Dans mon ombre ^ pour à la faveur de mon ombre
4. Boileau adresse en passant cette petite marque de souvenir au libraire Jeun Ribou, en reconnaissance du zèle que ce libraire avait mis à publier et à répandre les sottises im|)rimées contre l'auteur du Lulrni, et entre autres la Satire des Satires, comédie de Boursault, dont Boilcau eut le crédit d'empôcher la représentation.
5. Ici Boileau ne craint pas d'empiunter même à Chapelain, comme Virjîile empruntait à linnius. On lit, au chant VIU du poëmc de Chapelain , ce vers que Boileau n^a pas dédaigné :
Soas vinzt ûdéles clefs le saint vase e«t«crré.
âàd BOILEAU.
L'amas toujours entier des écrits de Haynaut* :
Quand Boirude, qui voit que le péril approche,
Les arrête , et , tirant un fusil ^ de sa poche , 50
Des veines d'un caillou , qu'il frappe au même instant ,
Il fait jaillir un feu qui pétille en sortant :
Et bientôt, au brasier d'une mèche enflammée,
Montre, à l'aide du soufre , une cire allumée.
Cet astre tremblotant , dont le jour les conduit, 55
Est pour eux un soleil au milieu de la nuit.
Le temple à sa faveur est ouvert par Boirude :
Ils passent de la nef la vaste solitude ,
Et dans la sacristie entrant , non sans terreur ,
En percent jusqu'au fond la ténébreuse horreur. 60
C'est là que du lutrin gît la machine énorme : La troupe quelque temps en admire la forme. Mais le barbier , qui tient les moments précieux ' : « Ce spectacle n'est pas pour amuser nos yeux, Dit-il, le temps est cher : portons-le* dans le temple; 65 C'est là qu'il faut demain qu'un prélat le contemple. » Et d'un bras , à ces mots , qui peut tout ébranler , Lui-même, se courbant, s'apprête à le rouler. Mais à peine il y touche , ô prodige incroyable ^ ! Que du pupitre sort une voix effroyable. 70
Brontin en est ému , le sacristain pâlit : Le perruquier commence à regretter son lit. Dans son hardi projet toutefois il s'obstine ;
1. Boursault et Perrault avaient d'abord précédé Haynaut à la fin de ce vers; mais, après s'être successivement réconcilié avec les deux premiers, Boileau fut oliligé de s'en tenir à Haynaut, de la part duquel il n'y avait plus de réclamation à craindre ou de réconciliation à espérer; car Haynaut était mort depuis plusieurs années (en 1682).
2. Fusil s'gnifiait d'abord une petite pièce d'acier avec laquelle on bat un caillou pour en tirer du feu ; ce n'est que par extension qu'il désigna l'arme appelée fusil.