HT LES AUTEURS. H
consent à le faire passer par l'onéreuse mais indispensable filière de la librairie. »
• Quid no?i mortalia pectora co^is
Aitri sacra famés. »
m'écriai-je avec l'indignation d'un homme auquel ce funeste système allait être appliqué... « Un instant, reprit Azédor , toute assertion critique demande une preuve ; je fournirai davantage ; voici un exemple. « Au moment où l'économie exigeait de nombreuses réformes dans les grandes administrations , Saint - Albin , employé à quinze cents francs, fut remplacé par deux commis à cent louis chacun, ce qui ne laissa pas d'alléger les charges de l'état. Dès lors, mon expéditionnaire remercié examina avec une scrupuleuse attention son budjet particulier; ce fut en vain : il ne s'y trouva pas un seul article passible de réduction. Saint - Albin se contentait d'un dîner copieux , qui eût fait pâlir l'anachorète le plus sobre ; sa mise était d'une simplicité visant à la sécheresse, et l'ap-
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parlement qu'il occupait se trouvait de plain-pied avec les greniers des autres locataires.
» Tous les matins, entre deux draps dont la douce chaleur suppléait à plus d'une falourde, Saint-Albin, depuis sa dis grâce , rêvait aux moyens de remplacer les quinze cents francs économisés sur lui.
Enfin , à force de chercher des idées au plafond de son humble mansarde, il s'arrêta , comme tant d'autres , et avec aussi peu de raison peut-être, au projet de faire une brochure. Je crains d'errer en indiquant la matière qu'il choisit; mais il est présumable qu'il dut s'attachera démontrer l'inconvénient des réformes, sujet pour lequel il ne manquait pas d'inspirations.
» Quoiqu'il en soit, Saint-Albin ne perdit pas une seconde : il écrivit , écrivit , écrivit; et, vers la fin de la quinzième journée, il avait fait un livre d'une épaisseur raisonnable. Cependant, l'ayant soumis à l'épreuve... d'une petite balance dont il était possesseur, il trouva que le ma-