SCENE III
Filippo entre vivement au fond, referme brusquement la porte derriire lui,
puis, tout essoufflé.
FILIPPO
Ouf! enfin, m'y voici!
Les petits gueux ! J'ai bien cru qu'ils allaient m'atteindre.
GIANNINA.
Qu*est-ce donc, Filippo? qui donc semblez-vous craindre ? £t qui donc vous poursuit?
De méchants polissons Qui, s'armanc de cailloux fort durs et de tessons, Ont voulu m'assommer.
GIANNINA.
Vous?
FILIPPO, se touchant U tête.
A telles enseignes Que là, je sens au front...
Montrant sa main.
Voyez plutôt.
SANDRO
Tu saignes !
GIANNINA.
DeTeau... vite!
Bile va chercher sur une crédence un vase et une aiguière.
SANDRO
Dis-nous comment ceci t'advint.
FILIPPO
Ah! parbleu, c'est bien simple. Ils étaient quinze ou vingt
Gâte-sauce, écoliers, un tas de rien qui vaille,
A lapider un chien au pied d'une muraille.
Un pauvre chien, aux yeux éteints, aux poils pendants,
Ayant la force au plus de leur montrer les dents.