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d'abord. Les glaces étaient trop basses , les rideaux trop longs ; les tableaux me semblèrent un amalgame ridicule de ton les les écoles ; et l'on n'avait pas seulement pris le soin d'assortir les fauteuils au canapé.,. Azédor souriait avec malice. Enfin , ayant soulevé le coin d'un rideau , il me fit apercawoir une petite étiquette sur laquelle je lus : « Effets déposés en nantissement par M. ***, » J'eus le mot de l'énigme. En ce moment , la maîtresse de la maison vint apporter une tasse de café à son loyal époux ; deux gros brillans ornaient ses oreilles : mon lutin n'eut pas besoin de me dire que madame nous montrait des bijoux affranchis de Vêtiquette.
Cependant l'agent d'affaires , en robe de chambre , en pantalon de molleton , en pantoufles vertes, attendait, assis devant vm superbe secrétaire à cylindre, qu'il se présentât des cliens. Le premier qui parut était un militaire. « Monsieur, dit-il en entrant , je viens vous proposer une créance arriérée; je ne doute pas qu'elle ne soit
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mise bientôt en liquidation, car il y a quatre ans qu'on me promet sous /mil jours la fin de cette affaire ; mais je suis porteur d'un diable d'estomac qui ne veut pas tenir compte à MM. les liquidateurs de la sagesse qu'il peut y avoir dans cette lenteur bureaucratique. Bref, voici ma procuration ; il n'y a plus que le& noms à remplir; voyez si cela vous convient. — Monsieur , les créances de cette nature sont douteuses : on en rejette tous les jours. D'ailleurs je a ois, par le numéro d'ordre du bulletin, que votre dossier est au fond d'un carton ; il faut des motifs d'un certain poids pour vaincre la force qui l'y retient.... Néanmoins, je risquerai l'achat. — Et combien m'offrez-vous ? — Vingt pour cent. — Quoi! je perdrais les quatre cinquièmes? — C'est le prix courant ; décidez-vous , mes instans sont précieux. — Convenez que vous êtes diablement juif. — Je suis agent d'affaires,... Monsieur veut-il de l'argent?» Le militaire balançait, ce mot magique, prononcé
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à propos le détermina tout à coup : il emporta six cents francs, qui représentaient mille écus.
Bientôt , nous vîmes entrer un jeune homme bien velu qui s'exprima ainsi :
« \ous m'avez indiqué une place pour laquelle on exige un cautionnement ; mais les renseignemens que j'ai pris sur la personne qui propose cet emploi ne sont pas rassurans. Je vois que l'on a besoin de mes vingt mille livres pour commencer la grande entreprise à laquelle on veut bien m'associer, et je ne vois pas trop ce qui cautionnerait mon cautionnement. — L'industrie , monsieur , l'industrie ; est-il une garantie qui vaille celle-là ? — J'en connais une meilleure , moi ; c'est une bonne hypothèque sur immeubles non grevés. — Ah ! si vous le prenez sur ce ton , il n'y a rien à faire avec vous ; nous autres spéculateurs en grand , nous redoutons les gens ^ pii tiennent au régime hypothécaire. — Et nous autres hommes de lx)nne foi , mais prudens , nous fuyons les spéculateurs ,
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même en grand , qui n'offrent que leu industrie pour garantie des cautionne mens.... Adieu. »
Parut ensuite une gentille grisettc , peine âgée de seize ans. Elle venait s'offr pour être placée pî^es d'un monsieur seu qui demandait , par les Petites-Affiches une personne de son âge et de son pliys que. Quand on en fut aux conditions l'agent d'affaires lui dit quelques mots l'oreille. « Quel âge a-t-il , demanda-t-el tout haut ? — Soixante ans. — En ce cj j'accepte. » On voit que , malgré son ine périence , la petite n'ignorait pas Tinfluen que peut exercer une jolie bonne lors ( la rédaction d'un testament. Elle p.iya g néreusement et sortit.
Je ne finirais pas si je voulais parler ( tous les demandeurs d'emplois qui se pr sentèrent pendant que nous étions là. To obtinrent la même réponse : « Une heu plus tôt la place était à vous; elle vie: d'être donnée. Mais sous peu de jour demain , peut-être , je puis trouver voti
d'affaires.
lit
„ Abonnez-vous. » Or comme 11 fau-
rait être incrédule pour ne pas compter ur la parole d'un homme qui promet de aire obtenir promptement des places à •eux qui s'abonnent à son bureau pour ,e les procurer, on payait... et voilà tout ce lu'il peut y avoir de réel dans de semblables négociations.
Je me rappelle un vieux refrain qui se
termine ainsi :
N'allez pas ( *« ) dans la Forét-Noire.
On pourrait, avec une légère variante,
l'appliquer au sujet que je traite; et moi qui, dès long-temps, ai pris pour devise
ce vers de Térence :
Humaninihilamealienumputo,
je ne ne puis trop m'écrier : N'allez pas dans les bureaux d'affaires.
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