La Sainte-Chapelle
2. Ce fut, selon Hadrien de Valois, la crainte des Normands qui obligea Kudes et les princes ses successeurs de transférer leur demeure dans la Cité , et d'y bâtir ce que nous avons appelé depuis le Palais. Jusqu'alors nos rois avaient habité celui des Thermes, ou des Bains, fondé par les vieux Romains , et debout encore sur vingt siècles de ruines. Quant au Palais y\\ n'est plus depuis longtemps la demeure des rois , mais il est toujours le temple de la justice ; ce n'est pas avoir cliangé de destination : « Car, dit Montaigne (liv. nr, chap. 6), la royauté semble consister le plus en 1& justice. » — Oracles, métaphore pour arrêts .
3. Guillaume de Lamoignon , issu d'une des plus nobles et de» plus anciennes familles du Nivernais, naquit en 1G17. Il fut reçu premier président le 2 octobre 1658, et ce fut à lui que Louis XIV adressa ces paroles flatteuses, tant répétées depuis : « Si j'avais connu un plus homme de bien et un plus digne sujet, je l'aurai» choisi. » Le choix et l'éloge furent également justifiés par le zèle, l'intégrité et les lumières de ce grand magistrat. Il mourut le 10 décembre 1677, six ans avant la publicité du noble et touchant liommajieque lioileau rend ici à sa mémoire. Fléchier prononça son oraison funèbre, le 18 février 1679, dans l'église de Saint-Nicolas du Chardonnet.
4. Ariste, du grec apicto;, le meilleur. Ce pseudonyme ne pouvait être mieux choisi.
273 BOILEÀU.
Et l'orphelin n'est plus dévoré du tuteur*.
Mais pourquoi vainement t'en retracer l'image?
Tu le connais assez ; Ariste est ton ouvrage :
C'est toi qui le formas dès ses plus jeunes ans :
Son mérite sans tache est un de tes présents. 100
Tes divines leçons, avec le lait sucées,
Allumèrent l'ardeur de ses nobles pensées.
Va le trouver, ma sœur : à ton auguste nom,
Tout s'ouvrira d'abord en sa sainte maison.
Ton visage est connu de sa noble famille -, 105
Tout y garde tes lois, enfants , sœur, femme, fille '.
Tes yeux d'un seul regard sauront le pénétrer ;
Et , pour obtenir tout , tu n'as qu'à te montrer. »
Là s'arrête Thémis. La Piété charmée Sent renaître la joie en son ame calmée. i lo
Elle court chez Ariste, et s'offrant à ses yeux :
« Que me sert, lui dit-elle, Ariste, qu'en tous lieux Tu signales pour moi ton zèle et ton courage , Si la Discorde impie à ta porte m'outrage ? Deux puissants ennemis , par elle envenimés, 115
Dans des murs autrefois si saints, si renommés, A mes sacrés autels font un profane insulte ^ Remplissent tout d'elTroi, de trouble et de tumulte. De leur crime à leurs yeux va-t'en peindre l'horreur : Sauve-moi , sauve-les de leur propre fureur. » 120
Elle sort à ces mots. Le héros * en prière Demeure tout couvert de feux et de lumière. De la céleste fille il reconnaît l'éclat , Et mande au même instant le chantre et le prélat.