LE PREMIER JOUR DE LAN
•litre d'un air jovial, un pain de deux livres ous le bras, une omelette aux fines herbes ;t une botte de radis à la main; bientôt, 1 tire de sa poche une poignée de verges... Vladame , mademoiselle et monsieur xitnélée rient aux éclats à l'aspect de ces étrennes l'un nouveau genre; la petite Caroline •ecule trois pas en voyait le cadeau qui , >ans doute, lui est destiné. Mais, ô douce iurprise ! le pain, attaqué d'une certaine manière, laisse apercevoir un beau cachemire, un collier d'aventurines sort de la ijotte de radis, l'omelette, séparée en deux aarties, offre un superbe étui de mathématiques, et la poignée de verges, tourmentée par une main enfantine , devient une corne d'abondance , de laquelle s'échappe une pluie de pastilles.
» Mais le compositeur réclame ton article, la presse réclame la feuille sur laquelle il sera consigné, le public attend celle-ci; rentrons, en terminant, dans le domaine spécial d'un journal des spectacles.
^i.^) Les sociétaires du Théâtre-Français ,
iGo U?^ TIÎLESCOPE MAGIQUE
eiilourés d'avocats, de conseillers, d'à Youés, fulminent une procédure; souhai tons-leur une conciliation ; souliaitons-leu encore un comité compétent, des carton plus petits , des pièces sans politique moins de vénération pour la vieille nullité plus d'égard au jeune talent; souhaitons Talma une modération augmentée de tou ce qu'il peut retrancher à son goût pou [, les jardins anglais; souhaitons à made
moiselle Mars Il n'y a rien à lui sou
haiter.
•» Nous poui rions, au contraire, souhai ter beaucoup de choses au grand opéra mais tant qu'il conservera Lais, Dérivis Nourrit, madame Br.anchu, madame Albert tant que Paul , Albert , mesdemoiselle Bigottini, Fanny Bias , Mareslié, et tan d'autres, voltigeront dans cette arène de grâces, tant que de jolies nymphes y lais seront deviner leurs formes à travers un gaze complaisante , tant qu'on s'empresser de retirer du répertoire des ouvrages tel que lesJeuxJloraux^ nous pourrons prendr
LE PRE3IIE11 JOUR DE L*AX. l(jl
jatience, surtout si la province nous rend ^a vigne.
» Feydeaii vit au jour le jour sur le vêtit Chaperon rouge , dont le talisman ;ominence à s'user , et sur la Fenêtre serete ^ dont l'intrigue est encore un secret lour le public. ^N^ous souhaitons aux sociéaires semi-lyriques un aliment plus substaniel; nous leur souhaitons des courses (i ) •à leur caissier puisse atteindre le but, des riettes qui ne visent point à la pointe du audeville , des opéras comiques qui resemblent un peu moins à des mélodrames, ^ous souhaitons à Paul et surtout à Ponhard une fièvre de croissance , à Huet , me fièvre chaude , à Martin et ù madame iavaudan , une séance de quelques heures |Ha fontaine de Jouvence.
» Souhaitons pour le second théâtre français, d'abord, qu'il existe; nous ver- Ions ensuite si nous ne devrons pas sou- [laiter qu'il n'existe plus.
't' AlIii.«ioii aux Courses de Nc\vmarket.
iGl VIS TÉLISCOPi: iMACIQUl'
» On éprouve ini ctilain embarras quand
il s'agit (le former des vœux pour le théâln
de la rue de Chartres ; car, si on accordaii
à cette entreprise une salle, au lieu d'ui
puits; une adminislrallon , au lieu d'un»
coterie bachique ; si douze ou quinze nou
Teaux acteurs se joignaient au petit nombr
de ceux qu'on peut tolérer à ce théâtre
si , au lieu d'y représenter des pièces fai^e
pour les couplets, on y chantait des cou
plets faits pour les pièces, je ne vois pas c
^|ui manquerait au Vaudeville. Souhaiton
aux Variétés un répertoire "varié ^ résu
tant de l'extinction de la farce ignoble (
de la renaissance d'une franche et vi\
gaieté. Souhaitons au théâtre de la pori
Saint - Martin que Potier perde le goi
des voyages ; à MM. Ftrinconi d'être fei
mes sur leurs étriers; à la Gaieté.^ qu'
n'y ait point d'augmentation au prix de
poudre à canon; à V Ambigu-Comique ^ w
public qui prenne toujours une lanterr
magique pour une pièce curieuse., et u
songe pour une réalité. »
LE PREMIER JOUR DE l'an. i63
Grâce au porte-voix d'Azédor , tous ces vœux ont été transmis aussitôt que formes; on se doute bien que les administrations théâtrales et les comédiens en seront très-reconnaissans.
l64 I^rS CROQUE-MITAINES