DE L OPERA. IC
ce du bal comme une ombre; je voulais H la suivre; mais mon coquin décocher avait abandonné ses chevaux; il faudra que je le fasse mourir sous le bâton. Lafleur tient la trace de la belle fugitive; j'en aurai des nouvelles.
» J'allais, faute de mieux, me rendre auprès de ma bergère , sans doute éplorée, lorsque j'ai rencontré dans les couloirs une danseuse avec laquelle j'eus, je crois, l'an dernier, une espèce d'affaire de cœur... Je ne sais pourquoi je me suis rappelé dai^s ce moment le régime que le docteur m'a prescrit.
» Enfin Vilarçay , libre de ses petites occupations, m'a rejoint au foyer, et nous avons été déjeuner chez Bancelin avec la nymphe du magasin de l'Opéra. Le chevalier, qui n'avait pas d'armes sur sa voiture, s'est ensuite chargé de jeter la belle chez sa mère , Vieille rue du Temple , nP. iG. »
u Je saisis votre idée , mon cher Azédor .
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me suis-je écrié, aussitôt que mon lutin a eu terminé sa lecture , c'est à moi de montrer l'autre face de la médaille : j'étais cette nuit au bal de l'Opéra , et mes lecteurs auront un parallèle.
» Il était minuit juste, lorsque je suis arrivé devant le premier théâtre du monde. Je n'ai vu dans les environs que deux ou trois cabriolets bourgeois, fourvoyés parmi quinze ou vingt fiacres ; mais, en récompense, j'ai compté trente-deux décrotteurs avec leurs sellettes rangés en bataille sous le péristyle , ce qui ne laissait pas d'être concluant en faveur des bals masqués de rOpéra. Cependant, j'étais à peine entre dans la salle , que j'avais reconnu les dcminos héréditaires qui font régulièrement sept fois par hiver le trajet de chez Babin à l'Académie royale de musique ; il ne m'avait pas été plus difficile de reconnaître, au moins approximativement, les dames que cesdcguisemens couvraient:
ù l'accent, à la démarche, aux manières,
DEL OPER.^. Iq:^
j'ai pu juger que la plupart étaient de celles dont Virgile a dit ;
At Venus obscuro gradieiites aère sepsit Et rnulto nebulœ circum dea fudit amictu.
»L'uned'elles, qui prétendait m'intriguer.^ ft voulu me parler bas... L'avouerai-je? tout officier de hussards que je suis , j'ai dû reculer trois pas, et m'écrier , comme Horace : Je condamne le parricide à mander de l'ail , plus mortel , à mon avis , que la ciguë.
» En 1783, chacun, au bal de l'Opéra, était sérieusement livré a son affaire; en 1819, je n'y ai remarqué aucun soin aimable, aucune intrigue spirituelle. Mon oreille assourdie a été seulement frappée de cette phrase banale : Je te connais , beau masque ^ articulée dans tous les tons, sans vérité , sans finesse , sans intention. Le foyer, que quelques jeunes gens faisaient retentir du bruit de leurs talons ferrés et du cliquetis de leurs éperons, m'a paru le refuge de l'oisiveté ennuyée; et je
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;; 'eet.it venue s'asseoir su.- les cannpes :;4,,p,a,apour.eposeHesC>racesae.
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décrépitude,etnecompro,uettenta,ns.la Sutation d'un théâtre si propre dadleur,
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VIVE LA gaieté! quand MEME. I97