
Elle est glabre, or, nous avons indiqué, en parlant de l’étiologie générale du lupus, que la présence de poils su* la peau paraissait rendre cellé-ci plus réfractaire au développement dulupus. Ce serait là, avons-nous dit, une des causes de la plus grande fréquence du lupus chez la femme. |
Elle est riche en glandes sudoripares, et en glandes sébacées ; or, nous avons vu aussi, à propos de l’anatomie pathologique, que le processus débutait souvent par ces glandes ; que certains auteurs même prétendaient avec quelque exagération, sans doute, que c'était toujours là te point de départ de la lésion lupique.
Elle est assez lâche, ce qui lui permet de se laisser distendre facilement par les productions pathologiques, et 2n particulier par les nodules tuberculeux.
Elle possède des plis cutanés, qui, chez certains individus, peuvent devenir le siège d’intertrigo, de lésions irritatives, sources de démangeaisons, et par suite, de lésions de grattage facilitant, comme tout traumatisme, l’inoculation du bacille de Koch.
La peau du creux poplité, de par sa situation, n’est pas à l’abri des traumatismes de toute sorte, et nous connaissons l'influence des traumatismes dans l’étiologie du lupus.
Nous savons aussi que le lupus se développe volontiers au voisinage des articulations : celle du genou est assez importante pour expliquer cette localisation.
A ce propos, Adenot, à plusieurs reprises (Revue de Chi- ‘rurgie, 1893 ; Annales du Congrès de Chirurgie, 1893 ;
Annales de dermatologie et de syphiligraphie, 1895), et plusieurs auteurs aussi, ont affirmé que le lupus des memibres serait souvent dû à une tuberculose osseuse méconnue, guérie ou fistulisée. ee
Or, l’articulation du genou, avec ses parties osseuses, sa synoviale et les bourses séreuses qui l’environnent n’estelle pas une de celles que nous voyons le plus souvent être atteinte par lx tuberculose? Il n’est pourtant pas toujours besoin d’une lésion tuberculeuse profonde pour expliquer la présence d’un lupus. En particulier, dans l’observation que nous rapportons, le malade paraissait être indemne, autant qu’on peut l’affirmer, de toute tare tuberculeuse. D'ailleurs, nous avons dit que deux ans après son opération, le malade revu était dans un état de santé excellent.
Dans des cas analogues, 1l semble qu’on puisse admettre l’inoculation directe.
Aspect clinique. — Quelle est la variété de lupus que l’on rencontrera au creux poplité ? En principe, on pourra les y trouver toutes ; en fait, le lupus érythémateux y sera excessivement rare. Certains auteurs, Leloir en particulier, ont prétendu ne jamais l’avoir rencontré sur les membres.
Ce sera donc surtout au lupus tuberculeux proprement dit que l’on aura affaire. Ce sera un lupus non excedens ou un lupus excedens. Même parmi les différentes formes que peut affecter le lupus vulgaire, on en rencontrera certaines de préférence (1).
(1) Statistique de Leloir : Sur 286 cas de lupus: Pas de lupus plan aux membres inférieurs.
12 cas de lupus élevé ; 14 cas de lupus excedens.
Exceptionnellement ce sera un lupus plan, plus généralement un lupus élevé. Volontiers, le lupus prendra une forme serpigineuse, disséminée même. D'autres fois, il prendra un aspect scléreux ou demi-scléreux, papillomateux ou verruqueux, faisant, dans certains cas, hésiter le diagnostic entre un lupus et une tumeur maligne, un épithélioma surtout, un sarcome quelquefois.
-D’autres fois, encore, il prendra le type hypertrophique, fréquent dans le jupus des extrémités, mais que l’on peut regcontrer aussi au creux poplité, arrivant même à se confondre avec lui, comme cela se produisit dans une observation relatée tout au long dans le livre de Leloir, La scrofulo-tuberculose de la peau.
Un point particulier et que nous devons signaler, c’est que le lupus du creux poplité, comme tout lupus des membres dont il n’est d’ailleurs qu’une variété, est rarement primitif, ou tout au moins unique. Dans la statistique de Hahn, qui porte sur 424 cas, sur les 105 cas de lupus des membres, 8 cas seulement étaient des cas uniques. Dans tous les autres, il existait d’autres lésions lupiques, d’autres régions du corps. Et lorsqu'il en est ainsi, toutes les combinaisons sont possibles : lupus du membre inférieur, accompagné de lupus du membre supérieur, du même côté, du côté opposé, des quatre membres, du tronc, ete.
Dans l’observation que nous rapportons, le lupus était absolument unique.
Nous devons aussi signaler la tendance du lupus du creux poplité à s'étendre de préférence de haut en bas.
La cicatrice, dans le cas de lupus non excedens, l’ulcération, dans celui de lupus excedens, ne présentent, bien entendu, rien de particulier. Nous ne nous y arrêterons pas.
Le lupus, considéré en lui-même, peut occuper tout où
Lo