‹ Le lutrinChapitre 31 sur 44 · Imitation de Chapelain , qui dit · texte numérisé non relu

Imitation de Chapelain , qui dit

Chinon baissé décroît,

S'éloigne, se blanchit, s'efface et disparoît.

Décroît eidisparoil, qui rimaient alors, ne rimeraient plus aujourd'hui que l'on prononce décroît, tel qu'il est écrit, et disparaît, comme s'il était toujours écrit disparaît.

LE LUTBIN, V. 259

Leur appétit fougueux , par l'objet excité, 95

Parcourt tous les recoins d'un monstrueux pûtë; Par le sel irritant"îa soif est allumée : Lorsque d'un pied léger la prompte Renommée, ,' y Semant partout l'effroi, vient au chantre éperdu ^^^ ^ Conter l'affreux détail de l'oracle rendu. 100

Il se lève , enflammé de muscat et de bile ' , Et prétend à son tour consulter la sibylle '. É>Tard a beau gémir du repas déserté , Lui-même est au barreau par le nombre emporté. Par les détours étroits d'une barrière oblique, 105

Ils gagnent les degrés et le perron antique Où , sans cesse étalant bons et méchants écrits , Barbin vend aux passants des auteurs à tout prix*. Là le chantre à grand bruit arrive et se fait place, Dans le fatal instant que, d'une égale audace, 1 10

Le prélat et sa troupe , à pas tumultueux , Descendaient du palais l'escalier tortueux. L'un et l'autre rival , s'arrêtant au passage, Se mesure des yeux , s'observe, s'envisage ; ^^AJ >

Tels deux fougueux taureaux, embrasés, furieux, 115 »

Déjà, le front baissé, se menacent des yeux. » .

Mais Evrard, en passant coudoyé par Boirude, c^'^^^ ^ Ne sait point contenir son aigre inquiétude : Il entre chez Barbin, et, d'un bras irrité, ' /

Saisissant du Cyrus un volume écarté ' , 120

1. Muscat, sorte de raisin qui donne au vin un ^otil parfumé ; on recueille le vin miiscaten France, en Italie, en Grèce et en Turquie. — BUe^ humeur amère, verte ou jaune, préparée dans le fuie; et, par suite de rintluence du physique sur le moral, disposition chagrine, colère. C'est dans ce dernier sens que Boileau l'emploie ici.

2. Le chantre, ayant fait enlever le lutrin que l'on avait mis devant son siège, se pourvut aux requêtes du palais, où il fit assigner le trésorier. De son côlé, le trésorier s'adressa à Vofficial de la Sainte-Chaptile, devant qui le chantre fut assigné, à la requête du promoteur. Sur ce conflit de jinidiction, l'instance fut évoquée aux requêtes du palais par sentence du 5 aofit 1667.

3. Barbin se piquait, dit Bo'Ieau, de savoir vendre les livres les plus détestables. Sa boutique était sur le deuxième perron de l'escalier de la Sainte-Chapelle.

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