L'AMBASSADEUR PERSAN
( ^\'/il. )
LoNTESQUiEU , dans les Lettres Persanes ,
t dire à Bica : « Les Français avouent
! bon cœur que les autres peuples sont
us sages, pourvu que l'on convienne qu'ils
nt mieux vêtus; ils veulent bien s'assu-
tir aux lois d'une nation rivale, pourvu
e les perruquiers français décident en
jislateurs sur la forme des perruques
:angères. Rien ne leur paraît si beau que
voir le goût de leurs cuisiniers régner
septentrion au midi , et les ordonnances
leurs coiffeuses portées dans toutes les
ilettes de l'Europe. » C'était en 17 17
e l'auteur de l'Esprit des Lois mettait
tte critique dans la bouche de son ob~
rvateur persan; à cette époque cepen-
nt les Français avaient prouve , et ils ont
Quvé depuis avec surabondance , qu'ils
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savent se recommander autrement que par la dextérité de leurs coiffeurs ; mais c'est de sagesse qu'il s'agit ici, et, sous ce rapport, je ne sais si l'envoyé d'Ispahan qui se trouve maintenant en France a lieu de faire des réflexions qui nous soient plusj favorables. Toutefois , disons- le afin de corroborer au besoin notre confiance en nous-mêmes, la sagesse, dans le commerce de la vie, est purement relative, c'est-àdire, dépendante des mœurs locales, dcj l'usage surtout, auquel on peut appliqueil ce mot de Quint ilien : Velut imperatoi^ia "virtus. D'où il suit qu'un Anglais qui croil agir sagement à Paris, vise quelquefoij aux Petites-Maisons, tandis qu'un Franl çais qui s'imagine être classé parmi lej sages à Londres, pourrait bien, un bea matin, s'éveiller à Bedlam du beau rêv de son orgueil. En un mot, la sagesse n'eai universelle que lorsque , s'élançant hors d| domaine des faiblesses humaines, et, s'a; franchissant des préjugés auxquels Ick mortels l'ont soumise, elle revêt le mai