SCENE m
Infirme et se traînant sur sa patte brisée.
En voyant cette bête ainsi martyrisée, J'eus le cœur soulevé d'un douloureux émoi; Je croyais voir souflfrir un humble comme moi. Bravement je m'élance au sein du populaire ; En demandant pitié, j'excite la colère.
Ah! Ton ne songe plus à la bête^ à présent.
Lapider un bossu c'est bien plus amusant !
Je me mets à courir, les traînant à ma suite, J'enfile une ruelle, une autre, et, sans ma fuite. On m'eût assassiné, cela n*est pas douteux, Mais j'ai sauvé la vie au pauvre chien boiteux!
Il tombe épuisé sur un fauteuil.
CI A K NI N'A, posant son mouchoir trempé d*eau sur le front de Filippo.
Ces vagabonds! Vit-on jamais tant. de malice? Pauvre garçon !
FILIPPO, à part.
Sa main sur mon front ! ô délice !
GIANKINA.
Êtes-vous mieux ?
FIL IBP G, se levant etd*une voix trés-émue.
Merci! Je n'ai plus mal.
SANDRO, àpart.
Vraiment,
ï6 LE LUTHIER DE CRÉMONE.
C'est trop d'émotion pour un remercîment !
Je ne me trompe pas. Il l'aime!