‹ Le lutrinChapitre 17 sur 44 · Yirg., En., III, 39. (Boileau · texte numérisé non relu

Yirg., En., III, 39. (Boileau

Lorsque des flancs poudreux de la vaste machine

L'oiseau sort en courroux, et, d'un cri menaçant, 75

Achève dVtonner le bnrl)icr frémissant :

De ses ailes dans Pair secouant la poussière,

Dans la main de Boirude il éteint la lumière.

Les guerriers à ce coup demeurent confondus ;

Ils regagnent la nef, de frayeur éperdus : 80

Sous leurs corps tremblotants leurs genoux s'affaiblissent,

D'une subite horreur leurs cheveux se hérissent ;

Et bientôt, au travers des ombres de la nuit,

Le timide escadron se dissipe et s'enfuit.

Ainsi lorsqu'en un coin, qui leur tient lieu d'asile, 85 D'écoliers libertins* une troupe indocile, Loin des yeux^un préfet ■' au travail assidu , Va tenir quelquefois un brcljiu * défendu : Si du veillant Argus * la figure eflVayante Dans l'ardeur du plaisir à leurs yeux se présente, 90

Le jeu cesse à l'instant , l'asile est déserté , Et tout fuit à grands pas le tyran redouté,

La Discorde, qui voit leur honteuse disgrâce. Dans les airs cependant tonne, éclate, menace, Et, malgré la frayeur dont les cœurs sont glacés, 95

S'apprête à réunir ses soldats dispersés. Aussitôt de Sidrac elle emprunte l'image : Elle ride son front , allonge son visage , Sur un bâton noueux laisse courber son corps. Dont la chicane semble animer les ressorts, 100

Prend un cierge en sa main, et d'une voix cassée , Vient gourmander ainsi la troupe terrassée :

« Lâches, où fuyez-vous * ? quelle peur vous abat? Aux cris d'un vil oiseau vous cédez sans combat ! Où sont ces beaux discours jadis si pleins d'audace ? 105

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